V0TE
* Il cofnptatf le temps, non par heures ni ptr Heoes, mais par boateilles. On demandait : Combien y a*t*il d'ici à tel lien? — Voas auriez le temps de boire quatre booteilles. — La voiture s'arrète-t-elle longtemps ici ? — Le temps de boire une bouteille en /'«{>; c'est moitié du temps de la bouteille bue en assis; c'est 5 minutes.
f Un soHtone, deraat ainsi tout rapporter à sa dominante, de* vient très-précieqx dans l'Harmonie ^ parce qu'il est infatigable sur le soin dont if se charge. Un tel homme sera le Silène, le chef des cavistes, et jour et nuit il songera aui besoins et ouvrages de sa cave ; jamais rien d'utile en ce genre ne pourra être oublié ni négligé. Un caractère de cette trempe est sans emploi en civilisation, il y est voué à l'abnitissement. «
Ainsi, toujours guidé par sa confiance sans bornes dans la divine intelligence qni a tout ordonné et tout distribué avec une sagesse si supérieure à la nèlre , Fourier ne manque jamais de chercher le but social de chacun des penchants qu'il découvre chex les hommes. Ailleurs il nous montrera comment un Harpa* gon, caractère à bon droit ridicule et odieux aujourd'hui, sera un sujet très-utile à la masse en association, sans que sa manie puisse y être vexatoire pour personne. Autant on en peut dire d'une ïbule d'antres g(<ûts plus ou moins bizarres, teb, par exemple, que ceux des caractères ambigus cités dans la note suivante (3).
Dans l'appréciation des cai*actères, Fourier se dirigeait surtout d'après le nombre des passions dominantes. Se laisser maîtriser par une seule à l'excWsion de toutes les autres , quelque noble qn elle soit de sa nature , est à ses yeux l'indice d'un titre peu élevé. A propos d'un jeune homme que la mort d'une personne chérie portait à vouloir s'éloigner momentanément d'un haut établissement scientifique où il venait d'être admis, Fourier écrivait :
« C'est rarement une impulsion généreuse que celle qui excité» à déserter son poste; c'est plutôt une extrême faiblesse voilée d'illusions sentimentales, et ce n*est point là le cachet des grands caractères. Ils savent développer de front et par conséquent tenhr en balance tontes leurs domina*ites. Antoine , sacrifiant le tr4ne du monde à Cléopâtre, n'est qu'un soUtone exclusivement dominé par l'amour. César aussi aima Cléopâtre , mais il ne donna pas tout à l'amour et sut mener de front l'ambition et toutes les antres passions. Voilà les grands caractères. Quant aux petits, en
vain s*exciueot-i]s sur leur essor véhément Cette véhémence proQve que les autres passions n'ont pas d*influence et qae Tindivido n'a que très-peu de dominantes. Car un grand cnractère ne se livre-à l'essor véhément qu autant que cet essor se concilie avec les autres dominantes. *
La leçon s'adressait à un cœur assez richement doté pour en faire son profit, et l'avis de Fourier prévalut contre* les suggestions de la douleur et du découragement, i'ai cité ces paroles, non-seulement à cause de. leur vateur doctrinale, mab encore parce qu'elles m'ont semblé propres- à exercer une influence morale des plus salutaires.
Les caractères de haut degré ayant une sensibilité plus vive et plus délicate, la nature devait leur ménager aussi plus de moyens de diversion à une afTection devenue doulourense. C'est ce qui a lieu par la pluralité des dominantes, par la disposition à contrac* ter des liens divers, à s'exalter à la fois de plusieurs sentiments, amour, amitié, désir. de la gloire, à se passionner pour les arts, pour les sciences,. pour les grandes entreprises. Ainsi la sagesse ne consiste nullement à suivre ce conseil, d'ailleurs impraticable, de la philosophie : t Garde^toi de jouir, de petir de désirer: ff garde'4oi de désirer, de peur de craindre; » elle consiste, au contraire, à employer activement tous les ressorts qui sont dans nos âmes et qui sont disposés de manière à se servir de contrepoids les uns aux autres et à procurer cet heureux équilibre, vainement cherché dans les doctrines d'abstinence et de modération, t L'accomplissement de nos désirs, » dit un philosophe qui est toujours dans le vrai quand il n'écoute que les inspirations de son génie, t l'accomplissement de nos désirs, dit quelque part Bacon, semble perfectionner peu à peu notre nature. »
C'est le cas de dire un mot de la méthode qu'indique Fourier pour le traitement des passions, pour l^purgoHan des passions, suivant l'expression de Corneille par lui citée.
