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ès + à
1e considérable ; j'en ai mesuré qui avaient 13 cm. de long sur 1 2 mm. de diamètre (tige de y graminée), et d'autres qui comptaient 5 cm. de long sur 3 {2 mm. de diamètre( petit rameau. À coupé) ; on en trouve de plus grands encore, et une seule $ peut les traîner. Les fourmis apportent constamment de ces matériaux sur leur dôme, disposent les poutres en les entre- croisant, et bouchent les interstices avec les matériaux arrondis. Nous avons donc à
l'extérieur le dôme formé d'une couche compacte de ces matériaux, et reposant sur une
zone de terre maçonnée. Si nous enlevons cette couche, nous découvrons un labyrinthe
des plus compliqués dont une moitié est sous la croûte du dôme, au-dessus du niveau du
sol, et dont l'autre moitié (inférieure) repose dans le cratère formé par la base en terre, et s'étend le plus souvent en dessous du niveau du sol; ces deux moitiés ne forment
qu'un tout unique dont le centre est ordinairement au niveau du sol ou un peu en dessus.
On y reconnaît les mêmes matériaux qu'à la surface du nid, mais ils sont tous collés entre eux assez solidement par la terre et forment ainsi la charpente de l'édifice ; les
poutres servent partout de colonnes et de poutres horizontales ; leur longueur permet aux fourmis de laisser de grands vides et de donner aux parois peu d'épaisseur ou même de
les supprimer entièrement, C'est ce qui a lieu pour le centre du labyrinthe, lequel n'est au fond qu'une grande salle ou plutôt un grand vide dont le plafond est soutenu par un échafaudage de poutres. Mais cette grande salle n'est pas nettement délimitée comme on
pourrait le croire en lisant Huber ; elle se continue de tout côté de telle manière que les interstices situés entre les poutres se ferment peu à peu pour constituer des murs qui séparent bientôt alors des cases et des galeries distinctes, Si l'on s'avance à partir de ce centre du côté du souterrain, les matériaux diminuent peu à peu, la terre augmente rapidement, et l'on arrive au fond du cratère qui n'est plus qu'un simple nid miné dans la terre et composé d'une multitude de cases et de galeries disposées plus ou moins par étages et séparés par d’épaisses cloisons, architecture que nous connaissons déjà. Si nous partons du centre dans la direction du dôme, nous voyons par contre de moins en moins de terre, laquelle est en grains plus mobiles ; les vides diminuent, deviennent plats et irréguliers, se perdant dans les interstices des matériaux qui sont de moins en moins solidement unis, mais de plus en plus entassés. Enfin la croûte superficielle n'a plus de cases, mais est seulement percée de trous cylindriques qui servent d'entrée aux fourmis. Tel est l'édifice ; comment les fourmis le font-elles ? Huber l'a trouvé en l'observant à travers du verre et le fait comprendre en remontant à l'origine des nids. Ils ne sont d'abord qu'une cavité creusée dans la terre, ou plus souvent préexistante, telle qu'un trou de grillon, ou surtout un nid de Lasius flavus ou niger. D'un côté les rufa et pratensis amassent sur la surface du nid tous les matériaux qu'elles trouvent aux environs, maïs sans chercher à en bâtir des cases, se ménageant seulement des trous pour entrer dans le souterrain ; de l'autre
elles minent activement le fond du souterrain et apportent la terre à la surface, la mêlant autant que possible aux matériaux. D'une part la pression des nouveaux matériaux apportés, de l'autre la pluie suivie de soleil, serrent et solidifient cette masse informe ; la pluie délaie la terre et la fait adhérer aux matériaux tout en l'entraînant vers le bas, tandis que les matériaux eux-mêmes, enchevêtrés, formant une masse élastique et résistante, ne bougent guère de place. Aussi la partie inférieure de cette couche superficielle at-elle toujours plus de terre et est-elle toujours plus tassée que sa partie supérieure. C'est
