‹ Fourier; sa vie et sa théorieChapitre 27 sur 66 · FRAGMENTS DE LETTRES SUR DIVERS SUJETS · texte numérisé non relu

FRAGMENTS DE LETTRES SUR DIVERS SUJETS

Il y eut de la part de Fourier une coprespondance aetive sur ia question ie FÉcoie el de r^rsenaf d'artîHeri^ q»e les vilies de Dii6n M d'Aoxomie diflFjrafatem àf celle Bt^mrçon. .

De cette partie de la correspondance, je donne d'atrôr^ un fragment de lettre, qui présente des considérations stratégiques, non dépourvues peut-être d'actualité.

ï>ariâ, 15 mars fôSÔ.

.... Voua- me dites : • H nous serait plus utile qiï'on nous ioditfttâl des motifs meilleura que les nôtres à opposer au^t adversakes. > Eh! ne l'ai-je pas fait en vous avisant du moyen princi^ et oublié, la préférence que mériterait Gray, si le gouverne ruent voulait faire les frais d'une* nouvelle forteresse? C'est là la moU'

LETTRES A BlUIRON. t^

que Besançon eût dû faire valoir. U n a point non plus réfuté le danger supposé d'une invasion brusque. Elle est de toute impos^bilité, car une armée ennemie ne pourrait pas passer le Rhin entre Bâie et Neufbrisacb, sans de longs préparatifs et rassemblements dont le ministre et Besançon seraient asse^ informés pour qu*on eût le temps d'embarqaer le superflu de 1 arsenal. Metz et Douai pourraient craindre cette surprise.

On omet aussi de dire qu*Auxonne est une place parasite, hors du siège des opérations défensives, et qu'il y aurait grande duperie à ériger en forteresse de premier ordre une place qui ne peut couvrir ni la Bourgogne ni la Comté, et qui, ne pouvant faire des sorties qu'à force de cavalerie, puisque tout est plaine rase dans les alentouris, aurait besoin de trois régiments de cavalerie outre ses chevaux d'artillerie ; de sorte qu'il faudrait, pour utiliser la place d'Auxonne en système défensif, y construire des écuries et casernes pour plus de 2,000 cavaliers, avec greniers à fourrage à Kabji de la bombe.

Si l'État (disait encore Fourier dans une autre lettre) veut faire la dépense d'une forteresse neuve dans le bassin de la Saône, créer une place qui coopère avec Belibrt et Besancon^ il doit se décider pour Gray, qui couvrirait à la fois Dijon, Dôle, Paris et Besançon, et qui inquiéterait les derrières de l'ennemi en eas qu'il pénétr&t par Vesoul et Langres. Quant à Auxonne, si on en faisait une grande forteresse, avec nouvelle enceinte, chose nécessaire pour 1a sûreté du dépôt d'artillerie, cela ne protégerait ni Dij^o, ni Besançon, ni Dôle, ni la route de Paris. Ce serait une forteresse parasite, hors du théâtre des opérations. Les frais nécessaires seraient au moins de 30 millions pour Auxonne (sa nouvelle enceinte, une grande tôle de pont, casernes de 1,200 cavaliers, etc.). Auxonne, quoique bien muni, serait encore forcé de laisser l'ennemi en possession de Gray, centre des subsistances et des fourrages, et pouvant couper les routes de Vesoul à Langres et de Dijon à Langres, intercepter des convois, etc.

Je ne me pardonnerais pas de priver les lecteurs de ces autres fragoienta de lettres où Fourier trace à sa manière les règles de la polémique.

^ NOTESi

Pari», 9 mai 1830.

Votre Jonmal sur tonte lésion ne tient qne la défensive,

encaie bien molle et rattachée anz pins faibles moyens.

Il faut considérer que Thomme qui sait écrire n'est pas pour cela propre à traiter tonte sorte de sujets. Si on me disait d'écrire une page sur quelque débat administratif, je refuserais, bien persuadé qu*en m'y hasardant, je compromettrais ma cause à chaque phrase et que je ne saurais ni choisir ni échelonner les moyens. D'ailleurs je n'aurais aucun aplomb par persuasion de mon inca« pacité. • .

