‹ Fourier; sa vie et sa théorieChapitre 31 sur 66 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

tâblë des matières

Préface de la 5< édition I

Avaal-propos 3

Obseryalions préliinioaire« Si

Famclle de Fourier 28

Son enfance « 29

Son goût poar la géographie, la musique et les fleurs 3S

L*écalier et le vieux pauvre 35

Fourier entre dans le commerce, ue puuvaut suivre son inclination

pour Tétat d'iiiQénieur militaire 36

Premier Toya^c k Paris et séjour à Rouen, en 1790 T 37

Fourier coiuuiid négociant à Lyou, en 1791 Ibid.

Ses voyages, et ce qu'il en avait retenu 3S

- A 19 ans, il conçoit l'idée des chemins de fer 4|

Sentiments qu'inspirent k Puuricr les excès de la révolution 42

Fei te de sa fortune dans le siège de Lyon » 45

Dangers qu'il court pendant et api es le tiége Ibid^

Son arrestation a Besançon 4S

Entrée de Fourier au seivice dans le 8« chasseurs 49

U obtient un congé de réforme 50

Letti e de Garnot à Fourier, au nom du Directoire Ibid^

Découverte du procédé d'association iMarseille, i799) 5^

Fourier revient babiter Lyon 5]

Art icles de Fourier dans le BulUtin de Lyon 5:f

Publication de la Théorie de» quatre mouitements (1808) 5T

Mort de M"* Fourier niere {iSU) 6$

Kéflexious de l'inventeur de la Théorie suciétaiie, au sujet des désastres de la France IbidJ

Fourier se retire à Belley pour s'occuper exclusivement de l'élaboration

de sa rhéorie (1815) 6<f

Premiers rapports de Fourier avec M. Just Muiron (1816) Ut

Fuurier (,e rend à Besançon pour l'impression du Tratié de V'Àssocia'

lion domestique-agricole ou Théorie de CUnité vniverselle (1821}. 7t

Aperçus sur cet ouvrage 1|

Foui ier part pour Paris (novembre 1822; et publie le sommaire du

Traité de V Association {9

Fei mi lé de Fourier contre la détraction j£

Ses démarcbes infructueuses pour faire lire le Traité de l*AS'0ciation, 38

Otfies fkites à M. Owen /&/rf,

Foatier retourne à Lyou et se place comme caissier dans une maison

de commerce (1825} 84

Premier noyau de l'Ecole sociétaire 85

Projet de mibllcation d'un Abrégé de la Théorie sociétaire feft

Kelour de Fourier k Paris (1826) U|

Hé^Oiises de Foui ier à quelques observations sur son btyle \)g.

Démarches faites sans succès aupiès des libraires de Paris pour la publication de TAbrégé [Le Nouveau Monde industriel et sociélaite), OS Fourier se rend il Bosançott pour v faire imprimer ion livre Guillet

Oipservatlous sur cet ouvrage ; 9I

Fourier 1 elourne tiabiter Paris (mars 1829). 99

l'ublicalion du ,Livret d^annoîiee du Nouveau Monde 100

Article» du Mercure de Frunct du Xix* siècle log

Relations de Fourier avec les Saint-Simoniens Ibid^

Articles envoyés an journal i'impartieUf de Besançon. ., ,,, lOi

6 THEORIE SOCIETAIRE..

Cette proposition, évidente pour nous, n'a pas encore, il s'en faut, le même caractère à tous les yeux. C'est qu'il y a très-peu de personnes qui comprennent bien en quoi réellement consiste et où s-arrête de toute nécessité Finfluence qu'il est possible d'exercer sur l'bomme.

Ofl peut, ft Taide de rédUcAtioh, dohtlef une certaine direction aux idées; on peut inspirer telle ou telle manière de voir sur quelques points, et, par suite, modiGer la forme soUs laquelle se produira la passion^ ce grand ci universel mobile de l'être humain ^ Mais quant à l'empêcher de naître au cœur de l'homme ou à l'y étouffer, cela n'est pas possible. C'est même en vain que l'on tenterait d'arracher la passion à ses tendances naturelles ; en vain qu'on s'efforcerait de k ftiifë têmtic^^ an biit qui lui lUt assigné; en vain qu'on s'obstinerait à la vouloir dévier de ce but posé par la main de Dieu même : elle ne cessera pas moins d'y aspirer toujours , et alors elle y tendra par des voies indirectes et détournéesi C'est là^ sous un certain

*■ La raigon iieri à éclairer nog cléterminationa en nous en montrant les motifs et les conséquences , elle pèse le pour et le contre du parti qu'il s'agît pour nous dl! l^hindrb on d'eviier ; tt^Ais à cela se réduit son J'oie , et c'est toujours en vertu d'à H désii', à'nne injttièiice paiiUmnelti piii* conséquent, que nous nous dl^ierihliitflis.

