‹ < > fourmis de la Suisse notices anatomiques et physiologiques, architecture, distribution géographique, nouvelles expériences et observations de moeursChapitre 123 sur 139 · SE EC NT · texte numérisé non relu

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fourmi qui dégorge ensuite cette liqueur à ses compagnes et à ses larves. Mais on voit aussi

qu'en dernier ressort ce liquide nutritif vient des plantes auxquelles les fourmis sont, par ce

moyen, nuisibles de deux manières : 1° en protégeant les pucerons qui se propagent d'autant

plus qu'il ont plus de fourmis autour d'eux ; 2° en les faisant reédoübler d'activité dans leur

succion, Plus la fourmi sollicite le puceron, plus il excrète fréquemment ; cela me paraît

devoir coïncider avec une succion plus intense. Je renvoie le lecteur à Huber pour bide de détails sur les rapports entre les fourmis et les pucerons,

Insectes myrmécophiles

Il est connu que les fourmis ont souvent dans leur nid des hôtes de nature fort diverse, Huber, Ebrard, Mayr, les myrmécologistes en général s'en sont fort peu occupés, tandis que les autres entomolcgistes, surtout ceux qui étudient les coléoptères, recherchent avec grand soin ces insectes myrmécophiles ; ils ont même inventé des instruments spéciaux pour leur faire la chasse. On peut accuser les myrmécologistes de négligence à cet égard ; maïs ils

sont fort excusables, car les insectes dont nous nous occupons, les coléoptères en particulier,

jouent un rôle assez accessoire et même accidentel dans l'économie des fourmis. Aucun d'eux n'est nécessaire aux fourmis, car ils manquent dans beaucoup de fourmilières ; on peut tous les considérer comme des parasites en appliquant aussi ce terme aux animaux {et aux

hommes : 1919) qui vivent aux dépens des autres sans s'attaquer directement à leur corps.

Les seules chservations suivies faites sur les coléoptères myrmécophiles sont dues à -Müller (Germar's Magazin der Entomologie III, 69) et à Lespès (Bulletin de la Soc. ent. de France 1855. Troisième série, tome III, p. LI ; et Revue des cours scientifiques 1866 p. 257). Le premier a fait ses observations sur les Claviger, le second sur les Lomechusa ( Atemeles). D'après ces auteurs, les Claviger et les Lomechusa sont nourris par les fourmis qui leur dégorgent de la miellée ; en revanche les fourmis lèchent les poils des élytres des Claviger et ceux de l'abdomen de Lomechusa.

P, S, (1919). Je dois franchement avouer qu'en 1874 j'avais négligé et méconnu l'importance de la myrmécophilie, c'est à dire des animaux et des plantes qui aiment les fourmis. Dès lors Wasmann, Escherich,

Wheeler, Beccari, Belt, Fritz Müller, Môller, Santschi, Schimper, Ule, et Sr ont donné une grande

extension à ce sujet Nous ne pouvons que brièvement le résumer ici.

Par symbiose (vie avec) vraie ou complète, on entend les cas où deux espèces ne peuvent vivre l'une sans l'autre, Tel est le cas des fourmis Affini, de l'Amérique tropicale, qui dépendent entièrement de leur jardin de champignons fait avec des feuilles coupées et du dit champignon {Rhozites gongylophora) qui ne peut exister sans les Affini. La symbiose de nos Lasius, du L. flavus avant tout, avec ses pucerons, est bien près d'être complète, la fourmi étant très dépendante d'eux, maïs il n'est pas prouvé que les dits pucerons des racines ne puissent pas vivre sans les L. flavus. Divisons le sujet et deux : 1. Animaux myrmé- cophiles ; 2, Plantes myrmécophiles.

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