Celui de vos collaborateurs qui écrit sur les Auxonnais^ sur les ingénieurs et sur les débats de ce genre, y est tout à fait déplacé; il n'a ni le ton, ni les moyens, ni le nerf qu'on doit apporter dans une pareille lutte

D'abord vous ne démentez pas formellement et littéralement leé calomnies; vous niez à demi-mot et de manière à laisser à une méchante imputation toute sa force. ..

Où avez- vous vu qu'il faille tant de bon ton et de fard académique entre journalistes?.... Le bon ton n'est point exigé en lK)lém=que de journaux et de littérature. Voltaire était bien un écrivain de bon ton, et que d'injures ne vomit-il pas contre ses ennemis t Sans aller aussi loin, il faut tenir un milieu et parler avec fermeté aux vandales et aux calomniateurs...

Is'Impartiat s'obstine dans la inéthode la plus erronée en polémique ainsi qu'en guerre :* c'est d'accepter toujours le terrain qu'il plaît à l'ennemi de choisir (i) ; s'en tenir à la défense timide, sans jamais attaquer; n'employer parmi les moyens que les plus faibles et donner toujours la priorité à ceux de l'adversaire, afin que la première impression soH pour lui.

Si vous aviez bien remontré les ingénieurs sur quelque faute grave, comme reuièvement du barrage Fusenot, ils n'auraient pas iiié redoubler d'impertinences; mais ils sont comme les Dijonnais:

(1) La plus fameuse Tictoirc des Français n'a été due qu'à un refus de terrain Les Russes voulaient livrer bataille à Vischau : Bonaparte ne tiouTt pas le t«rraiu à u convenance, il fit retraite sur Ausierlitii et y attira ks Musses, qui y furent anéantis. Faites-en de m^nie avec les Dijonaais.

LETTRES A MCI AON. S65

ils Toient qu*il B*y a pas de lésistance, et ils se livrent à Tamiisemênt du métier. C'est ce que me disait encore hier un ingénieur, M. Jjrs, député de Lyon. Je lui parlais de Timpertinence que viennent de faire ceux de Besançon, et il m'a répondu en riant : Ha ha liât c*e t lamusement du métier. — Et cependant Jars est du nombre des ingénieurs distingués : c'est un littérateur, uii homme du grand ton. Quand j'allai à la citadelle avec M. de Laiser et vous, il me parlait avec complaisance de la quantité de ponts qu'il avait détraits. Les ingénieurs ont la manie des écoliers.

.... Ce n'est pas une nouvelle connais? auce pour moi que M. Jars. 11 n'est pas précisément partisan de ma Théorie; il ne l'étudié même pas : il est de ceux qui n'examinent pas ces genres de calculs; il n'en est que pour la littérature et la Charte.

Paris, 17 mai 1830.

... J'ai reçu votre d« du 9 mai contenant mon article sur le bosquet (de Clamarl). Celte insertion me donne lieu de vous faire remarquer diverses fautes fort inutiles aux convenances de votre journal et désagréables pour moi.

Loràque tel sujet d'un article ou tel accessoire ne convient pas aux censeurs, qu'où le supprime eo entier, je n'ai rien à dire à cela....

Et de même, s'il leur convient d'adoucir mes expressions, supprimer une ironie, c'est encore leur droit.

Mais une licence qui me parait excéder les fonctions de la censure, est de m'attribuer une critique màihante sur un morceau que j'ai loué, celui de M. Viancin, les stances. Loin de le dire pâle, j'y ai reconnu des couleurs brillantes; j'ai dii que cette philippique avait du nerf et allait bien au but, sauf à ajouter la partie théorique. J'étais donc fort éloigné de l'accuser de pâleur : péUe article de jourrial, caractère de l'extrême médiocrité. Eu m'attrihuant gratuitement cette injure, on me fait un ennemi de plus : genuê irritabile vatum.

Mais cette pâleur, dont vous me faites accuser telles stances, ne pourrais-je pas la reprocher aux phrases dont votre journal m'affuble? J avais fait un préambule qui se liait au snjct.