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dans cette partie inférieure de la croûte superficielle que les fourmis minent petit à petit leur labyrinthe en ôtant la terre et les petits matériaux pour y faire d'abord des cases et des galeries, et en ne laissant finalement que les poutres unies entre elles par un peu de terre pour soutenir le dôme, ce qui forme le grand vide central. Elles déposent de nouveau sur la surface du nid tout ce qu'elles enlèvent ainsi. À mesure que le dôme s'élève de cette manière et s'étend dans tous les sens, la pression qu'il exerce sur l'échaïaudage qui est sous lui d'un côté, et le minage continuel que pratiquent les fourmis dans les fondements de l'autre, occasionnent un affaissement graduel et insensible du tout, affaissement qui se fait naturellement sentir surtout au milieu, C'est pourquoi le labyrinthe arrive à se trouver en partie au-dessous du niveau du sol. Il y arrive tout seul ; les fourmis n'y portent pas une seule poutre elles-mêmes. La base, ou cratère en terre qui s'élève aussi à mesure que le dôme s'élève, vient avant tout de ce que les fourmis concentrent toujours leurs matériaux vers le sommet du dôme et de ce que ceux-ci ne glissent presque jamais, vu leur dimension, puis | de ce que la périphérie du nid étant beaucoup moins minée que son centre par les ©, le dôme ne s'y affaisse pas avec le labyrinthe comme au centre, Comme ce pourtour est cependant percé de trou où les mineuses apportent de la terre sortie du fond du souterrain, il s'élève peu à peu, et les 8 y bâtissent aussi des galeries, Les nids des races de l'espèce F. rufa sont ouverts de toute part par de nombreux trous, car ces fourmis sortent beaucoup, plus que toutes les autres fourmis de notre pays, du moins par les jours chauds. Nous verrons, au sujet de leurs mœurs, comment elles ouvrent et ferment leurs portes. Notons encore la persévérance et la force qu'elles déploient en transportant au milieu du gazon, véritable forêt vierge pour elles, les poutres qui leur servent de matériaux et qui s'accrochent à chaque obstacle. Deux ou plusieurs 8 s'aident souvent mutuellement dans ce travail : il leur faut d'ordinaire un certain temps pour s'entendre ; l’une tire dans un sens et l’autre dans l'autre, ou bien elles tirent toutes deux du même côté, mais une tige d'herbe placée entre deux retient la poutre et l'effort de l'une paralyse celui de l'autre ; elles finissent cependant toujours, au bout d'un instant, par comprendre leur erreur et par allier utilement leurs efforts, Ces traits sont décrits partout ; je ne m'étendrai pas davantage sur leur compte. Un fait qu'on n'a pas relevé, à ce que je crois, mérite cependant de l'être. Les matériaux du dôme et du labyrinthe forment une masse élastique et résistante qui n'est pas enlevée par les pluies ni aplatie, qui ne peut pas se fondre comme les dômes simplement maçonnés le font en autonne et en hiver. Huber a déjà montré comme quoi ces matériaux empêchent presque entièrement l'intérieur du nid d'être mouillé par les fortes pluies, lorsque les fourmis ont fermé leurs portes. Maïs comme ces insectes travaillent continuellement à augmenter leur nid, il s'ensuit souvent qu'il croît beaucoup plus vite que la fourmilière: les habitants ont une maison trop grande : d'un autre côté la partie la plus ancienne de l'édifice, soit la partie profonde et latérale du labyrinthe, finit par se putréfier en partie ; la moisissure, les larves de cétoines, les cloportes, une foule d'insectes viennent s'y établir, y trouvant leur nourriture, et y déposant leurs excréments. Tout cela répugne aux fourmis qui se concentrent toujours plus au sommet ou sur quelque point latéral de leur nid, ce qui rend leur commnication avec les souterrains minés (qui leur sont indispensables en hiver) toujours plus difficile, Le nid s'élevant ainsi toujours davantage finit par être perché sur une base qui ne lui appartient plus et qui ne contient que des hôtes incommodes. Ce sort final
