‹ < > fourmis de la Suisse notices anatomiques et physiologiques, architecture, distribution géographique, nouvelles expériences et observations de moeursChapitre 124 sur 139 · L. Animaux myrmécophiles · texte numérisé non relu

L. Animaux myrmécophiles

Wasmann a divisé les rapports de l'animal, qui peut être lui-même une autre fourmi, avec la fourmi chez laquelle il demeure, en quatre catégories, ce qu'adopte Escherich dans son livre,

a) Syrechthrie (hostilité avec) ou Lesfobiose. Il s'agit ici d'assassins qui habitent les fourmilières pour tuer les fourmis ou leur couvée, Souvent la forme ou la couleur de leur corps imite à s'y tromper celle de la fourmi qu'ils attaquent (mimétisme). Tels sont les coléoptères du genre Myrmedonia, diverses punaises

ad ut oem id cit in ue dus à tésiée né

et le Solenopsis fugax vivant en lestobiose, avec ses nids doubles, chez une fourmi plus grande. L'agilité

Ë des Synechtres, ou leur mimétisme, ou encore leur petitesse empêche la fureur des fourmis de les atteindre, 4% b) Syroëkes (habitant avec), Wasmann à insisté sur cette catégorie des hôtes indifférents, que les fourmis souffrent sans leur faire de mal. Il en est, p. ex, les coléoptères du genre Dinarda, qui jouent, dans

les fourmilières, le rôle de vidangeurs : ils dévorent les cadavres, les débris, bref tous les restes inutiles des + fourmilières, Ils sont très alertes, Souvent leur forme et leur couleur imitent admirablement celles de leur

fourmi, ou d'un objet inanimé (grain de terre, etc). D'autres, les lépismes, p. ex., lèchent la goutte de miel qu'une fourmi dégorge à l'autre. D'autres encore mangent les œufs des fourmis, tandis que d'autres, at Ne contraire {Dinarda), délivrent ces dernières des petits poux (acariens) qui les dévorent, Wasmann compte qu'il doit exister environ 3,000 espèces de synoëkes. Les fourmis du genre Formicoxenus sont synoëkes des

Formica rufa, etc.

c) Symphilie (amitié mutuelle), Là se trouvent les véritables hôtes animaux des fourmis, faisant passage | à la symbiose, avec cette différence fondamentale toutefois, que l'hôte n'est pas utile, mais bien. plutôt nuisible aux fourmis, Il s'agit ici de coléoptères possédant des poils roussâtres, isolés ou en touffes, appelés frichemes. Comme l'avait déjà prouvé Müller, ces poils sécrètent une substance très agréable aux fourmis, mais qui paraît les intoxiquer comme l'alcool et l'opium le font pour nous, En effet, dans les fourmi-

lières qui contiennent beaucoup de ces hôtes symphiles on trouve régulièrement les pseudogynes (intermé-

diaires dégénérés et inférieurs entre © et &, décrits à l'appendice I n° 1 de la IIme partie du présent ouvrage), L'hôte capte ainsi les soins assidus des fourmis, dont, par instinct inné, il imite souvent les gestes, les caressant des antennes et des pattes et se faisant nourrir par elles. | De cette manière, les symphiles se font non seulement dégorger la miellée de pucerons, etc., par les fourmis, mais ces dernières soignent souvent aussi leurs larves et les nourrissent, Ce sont de pareilles larves que j'avais découvertes, en 1871, chez les fourmilières de Polyergus et de F. sanguinea, larves mêmes pillées par ces fourmis, mais dont je n'avais pas réussi à voir la transformation en nymphes et en insectes parfaits. Ces larves sont celles des Lomechusa et des Atemeles, coléoptères staphilinides, symphiles des F. sanguinea, des Myrmica, des F. rufa et pratensis, etc, Voici ce que j'en disais en 1874:

« LARVES. A. Il n'est fait mention dans aucun ouvrage d'une larve allongée, cylindrique, longue de 4 à 8 millimètres, distinctement annelée, blanche, munie d'une tête chitineuse distincte, de mandibules chitineuses, et de six petites pattes chitineuses antérieures (vraies pattes thoräciques), larve que j'ai trouvée à diverses reprises chez plusieurs espèces de fourmis, et dont ces dernières prennent autant de soïn que des leurs. J'ai déjà parlé de ce

fait à propos de mon appareil de F. sanguinea (X, 1). Il n'est pas douteux que ces larves ne scient nourries par les fourmis #, Celles-ci les traînent, en effet, partout avec leurs pro-

pres larves et leurs propres nymphes, sans faire la moindre différence, J'ai pu saisir une fois l'instant où une © sanguinea dégorgeait de la miellée à l'une d'elles, J'ai vu des F. rufa, lors d'un déménagement, les transporter de l'ancien nid dans le nouveau. J'ai vu des F, rufi-

. barbis, chassées de leur nid par des F. sanguinea, s'enfuir en emportant ces larves aussi bien que les leurs ; les sanguinea cherchaient à les leur arracher, et la dispute était aussi vive que pour les larves de rufibarbis. Enfin j'ai vu des P. rufescens ravir à des F, rufibarbis de ” pareilles larves à six pattes, lors d'une expédition et les rapporter chez eux. Lorsqu'on trouve

ces larves dans une fourmilière, elles y sont ordinairement en nombre considérable. Je les

ai chservées chez les F. rufa, sanguinea, rufibarbis, et chez le P. rufescens. Je n'ai jamais

. pu voir la nymphe, ni l'insecte parfait ; celles que j'ai élevées avec des fourmis dans des appareils finirent par disparaître. »

Mais il existe d'autres symphiles ; en Suisse les Claviger, les Hetaerius (chez les Polyergus surtout) ; dans le sud de l'Europe les Paussus, etc., etc., qui tous vivent uniquement chez les fourmis et les allèchent par Fe leurs trichomes, se faisant nourrir par elles,

En Algérie et en lunisie j'ai découvert un nouveau coléoptère appelé plus tard, par Wasmana, Thorictus Foreli, et qui, à l'aide de son épistome échancré en demi-cercle, enserre le scape du grand

Cataglyphis viaticus races megalocola et bicolor, scape sur lequel il se tient perché. J'ai prouvé qu'il remonte

sur le scape quand on l'en détache et qu'ainsi les fourmis le transportent avec elles dans leurs déménage-

ments, Escherich a vu les 8 libres lécher les Thorictus, tandis que celles qui les portent sont paresseuses *

et ont l'air d'en souffrir. Wasmann croit avoir trouvé que le Thorictus suce le sang des fourmis par un

canal-pore élargi du scape. Je n'ai rien pu voir de semblable et j'en doute, Les Thorictus portés ainsi.

semblent constituer un intermédiaire entre la symphilie et ce qui suit sous la lettre d. On peut encore

rattacher à la symphilie les rapports des chenilles des Lycénides (papillons) avec les fourmis, Ces dernières

:suçant une sécrétion, nutritive pour elles, de la chenille qu'elles protègent, Elles aident même à l'éclosion du.

papillon. Cela rappelle les rapports symbiotiques des fourmis avec les pucerons: Thomann a observé ces faits dans les Grisons,

d) Ecto et entoparasitisme. Divers acariens (miles) sont parasites des fourmis comme nos poux, Aux Etats-Unis, des mouches {apocephalum) poursuivent de gros Camponotus, pondent leur œuf à leur cou, dans lequel sé glisse ensuite la larve, Cette dernière mange la tête et le cerveau de la fourmi qu'elle finit - par décapiter.

D'autres parasites, les vers appelés Mermis, s'introduisent dans l'abdomen de AS A fourmis (Odontomachus) à l'état de larve et produisent, comme l'a montré Emery, une dégénérescence de l'occiput de la fourmi devenue adulte, D'autres insectes s'introduisent dans les larves de fourmis qu'ils sucent ; ensuite

ils mangent la nymphe qui s'était mise en cocon et éclosent à sa place (Eucharis Myrmeciae), etc, Une foule

d'autres faits analogues existent, maïs nous conduiraïent trop loin ici.

in

Page 1