Votre censure juge à propos de supprimer cela pour abréger Tarticle. U ne fallait pas y substituer un début d'une couleur op-

posée, un commérage trivial où Yon me met en colloque familiei*, en expressions colériques, vrai début de femmelette. Une phrase plus inconvenante .encore est de dire que je suis né dans la ville, parler de mon dernier ou premier séjour. Je ne suis pas le faveri du public bisontin et j'ai mauvaise grâce à Tinformer de mes affaires personnelles dont il ne s'inquiète guère. Que je sois né à Besançon ou à la Vèce, cela est indifférent au corps du génie à qai j'adresse ma critique.

Il en est de même du public avec qui on me fait employer un patelinage qui n'est point dans mon st^le, une basse flatterie qui n'est propre qu'à exciter la défiance, comme de dire que cette ville $era toujours chère à ceux qui y ont vécu, Eht à quel titre leur sera-t-eile cbère? Sera-ce à titre de quartier général des chenilles et des vandales, foyer d'apathie et de mauvais goût, ville dénuée d'esprit public etdc discernement. Elle est la mieux placée pour le séjour des Anglais qui font le voyage de la Suisse; elle devrait être leur entrepôt, leur station en aller et retour, elle n'en a pas un seul; elle a plus qu'aucune autre les moyens de s'embellir, elle ne sait que gâter tout, ruiner ses moyens de prospérité, comms oh Ta vu au sujet de la fabrique d'horlogerie. Les Mulhoosf ns ont su trouver 5 millions de secours pour leur fabrique: les Bisontins n'ont pas su trouver 5 mille francs pour la leur. 'Voilà les hommes dont votre journal me fait l'apologiâte en phrases aussi rampantes que celles du sénateur aveugle qui vantait le turbot de Domitien auquel il avait le dds tourné : H apprêta •à rire à toute la cour, fblre journal veut-il donc me ravalera ce rôle ? Veuillez dire à ceux qui amalgament leur prose avec la mienne, que la petitesse et la bassesse né sont point ma manière: qu'étant par caractère ennemi du rôle de courtisan, de phraster obséquieux, je ne ferai pas la sottise de ptendre ce rôle avec des concitoyens malveillants qui m'ont fait dilTamer à l'académie, contre rîntentlon du rapporteur à qui on a forcé la fnaln. lé satstrop bien que nul n'est prophète dans son pays, et C'est Un Motif de pTàs pour qtie je me garde de me tratitet aujt pieds des Bisolstins en leui? adressant des éloges fades et exagérés aiixqaels eux-mêmes ne prétendent pas. J'invite donc ceux qui remanient mes phrases à ne pas me travestir, ne pas me prêter le ton adulateur que je méprise. S'ils croient leurs flatteries judicieuses, que ne les débi-

t60t-H$ séparëmeat? Ils ont toat le joarnal à leur disposition ; qn'ont^its besoin d'accoler leor pateTinage ao ton grave et sévère de mes articles que ce méhinge transforme en habit d'arlequin.*.

23 mai 1830.

.... C'est bfei^ à tort qoe vous vous plaignez de formes acerbes dans les passai o'ù je diffère d'opinion avec vous, le suis mienx fondé à vooar accuser d'intolérance. Où en fef ait-on si, en écrivant à un ami inffme, iF fallait emprornter le ton àlambiqué qu'on ptenâ dans txtte pétition au ministre, peser tous ses mots et reconrif à des péripbrases mielleuses pour dire que 2 et 2 font 4. On peut bien blâmer la manière et le ton de quelqu'un dans un plaidoyer sans contester son talent, et il est de pins en plus certain que votre journal, dans tout ce qu'il a dit sur les prétentions de Dijon et d'Auxonne, a toujours élé à contre-sens des rc gfes de ï^art.

Une r^gle bien certaine, est qu'il faut employer des armes aussi f^tes que celles de l'ennemi. Il a pour armes la calomnie et le vacarme, excellents moyens dans notre siècle, et vous n'osez pas mènié employer Ta vérité et l'ironie 1 Vous vous retranchez dans quelqtms ftideurs Académiques, semblable à nn homme qui, voyant les Tolèari cerner sa maison et tirer snr ses valets, répondrait à leurs coups de fusil en leur disant de sa croisée : • Vos p^rétentio^ns » à envaiiir ma maison ne sont pas fondées dans le sens qt)e vous » invoquez ; elles sont contraires aux termes de la Charte. » Un tel homme serait rislbie. Il faut en pareil cas laisser le jttrgon académique, faire feu sur les assniitants et appeler la g^éndarmerie pour les arféter et les faire pendre.