Par te mdt Passion il ne faut pas entendre ici , comme on le fait communément, l'excès habituel de quelque sentiment , ï'ahus d'une affection ou d'nn plaisir sensuel , mais bien la force intérieure par laquelle nons nous sentoos sollicités, poussés vers les objets qui sont en affinité avec notre âme ou nos sens.

Dans la Passion ainsi envisagée comme elle doit l'être, on trouve la véritable danse dM actoi les ploâ svUtmek, acssi llien que étt «ationa vidgalnii étt liaMes et infâmes. Qui ne voit, en effet, qu'elle est le ressort des vertus même l«a plu* ascétiques qui sont, en définitive, pratiquées en tue d'uti bonheur plus ou moins éloifiiéf lj'(rixer«lée de )■ peuéo elle>méine il'a pu d'antra matif» eamme l'exprime cette belle parole de saint Augustin . \uUa est homini causa phHosophandi nîsi ùt beatus sit.

>i Tons les hommes , » a dit avec non nttfins de raisoii Pascal . * déllrëdt i\t* » heureut ; cela est sauft exception. Quelques différotits moyens qu'ils y amr ploient , ils tendent tous à ce but. La volonté ne fait jamais la moindre dé- » diaiHïlé que vers cet objk^t (le bonheur). C'ost le motif de tototes lèft artlbnk » de tous les hommes, jusqu'à eeux qui te tuent et se pendent. » Ha d'a<|traa ter> mes : Tons les hommes se déterminent par des motifs passionnés, et ont en tout •( IHnjdnrs h fMAtfM» . une pamloti qnelvdh^iiA, polir nIoHile.

De re antem quœ agitur petiaus ut homines eain non opinionem , aed opu8 ente çogitont.

Bacon.

(Ce n'est point ici une umple opinion, c'est une «envre , œnvre d'observation et de calcul. )

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAHIES.

Que lui voules-vous à ce monde moral que let précepteurs des nations ont déjà tant sermonné aveo tant d'ntilitë?

VoLTAina, Corr#i|ioiiilanctf . année 1758.

Si Dieu disait à l'homme d'anéantir les passions qu'il lui donne , Dieu voudrait et ne voudrait pas , il se contredirait lui-même... Ce que Dieu vent qu'un homme fasse , il ne le lui fait pas dire par un autre homme , il le lui dit lui-même , il l'écrit au fond de son cœur.

J.-J. ROCSSKAU.

L*H0MM8 et la forme sociale, voilà les deux termes quMl faut mettre d* accord.

Pour y parvenir, deux voies peuvent être tentées :

Agir sur Thomme pour changer sa nature et la plier aux exigences de la forme sociale;

On bien , considérant la forme sociale comme le seul des deux termes qui soit essontiellement variable, Tapproprier aux dispositions naturelles de Thonime.

La seconde voie est la seule qui puisse conduire au but,

¥8nu à démontrer qu'il n'y en avait réellement aucune qai ne fût susceptible de servir au bien , et qui fût par conséquent vouée d'une manière fatale à produire ici-bas le mal, le désordre.

C'est dans ces conditions, en apparence si téméraiivs qu'on serait tenté d'y voir au premier moment la gageure d'un fou , que l'auteur de la Théorie sociétaire s'est toujours placé et maintenu pour l'édification de tout son vaste système.

Ainsi donc , excellence de la nature humaine telle que Dieu l'a faite, acceptation de tous les penchants qu'elle porte en elle , voilà le point de départ de Fourier, sa donnée première et fondamentale. De là il est conduit à s'interdire la contrainte comme moyen légitime d'action sur les hommes. Ce n'est que par Vattrait qu'il s'oblige à leur faire accomplir leur tâcbe dans la Société , mais dans une Société autrement organisée que la nôtre où le devoir est presque toujours pénible, où la pratique du bien et sacrifice sont presque une seule et même cbose.