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. de beaucoup de nids de F. rufa i. sp., mais aussi de beaucoup de ceux de F. pratensis et de grands nids de F. exsecta, fait que la fourmilière finit ordinairement par s'en dégoûter, et en recommence un autre ailleurs. Un même nid peut cependant durer plusieurs années sans en arriver là ; plus le terrain où il se trouve est humide et rempli de matières végétales, plus il
arrive vite à sa fin de cette façon. Tout ce que nous venons de décrire est naturellement … Join d'être absolu et varie énormément suivant les cas particuliers, Tantôt la croûte du dôme est plus épaisse, le labyrinthe plus démarqué et la partie minée plus grande, tantôt le tout est plus homogène et la croûte à peine distincte du labyrinthe. Souvent les matériaux ronds l'emportent en nombre sur les poutres, et alors tout l'édifice est beaucoup plus meuble, moins solide, C'est aussi le cas dans les nids des forêts de sapins de la F. rufa sens strict, où les aiguilles sèches de ces arbres servent de poutres ; comme elles sont très courtes, le dôme est moins solide et prend un aspect particulier, Le dôme est quelquefois élevé, presque aussi large au sommet qu'à la base (grandes poutres), ou au contraire presque cônique (aiguilles de sapin) ; d'autres fois, chez la F. pratensis, il est bas (matériaux ronds), et a une large base et un sommet aplati, Souvent tout l'édifice est adossé à un arbre, à une pierre ; d'autres fois un tronc d'arbre lui sert de centre. Dans les nids encore nouveaux, la base cratériforme en terre peut manquer complètement, Souvent les fourmis bâtissent leurs nids au milieu d'un tas de feuilles sèches ou d'une branche sèche tombée à terre ; ces objets aident alors à former la charpente qui reçoit d'eux un cachet particulier. Remarquons surtout que les plus grands nids ne sont souvent pas plus peuplés que ceux de moyenne dimension, car ces grands nids sont ordinairement ceux\d'ancienne date, et, comme ils ont subi les inconvénients indiqués plus haut, ils ne sont qu'en partie habités et souvent près d'être abandonnés. Les fourmilières de F. rufa comprennent souvent plusieurs nids, rarement (du moins d' après mes observations) plus de trois ou quatre, et forment ainsi de petites colonies polycaliques.
La F. exsecta, notre second type, a au fond les mêmes principes d'architecture que la F. rufa, aussi n'y reviendrons-nous pas. Les points qui l'en distinguent sont les suivants : D'abord elle emploie des matériaux beaucoup plus fins. Les aiguilles de sapin sont ses plus grandes poutres, et encore trie-t-elle les plus petites. Ensuite les matériaux mous, soit plats, tels que les débris de feuilles sèches, soit filiformes, tels que les feuilles de graminées desséchées les plus ténues jouent chez elle un rôle très important ; ils font même la vraie partie constituante de ses dômes. Elle y mêle un peu moins de terre que la F. rufa. Bref, la consistance du dôme est beaucoup plus fine et beaucoup plus homogène. Aussi ses dômes,
réguliers ; ce sont de tous les dômes des fourmis ceux qui ressemblent le plus souvent à la forme idéale du paraboloïde. Mais ces dômes varient beaucoup d'aspect, car leur base n'est pas toujours un cercle, mais sauvent une ellipse plus ou moins allongée, ce qui vient peut-être d'une tendance à former deux nids séparés. Souvent aussi un des côtés est plus abrupt que les autres, et l'opposé en pente plus douce ; cela constitue une déviation notable de la forme typique, La plupart des nids ont une base cratériforme en terre, mais plus petite, plus basse que celle des F. rufa, et cette base manque très souvent aux nids petits ou moyens, Il est assez rare que ces nids soient adossés à un arbre ; par contre un vieux tronc pourri leur sert quelquefois de noyau. Les petits dômes des nids naïssants sont souvent perchés sur celui d'un nid de L. flavus volé à son propriétaire. Les matériaux de la F.exsecta,