Vottscontimiet à tous méprendre suf te sens de mes critiques en les accusant de rudesse. Chacun' a sa manière d'ofi il ne hii est pas aisé de sortira Si J'adressais des critiques â des puissances, à des ministres, âfdes pairs, ou seulement à uneautoffCé constHuéè, je composerais nn brouillon', Je limerais mes phrases pour en adoucir ha st^e*; mais ce serait bien du travail pour une correspondance amicale. Je suis habitué depuis trente ans à m'entendra contrarier, et Je ne m'en fâche guère. Qu'y^ a-t- il, d'offensant à dire è quelqu'un qu'en modifiant un article, il ne faut ni miéler la manière de Tun avec celle de l'autre, ni dénaturer l'intention?

Par exemple, dans Tâirticle du 9 sur ié bosqnet, en le faiêaot déboter par des familiarités inconTenantes en tête d'une crKique sévère, on le termine par une phrase qui serait bien selon ma manière^ car elle est grave et raisonnée, mais elle déuature l'intention en mêlant Tesprit de parti dans une affaire qui n'a point cette couleur. Je n'ai pas parlé en apôtre de Topposition et du vacarme qu'elle cause en France. Je m'isole ayec soin de ces hostilités politiques; elles indisposent une classe de lecteurs sans satisfaire l'autre. Voilà donc nue finale très-maladroite dans une critique où Tauteur veut parler à tous les partis sans les indisposer, sans se ranger sous aucune bannière, sans adopter ni formules ni principes de l'esprit de parti. £n me donnant pareille teinte à la dernière phrase, vous ôtez à l'article moitié des partisans qu*il peut avoir, vous laissez les Ultras sur une très-fàcheuf e impression qui les rend insouciants pour la réclamation qu'ils allaient peutêtre soutenir, et qui leur déplait du momeut où elle se rallie au drapeau du libéralisme.

23 août 1830.

Je réponds à votre lettre du 12 où vous débutez par une erreur que les libéraux mêmes ne partagent pas : car ils conviennent qu'ils ne savaient comment résister, et n'avaient que leur' faible moyen de refus d'impôt.

La France est dans Paris : si la Cour eût triomphé dans Paris, elle aurait eu le dessus. Mais pourquoi les libéraux l'ont-ils emporté P C'est parce qu'ils n'avaient point songea la voie des armes. Cela est si viai que le 26 on n'avait ni poudre ni balles, jon n'avait donc rien préparé, rien projeté ; que la Cour, qui a assez d'espions pour tout savoir, ne voyant nulle apparence d'attaque, n'avait elle-même rien préparé en résistance ; car les troupes n'avalent pas de rations les 28 et 29.

Si la Çlour eût prévu l'agression des Parisiens, elle aurait fait évacuer le trésor» aoçiené le camp de Saint-Omer, arrêté les arrivages de farine et disposé tout pour un blocus. Mais lés deux partis n'ayant fait aucuns préparatifs^ les chances fortuites ont été pour les Parisiens, grâce à leur bravoure et au bon esprit de la troope de ligne, dont deux régiments ont peu tardé à se rallier an peuple.

LETTRES A IIDIRON. 169

Vous pensez que j'aurai bien pins de chances av«c les libéraux qu'avec les ultras pour ma faire écouter. Je n'ai jamais compté sur les ultras, vrais incorrigibles, mais sur quelques bonnes intentions qui pouvaient se trouver daus leurs rangs...

Défense du pampUet intUuU : Pièges et charlatanisme, etc.

Paris, 18 juillet 1S31.

Vous prétendes que je vois des ennemis dans tous les hommes. Non, mais je sais que ceux qui ne font qu'effleurer mes écrits deviennent hostiles contre moi, en m'oppo^ant leurs préjugés et me rangeant parmi les charlatans ou les intrigants. Ce n'est pas quelquefois leur intention qui est hostile, c'est leur faux jugement/

Tel est le tort de la disse qui m'attribue le projet des philosophes, de vouloir changer les hommes et les passions. Et j'ai bien le droit de faire entendre ce reproche, puisque les 9/10 de mes critiques tombent dans la même faute. Il parait que mon débordement de reproches est encore trop faible puii:qu'îls persistent dans l'erreur.

