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nales, parfaitement symétriques : ces lamelles ne sont que des épaississements de la tunique interne (intima). Chacune d'elles est composée de plusieurs couches longitudinales vatiant par leur degré de chitinisation ; la partie de la tunique interne qui les relie transversalement l'une à l'autre est à l'ordinaire transparente, d'une consistance de parchemin analogue à celle de la chitine. Ces quatre lamelles sont recouvertes d'une forte couche de muscles (Fig. 19, musc.). Chaque lamelle a : 1° Une partie antérieure ordinairement allon- … gée et aplatie, faisant partie de la paroi du jabot dont la cavité ne se termine qu'à sa. base (Fig. 30) ; cette partie est plus fortement chitineuse que le reste, surtout sur sa face interne ; je l'appellerai sépale (Fig. 19, sép.) ; elle est plus ou moins libre suivant les formes, c'est-à-dire qu'elle . n'est ordinairement reliée à sa voisine que par une paroi membraneuse ‘qui n'est autre que la continuation de l'intima du jabot. 2° Une partie moyenne très resserrée qui n'est autre chose que la base des quatre sépales réunies à cet endroit par l'intima à consistance ‘de parchemin, laquelle y est ordinairement même presque entièrement chitinisée (Cataglyphis). Ici la face interne des lamelles cesse d'être plus fortement chitinisée que le reste. Cette place est très importante, car le tube digestif y est ordinairement tenu fermé (Fig. 20 et 30). 3° Une partie postérieure arquée, que je nommerai. boule en parlant de l'ensemble des quatre lamelles, faute de nom mieux approprié (Figure 19, boule). Pour former la boule, les quatre lamelles qui s'étaient rapprochées divergent de nouveau brusquement et décrivent chacune un demi-cercle, afin de se rapprocher ensuite pour la seconde fois presque autant que la première, au pôle postérieur de la boule. Ces quatre demi-cercles sont solidement unis entre eux transversalement par l'infima à consistance de parchemin et par des fibres musculaires, ce qui fait ressembler l'ensemble : à une sphères avec quatre demi-méridiens en forme de côtes élevées, entre lesquels se trouvent quatre profondes dépressions longitudinales, Dans la boule, les lamelles sont moins épaisses, et faiblement chitinisées ; la partie centrale de chacune d'elles est seule de couleur rousse et élégamment contournée en tire-bouchon (Fig. 19 boule, Fig. 21, Fig. 22); pour voir distinctement cette partie centrale chez les grandes espèces, il faut séparer une des lamelles des quatre autres ; je l'ai cependant dessinée dans la Fig. 19.
Cm.
Fig. 19.
B. La partie moyenne du gésier (Fig. 19 m.}) est fort simple ; elle se compose d'un tube cylindrique étroit, à parois membraneuses et musculeuses, qui va du pôle postérieur de la boule jusqu'à l'estomac sans rien présenter de particulier, Sa longueur varie beaucoup ; elle peut devenir nulle {Dolichoderus).
C. La partie postérieure du gésier est entièrement comprise dans la cavité de l'esiemac et ne se voit que lorsqu'on ouvre celui-ci dans lequel élle entre comme un bouton (Fig. 19 p.). Elle constitue un renflement de la partie moyenne, à l'entrée de celle-ci dans
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la Cavite stomacale, Êlle ne renferme pas de chitine, mais elle a une consistance de
parchemin comme la partie antérieure, Elle est épaisse, plus ou moins globuleuse, obovale,
ou ellipsoïde, mais pas très symétrique. Chez certaines formes on distingue dans la partie postérieure quatre côtes membraneuses plus ou moins nettes qui correspondent aux
lamelles de la partie antérieure, ainsi chez le Bothriomyrmex meridionalis (Fig. 22 p.). Cette partie postérieure n'est pas toujours très facile à voir et offre moins d'intérêt que les autres parce qu'elle ne varie pas d'une manière bien caractéristique. Elle se détache
très facilement,
La forme typique du gésier, telle que nous venons de la décrire, est sujette à de singulières transformations chez les fourmis, et fournit des caractères génériques très
importants, Meiïnert ne distingue que deux formes: a) celle des Formica rapportée au
type des F. rufa et pratensis (Fig. 19 ; la figure de Meinert, PL I fig. 1. $, représente très mal *) ce gésier) ; b) celle des Myrmica et des Ponera chez lesquelles d'après lui la portion antérieure fait entièrement défaut, tandis que la partie moyenne est épaisse et la partie
postérieure plus développée que chez les Camponotinae, du reste de même structure, Si:
Meïinert n'a pas vu autre chose, c'est qu'il n'avait que la faune extrêmement pauvre du Danemark à sa disposition. J'ai étudié le gésier de diverses formes, et j'ai trouvé une série
de variations singulières dans sa structure, Ces variations se trouvent presque toutes chez les Dolichoderinae, et servent encore à rapprocher cette sous-famille des Myrmicinae et des
Ponerinae. Nous avons :
1° Un premier type qui a fait surtout l'objet de la description ci-dessus ; c'est celui que décrit Meinert, Les sépales sont libres et étalées en avant ; elles forment un calice élégant ; elles ont la forme de l'extrémité d'une rame, mais leur face interne est convexe ; elles sont droites ou à peu près droites. La boule est à peu près sphérique, c. à d. que chaque lamelle ÿ décrit un demi-cercle, La partie moyenne est longue, cylindrique, étroite. La partie postérieure est assez petite. Ce type lui-même est sujet à des variations. Chez le genre Camponotus, la partie moyenne du gésier est très allongée ainsi que les sépales qui sont étroites, plus de deux fois longues comme la boule, rapprochées les unes des autres (Fig. 30). Chez le sous-genre Colobopsis, les sépales sont déjà plus étalées et un peu plus courtes, Chez les genres Formica et Polyergus, le gésier est beaucoup plus épais, et plus
court que chez les genres précédents ; les lamelles sont fortement chitinisées ; les sépales
sont larges, droites, étalées ; la boule est plutôt plus large que longue ; la partie moyenne du gésier est encore assez longue (Fig. 19). Chez le genre européen Cataglyphis {C. viatica ©), fe gésier ressemble beaucoup à celui du genre Formica, mais les sépales sont encore bien plus chitinisées, d'un brun noirâtre ; ce sont les plus foncées que je connaisse ; la boule est un peu moins épaisse que chez les Formica. Le gésier des Lasius est semblable aussi à celui des Formica, mais les sépales sont encore plus courtes. Chez la Prenolepis longicornis (genre européen, espèce cosmopolite), les lamelles sont assez faiblement chitinisées ; les sépales sont très grêles ainsi que tout l'organe ; elles sont élégamment recourbées en dehors à
1) On aurait très tort de juger l'excellent et consciencieux travail de Meinert par ses figures qui sont en général fort mal exécutées et qui rendent beaucoup moins bien les faits que ne le font les descriptions.
