EXTRAITS OES MANUSCRITS
éveoaeDt de quelques-ptis de ses travaux el de ses recherches» manque de fottune, d'encouragement et d'aide. \ propos deromissiou qu'il signale d'un tableau de l'échelle des actères au point de vue des sympathies et des antipaihiee, « je arais fait, dit-il, ei j'eusse été aidé ; mais je ne rencontre de tes parts que des entrares et je. ne poursuis mon travail qu'à rers^es dégoûts. Je ne suis pas de ceux qui pensent avec le de Lévis, qu'un inventeur soit assez soutenu par les charmes 'étude. J'adopte, au contraire» l'opinion de Kaynal qui^ bien }sé à M. de Lévis, pensait que les savants les mieux partagés encore manqué de l'appui nécessaire, car il s'écrie : « Apprends- ), immortel Bufion, à quel point tu aurais poussé ton sublime âge, si tu avais été aidé par un Alexandre! • Or, Buffon ne quait ni de fortune ni d'appui ; il en avait autant qu'un sa* puisse en désirer, et 11 parait qu'il se plaignait encore. Monlieu se plaignait de même, quoique chargé d'une lÀche bien 18 difficile, puisqu'il pouvait sur toutes questions trancher arirement, comme dans eon beau principe : si veut le roi, si la loi. C'e^t bien la peine de faire tant d'esprit sur la légis- 1 quand on sanctionne ainsi le despotisme. Partant, si les BulTon et les Montesquieu, comblés des faveurs pinion et de la fortune, se soirt crus lésés en fait d'appui et ouragement, doit-on s'étonner que celui qui n'a pour souue des railleries et des privations, laisse en arrière quelques ms de sa tâche ? Je ne me laisse point abattre par les obsta* mais je ne crois pas pour cela qu'il y ait de la grandeur ! à suivre les conseils du fortuné académicien qui veut que irants ou Inventeurs ne vivent que de gloire et mangent avec leur pain à la fumée. C'est bien assez qu'ils y soient réduits. lOjns doivent-ils s'indigner de l'injustice et du défaut de lion. » — MantucrUi, tome publié en 1857-58, pages 63, 6i.
Calcul sur la vérilè supposée.
S la partie des manuscrits de Fourier qui a été imprimée, incontre, sous le titre qu'on vient de lire, une page où il se
î*6 NOTÉS.
dépeint lai-mâmè comme l'ennemi-né do commerce. Je la reproduis à titre de docament aotobiographique.
• Ne m'acco&era-t-on jpas de renoaireler le crime à* s Titans en attaquant le Dieu du xvni* siècle, le corps mercantile au plas haut de sa gloire? U aura donc nourri un serpent dans son sein! Ëievé dès le berceau dans cette auguste cDnfiérie, ses principes astucieux me furent vainement enseignés : c'était prodiguer la lumière \ un avcugle-né. Convaincu dès Tenfance d'incliner à la droiture et à la confiance^ j'étais de toutes voix déclaré inhabile au commerce. Une fâcheuse étoile m*y entraîna pour justifier les augures de ma disgtâce. J'y acquis, mais trop tard, de faibles talertà que J'aspire à oublier. La réprobation, dont je fus partout honoré, excita de bonne heure mes dédains et m'entraîna par esprit de rivalité dans des calculs sur un moyen de fortune qui va surprendre tous les marchands, sur la vérité!!! (je vois les épaules se hausser), oui, la vérité, la probité, algèbre nouvelle pour les civilisés. Le problème était d'arriver par celte vérité à une fortune plus rapide et plus sûre que par' le mensonge, à moyens égaux. Avant de le résoudre, j'ai passé plusieurs années sans découvrir aucun mo}en de ne pas se ruiner par la vérité absolue. Si la probité et la vérité entrent dans le plan adopté par Dieu pour nos relatlous industrielles, c'était à moi de découvrir ce plan, car je suis, depuis l'origine des sociétés humaines, le seul qui ai fait le calcul de la vérité supposée et'qui ai cherché réellement à rétablir. Les philosophes n'avalent songé qu'à la prêcher et non à la faire pratiquer. J'ai suivi dans ce calcul le procédé algébrique. Je ^up|>0âai Texistence des inconnues problématiques, de la vérité, la justice, la liberté et l'association. En faisant les dispositions de ces inconnues, comme si leur emploi ne présentait aucun obstacle, chacun peut déterminer comme moi le mécanisme de l'harmonie universelle.