Vous dites qu'ils sont repoussés par mes déehirantei invectives. Qu'y a-t il de déchirant d'entendre dire qu'on se trompe depuis 3,000 ans; que ce n'est pas dans les réformes administiatives et sacerdotales qu'il faut chercher les voies du bien, mais dans la réforme industrielle. Le principe admis, on peut admettre la conséquence, celle û'espritt fauttéi, de coutumes vicieuies. Cela n'est pas flatteur, mais il s'en fiut que cela soit déchirant.

On doit, dites-vous^ avoir pitié de malheureux aveugles qui' eonduisenl des aveugles (1). Mais quand ils se conduisent au précipice, ce serait une pitié féroce que de leur dire : « Vous êtes en bonne direction, continuez. • D'ailleurs, je n'exprime contre eux ni véhémente colère, ni même colère moyenne : je les raille.

Vous parlez de M. Théod. Jouffroy que je connais : j'ai ca .se

il} AUusioo à répigraphs. empruntée )i l'Évangîle. que Fouricr avait placée eo tète de sa brochure ; Ce sont des aveugles qui conduisjnl des aveugles.

f70 NOTES.

ayec lui aux Tilieroyes (1) ; mais c'e^tt un homme gangrené par le contact des philosophes. Quoi t il reconnaît sur ma Théorie* de (fuadru pie produit, relations vëridiques, vertu lucrative, triomplie de la vertu» que le fond est BEAU, VRAT, SUBLIME ; et parce que la forme n'est pas flatteuse pour la confrérie, il repousse Touvrage et ne peut pas en recommander la lecture t Voilà bien lès philosophes : le bonheur de THumanité n'est rien à leurs yenx ; ils ne veulent que des flatteries pour leur secte, et les Saint-Sîmoniens en sont une branche essentielle en ce qu'ils attaquent directement le Catholicisme.

11 m'accuse de sorties virulentes et injustes contre d;s hommes qui peuvent se tromper. Ce sont deux reproches Vides de sens. En effet, loin d'user de diatribes et de virulence, f expose fort gaiement, dans on court préambule, l'absurdité de leurs deux bases. Théocratie et Main-morte, et le charlatanisme de leur manière ampoulée. Ensuite j'en viens à leur plagiat, et certes j'ai le droit de dénoncer qui me vole. Aussi, avant de disséquer leur théorie ei leur tactique, ai-je employé trois articles à faire connaître en abrégé les deux sciences qu'ils veulent m'enlever.

, Après ces démonstrations» j'ai bien le droit de dire qu'ils sont hypocrites et dénués d'Invention. Ensuite j'examine leurs astnces, et loin de donner dans la virulence, je ne sors pas du ton plaisant. Mais un philosophe comme M. Jon£froy juge cela comme un inquisiteur juge Voltaire...

Vous voudriez donc que je me misse à leurs genoux en leur disant : Vous avez peut-être raison; c^est, peut-être moi qui ai tort?...

Vous me demandez quel effet je me promets de mon dernier faetum? Ce n'est pas une brochure dont on puidse espérer de l'effet, puisqu'elle ne Fera pas soutenue de l'attirail d'annonces; «'est un écrit à présenter avec lettre et détails de circonstance h ceux dont je rechercherai la protection, et d'abord le Roi et deux ou trois ministres.

Mais depuis plus d'un mois je suis hors de combat parla ôétre qui souvent est à 100 et 120 pulsations par minute. Ce n'est pas la grippe, et ce n'est pas une âèvre à remèdes, mais seulement a ré<

(I) GainpagQe située à une lieue de Besançon,

• LETTRES A I^UIRON. 271

car elle n'es! point réglée : eTle diminue depaie quelques Le dégoût des aliments disparaît peu à peu... r la fia de sa lettre, Fourier revient encore à la défense de sa iqne contre les Saint*Simoniens :)

préambule, dit-il, je commence à les prendre en défaut sur 1, en ajoutant à leur pbra^ ampoulée : Ils ne savent pat mioeierun village, et ils veulent opérer VAssoeiation univer^ ! Je ne leur crée pas des ridicules, je cire ceux qu'eux-mêmes ?nt. Et quant à la plaisanterie sur leur gonflfment d'amour, ; être insidieux comme M. J..., pourvoir là de virulentes et de déchirantes invectives. C'est un homme qui, comint à se pousser dans le monde, veut ménager touleà les » dont on peut tiref parti ou redouter quelque chose.