Il n'y a, d'après l'auteur de la Théorie sociétaire, qu'un moyen noble et sûr à la fois de réprimer les passions ; c'est le procédé de substituHon absorbante, ou art de remplacer sans violence une passion nuisible par une passion utile et agréable qui absorbe pleinement la première '.
' La méthode des suhntihttions est d'un usage très-général. On remploie, en médecine , dans le traitement des affections dn corps , comme en morale et en
Et comment, ajoute-t-il^ 8*approvisiomier de charmes assez nombreux poor Avoir sàas cesse des compensations à ofErir à l'individa lésé et chagrin? compensations senties et avouées^ car tel est le caractère qu'elles doivent présenter.
C'est, répond Fonrier, le secret qu'on va découvrir dans l'étude des passions opérant par Séries eontrasteesyrivalisées^ engrenées. Ce procédé offre des moyens d'absorption subite ou graduée pour tons les cas oà il y a conflit de passions. ( Th. de fUn, Miiv, , t. III, p. 353.)
En fait de compensations, comme en fait de ràlliaraents sociaut, toat est subordonné aux quatre conditions qui sont inhérentes a u régime des séries passionnelles, savoir :
Attraction industrielle ; Education unitaire ; Minimum intégral ; Population proportionnelle.
« Sans la deuxième de ces -bases, fait observer notre auteur, quelle compensation assigner aux malheurs du pauvre entouré d'enfants affamés! Il n'y a point de compensAtion là où il n'y a point de minimum garanti.
• Même obstacle aux compensations par le défaut à* éducation unitaire. Il est difficile de concilier nos réunions sur la nature des conversations, les femmes surtout, qui sont très-peu initiées «ax sciences, aux arts, et qui s'ennuient dès que la conversation sort du cercle des futilités. Beaucoup d'hommes sont dans le même cas. Cet obstacle aux liens accidentels se trouve levé par Féducation harmonienne qui , du plus au moins, initie chacun à tontes les branches de sciences, arts, cultût^s, fabriques, « etc.
En parlant des garanties que T Attraction établit entre Dieu et l'homme, Fourier dit ailleurs :^
t II ne conviendrait pas à la dignité de l'Être-Supréme de lirer une vengeance directe des globes ou individus rebelles.
IMeu, pour nous laisser le libre arbitre, n'a eu d'autre payli
polttîqoe dans le traitement des affections de l'âme. La chimie y a sonveiil rocoiin . ainsi qu'âne foule d'aalres sciences et arts. C'est , en un mot , un dfH moyens les pins précieux que la nadiro ait mis h notre dispo»ition pour agir sur nons-mémes et sor tout ce qui nous entoure Pour ce qui concerne les passions, dijà Racon avait signale ^ comme étant la question dont la solution es? du plu» grand usage en morale et en politique , celle de savoir comment on peut régler nae affection par une affection , et employer l'une pour subjuguer rantre. » il* l'aec. dfs «c. . I. 7 » c. X
174 WTES.
que de te déeliter de m iaculté de punir ftctlvement, et n'infliger qu'une peine paeiiv«, celle du déur eu inipnltioii ; peina éqêï^ table en ce qu'elle- ra proportionne dent toni les cai à In réels* lance du, rebelle, et qu'elle n'entremet nneun châtiniMit epécinl , aucun effet de colère ditine.
