‹ Fourier; sa vie et sa théorieChapitre 61 sur 66 · Universalité de providence · texte numérisé non relu

Universalité de providence

X Unité de système.

A partir de cette base , tous les doutes sur l'immortalité composée vont être levés : démontrons la thèse par application à Tune des trois lois, à X économie de ressorts.

Si Dieu distribue l'Attraction avec économie, il n'en doit donner à chaque être que le -nécessaire, en justes proportions avec les destinées : la justesse exige que la dose d'Attraction soit inférieure aux biens qui nous sont réservés, qu'elle soit en degré d'iN- FRÀ-DBSTiN, afin de nous ménager le charme d'une surabondance de biens. L'Attraction en dose de superflu ou supra-destin , en excédant de rapport avec les biens à obtenir, serait un tourment pour l'espèce entière ; jugeons-en par compiiraison aux animaux. Le renne est destiné à vivre dans les glaces ; Dieu ne lui donne pas attraction pour les prés fleuris et les végétaux de nos climats...

Remarquons que Dieu distribue les lumières en même rapporL Un bœuf est condamné à périr daus nos boucheries ; Dieu ne lui donne pas , comme à nous , la faculté de réfléchir sur la mort et les genres de mort. Cet animal serait inquiet toute sa vie, en prévoyant sa triste fin. La nature en agit de même à F égard d'un sauvage destiné à encourir les risques de famine ; elle lui inspire une apathie qui lui cache le péril.

Il est donc évident que le Créateur a reparti les attractions et les lumières avec rconomie et discernement ; qu'il n'en donne à

chaque espèce aucune branche , aucune dose qui puisse, excéder le nécessaire^ ni s*écarter de convenance avec la destinée essentielle du grand nombre ; j'entends par destinée essentîelte , le sort qui est réservé à la multitude pendant les | de sa carrière. (Les \ sont comptés pour le tout en mouvement; le 8® d'exception confirme la règle.) Ainsi notre destinée essentielle est celle des deux phases d'Harmonie ascendante et descendante, qui comprennent avec Tapogée , au delà des \ de la carrière sociale du genre humain. Les deux phases.de subversion né sont que destinée accessoire et transition.

Selon ce principe, toutes nos impulsions collectives sont oracles de destinée , interprètes du sort que Dieu nous prépare en l'une et l'autre vie ; et selon la règle d^ infra-destin^ nécessaire à l'équilibre général, nous devons espérer plus que tes biens dont le désir est universel.

Gela posé, analysons l'impulsion générale sur l'immortalité, et constatons d'abord que cette inipulsion est composée ou dualisée, exigeant la garantie de métempsycose avec la garantie de bonheur dans l'autre vie.

Bien qu'on soit parvenu à ridiculiser la métempsycose , elle n'est pas moins désir général dont l'expression nàal déguisée échappe à chaque instant à tous ceux qui sont au déclin de l'âge. Il n'est pas un vieillard qui, jetant un co'up d'œil sur les disgrâces de la vie^ ne vote à mot couvert pour la métempsycose, en disant : ft II faudrait pouvoir renaître avec l'expérience qu'on a acquise , avec notre connaissance des écueils du monde et de la fatfsseïé des hommes, ai l'on revivait avec ces lumières, combien l'on saurait utiliser la vie, mettre à profit les chances de fortune et Se plaisir, s

Ce langage est celui de tous les vieillards ; ils désirent donc la métempsycose , et plus encore , car ils voudraient renaître avec l'expérience du monde. Ils ne souhaitent pas la métempsycose pure et simple , mais composée ; le retour à l'existence , avec la sagesse qui manque aux jeunes civilisés. G'est'désirer deux existences , que de souhaiter, outre le retour à la vie , Texpérience , fruit d'une vie entière déjà écoulée.

Or, s'il est certain, selon la première propriété de Dieu, qu'il y a économie dans la distribution de l'Attraction, qu'elle est proportionnelle aux destins de chaque espèce d*étres ; que loin d'être

IHk \OTES.

en dose de soperflo oo supra-destin , elle est toajoors eo dose ê^infra''destin , il faot en conclure qne nous sommes réseirés à la métempsycose composée et non pas simple , c*est-à-dîre à la renaissance en corps et en lomières. Si l'on se refasait à cette conclusion, ce serait inférer que Dieu distribue les Attractions en dose superflue et non en dose proportionnelle aux destinées. Dans ce cas, Dieu serait un chef inepte et incapable de diriger le mouvement

On objecte : nos âmes, en reprenant un corps, y transféreraient donc les lumières qu'elles auraient acquises antérieurement ; de sorte qu'Hippocrate renaissant serait un habile médecin dès l'âge de quatre ans!! !

Ce n'est pas ainsi que doit s'entendre la transmigration com« posée : le vieillard ne prétend pas à àe% concessions déraisonnables , il souhaiterait seulement qu'en renaissant on eût l'aptitude à goûter les leçons de cette sagesse à laquelle sont rétifs tant de jeunes gens qui pourraient s'y rallier, puisqu'on la voit régner plus ou moins chez un petit nombre d'adultes bien dirigés.

