‹ Fourier; sa vie et sa théorieChapitre 29 sur 66 · LETTRE DE J,-B. SAY · texte numérisé non relu

LETTRE DE J,-B. SAY

}1 ne fallait pas connaître Foorier, il fallait même avoir la assez fgèrement ses critiques de l'Économie politique pour se flatter, )mme le fait Ici J.-B. Say, de le faire revenir sur le compte de ^tte science par la lecture de quelques pages, si magistrales i*ell€8 passent étre^

Founer ne parait pas avoir répondu directement à la lettre de -B. Say ; mais il reprit sa thèse contre réconumisme dans plus un passage de ses écrits ultérieurs, notamment dans la Préface i Nouveau-Monde industriel (1829), p. 39 et 40, à propos d'un bat qui s'était élevé entre de Slsmondi et Say sur un point fonda- !ntaT.

Loin d'ailleurs de disculper l'Économie politique des reproches e lui adressait Fourier, la lettre de J.-B. Say en confirme plutôt Justesse. Ainsi elle commence par décliner toute mission de la ence quant à la bonne direction de la société. Elle affiche en ond lieu cette prétention étrange des éc )nomi8te8 d'assimiler i dispositions plus ou moins arbitraires, qui varient d'une, soie à une autre, et même aux divers<>s époques d'une même iété; d'assimiler, dis-je, de telles dispositions aux lois constantea

organismes physiologiques. Celles-ci sont les mêmes partout : circulation du sang, la nutrition, l'innervation, la reproduction scomplissent identiquement chez tous les hommes, qu'on prenne ir sujet d'observation un blanc^ un nègre, un civilisé, un barc ou un sauvage. En est-il de même des règles relatives au rail, à la distribution de ses produits, à leur échange, à TapproitioQ dn sol, dans les différentes sociétés dont chacnn de ces imes fait partie? Nnllement.

bsnrde, ù coup sûr, serait le physiologiste qui s'imaginerait de loir changer notre manière de marcher, de noua reproduire. >il de là qu'on serait absurde également de rechercher si la iloD commerciale, par exemple, ne pourrait pas être remplie oins de frais, avec moins d'abus et de lésions de tonte sorte r le corps social pris dans son ensemble? 'est un sophisme de prétendre qu'une science, qui a pour objet 'apports industriels et sociaux, doive, tout comme une science irelte ou eonnique, s'en tenir à l'observation brute etsanscrie des faite qu'elle considère.

faut, je raccorde, partir de la notion des faits que relève et

constate plus ou moind eiaclemeat i'Écooooite politique; maiftte tort de cette prétendue scienoei c'eét d'admettre, par Qae sapposition toute gratuite^ que ces faits ne peavent.se passer aotrement qu'ils se passent, et d'accepter pour loi esàontielle., dérivant de la nature des choses, ce qui n'est, en grande partie, que le résultait factice de conventions humaines plus ou moins contestahles*

Ainsi, pour en citer le plus notable exemple, par le fait senl de l'appropriation du soi, les conditions naturelles du travail ont été changi^es complètement; c'est lepèremème de l'Économie politique, Adam Smith, qui en fait. la remarque tout au début de ses Reeker* ches tur la nature et lei eautes de la ricfieue des nationt : le in» vailleur avait jusque-là conservé tout entier le fruit de son labeur; maïs à partir de ce moment, il duten céder unepart an propriétaire domanial. II eu fut de même des autres industrieux i l'égard du possesseur de l'instrument de tratail et des capitaux dont ils avaient besoin (1). Puis, entre le producteur et le consommatenr

il) Le langage d*Adam Smith à cet égard demande k être cité textuelleuiéut.

« L^état primitif, dit*il, dans lequel l'oOTner jouissait de tout le produit de son propre travail, ne dut pas durer au delà de Tépoque où commencèrent à s'iulroduire la propriété des terres et raccumulation du capital...

» Aussitôt que la terre devient une propriété privée, le propriétaire demande une part de chaque produit que peut y faire croître ou y recurillir l'ourrier. La rente est la première déduction que souffre le travail appliqué à Ta terre. > {Eech. sur la nature et les causes de la richesse des nations, T, I, liv. i«', ch. viri.l

Ainsi, Adam Smiih, sans s'occuper de la question de légitimité quant à Tappropriation du soi, se borne à en relever les conséquences par rapport aui conditions du travail. J.-B. Say, lui^ieute de U justifier parl'explicatîjn qu*il donne de son origine. Voici conmienl s'expiiinaitce dernier dans les GoubiJérations générales placées en tète de son Cours complet d^éconouûe politique, et auxquelles il renvoyait Fourier :

« Le* terres cultivables semblant devoir être comprises panni les richesses naturelles, puisqu'elles ne sont pas de création bumaiue; m«is comme celte richesse naturelle n'est pas fugitive, ainsi que l'air de l'atmosphère ouTeau de la mer; comme un champ est un espace flie et circonscrit que certsins hommes ont pu s'approprier à l'exclusion de tous tes autres qui ont dunné leur consentement à celte appropriation, la terre qui était un bien naturel et giatuil est devenue une richesse sociale dont l'usage a dû se payer.

• Il semble au premier abord que ce soit une injustice qui ôte arbitrairenient aux homnics qu'elle exclut des avantages qu'elle accorde ï ceux

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