qui atteignent parfois une taille égale à ceux de la F. rufa sens strict, sont-ils encore plus
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mêlés avec de la terre ou avec des détritus végétaux ou de l'humus, forment une masse élastique, ayant l'aspect d'une tourbe très légère, très friable et très peu comprimée. Cette masse sert à former un labyrinthe analogue à celui des F. rufa. Maïs comme les poutres sont ici trop petites et trop rares pour servir de soutien, l'on ne voit jamais le grand vide central, la grande salle, qui existe dans les nids des F. rufa et pratensis, sauf lorsque notre fourmi bâtit dans le gazon où une touffe d'herbe peut lui servir d'échafaudage, Tout le labyrinthe est donc composé de cases et de galeries plus ou moins disposées en étages à la façon du L. niger, et séparées par d'épaisses cloisons ; au centre, qui est le plus peuplé, les cloisons sont plus minces. Le souterrain est comme chez la F. rufa. La croûte du dôme est très meuble et n'est ordinairement percée d'aucun trou ; ceux-ci sont tous pratiqués dans le pourtour de la base. Ici, comme chez les F. rufa, les vieux nids sont les plus gros, ont une base plus haute, et le bas de leur labyrinthe (sa partie souterraine) est putréfié et infecté de larves de Cétcines, etc. Aussi ces vieux nids sont-ils bientôt abandonnés, comme ceux des F. rufa. Ils cnt de plus la particularité d'être beaucoup plus solides que les nouveaux qui se démolissent avec une facilité inouïe, La F. exsecta mine probablement son nid pour l'ordinaire à la
façon des F. ruta dans la croûte du dôme formée par les matériaux apportés, mais elle sait
aussi, à l'occasion, édifier des cases et des galeries à la mode des F. sanguinea, surtout lorsqu'elle a un appui naturel à sa disposition, ainsi une touffe d'herbe, une tige, une branche sèche. À cet effet elle apporte, comme la F. fusca, des grains de terre pris au fond du nid, mais elle mêle des matériaux à sa maçonnerie, de sorte qu'elle arrive à faire un échafaudage à peu près stable sans que la terre employée soit bien mouillée, aussi se passe-t-elle le plus souvent de la pluie pour son travail. Ces nids sont ordinairement dans les bois, et font le plus souvent partie de colonies quelquefois immenses comme nous le verrons ailleurs. La dimension de ces nids varie énormément ; les nouveaux nids, les nids petits ou moyens, sont relativement les plus peuplés. Dans un ou deux vieux nids, j'ai vu clairement l'effet de la pression du dôme sur les parties profondes du labyrinthe qui étaient aplaties en couches se laissant séparer facilement dans le sens horizontal et pas dans le sens vertical, de même que les roches schisteuses.
J'ai peut-être tort de prendre pour mon troisième type les nids de la F. Raptiformica sanguinea qui sait employer à son gré tous les modes d'architecture, Ce mode de bâtir est cependant celui qui lui est le plus familier. Huber le décrit comme un intermédiaire entre l'art des maçonnes et celui des F. rufa. La F. sanguinea emploie plutôt des matériaux de la nature de ceux de la F. exsecta, soit des matériaux mous, mais elle y joint volontiers des matériaux arrondis ; elle emploie donc des morceaux de feuilles, de petites pierres, des débris ligneux de forme courte et épaisse ; jamais elle ne se sert de poutres allongées comme
la F. rufa, mais ses matériaux sont plus grossiers que ceux de la F. exsecta. Ces matériaux