I IjO ténacité de l'Attraction, la permanence de let impnleinm, ctl un mal léger au premier moment.
* On réntsirait peut-être à f'étonrdlr sur les privatione , si on ne voyait pas l'objet désiré, si les richesses perfides n*étaient pas étalées partout aux yeux dn^nalbenreox pressé par le besoin. On voit toujours, même an village, on petit nombre de riches dont l'aspect irrite les désirs de la multitndo, et la rédnit an sort de Tantale. Ainsi Fattraction dégénère en supplice par. des privalions longtemps prolongées, et ce mal-étre n'est point vengeance directe de la part de Dieu ; car les globes sont toujours libres de venir ^ résipiscence , de quitter les bannières de la pblloiMipbie, du travail morcelé ot de la pauvreté, pour se rallier à la richflise, à la vérité, en organisant l'état sociétaire*
1 Remarquons que le martyre d'Attraction pèse sur lea riches comme sur les paovres, ot qu'on voit dans la classe richo dMt le bonheor est envié, une foolo. de gens rongés d'ennuis et dévolés de désirs, i
Fonrier ,cite, à ce sujet, le témoignage do madame de Maînle? non, qoî s'écrie en gémissant : Xe toyex^-^ous fias ^ueje mew$ de tnstetie dam une for tu»* qu'où aurait eu p^t^â à imaginer..* Je vûu$proiesfe que tous les élaU laissent un vide affreux^ «ne inquiétude, une lassitude, une envie de connailrêoutr^ chose?...
t Tops les observateurs de Thonime ont déploré ce martyre d'Attraction, atra cura^ qui règne principalemrnt chez les savants, tous confus dn tide que lenr laisse la science, v Théorie de l'Unilé universelle t %^ édition, tome |, page ^Ud (Voyes plus loin la note 4 , page 177.)
(iVotea, page lis.)
Transition. — Ambigu.
Ce qui concerne les Ttnnsitions en le genre ambigu est un des points les pins dilYiciles et les plus délicats de Tétude scientifique
XOTOS. 175
du MOUVKMCNT 6t de i'uNirii VNivKHSRLLE. Foorier s*e8t borne, sur ce sujet, à donner des indications, à citer quelques exemples de cette modulation ambiguë que la nature emploie partout pour servir de lien entre ses diiïérentes praductions. « L*ambîgtt, dit-il, ou lien mixte, lien de transition, est un genre déshonoré par nos préjngés, et pourtant on ne peut pas former de série régniièra sans y introduire aux deux extrême» des groupes d'ambigu et môme de sous<^ambigu. Il faut que la nature fasse grand cas de l'ambigu, puisqu'elle Ta prodigué dans toutes ses créations, comme on le voit, par les amphibies : l'orang-outang, le poifson volant, la chauve'^souris , rangnille et tant d'autres. n^I^otweau Mande ^ pà^es 75, 76.)
I L'ambigu, fait encore observer Fourier, ne doit pas ôtre confondu avrc le neutre : tous deux font partie du mouvement mixte, mais le neutri! est un des trois modes ; Fambigu s'entend des tran* siiions au nombre de quatre. « (Th. de l'Unie uni»., t. IV, p. 328.)
Fourier ne spéei6e pas d'ailleurs ce§ quatre formes de transitions. — ie pense qu'on peut distinguer d'abord les transitions en deux- genres, suivant qu'on. les envisage relativement à un mouvement p«rticutier dont elles occupent les deu» phases extrêmes, ou bieo jrelativement à des séries de mouvements ou d'dtret que l'on compare entre eus.
