‹ < > fourmis de la Suisse notices anatomiques et physiologiques, architecture, distribution géographique, nouvelles expériences et observations de moeursChapitre 25 sur 139 · Nids à dômes maçonnés · texte numérisé non relu

Nids à dômes maçonnés

C'est ici qu'on peut observer le mieux en plein jour l'art de nos fourmis. C'est aussi presque uniquement sur deux types de cette catégorie qu'ont été faites les observations d'Huber et d'Ebrard, savoir la F. fusca (fourmi noir-cendrée) et le L. niger (fourmi brune d'Huber), fourmis qui comme nous le verrons font aussi des nids d'un tout autre

genre. Je transcris ci-dessous les passages les plus saillants de ces deux auteurs sur les

dômes et la manière dont les fourmis les construisent, en faisant observer que tous deux entendent ordinairement par fourmilières ce que j'appelle nid. Ce sont d'abord une description des nids de F. fusca par Huber* ; puis les procédés employés par les ouvrières de la même espèce pour bâtir”; puis un cas des plus curieux de procédés intelligents

employés par une ouvrière, toujours de F. fusca, observé par Ebrard“**, Ensuite vient la

description du nid des L. PRer par Huber er puis la manière dont les ouvrières s'y pren-

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nent Pour le bâtir ;

* (Huber. Rech. ?. ind. Genève 1810, page 30). « Si l'on veut juger du plan intérieur des fourmilières, il convient de choisir celles qui n'ont pas été gâtées accidentellement, et dont la forme n'a pas été trop altérée par les circonstances locales : il suffira, alors,

1) P, S, (1919), Voyageant en 1899 dans l'Amérique du nord, j'y trouvai la preuve tangible que mon opinion ci-dessus sur la raison d'être des dômes en terre de nos fourmis est exacte, En effet, du moins à l'Est, les fourmis de l'Amérique du nord, où l'été est torride et sec, ne font sur la terre aucun dôme, lors même que ce sont p. ex. des Lasius et des Serviformica tout analogues aux nôtres ; leurs nids sont minés en terre, Néanmoins celles qui environnent la chute du Niagara, dont les jets d'eau inondent perpétuellement d'eau les alentours (on a baptisé ile bateau du Niagara «la fille du brouillard »), bâtissent exceptionnellement des dômes en terre comme les nôtres (les Lasius jaunes p. ex.), les seuls que j'ai vus aux Etats- one, sauf ceux des fourmis à matériaux F. exsectoïdes, etc.).

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d'une attention médiocre pour s'apercevoir que les paliers d'espèces HET ne

sont pas construites dans le même système, »

« Ainsi le monticule élevé par les fourmis noir-cendrées offrira toujours des murs épais, formés d'une térre grossière et raboteuse, des étages très prononcés, et de larges

voûtes, soutenues par des piliers solides : on n'y trouvera ni chemins, ni galeries propre-

ment dites, mais des passages en forme d'œil-de-bœuf : partout de grands vides, de gros …

massifs de terre, et l'on remarquera que les fourmis ont conservé une certaine proportion entre les piliers et la largeur des voûtes auxquelles ils servent de supports, »

* (Huber IL. c., p. 44, 45). « Lorsque les fourmis noir-cendrées veulent donner plus.

d'élévation à leur demeure, elles commencent par en couvrir le faîte d'une épaisse couche

de terre qu'elles apportent de l'intérieur ; et c'est dans cette couche même qu'elles tracent, en creux et en relief, le plan d'un nouvel étage : elles creusent d'abord çà et là, dans

cette terre meuble, de petits fossés plus ou moins rapprochés les uns des autres, et d'une

largeur propcrtionnée à leur destination ; elles leur donnent une profondeur à peu près : égale : les massifs de terre qu'ils laissent entre eux doivent servir ensuite de base aux ” murs intérieurs, de manière qu'après avoir enlevé toute la terre inutile au fond de chaque case, et réduit à leur juste épaisseur les fondements de ces murs, il ne reste plus à leurs

architectes qu'à en augmenter la hauteur et à recouvrir d'un plafond les loges qui en résultent. »

« Après avoir observé l'esprit dans lequel étaient construites ces fourmilières, je sentis que le seul moyen de pénétrer dans les véritables secrets de leur organisation,

était de suivre individuellement la conduite des ouvrières occupées à les élever, Mes jour-

naux sont remplis d'observations de ce genre: je vais en extraire quelques-unes, qui m'ont paru intéressantes. Je décrirai donc ici les manœuvres d'une seule fourmi que j'ai.

pu suivre assez longtemps pour satisfaire ma curiosité : »

# fi # . 0 LE 2 , 1 + ñ 12 . « « Un jour de pluie, je vis une ouvrière creuser le sol auprès d'un trou qui servait

de porte à la fourmilière : elle accumulait les brins qu'elle avait détachés, et en faisait de

petites pelottes, qu'elle portait çà et là sur le nid ; elle revenait constamment à la même

place, et paraissait avoir un dessein marqué, car elle travaillait avec ardeur et persévérance,

Je découvris d'abord en cet endroit un léger sillon tracé dans l'épaisseur du terrain : il. était en ligne droite, et pouvait représenter l'ébauche d'un sentier ou d'une ere l'ouvrière, dont tous les mouvements se faisaient sous mes veux, lui donna plus de pro-.

fondeur, l'élargit, nettoya ses bords, et je vis enfin, sans pouvoir en douter, qu'elle avait eu l'intention d'établir une avenue conduisant d'une certaine case à l'ouverture du souterrain. Ce sentier, long de 2 à 3 pouces, formé par une seule ouvrière, était ouvert au-dessus, et bordé des deux côtés d'une butte de terre: sa concavité, en forme de gouttière, se

trouva d'une régularité parfaite, car l'architecte n'avait pas laissé dans cette partie un

seul atome de trop. »

« Le travail de cette fourmi était si suivi et si bien entendu, que je devinais presque toujours ce qu'elle voulait faire, et le fragment qu'elle allait enlever. »

« À côté de l'ouverture où ce sentier aboutissait, en était une seconde, à laquelle il

fallait aussi parvenir par quelque chemin : la même fourmi exécuta seule cette nouvelle entreprise: elle sillonna encore l'épaisseur du sol, et ouvrit un autre sentier parallèlement au premier, de sorte qu'ils laissaient entre eux un petit mur de 3 à 4 lignes de hauteur. »

dE de Ré ie do à De ST Rd GS

PS EP NT: Ps PEU

« Les fourmis qui tracent le plan d'un mur, d'une case, d'une galerie, etc. travaillant ‘chacune de leur côté, il leur arrive quelquefois de ne pas faire coïncider exactement les parties d'un même objet, ou d'objets différents : ces exemples ne sont pas rares, mais ils ne les embarrassent point : en voici un où l'on verra que l'ouvrière découvrit l'erreur et sut la réparer, »

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