ne sont point déposés simplement sur le nid, ou ne le sont que temporairement et en petit nombre, car la F. sanguinea est au fond une maçonne. Dès qu'il pleut ou dès que la terre est humide, nos fourmis commencent à apporter des grains de terre du fond de leur souterrain, et à édifier des cases à la façon des F. fusca, leurs esclaves, qui les aident dans ce travail. Mais les sanguinea entremêlent leur ouvrage des matériaux précités, lesquels servent ainsi directement à soutenir leur maçonnerie, et non à faire une croûte qui sera plus tard minée, comme chez les F. rufa et exsecta (nous avons vu cette dernière agir cependant
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quelquefois comme la F, sanguinea). La différence n'est cependant pas si absolue qu'elle
paraît au premier abord. En effet, comme chez toutes les maçonnes, la pression diminue
peu à peu la grandeur des cases et des galeries, les fourmis sont cbligées, lorsqu'elles bâtissent de nouveaux étages, de prendre aussi de la terre dans les cloisons devenues trop épaisses, afin de parer à cet inconvénient. De là à extraire la terre de la couche superficielle du nid devenue trop épaisse, il n'y a qu'un pas; les F. fusca le font quelquefois et les F. sanguinea encore plus souvent, surtout lorsqu'elles ont accumulé beaucoup de matériaux sur leur dôme par un temps sec, et que la pluie survient ensuite ; c'est alors qu'on les voit élever de nouveaux étages en quelques heures ; mais, tout en minant la croûte de leur
dôme, elles édifient en dessus, ce que ne font jamais les F. rufa. Les F. sanguinea savent dans cet ouvrage se servir à merveille des touffes d'herbe, des pierres, des troncs d'arbres,
des buissons, etc., comme appui, comme soutien de leurs échafaudages. Elles donnent ainsi à leurs dômes qui sont toujours beaucoup moins élevés que ceux des types précédents toutes les formes possibles, les plus irrégulières. On peut distinguer ordinairement dans leur nid une base en terre maçonnée pure, mais il est rare qu'elle soit cratériforme, et elle revêt plutôt le caractère de dôme primaire permanent par rapport aux constructions que nous venons de voir, et qui jouent le rôle de dômes secondaires, souvent temporaires ou disparaissant en automne. J'ai vu de ces dômes maçonnés et mêlés de matériaux être élevés en très peu de temps à une assez grande hauteur autour de touffes d'herbe. Ils sont alors aussi larges au sommet qu'à la base, et identiques aux dômes purement maçonnés élevés par la même F. sanguinea et le T. erraticum ; nous en avons parlé plus haut. Le dôme primaire est souvent revêtu de plusieurs de ces dômes secondaires étroits et élevés. Mais la F, sanguinea fait aussi quelquefois dans les bois des dômes ressemblant à ceux de la F. exsecta, quoique plus irréguliers, plus plats et à matériaux plus grossiers. Ses nids sont presque toujours fermés sur le dôme et ouverts seulement latéralement, Elle fait souvent des colonies polycaliques, mais, à part de très rares cas, où les esclaves font entièrement défaut, jamais de plus de deux ou trois nids dont elle n’habite ordinairement qu'un seul. Elle émigre fréquemment d'un nid à l'autre pendant le courant de l'été, et en bâtit de nouveaux, ou plus souvent en vole aux
F. jusca, L. flavus, etc., pour abandonner les anciens. Le nid le plus profondément miné,
soit le plus-ancien, est celui qu'elle préfère d'ordinaire pour l'hiver, et c'est là qu'on la retrouve au printemps. Lorsqu'elle niche sous les pierres, elle élève souvent des maçonneries (mêlées de matériaux) assez hautes sur les bords de la pierre, et même par dessus, La dimension de ses dômes varie peu; elle ne dépasse guère pour les plus gros la taille des plus grands nids de F. fusca et rufibarbis ou de P. rufescens, c'est-à-dire environ six décimètres de diamètre de base sur dix à quinze centimètres de hauteur. Du reste la forme varie tellement qu'on ne peut rien préciser ; il est bien rare que la base soit régulière (circulaire ou elliptique).
Il nous reste à étudier les nids de trois races, lesquels se rattachent aux types que nous venons de voir.