La naissance et la mort^ ainsi que les périodes de la vie de chaque être qui se rapprochent le plus de ces deux termes, sont des cas du premier genre de transition ; les espèces ambiguës qui figurent aux extrémités de chaque série naturelle, animale, végétale ou minérale, fournissent des exemples dn second genre ^
Cet produits ambigus sont la pierre d'achoppement de tous iet systèmes de classification. Faute d'y avoir assigné ane place à ees créations mixtes , qui tiennent à la fois des deux classes d'êtres , les naturalistes sont restés longtemps san» pouvoir s'accorder ; et c'est de là encore que viennent aujourd'hui beaucoup de dissi* dences entre les savants, obstinés à faire des catégories bien closes, sans qu'il y ait d'engrenage entre elles. 11 y a longtemps cependant que Bacon , ee grand esprit qu'on retrouve si souvent à l'entrée des voies qui ont été explorées jusqu'au bout par Fou*
* La Tératologie , 8c1cnco des monstruosités, branche de l'histoire naturelle erèée de nos Jour* par Georfroy-SaiHl-Hitaire , rentre aussi dans le domaine do l'ambiga et y «omtitiM peut-dire nn geart h part.
rîer ; il y. a, dis-jc, longtemps que Bacon signalait cette inadvertance <ians Fétnde de la nature.
t II est peu d'autears aussi ( fait-il remarquer) qui, en parlant de la similitude et de la diversité des choses, nous aient dit pourquoi Ton trouve toujours, entre les diverses espèces, certains êtres wd-parUs, qui sontd'uœ espèce équhoque, comme la mousse entre la matière en putréfaction et la plante , les chauves-souris entre les oiseaux et les quadrupèdes, les phoques entre les poissons et les quadrupèdes, « etc. (De r accroissement des sciences, liv. 111, chap. 1.)
Fourier, transportant Tobservation du domaine organique dans le domaine social, conformément au principe de l'unité desystème, montre ■ quil existe des groupes ambigus en passionnel, ainsi que des caractères. » Gonraie exemples de ces caractères ambi* gos, il cite :
c he^ Initiateurs, gens qui commencent tout et ne finissent rien.
« Les FiniteurSt genv qui finissent toult et ne commencent rien.
« Les Occasionnels, adhérant à Tavis du dernier venu.
« Les Ambiants^ qui ne savent jamais se tenir à un poste.
« Les Caméléons ou prêtées, si connus et si nombreux en civilisation : leur fortune y est assurée ; on leur défère même le titre de sages, selon ce distique de La Fontaine ;
Le mge dit, selon les gens :
Vive le Roi, vive la Ligue !
> On voit, ajoute-t«41, non-seulement des individus, mais des nations atteintes de quelqu'une de ces manies : par exemple, on peut citer la nation française pour type du caractère ambiant ; car elle ne peut, ni en matériel, pi en passionnel, s'en tenir fixement à un goût, à une opinion. >
Fourier indique encore, comme types d'ambigu, les Impossi^ biHstes, Flâneurs^ Nouvellistes^ Entremetteurs, Faetotîum, etc.
i En général, fait -il observer à la suite de cette énumération, ces caractères sont dédaignés en civilisation, comme gens peu sArs et dangereux. On peut répoudre que si Dieu ne les avait pas jugés utiles en mécanique sociale , il ne les aurait pas créés. Les ambigus sont infiniment précieux en harmonie. Ils sont les pièces de transition en toutes relations. Mais la transition n'est utile à rien dans Tordre civilisé , où rien n'est lié en système d'iir«ort<f-
Han domestique-industrielle. Or les amiiigas n*étànt créés que pour les liens de série, op ne doit pas s*étoniier qu'ils soient nuisibles hors de Tétat sociétaire, ne pouvant moduler qu'en faux essor. > On ne saurait trop-répëter à cet égard que FÊtre qui a créé nos 12 passions et nos 810 caractères est eiercé depuis une éter-» nité è créer des hommes et des passions dans des milliards de inondes. Il a bien eu le temps d'apprendre par expérience quelles proportions distribulives on doit observer en pareille <euvre. 11 a sans doute asses de lumiéres-pour se passer des conseils de quelques orateurs de notre globule, gens qui, n'ayant pas le pouvoir de détruire ni changer une seule de nos passions, auraient dû, au lieu de déclamer contre elles, s'étudier à découvrir le mécanisme auquel Dieu les destine. • {Théorie de F Unité universelle, t. IV, p. 328 et suivantes.).