Les paroles de Jean-Paul que j'ai citées en tête de la biographie de Fourier : « De toutes les cordes qui vibrent Q dans l'âme humaine, il n'en coupait aucune, mais il les » accordait toutes, » — ces paroles s'appliquent admirablement à ce socialiste et elles ne sauraient s'appliquer entièrement qu'à lui seul. Elles caractérisent on ne peut mieux la philosophie phalanstériênne. Voilà notre dogme fondamental à nous, en effet; dogme qui n'est -- admis qu'avec des restrictions plus ou moins nombreuses, et toutes très-inconséquentes, par les autres écoles philosophiques qui s'occupent de l'homme et de la Société. En admetlnnt la bonté de la nature de l'honime, la sainteté de tous les penchauts que Dieu a mis dans son cœur et que de fausses conibitiuisons sociales peuvent seules tourner en

THËOHIE SOCIETAIRE. 9

vices (car notre Civilisation n' est-elle pas comme ces Harpies qui salissaient et changeaient en immondices tout ce qu'elles avaient touché ?) ; en admettant , dis-je , ces bases, on est amené, par Tentraînement d'une logique irrésis* tible , à adopter nos idées sur les conditions de Tordre social. Ce premier point accordé , sous peine de se montrer inconséquent, on est phalanstérien , complètement phalanstérien. Que Ton mette, au contraire, en doute Texcellence native de Thomme, on retombe aussitôt dans les systèmes de répression et de contrainte avec lesquels toute vue libérale n'est qu'une exception , et , en réalité , une inconséquence ; on n'est point dès lors véritablement, phalanstéiien , quelques parties du système qu'on adopte d'ailleurs.

Il ne faut pas se tromper sur la nature des prétentions que nous avons , nous autres disciples de Fourier, en cherchant à fixer l'attention sur la valeur de sa Théorie. Ce n'est pas, je le répète, une règle de conduite pour l'individu placé dans la société actuelle, que nous songeons à apporter aux hommes; ce n'est pas d'approprier les hommes, leurs sentiments» leurs intérêts, aux conditions so^ ciales actuelle$, que nous nons occupons : tentative à peu près infructueuse de la plupart des philosophes, de tous les moralistes ; objet spécial de toutes les prescriptions religieuses et législatives.

Cette tâche, dont, au surplus, je ne méconnais pas, pour ma part, l'importance relative ; cette tâche n'est point la nôtre. Fourier a retourné le problème. Négligeant l'action sur l'homme , action qui aurait pour but de changer son immuable nature , de s'attaquer à ses invincibles penchants, il la reporte tout entière sur la forme sociale qu'il se propose d'adapter précisément à cette nature de l'homme. Il ne faudrait donc pas mesurer la valeur de la Doctrine de Fourier sur l'utilité qu'elle peut avoir pour l'individu au

10 THÉOfelE SOGléïAIRE.

fAilied de ntfitè monde Inedhéfent, et tant que subsiste éette Ineohèrefieé Qu'elle a jittfeifient poor objet de fflire ce93ety en y subsititûâfit la eorabioaison batWotiiqtte de tons les éléments sociaux. Je dii'ftis {presque dans ma franebi^! h quoi bon la véfît^ dans uû ordre social réduit foreéiiietit à pratiquer le fnensonge? A quoi bdo surtout œtte téHté ft Tégahl des sentimetits tiumaiiis doift les droits ne satK rttieut être reconnus, dont la saiisfaotion est iiii{)ossible sous le régime où nous sommes placés*. '

Je fkis, on le troit, bou marehé des mérites de k 0oe^ triné phalanstêrieune euvisdgée autrement qu'à titre d'iti-» strument et de mo^en de transformation soeiale. Et eependftfit, je iie sache pas de conception plus capable d*itiS|>irer aux hommes les sentiments d^une bienveillante indul^fencé et d'une tolérance éclairée pour tous leurs semblables. Il y A, en effet, dis &ujourd'hoi, de bOnHes leçons pratiques à tirer pour ehdCùli ue tioùs des VéHtés établies pai* Pourïer sur lèi nature passionnelle de Tbomme, et ^ur lèS résultats forcés de sa discordance avec le méeàflisme social dflnS le-* quel elle est éoiidamhéé à fonctidnuer. Ainsi ^ tatidîs qli^ft-* véc toutes les hypothèses différentes de là tiôtrë , é*esf AUk péPsùnnêi que chacun est porté à imputer ee qu'il peut av6ir à souffrir dans se^ relations dé sOdété i d*ftfffti^eS, de famille ; tandis qu'Oii efet porté A s'eu prendre àtil in(ik}i'* dus, à dccuser leur mauvais vouloir et lëurs vices t qu'on

est toujours prêt à s'aigrir, à s'emporter COrttrë euif, A lèur jeter Fanathëme et le blâme; -^ àu contraire, à là clarté des priiicipèâ posés par PâuteUr de la TliéoHé de FAttrdë^ tion passionnelle, tout Ce qui noué indisposait Contre les individus Se toiirue contre les entraves qni résultent de la