La F. pratensis, race de la F. rufa, fait son nid dans les prés, le long des haies, sur la lisière des bois. Les matériaux de même calibre ou encore plus gros que ceux de la F. rufa i. sp. sont surtout des parties de tiges de graminées. Ses nids sont plus petits que ceux de la F. rufa, ordinairement plus plats. La base cratériforme en terre en est ordinai-
rement plus grande, et le dôme plus petit. Ces nids ne reposant que rarement sur de la
terre végétale, s'élèvent et se putréfient moins souvent et plus lentement que ceux des
F. rufa. J'en connais un qui prospère depuis plus de dix ans‘) à la même place, Les nids
plats que Mayr dit former la règle sont ceux dont la base cratériforme est très élevée et le
dôme très petit, Ce dernier peut, en effet, être tellement réduit qu'il ne dépasse plus le niveau de l'arête du cratère, et se trouve être complètement horizontal ; le nid a alors la forme d'un cône tronqué n'ayant de matériaux que sur sa base supérieure. Mais même ces nids ont un labyrinthe de poutres liées par de la terre et ayant un vide central, comme ceux des rufa, seulement il est en entier compris dans la base cratériforme en terre qui va jusqu'au sommet du nid, Ces nids se trouvent surtout dans les prés et sur la lisière des bois ; ce sont, je crois, le plus souvent d'anciens nids de L. flavus. Il y a tous les intermédiaires entre ces édifices en cônes tronqués et des nids identiques à ceux de la F. rufa; il n'y a aucune différence absolue entre les demeures de ces deux races, d'autant plus que l'on trouve souvent des fourmilières intermédiaires entre elles deux (F. rufo-pratensis). En scmme les nids de F. pratensis sont moins typiques que ceux de F. rufa, varient plus de forme et de dimension ; ils sont souvent très petits, maïs relativement plus peuplés que ceux de la forme typique. Enfin la F. pratensis fait aussi souvent si ce n'est plus des colonies que la F, rufa, et les fait volontiers plus considérables, comprenant jusqu'à sept ou huit nids. Les F, pratensis ouvrent leur nid le matin comme les F. rufa.
Les nids de la F. truncicola forment, comme ses mœurs et ses caractères zoologiques, un intermédiaire entre ceux des F. sanguinea et ceux des F. pratensis ; mais tandis que par les derniers elle se rapproche beaucoup plus de la F. pratensis, elle ressemble surtout à la
F, sanguinea par la forme de ses nids. Certains d'entre eux ressemblent aussi à de petits
nids de rufa ou d'exsecta. Elle sait maçonner comme la F. sanguinea, maïs elle sait aussi employer des poutres allongées comme la F. pratensis. Elle saït faire des dômes secondaires sur un dôme principal, s'établir sous des pierres qu'elle entoure ensuite et couvre même à moitié de matériaux mêlés de maçonnerie, comme la F. sanguinea; maïs elle sait aussi, dans les bois, élever un dôme unique se rapprochant de l'hyperboloïde ou du paraboloïde, mais moins haut et à base plus large que celui des F. rufa. Bref, il est inutile de se perdre dans les nombreuses formes de nids intermédiaires que présente cette fourmi. Remarquons seulement ses traits caractéristiques. Elle affectionne plus qu'aucune autre forme! les troncs d'arbres (ce qui lui a valu son nom) et les grandes pierres pour en faire le centre, le point d'appui de son nid ; il est rare de trouver un nid qui n'ait pas un appui pareil. Le dôme du nid monte en talus tout autour de l'appui et le recouvre quelquefois entièrement, Les dômes
. sent presque toujours très meubles, s'éboulent avec une grande facilité, Ils sont peu ouverts
au sommet, car les fourmis s'y tiennent moins rassemblées que les F. pratensis, mais les ouvertures latérales sont grandes, et souvent à une certaine hauteur. La F. fruncicola saïît mieux qu'aucune des autres fourmis de ce groupe établir ses constructions en matériaux à peine unis par un peu de terre dans tous les endroits possibles ; ainsi je vis à Stresa (Iles
Borromées) un nid adossé au tronc d'un chêne rabougri, dans une haie, nid dont le dôme se
prolongeait par une grosse galerie bâtie comme je viens de l'indiquer, rampant le long du
1) Aujourd'hui, depuis plus de 50 ans!
ut bats té, ot os d, 25 à:
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tronc de chêne, et arrivant à environ six décimètres au-dessus du sol sur le faîte du dit tronc, à l'endroit d'où partaient les branches ; là étaient établies quelques cases. Les nids des F. fruncicola varient peu de grandeur ; ils sont ordinairement comme de gros nids de F. sanguinea, ou un peu plus grands : leur base est en général plus régulière, Cette race forme souvent des colonies de deux ou trois nids.