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leur extrémité antérieure, ce qui forme un calice évasé ; elles sont un peu plus longues
seulement que la boule, mais celle-ci est allongée ; la partie moyenne du gésier est un peu
plus courte que chez les autres formes de ce type.
2° Un second type est fourni par le genre Plagiolepis {P. pygmaea). Ici les sépales sont brusquement réfléchies, presque à angle droît, environ vers leur milieu. La partie postérieure, non réfléchie, des sépales est dirigée en avant comme chez le type précédent ; la boule est un peu plus allongée que chez le type précédent, maïs toujours arrondie, ellipsoïde ; la partie moyenne du gésier est courte, assez épaisse, On voit encore de certains rapports entre ce gésier et celui de la Prenolepis que je viens de décrire, maïs ici il y a réflexion brusque de la moitié anté- -rieure des sépales ; cette partie réfléchie a de plus un trait caractéristique, c'est que les quatre sépales y sont fortement chitinisées et soudées aussi entre elles par de la chitine, ce qui forme une sorte de parasol. Les sépales ont une direction presque transversale dans leur partie réfléchie ; leur extrémité seule est libre et recourbée en arrière £ (Fig. 21). Fig. 21
3° Un troisième type est celui du Bothriomyrmex meridionalis. Ici les quatre sépales sont Jongues, réfléchies dès leur base et fortement recourbées en atrière en forme d' ancre ;
la membrane (intima) qui les relie ne paraît pas chitinisée, mais elle
a une consistance de parchemin, de sorte qu'il est très difficile d'écarter ou de rapprocher les sépales les une des autres. La boule
La partie moyenne du gésier est extrêmement courte. Les longues sépales en se recourbant entraînent naturellement avec elles les parois du jabot qui recouvrent donc en partie le gésier, ce qui rend la dissection difficile. La partie postérieure
RTE . est courte, apparente, et contient quatre côtes membra- Fig. 22 Fig. 25 neuses distinctes (Fig. 22 et 23),
4 Le genre Tapinoma nous offre un quatrième type qui tient un peu des deux
est assez courte et a la forme d'une tasse ventrue à quatre côtes.
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précédents, mais qui est déjà beaucoup plus dégénéré. Les sépales sont courtes et entièrement
réfléchies dès leur base, comme chez le Bothriomyrmex ; mais elles sont moins recourbées
en arrière, et sont entièrement soudées entre elles par de la chitine, de sorte qu'elles
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forment ensemble un parasol moins plat et un peu plus grand que celui de la Plagiolepis ;
leur extrémité n'est pas même libre comme elle l'est chez cette dernière. La boule a la forme d'une marmite à quatre côtes ; elle est très courte et très épaisse, plus large que le parasol formé par les sépales, auel lui sert de couvercle, On ne distingue presque plus
dans la boule une partie centrale de chaque lamelle chitinisée en tire-bouchon. La partie.
moyenne du gésier est moins courte que chez le type précédent. Je n'ai observé aucune
différence dans la structure du gésier entre les deux formes nigerrimum (du midi de
l'Europe) et erraticum, ni entre les trois sexes (Fig. 24, 25 et 26). Ce gésier est le plus difficile à disséquer et à bien comprendre de tous ceux que j'ai examinés : j'en ai disséqué plus d'une cinquantaine, |
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leur rousse, quand le jabot est ouvert et étalé. Elles sont
et à quatre impressions dans [a cavité du jabot; cette saillie se voit facilement à la loupe, grâce à sa cou-
moins fortement chitinisées que chez les Tapinoma ; elles ressemblent du reste surtout à celles de ce genre. La boule est allongée et très étroite, plutôt plus large devant qu'à son pôle postérieur qui se continue insensiblement dans la partie moyenne du gésier. Cette dernière est épaisse et extrémement courte, La partie postérieure du gésier est grande et fort allongée (p). On voit dans la boule, au centre de chaque lamelle, une spirale très lâche, qui.ne semble pas Fig. 5%
. même chitinisée, Il est possible que ce qui me paraît être la partie antérieure de la boule soit en réalité la base non réfléchie des sépales, ce qui rapprocherait ce type de la Plagio- lepis pygmaea. C'est difficile à décider, mais ce n'est au fond qu'une dispute de mots, car
nous avons vu que la base des sépales forme une partie ordinairement resserrée faisant
transition à la boule, et c'est cette partie qui est allongée, ainsi que la boule, chez le Liometopum.
6° Notre sixième type est celui du Dolichoderus (Hypoclinea) quadripunctatus (Fig.27);
il est peu probable qu'il se retrouve identique dans tout l'immense genre Dolichoderus avec