(Note 4, page 114.) Extrait de la Théorie de rtlniti* universelle.
THiSE DE L'IMMORTALITÉ BI-COMPOSÂR.
ou PBS ATTRACTIOKS PROPORTION* XBLLBS AUX OBSTINl^Bg ESSRNTIEU.F.S.
Le sort futur et passé des âmes est un de ces grands problèmes qu'éclaircira la théorie de l'Attraction. Il n'est pas de question plus rebattue et pourtant plus neuve que celle de J'immortalité de l'âme ; c'est le principal écueil des lumières scientifiques. Nous avons sur ce point une conviction suffisante, fournie par la religion ; mais les dogmes religieux n'étant pas de mon ressort, je ne puis disserter ici que sur la valeur des notions obtenues de la science. Examinons donc si elle nous a fourni quelques doctrines recevables sur le sort extra-mondain de nos âmes«
La théorie de l'immortalité de l'âme embrasse le passé comme l'avenir. Si l'âme est immortelle au futur, elle l'a été an passé. Dieu ne créant rien de rien , »'a pu former nos âmes de rien. Si l'on croit qu'elles n'existaient pas avant les corps, on est bien près de croire qu'elles retourneront au néant d'où nos préjugés les font sortir.
Les barbares et sauvages , dans leurs fables grossières de métempsycose, ont été par instinct plus judicieux que nous. Oc
dogme approebe en dooble sens de la vérité : i*" ep ee tqv'ii ■« fait pas nattre oos âmes de rien ; S> en ce ^'il n'isole pas Boa ârars de la malièrei ni avant, ai après cette vie.. <. -
Noos avons à disserter on plotAt préiuder sar les raodi^cattons qu'a subies et qofi sdMra Yiàae peiidant réteraité eompoaéo , oa citérienre j| et nhérieare Y. C'est une question du domaÎBe de la eoamogonie et non de la psychologie.
Rien n est pins abondant aujoord'bui que les eoamogonîea; oo en est prodigae autant que de constitutions ; et toot anloar de systèmea de la nature se eroit obligé , en conscience , de donner sa cosmogonie en mode nrnj^h^ selon l'osage civilisé.
Nos cosmogones considèrent sans doate Fàme comme ne faisant pas pariie de T Univers, puisqu'ils ae donnent, sur le sort passé et futur des âmes, aucune théorie combinée avec celle du sort de la matière. Peut-être font-ils prudemment de ne pas s'écarter du matériel où ils ne brillent déjà guère^
On ne peut pas expliquer les destinées matérielles du monde avant d'avoir expliqué les passiannelles ; le mauvement passionnel étant pivot des quatre autres , sa théorie peut seule nous ini* tier à celle des quatre autres ; les cosmogones sont donc obligés de déterminer les trois destinées de l'âme en mode citra, intra et ti//ra-mondain avant de rîen découvrir sur les trois destinées passée, présenta et future do l'Univers*
li suit de là que leur science, 4]n'ib ont crue simfde et bornée au passé, comprend six branches inséparables, savoir :
Psychologie sur-composée ou destinée citcr-passionnelle , inter-pass. et uUer-passîonnelle. Passé, présent, futur,
Gllotoom sim*coMPosiE on destinée citer>matéHelle , inter-mat. et niter-matérielle. Passé, présent, futur.
Dans les détails nous sopprimerons fréqueôament le passé ; oar sa théoHe est, en sans inverse, à peu près la même que celle de l'avenir. Je dis à peu pris y car il y a dans le parallèle de nom* breuses différences, mais sur lesquelles on ne doit pas fixer l'attention du eommençant : il suffit de l'habituer à spéculer, en thèse générale , sur l'unité des deux éternités passée ot future :
quand il sera exercé sur ce sujet, on sera à tcoips de l'initier aux règles d'exceptiod, aux menues différences du passé au futur.