» Après plusieurs années de vaines recherches, le problème fut résolu, et sa solution me conduieit plus loin que je n'espérais. Dans ce calcul, je m'étais proposé un but bi?u dilferent de celui des léformateurs. Ils exhortent à pratiquer la vertu malgré les dargers auxquels elle expose. J'étudiai les moyens de la pratiquer en recueillant les avantages que présente le vice. Je ne bornai pas là mes vues; je cherchai à forcer par intérêt la pratique de la
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terta, soos peine d'encoarlr la ruiné. C'est bn butqne jamais homme ne s'était proposa» et c'est un reproche bien grave à faire aux eiriiisés. L*idée du bien social les glace tellement d'effroi que' les plus boQDétes se bornent à pratiquer stérilement la vertu; ils croient avoir beaucoup fait en évitant la perversité commune, en s'enveloppant de leur manteau. Aht que servent des vertus i^oiées, si i'on n*invehte pas un moyen de les fatre triompher généraementi Ceux qui se bornent à faire le bien isolément ue ressem- >lent-ila pas à celui qui s'éloigne des assassins et qui se croit ouable pour n'éire pas devenu leur complice ? Il fallait attaquer e vice en mettant Hntérôt du côté de la vertu, et voilà ce qu'au- «D civilisé n'osa jamais se proposer, et telle est la cause de la letitesse qui a toujours caractérisé leur politique. » (Cahier 77.) fanuseriU 1851, p. 273, 279 et 275.
Une lettre de BaUanehe,
Le Bulletin de Lyon s'imprimait chez MM. Ballanche père et fils. ne copie des articles insérés dans cette feuille avec la signature 9urier ou les initiales G, F. ayant été communiquée, peu de mps après la mort de Fourier, à M. Ballanche, membre de l'Acamie française, afin d'obtenir de lui des renseignements à ce jet, l'honorable et savant écrivain adressa la lettre suivante à uteur de cette communication :
• Mon très-cher M. Considérant, » Je vous remercie beaucoup de ce que vous avez bien voulu me communiquer divers articles insérés dans le Bulletin de Lyqn, vers le commencement du siècle, par Charles Fourier, qui alors n'avait pas encore publié la Théorie dei quatre mouvements. • Uo de ces articles, intitulé Triumvirat continental, du 1 7 décenr • bre 1803, attira tellement l'attention du Gouvernement, que M. Dabois, alors commissaire de police, reçut immédiatement >rdre de prendre des informations sur l'auteur de l'article. \A, DaboïB, homme excellent et éclairé, voulut bien me consulter k ce snjet. Je lui dis qui était Fourier, un homme modeste, étranger à toute espèce d'intrigue et d'ambition, et jonissaut
ilB NOTES.
» parmi nous autres, jeunes hommes de ce temps, d'une grande » réputation de science géographique.
» Quant à L'article sur racceptation des lettres de change, îl faat > bien remarquer, i* que l'acceptation était contraire à toutes les
• traditions de réserve et de prudence du commerce de LyoD ; » 2° que le Code de commerce^ qui devait imposer l'acceptation
• comme une loi générale, n'avait point encore été publié. Ce qui, » au re&te, fait honneur à la prévision de Fourier, c'est que le coia- » merce de Lyon ayant voulu persévérer dans les anciens usages » de non-acceptatiun, un assez grand nombre de maisons de Genève
• vint s'établir dans la ville même pour pratiquer l'acceptation » qui répugnait aux maisons lyonnaises.
a Agréez, je vous prie, mon cher M. Considérant, l'expression de » mes sentiments les plus distingués.
» Ballàncub. •
Lettre de J,'B, Say relative d Fourier.
Dans les papiers de Fourier, il a été trouvé, copiée de sa main, la lettre ou la partie de lettre que voici. Elle était adressée à M. Jarâ, de Lyon, déjà meotionné, pages 183 et 265.
« Paris, 11 mai 1828. J. D. S. Lettre à M. A. J.
• J'ai lu les articles de M. Fourier sur les garauties sociales. II s'est absolument mépris sur l'objet de rËconomie politique. Il a cru, comme nos devanciers, qu'elle avait pour objet la bonne direction, le bon gouvernement de la société; mais il a été prouvé invinciblement qu'une Ecience n'a pas pour objet de faire (c'est l'objet de l'art), mais de dire ce qui est.
• L'Économie politique fait cunnaitte la physiologie st>ciale. Il faut partir de là pour diriger la société. Vouloir que Its économislei fa^s3nt la société, c'est dem'ander au pbyuoiogiste qu'il change notre manière de nous dirijger et de nous reproduire.
• Je ne demar.de à l'auteur ingénieux de ces articks que de lire les cinq premières pages des Considérations générales qui précèdent mon dernier ouvrage, c'est-à-dire du premier volume que vous avez et que je vous prie de lui prêter un instant. Je me ilaite qu'après avoir lu ces cluq premières pages, il changera tout ^on plan. »