• Tous les gens qaerelleurit, jasqa'aa\ simples mâtius,

• Aa dire des flattevr$t étaient de petits saints; *

pourquoi les Saint-Simonlens sont des gens bien intentionnés, t je suis Tàne de la fable. ToUe et immola.

9rise de Conâé-sur-Vesgre, — Conditions et devis d'un essai tracés dés 1816 et 1819.

lalivomcnt à cette première tentative de 1832 et 33 pour l'apion de la Théorie sociétaire, tentative entreprise avec des res- » bien insuffisantes, mais dans laquelle il y eut ausâ dos commises, nous ne le dissimulons pas, il est juste de dire que is ceux qui se mêlèrent de rafTjire, Fourier fut celui qui fit e de plus de bon sens pratique, de .plus de prudence et de sai. Malheureusement son avis ne prévalait pas toujours, il s'en ou bien l'on ne s'y rendait que trop tard, quand le mal était

que nous avanc ms serait facile à justifier par la correspon-

) de Fourier. Ainsi, dès le mois de janvier 1833, il mandait

ron:

e n'ai pas tenté de vous écrire depiiià quelque temps, car les

es n'allaient pas à mon gré. >

9 mars de la môme année, il écrivait :

Notre architecte, contre qui j'ai seul hitté, s'estenfin mis à la

r« NOTES. " • '

raison, 6t au lt«D d'un achat de bois de 2^,000 fr. comptant, ii s'est décidé à n'en faire qu*un de U,(X)0; cela devient supportable.

» Vous ne sauriez croire combien j'ai eu de peine à remontrer la compagnie sur cette imprudence de vouloir consommer d'emblée, à Tachât d'un seul genre de matériaux, tout et plus peut-être qu'on ne peut avoir en caisse.

» 11 me disait : Il viendfra d'autres ftmdtJ Mais si on y compte avant de les tenir, on risque de compter sans son hôte. Il a fallu se morfondre en réplique.^ pour ies amener à cette légère dose de prudence. Cela me fait augurer les résistances que j'éproaveral quand il fiiudra opérer... •

« Il nous vient quelque actionnaires, » disait Fourier, à la date dXi 2 mai: « il en viendrait dix fois plus si l'architecte n'avait pis tout retardé pour essayer de nous faire, de guerre laèse, adopter ses plans qnil renouvelait sans cesse et dont lui-même aujourd'hui confcivie le ridicule; mais lorgueii le tourmentait. C'est un ergoteur qui veut rond si l'on veut carré, et carré si l'on veut rond ; î'ui opiné à ie congédier et prendre un maître maçon qui exécutera firt bien nos constructions toutes rurales. •

Une autre lettre,' à la date du tO juillet 1833, contient ce qui suit :

• Mon cher ami,

» Je vous écris par M. Parandier (1), pour vous dire qu'enfin le départ de notre maudit architecte parait arrêté. J'y croirai quand je le verrai effectué.

» Cet homme, qui n'avait point de matériaux quand il fallait liâtir pour les Sociétaires, en trouve aujourd'hui à fois'>n pour faire cent vilenies. A ne parler que des plus récentes^ il a, depuis le nouveau règlement oc dictature, construit les poreheriei suivantes:

» 1* Porcherie ou étable à cochons en superbes murs de 18 pouces bonne pierre. L'édifice des maîtres ne devait avoir que des murs de 6 pouces en torchis. Ainsi les cochons seront trois fois mieux logés que les messieurs. Ne pouvait-on pas mieux épargner

U) L'ingénieur des ponts et chaussées, qui a été député'du Dosbs.