Je comptais, dans ces prolégomènes, donner une troisième partie à la cosmogonie, il a convenu de restreindre le plan, et je me bornerai à deux articles sur ce sujet : ils ne traiteront dn ma< tériel qu'accessoirement et pour explication des destias de Tâme.
V Pîvot direct , Psychologie spéciale ou immortalité composée en passé et futur \,
•^ Pivot inverse. Psychologie comparée ou aoaidgîe universelle du matériel an passionnel ^ .
Le pivot direct ou immortalité de Tâme est le sujet qui va nous occuper.
S'il est vrai que les lumières aillent croissant, nous devrions en savoir sur limmorlalité plus que nos devanciers, les Grecs et les Romains ; loin de là , nous ne sommes parvenus qu'à mettre en problème ce qui était certitude pour eux : les lunûères modernes ont évidemment rétrogradé sur ce point, comme sur une foulé d'autres où Tinstinct avait mieux guidé les anciens.
L'esprit humain , au lieu de se rallier à l'espoir d'immortalité composée ou mcfrmpsycose, a voulu contester même sur la simple. Nos athées cl uiaierialistes, loin de soupçonner le retour périodique des âmes, ne veulent admettre ni âme ni autre vie.
Nous avons sur ce point des doctrines qu'on dit suffisantes y mais qui ne sont que médiocretnent persuasives : si elles l'étaicut suffisamment, on n'aurait pas va éclore des sectes de matérialisme. Leur seule existence prouve qu'il sera très-opportun d'ajootcj* aux preuves suffisantes des preuves couvaincantcs et mathématiques. Je ne pourrai les fournir complètes qu'Après avoir traité des transitions et de l'analogie universelle.
Tant de fois des questions m'ont été adressées sur les deslinces nltra*mondaines , que je dois en donner dans les prolégomènes au moins un aperçu qui devra être suivi d'un abrégé, puis d'une théorie : elle est obligée dans un ouvrage où l'on s'engage à dé* montrer Tunité de TUnivers, dont aucun sophiste n'a pu nous fournir de preuves appliquées au mécanisme social des passions et à l'immortalité de l'âme.
Toutefois , évitons sur ce sujet de compliquer les ductriuci» de
180 XOTES.
rAtfnction avec les dogmes religieux. SopposoDs, snr teot ce qm touche ftox affaires oltra-mondaines , que je né sois qu'on philosophe. qu*ufi faiseur de système ; je pois user du droit qu'ont ea avant moi cent mille philosophes qui ont fait des systèmes sur Ton ou l'antre monde. Si je me trompe, je répondrai : errare humanum est Mais après avoir lu mes erreurs sur le sort fotor des âmes, on avouera au moins que ce cadre de nos destinées nltramôndaines est digne de la puissance de Dieu et do génie de l'homme.
Citer. —On a vo que les Inens de ce monde, richesse, vigneor, longévité, ne seraient pour les Harmoniens qu'un sujet de regret si Fimmortalit^ doalisée ou métempsycose ne leur était garantie : en outre le but de Dieu serait manqué ; car en faisant beaucoup pour le bonheur trUrormondain des humaîus , il n'en obtiendrai qu'une affection équivoque, un reproche contino^el de n'avoir pu perpétué le bonheur de cette vie terres1i*e , et d'avoir inspiré à l'Homme un violent désir de retour en ce monde, sans avoir pris aucune mesure pour le satisfaire.
L'immortalité composée on métempsycose est donc un des pivots du système de l'harmonie : il ne serait qu'avorton, sans la solution de ce problème dans lequel l'Attraction va mîus servir de guide : il tomberait, quant au sort futur des imes, dans le simplisme relatif, dans le vice que j'attaque sans cesse. Leur bonheor à venir sur ce globe serait imparfait, si elles ne rentraient pas en cette vie.