Tel est l'effet de l'ordre sociétaire sur tous les enfants et jeunes gens : on verra que , dans cet ordre , l'enfant abandonné à loimême dès Fâge de deux ans et demi , fréquentant et parcourant les groupes de ses semblables dans les ateliers et jardins, s'y conduit avec autant de sagesse qne s'il était dirigé par la main de Dieu, et pourtant sans suivre d'autres conseils qne ceux de l'Attraction. L'on verra que ce même égide le soutient dans l'adolescence, où, tout en se livrant aveuglément à ses passions, il ne peut commettre aucune faute notable contre sa santé ni ses intérêts, Dès lors une âme qui renaîtra dans un corps barmonien y revivra avec l'adjonction de la sagesse désirée aijjourd'bui par les vieillards : elle aura subi la métempsycose en composé et non en simple ; d'où il sait qae ce souhait de nos doyens sociaux est rigoureusement conforme à la destinée ; que cette impulsion est , comme toutes les autres, distribuée judicieusement par le suprême économe , qui ne donne à chaque être qu'une dose d'Attraction proportionnelle aux destinées essentielles.

Précisons, par une comparaison, la différence du destin essentiel à l'accessoire.

Si l'on transporte des abeilles à cent lieues en mer, dans une île déserte, meublée de rochers nus ou de sables arides, elles n'y

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trouveront pas une fleur ; elles n*auront pas moins AUraclion pour les fleurs, parce que leur destinée essentielle est de vivre du pollen des fleurs. Ainsi Thomnae a des attractions adaptées à Fétat sociétaire qui est sa destinée essentielle, et non à Tétat de lymbe sociale, qui n*est que transition et voie d'acheminement dans le cadre de la destinée humaine.

Xons obtiendrons, des l'établissement de Tordre sociétaire, un bonheur bien supérieur à celui des Grésus anciens et modernes, qui, malgré leurs trésors, doivent être encore tourmentés de désirs, parce qu'ils sont loin des biens que nous garantira l'état de destinée essentielle.

Lorsque nous jouirons de faut de bien-être dès ce monde, à quelles conditions la perspective d'une autre vie pourra-t-elle nous présenter des charmes dès celle-ci? Elle ne pourra nous amorcer qoe par l'assurance d'y développer nos douze passions en essor supérieur à celui qu'elles trouveront en ce monde élevé à THarmonie.

Loin de se rallier à ce principe, les doctrines civilisées privent les ultra-mondains de l'usage des deux sens recteurs et actifs, COUT et TACT. Elles ne leur accordent que l'emploi des trois sens passifs en jouissance :

Vue pour admirer la Divinité, les murs et escaliers de dia- - mànt des demeures célestes ;

Oute, pour entendre les chœurs des hiérarchies célestes ;

Odorat, pour humer les parfums des cassolettes célestes.

Le goût et le tact ne sont pas de la partie, et peut-être a-t-on bien fait de les en exclure , d'après les considérations allégnros sur la misère de la populdce.

Mais lorsque le genre humain sera parvenu au plein essor des douze passions , l'autre vie ne pourra le tenter que sous la garantie de leur essor plus étendu. Par exemple, quant au sens de la vue : s'il est prouve que, dans l'autre vie, nous verrons trèsdistinctement ce qui se passe dans les diverses planètes, dans le soleil intérieur et sur toute la surface de notre globe, mieux que nous ne voyons aujourd'hui, du haut d'un clocher, ce qui se passe aux quatre points cardinaux , ce sera assurément une extension

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iM^ NOTES.

d'exercice de U vue ; ce sera vision élevée en degré sapérienr, et attrait visuel pour nous amorcer au sort de Fautre vie.

L'appât devra être le même sur chacune des douze passions radicales. La théorie des destinées trans-mondaines devra nous fournir pleine garantie d'extension de ces douze jouissances.

Est-il d'inconséquence plus choquante que de vouloir, dans l'autre vie, qu'on dépeint supérieure en plaisirs à celle-ci, réduire les chances de plaisir qui nous sont déjà connues, et diminuer le nombre de nos passions ! Gomment les auteurs de ce dogme se concilieront-ils avec leurs propres doctrines ? On nous dit que noos sommes créés à l'image de Dieu : rien n'est plus vrai quant à notre âme; elle est, comme celle de Dieu, formée des douze passions radicales ou octaviennes , qui sont aussi celles des planètes, des univers, binivers, trinivers et des créatures d'échelle harmonique dont l'Homme est la plus basse et Dieu le pivot général. Si nous perdions quelqu'une de ces passions en passant à une autre vie , nous serions donc moins rapprochés de l'essence de la Divinité ; nous ne serions plus en accord intégral, en pleine unité avec elle , et nous rentrerions dans la classe des animaux. Ils sont hors de la chaîne d'harmonie, à titre de moules incomplets, inhabiles à comporter le clavier intégral des douze passions, leur essor harmonique dont l'exercice exige des octaves complètes, en majeur et mineur, en direct et inverse.

Or , si nous devons , selon la loi des attractions proportion-' nettes aux destinées, conserver dans l'autre vie l'usage intégral de nos passions , l'on ne peut pas admettre en principe l'exclusion de métempsycose ou retour en cette vie : cette exclusion supposerait l'anéantissement de la onzième passion, dite Papillonne on Alternante , qui exige les variantes périodiques en tons degrés. Pour satisfaire celte onzième , ainsi que la douzième , dite Composite, il n'est d'autre moyen que de renaître périodiquement en cette vie , y fournir pendant la carrière de la planète un grand nombre d'existences qui, en estimation générale et balancée , auront donné environ 17/18®^ de bonheur, selon le tableau suivant.

NOTÇS.

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