Lettres a muihon. 173

liériAUx «t placer le» poics jusqu'à noùval ordre dans one s d« plaoclies? On loge ainsi à Besançon des che?aux d'offi- »lns gros messieurs qae les eoehons.

beau c6té de la porcherie est qu'il en a élevé les murs sans de porte, de sorte quMl faudra hisser les cochons matin et »c des poulies» pour les faire entrer et sortir. 11 a construit un atelier à menuiserie en plaçant les fend-* haut que les ouvriers disent qu'ils ne verront pas sur lenrs . Mais il prétend que les fer.étres élevées ornent mieux le

[1 a construit quatre foursàboulaogerie. Ces fours étant beau* op petits, seront très- dispendieux. Un autre en aurait concn pour essai.

Il a construit des latrines ambulantes, assez bonnes si. l'on nais il eu a aussitôt commandé douze.

»yez le beau rôle que va jouer le conseil de surveillance qui assembler tous les mois pour donner ses observations. Qu'y i observer sur des choses faites?

ne faut passe le dissimuler, la colonie est ravagée, y existe un plan qui date de loin, c'est de disposer tout de re à leurrer les actionnaires sur l'épreuve de ma méthode, DpU^r en paroles quelques simulacres et former là une v»ste au bénéfice de quelques gérants, ils commenceront par èr M. Dulary en dépensée, chofee facile. Une fois engagé, ils idront et lui diront : voilà déjà des frais, il ne faut rien harpour des innovations incertaines. Diiférons tous ces projets alanstère. . . •

. Dùlary sera bien forcé de céder.

elle est la farce qu'on me prépare. Mais j'ai va clair avant 3 qu'on eût trop levé le masque, car je prédisais à M. Dulary ojets deQ. avant que celui-ci n'eût éclaté par ses ridicuieg

lations.

des collègues Transon, Lechevaller, Considérant, PelUrin,

sur ce point des aveugles qui ne voient pas à quatre pas

urier se trompait sans doute, en attribuant à quelques pères le projet py^témalique u'empêcberou de contrecarrer l'essai u Tliéorie dans l'éliblis&ement de Condé. Pour tout le reste il

était 4ai6 le vrai; et je n'en excepte pas ce qu'il dit de notre peo de clairvoyance à nous antres, que, par un grand acte de modestie de sa part, il honorait du titre de tes coltègues. Nons étions alors très-jeones, très-inexpérimentés, et le honhammê, maigre quelques bizarreries. Jugeait beaconp mieux qu'aucun de nous des choses actuelles et pratiques : ce n'est pas seulement en doctrine qu'il était notre maître.

Dana une lettre postérieure de quatre ou cinq mois à celle qui vient d'ôtro citée, à une époque où Foorier ne fondait plus aucun espoir sur la colonie de Ôondé pour un essai de sa Théorie, il écrivait le 37 novembre 1833 :

« .... A défaut de cette corde, il faut en mettre eu Jea une autre : c*est ce que je vais tenter. Mais il me fallait avant tout un iLanifeste de la colonie de Gondé. J'en avais plus besoin que vous et vos amis qui en paraissiez bien impatients ; car tout le retard portait sur moi, et heureusement la scène change : la pièce prouve ciaiiement que le letard d'exécntion ne m'est pas imputable...

» Ceci me met fort à l'aise pour proposer raffaire à d'autres, qui non-seulement auraient douté que je fasse l'agent de la colonie de Condé, mais qui auraient pu croire qu'elle avait été mécontente du coup d'essai ; ils voient pnr ce compte rendu qu'elle n'a point fait d'ossai, mais des préparatifs en cplture ordinaire sans distribution par Séries, et des Lâtimenta ruraux pour ferme ordinaite, £Bns acception des convenances d'un Phalanstère...

• Il sera nécessaire que je m'autorise de ces fautes en proposant l'afE^ire au ministre et à d'antres qui ne manqueraient pas de me dire : Vous annoncez depuis un an et plus que vous avez une coni* pHgnie à Condé pour cette fondation; comment se fait-il que vuus ne l'ayez pas réalisée?

» Je serai fondé à dire qu'on n'a pas suivi une ligne de mes ins« tructions, et il me sera aisé de le prouver... •

Malgré sa résignation stoïque, il est arrivé une ou deux fuis à Fourier de murmurer contre les rigueurs du sort à son égard; mais c'était snrioat sous le rapport de l'obstacle que mettait à l'a*

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