I 11 jr a tepeadant , mèrtie au miliea du cooQU des intérêts et des passions qui Caractérise l'état su^vtfrsi/', une normale, ta ligne du devoir, ddnt il est possible à chaénii de bOus dé s'écartOr pU» ott ttioiiH dims aa fcdiidÉilfe.- Getitt idée ^ qui iqaiiitiodt U uotidù de mérite et de v ertu , la diltiaction du bien et du mal, a été développée par l'auteur dans un discours sur la Resjwnsnbltilr . atril lfi47. (AflihidioitUflnn soeiatUte . brocli. in-8".)

i«>t*me sociale. Or, quelque vif qu'il soit, ce ëcutiment contre un être de raison (la forme soeiaie) ne mettra ja^^ mais à perfonne ni le poison» ni le poignard à la main.

Futile nne erreur^ cette idée qui, sans effacer pour

tious le iearactère b^n ou mauvais des actions, sans noos

faire confondre le bien avec le mai, la juate avee Tinjuste,

t#od à disculper à nof yeux f iodividu par qui nous aom*-

mas blesiés dana noa intépêt», dans nos affeetûma oa nos

opinions; cette idée serait em^r^ une beurense arrenr» un

principe par«d#ssns tout bumain et charitabla, absorbani

avec plus de force qu'aucun antre et nentraliaant lea

jhaines» les panaées de vengeance, au profit de h con*

corde et de la paix domestique ou sociale. Sous Tempire de

ce principe, il n'y a plus de samt€$ colères contre les

hommes; et celles-ci, Thistoire nous l'apprend, qu'elles

agissent an nom de l'intérêt de Dieuy au nom de b patrie*

dn bien public, de la liberté, de l'humanité même» neMml

ni les moins sanguinaires, ni les moins implacables*

Mais» sana prendre noe exemples dana cai grande» criaea qui agitent de tempji en iemps la monde ou du vawM tout nn peupla à la &is, «^ autour de nous, dans les cii>conatançes ordinaires de la vie, que voyona-ooua chaque jour? Cebii qui a un vif sentiment de l'Unité» a'irriter contre les gens dontla conduite est e^ déMcçojrd avec l'idée qu'il s'est faite de l'ordre \ celui chas qui le besoin à^ teUe ou telle affectÎDn est ardent, énergique, cbes qui parcpn^ séqxient fe» désira aont impétueux et l'empire de la passion puissant^ ^âAinMk^ faire éolaier une haine furiense i9M nourrir nn teeret une avnraion profonde içontre kta pe«> aonnas qui sont nn obstacle à ce que cntle affectinn aoit satiafaite; ^enfin ces créatiure» mpim noblea, qui aont do^minées par ]e» appétits sensuels» <se révolter auM,4incore et tottjoura» aan/r^ du ^^wnneh De là ce moàm^ uni^ersa demépria et dis haine»» qui lest te f0idaenquek|uieaortedp la vie ci^iliaéie.

12 THEORIE SOGIETAIRË,

Je le rappelle toutefois encore, ces considératioas sur rinflaence que poamaicnt avoir les idées phalanstériennes en tant que génératrices d*une rèfgle morale par rapport à la société actuelle; ces considérations, à nos yeux et relativement à notre but en propageant la Théorie d*Association, ne sont que tout à fait secondaires.' S*îl y a des gens qui se flattent de plier la nature humaine aux exigences de la société actuelle, et qui Fétudient à telle fin, nous ne sommes pas de ce nombre. Rien que pour apporter tonte l'impartialité nécessaire dans Texamen de cette nature, dans llnterrogatoire , si je puis ainsi m'exprimer, qu'il s'agit de lui faire subir, il faut avoir fait abstraction de toute forme sociale préexistante ou préconçue. Et c'est ce que n'ont jamais fait, avant Fourier, les auteurs des divers systèmes moraux, politiques, etc. Us ont toujours jugé de ce qui devait être bien ou mal, suivant les nécessités de l'ordre établi autour d'eux. Vainement le cœur humain venait-il donner un démenti à leurs théories et protester contre elles par la révolte et le désordre : devant ces témoignages par lesquels la nature elle-même les avertissait qu'il n'avait pas été tenu compte d'une partie des éléments essentiels de la question dans la solution par eux donnée ou acceptée du problème social; devant ces documents d'une vivante authenticité, ils ont dit,' comme certain historien à la vue de renseignements qui lui arrivaient après coup : « Tant pis, notre siège est fait n Mais quand il s'agit de la Société et de l'action des passions humaines dans son sein, le siège dure toujours, et la voix de la na* ture ne cesse de crier plus haut que les cent mille lois et conventions des hommes, au nom desquelles on prétend lui imposer silence. Prétention impie non moins qu'absurde condamnée par les autorités sacrées ellès-mêmes : In vanum auUm me colunt, docentes doclrinas et prmeepta hominum. Marc, vu, 7. (C'est en vain qu'ils m'honorent, enseignant les doctrines et les préceptes des hommes. )