Examinons d'abord dans quel esprit ont été calculées nos théories-actuelles d'immortalité.
Pendant le cours des lymbes sociales, où la vie n'est qu'un sentier de ronces, il suffît à Thomme d'une perspective de vie future, dégagée des plaisirs sensuels , dont le civilisé jouit peu en ce monde. Il n'y possède pas môme le nécessaire ; il ne conviendrait pas qu'il espérât trop de bonheur sensuel dans l'autre monde , il deviendrait apathique ou séditieux en cette vie. Si notre populace, toujours famélique , pouvait espérer bonne table dans la vie future, elle serait trop empressée de s'y rendre et trop disposée à sacrifîer sa vie dans les bandes de voleurs et les émeutes popu- 1 aires où elle ne s'aventure déjà que trop.
D'après cette considération, l'on a dû restreindre beaucoup les
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tableaux de bonheur ultra-mondain ; les borner à des passe-temps insipides et mesquins ; des Champs-Elysées où les âmes des justes sont réduites à des promenades monotones , à de stériles entretiens sur la vertu ; un Olympe où les Dieux et demi-Dieux mangent toujours du même plat, toujours de l'ambroisie; d'autres séjours ascétiques où Ton n'a aucun usage des sens principaux , gotltet tact, ni même des passions romantiques ; certaines demeures célestes où l'usage des sens est outré et sans diversion ; tels sont les deux paradis imaginés par Odin et Mahomet : dans le premier, le régal se bornera à boire du sang dans les crânes de ses ennemis; dans l'antre , on sera conjoint pendant cinquante mille ans avec une des houçis ou nymphes célestes, dont on pourra bien s'ennuyer au bout de cinquante jours, si rien ne fait diversion à cette uniformité.
Chacun de ces fabricants de paradis n'a dépeint , dans ses tableaux, que son goût favori :
K Tout a rhumeur gattconuu en un auteur gascon. »
Dans le paradis de Sommouakodom , Dieu des Siamois , on passera des milliers d'années en état d'absorption mentale, sans songer à rien. Un tel bonheur pourra plaire à certains oisifs d'Italie qui ont pour devise : bella cosafar niente. Bref, on ne saurait à qui donner la palme de déraison , parmi ces fabricateurs de séjours olympiques.
Ces pauvretés peuvent suffire à charmer des Civilisés et Barbares, à qui il serait dangereux de promettre davantage ; elles ne seraient pas présentables à des Harmoniens qui seront insatiables de jouissances et qui, convaincus par leur état social de l'extrême sagacité de Dieu dans la distribution des plaisirs, verraient en lui une parcimonie méprisable , si l'immortalité ne leur garantissait pas dans l'autre vie une supériorité d'essor de chacune des douze passions , une perspective capable d'exciter la convoitise , même dès ce monde.
Jusqu'à présent, les tableaux de l'autre vie sont si peu satisfaisants, que les riches redoutent et diffèrent autant que possible d'aller en jouir. Quant aux pauvres, s'ils sont familiarisés avec la mort, ce n'est point par amorce de bien-t>tre futur, mais par dégoût de l'existence présente; ennui qu'ils expriment par ce re-
Igî • XOTES.
iraiu : t Xous ne pouvons pas ôtre plus mal dans Taulre monde * que dans celui-ci. *
Pour éclaircir le problème de notre sort dans l'autre monde , consultons d'abord les indices ^ue nous fournit TAttraction à titre d'agent de U Divinité.
J'ai suffisamment démontré que Dieu contreviendrait à toutes ses propriétés , s'il employait d'autre agent que l'Attraction pour diriger l'Univers ; mais en quelle dose la distribue-t-il à chaque espèce d'êtres ; quelle règle suit-il dans cette distribution ? 11 est hors de doute qu'il répartit l'Attraction conformément à ses trois propriétés piimaires et X (pivotale) :