‹ Fourier; sa vie et sa théorieChapitre 7 sur 66 · PRÉFACE. XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXI

Hl usions dangereuses et prévenir bien des déceptions amères. Combien, depuis 4789 jusqu'à nos jours, combien la liberté en a-t-elle vu de ses amants passionnés, de ses ardents poursuivants de la première heure, passer successivement de l'illusion à la déception et au découragement, et renier ensuite, dans la maturité ou au déclin de l'âge, Tidole que leur enthousiaste et confiante jeunesse avait encensée et servie d'abord d'un cœur si fervent !

Sous la prudente et sûre direction de Fou- Vier, il n'y a point à craindre de pareilles déconvenues. Quiconque a bien compris la théorie

passait par l'école et avait du crédit, qui consentirait à cultiver Ja terre ?» se demande, non sans quelque raison, M. Préyost- Paradol , l'ennemi déclaré de tout socialisme. Tant que la culture du soi et la plupart de nos industries s'exercent dans leurs conditions acluelles, l'obseryation de M. Paradol a sa valeur; ce n'est pas moi qui le nierai. -— Pourquoi ce brillant esprit, yictime luimême des déceptions civilisées, n'a-t-il pas pris au sérieux ce qu'il a dit quelque part du héros do Swift : « Gulliver attaque, en se jouant, la civilisation même. » Il fallait, comme Fonrier l'a fait, attaquer tout de bon ce qu'il y a dans la civilisation de foneiôrement nuisible au bien général de l'humanité et d'incompatible avec ses progrès ultérieurs.

L'instruction sans le catéchisme est suspecte aux conservateurs, et il arrive neuf fuis sur dix qu'elle fait perdre la foi aux dogmes du catéchisme. Do là péril ei cruelles nécessités : « Essayez, dit Chateaubriand , de persuader au pauvre, lorsqu'il saura bien lire et ne croira plus, qu'il doit se soumettre à toutes les privations, tandis que son voisin possède mille fois le superflu ; pour dernière ressource, il vous le faudra tuer. » Cela s'est vu et se verra encore, j'en ai bien peur, si l'on s'entête dans la routine.

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