Dans cette alternative entre la nature, une en tout temps, en tous lieux, comme la pensée de Dieu même dont eUe est l'expression ; dans cette alternative entre la nature toujours parfaitement conséquente dans les attrac* tions qu^eile imprime aux êtres vivants, et les principes incohérents de Sociétés contradictoires entre elles et toutes plus ou moins malheureuses , nous n'hésitons pas à nous prononcer en faveur de la nature : c^est elle seule que nous prenons pour boussole; c'est à elle que nous demandons un critérium des choses sociales, beaucoup plus sûr et plus constant que toutes les règles variables créées, suivant le besoin des circonstances, pour servir d'étais aux Sociétés diverses qui se partagent la surface du Globe, et dont aucune ne concorde entièrement avec les penchants naturels de notre espèce.

Pour savoir ce qui convient à l'Humanité , prenons un moyen bien simple : descendons au fond de notre cœur, rendons-nous compte de ce qu'il demande , et acceptons cette voix intérieure comme une révélation sainte, comme un appel divin vers notre destinée véritable et légitime. Puis aimons, une fois du moins, aimons notre prochain comme nous-mêmes, au point de vouloir pour lui tout ce que nous désirons intimement pour nous ! — Mais , dira*, t-on, sitôt qu'on se met à ce point de vue, Fimpossible apparaît de toutes parts. Comment faire à la fois toutes les volontés? Pourra-t-on jamais concilier de tout point les goûts des pères et les goûts des enfants, les vœux des sages et ceux des fous? — Oh! très-bien, dès qu^il sera reçu que l'attraction seule fait loi et droit pour chacun ; car, pour être diverses, les attractions ne sont point hostiles entre elles, ni contradictoires. C*estpar suite des dispositions anti-attractionnelles de la Société qu^elles en* gendrent la discorde entre les différents âges et caractères, entre les différentes positions et les différentes classes, dans la famille, dans ce qu'on appelle le monde, et dans TÉtat.

14 xmmm ^ocmAJm

iMôfani au vœii é» V%tln^6im cbii lou» lis i«diiridii# • îipp«rt« k miiM» À OM otiiflfcis lie ft^ii giort 4oal la S^

BX^dâfitVIdM

BV lA

Depuis trois mille ans, la philosophie ne sait inventer aucune disposition neuve en politique industrielle et sociale ; ses inyombrables systèmes ne reposent que sur la distribution par familli. réunion la plus petite et la plus ruineuse.

Voici enGn de's idées neuves...

FovRiiR , N. Monde ind. . Avant-Propoa.

Le vatle entembld d^idéet f|iii contiUue la Doctrine de Fourier, et qui eix]bl*asse un si grand nombre, une si grande variété d*ebjetS| te prêle met aux limites d^un résumé. Lii confUdion est à cràiâdre {{Uatid il faut accumuler mir un éti^it etpaee tant de ebeaea diverses, qui pourtant ae tienneiit ititimeiiietit liées les UttCit aux autres. Pour éviter le risque dtt m'é^erer moi-même « et afin que le lecteur ptiitftê suivre plus faeilëioeiil le dours de cette exposition , je vais tracer en quelques mots la marcbe qu^il m'a pài<li bon d'adopter s laoi néaniti<iftt« m^siriliidite à un éfdre tout à fait rigoureux.

La première moitié de rexpotition traite de ei qne Pou* rier appelait la Tbéot*ie dinHe, qui comprend la partie organique du système t étude de la nature de Thomme ; détermination du milieu social approprié h cette nalure;

institutions et mœurs de Tordre nouveau ou régime phalanstérien.

La seconde moitié est consacrée à la Théorie mûcte et indirecte. Elle montre le lien qui existe entre le mode d'organisation sociale proposé par Fourier et le système général du mouvement; ^e présente le tableau des Sociétés successives , les caractères distinctifs de chacune d'elles, en insistant particulièrement sur' ceux de la Civiiisation.

La route ainsi jalonnée devant nous , entrons en matière :

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