‹ Fourier; sa vie et sa théorieChapitre 58 sur 66 · FI.\ DE LA SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

FI.\ DE LA SECONDE PARTIE

(Note i , page 6.)

Que le désir du bonheur est le mobile de toutes les actions

de rhomme.

A Tappoi de Topiiiion qoi attribue ao dësîr do bonheur tous les actes humains , je pourrais citer le témoignage d'une foule- de grands espritr.

ilrislote , au commencement de ses Politiques , reconnaît que « c'est pour leur bien ou ce qui leur semble tel que les hommes 9 font tout ce qu'ils foqt. »

Le Trahit sua quemque voluptas de Virgile (par son plaisir chacun est entraîné) , autrement : chacun cède à son attrait, à T attrait qui a sur lui puissance , est une observation profonde revêtue de l'expression la plus gracieuse.

Vivere omnes beatè volunt (Tout le monde vent vivre heu* rem ) , dit à son tour Sénèque.

Les anciens , au surplus, ches qui les notions les plus simples n'avaient pas encore été embrouillées et obscurcies comme elles l'ont été depuis par les subtilités de diirerses sectes mystiques, les anciens proclament presque tous ingénument cette vérité; seulement ils ne savaient pas y joindre l'idée de la SoLiDARrrli de tous les hommes , qui en est le complément nécessaire.

La même opinion de la légitime et naturelle tendance au bonlieiir fut professée ouvertement aossi par les penseurs du dixhuitième siècle. Celui qui les résumait d'une façon si brillante , Voltaire, en parlant du désir du bonheur, l'appelle i ce grand f présent de Dieu , ce premier ressort du monde nîoral. t Re* marques sur Us Pensées de Pascal,

162 \OTKS.

Ailieon, il dit encore :

■ La aalere . allenliTe i remplir tw déni

• \vmm appelle i ee Diea par b veix dra

> Xm\ eM«r a'a ckaaié n bonlé tool ealière :

> C'est par le mMiTement qa'îl caodaît la matière ,

• Hais c'est par le plaisir qn'il eondoit les hnoiaiaa.

• PartiNrt d'aa Diea déaent la boalé talataire < .attache à naa bcsoios ■■ plaisir ■ccranire .

> Les Mortels en en mat n'oat poiat ë'aatre moteiir.

• hk ! daas toas vos étate . en t«at Inaps , en loat

• Mortels , à vos plaisirs rceomaiiKi on Diea. *

A farlicle Philosophie de VKncycliopêdie, qoi est, je crois, de Diderot , on lit : c Dans tootes les actions qne les bomnies font,

> ils ne cherchent qoe leur propre satisfaction actuelle : c*est le

> hien on plotAt l'attrait présent qui les fait agir, i

1^ not aetmeUe est de trop : on agît en vue d'niw tatiafaction future et même lointaine , comme en 9«« d'une satiadelMB im* médiate. Le mobile est toujours -de la même nature.

Aussi lat diseiples des philotopbea , qai fivrat la lévalafion française , placèrent-ils en tète de lenr Déckunatioa des Dkmits de

l'Homme cette maxime incontestable :

« Ijc but de la société est le bonheur commun *

Daas son Essai sur le gouvernement , le docteur Priestley désigne le plus grand bonheur du plus grand nombre comme le seul but juste et raisonnable d'un bon gouvernement.

» C'est le bonheur dans toutes les conditions qne le législateor I doit avoir en vue. « (S. de Sismondi. Noue. Pr, décon, pr, » t. 1, Uv. I*"", chap. 2.)

t La but de l'homme d'État, tel qu'il est universellement avoué, I est le bonheur, le bonheur de l'Etat,, la plus grande somme de ■ bonheur possible ponr les individus d'un Etat dans le cours de n leur vie mortelle. » (Jérémie Benthara. Déontologi^^U I, ch, 2.)

Mais Voltaire et les encyclopédistes stmt anjourd'iiai tombés en discrédit : laissons d<Hic leur témoignage , bien qa'à nos fwmt il en vaille d'autres assorémeat Eh bien ! veici leur plus illMtM adversaire, l'homme qui a donné aveo tant d'éclat le signal de là réaction contre le diz-hnitiéme siècle, voici l'autenr du GMe dm Christianisme, qui exprime la même vne d'une destînatien hf n-

Page 1