g Enfin les nids de la F. pressilabris (v. Foreli) sont bâtis dans les prés, le long des haies, sur les collines couvertes d'arbustes rabougris, d'après le type de ceux de la F. exsecta. Les matériaux en sont les mêmes, et si possible encore plus petits ; mais la F. pressilabris y mêle une masse de terre, soit (ce qui est l'ordinaire) en grains mobiles qu'elle ne maçonne pas, laissant à la pluie le soin de les faire adhérer, soit en maçonnant elle-même pendant la pluie et en mêlant à la terre des matériaux, comme le fait la F. sanguinea. Ses dômes sont beaucoup plus petits que ceux de la F. exsecta ; les plus grands atteignent assez souvent une hauteur de plus de trois décimètres, sur plus de six décimètres de diamètre de base ; les plus petits sont moins gros que le poing. Ils sont cependant très réguliers et sont, après __ ceux de la F. exsecta, les nids qui se rapprochent le plus souvent de la forme typique. Mais … comme ils sont ordinairement sur des pentes, leur forme s'altère en ce que le côté d'amont (presque toujours exposé au nord ou au nord-est) est court et abrupt, tandis que le côté d'aval (sud ou sud-ouest) s'allonge en une pente douce. Un phénomène analogue s'observe chez les dômes maçonnés des L. flavus dans les montagnes {Huber, I. c. p. 319). La base cratériforme, en terre, du nid de la F. pressilabris est souvent assez haute, Cette fourmi ne craint pas d'appuyer son nid sur une grosse pierre et de recouvrir plus ou moins celle-ci de - matériaux, comme le fait la F. fruncicola ; mais elle n'aime pas les troncs d'arbres, car elle a très besoin de soleil, Les nids de la F. pressilabris sont ouverts latéralement, jamais sur le dôme ; ils sont quelquefois composés de plusieurs petits dômes secondaires placés sur un dôme primaire, mais c'est rare, Cette race forme, comme la F. exsecta, des colonies considérables dont les nids sont très rapprochés, quelquefois si rapprochés que deux ou trois nids n'ont l'air d'être que des dômes séparés d'un même nid miné ; ce n'est pourtant que rarement le cas. N'oublions pas que la F. pressilabris n'est qu'une race de l'exsecfa et que . les nombreuses formes intermédiaires bâtissent aussi des nids en tout point intermédiaires, )
Nous avons ainsi terminé ce qui a trait aux sept formes de fourmis qui construisent principalement des nids à matériaux. Mais plusieurs espèces maçonnes savent se servir de . matériaux semblables à l'occasion, soit à la manière des Fr sanguinea, soit à celle des F. rufa, soit même à celle du type exsecta. Comme ce n'est jamais qu'une exception chez ces espèces, nous nous bornerons à les indiquer avec le type qu'elles imitent :
Le T. caespitum bâtit assez souvent des dômes qui ressemblent tellement à ceux de
1) P, S, (1919), Reste encore le dernier type, celui de la Formica (Serviformica) picea. C'est à : W. Bônner qu'on doit d'avoir décrit ses mœurs et son nid, fait dans les tourbières et dans les marais, Je-l'ai trouvé, décrit et observé à Roche, en 1914. Il est fait comme celui de la F. rufa, mais avec des débris fort ténus de feuilles et de- tiges de Schœnus ferrugineus (Cypéracée)., La F. picea ne maçonne pas. J'ai observé la reconstruction de son nid défait par moi. Elle entassait des fins matériaux, comme la F. rufa, ménageant entre eux des ouvertures qu'elle ouvrait et fermait à volonté, Je fus très FE de ce mode de bâtir que je n'avais, jusqu'alors, jamais observé chez une Serviformica.
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la F. pressilabris que j'y ai été trompé plus d'une fois ; il le fait surtout dans les terrains durs, couverts de bruyères.
Le L. niger amasse quelquefois sur le faîte de son dôme une petite couche de poutres ténues (débris de graminées), à la façon de la F. rufa ; j'ai vu la F. fusca en faire autant quelquefois. ;
Les F. fusca, rufibarbis et cinerea, ainsi que le T. erraticum savent, à l'occasion, mêler à leur maçonnerie des matériaux analogues à ceux de la F. sanguinea, et en s'y prenant de la même manière ; quelquefois même leur nid prend la tournure de celui de la F. pressilabris.