‹ < > fourmis de la Suisse notices anatomiques et physiologiques, architecture, distribution géographique, nouvelles expériences et observations de moeursChapitre 45 sur 139 · PRÉ ES PTT TT · texte numérisé non relu

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trouvent. Quelquefois un chemin s'en va droit à un arbre où il s'arrête net, les fourmis allant presque toutes sur l'arbre ; le plus souvent ils vont en devenant de moins en moins marqués

et finissent par disparaître peu à peu. Souvent un chemin se bifurque ; d’autres fois il repart

EE À ? , - qe . 2 hp) d'un arbre ou d'un bout de haie en formant un angle avec sa direction précédente. Les fourmis profitent des passages naturels où elles peuvent circuler sur un certain espace sans

avoir besoin de creuser avec peine une route, ainsi du pied d'un mur, du bord d'une allée.

Dans les bois et les taillis, leurs chemins sont plus simples à creuser, car il y a moins de

plantes basses et enchevêtrées ; la circulation est ordinairement très facile pour les fourmis

dans ce qui est pour les hommes un taillis inextricable, Elles y font cependant des routes

dont elles ôtent les feuilles sèches et autres embarras. Enfin les chemins servent à réunir

divers nids d'une colonie, Ils varient beaucoup en fréquentation, en largeur et en longueur. La première de ces qualités dépend naturellement de l'importance du lieu d'exploitation . où il conduit, Dans les bois où la construction de la route est facile, mais où des feuilles qui

tombent, des débris de toute sorte viennent constamment l'obstruer, les fourmis ont soin de lui donner beaucoup de largeur, jusqu'à deux décimètres, mais peu de profondeur. Dans les prairies, au contraire, où la construction est difficile, mais stable, ces chemins sont étroits et profonds ; ils ont à peine 3 à 6 cm. de largeur sur 1 à 2 cm. de profondeur. Les F. rufa et pratensis creusent leurs routes en déblayant la terre, en ôtant les objets qui encombrent

le passage, et en coupant ou plutôt en sciant les tiges des petites plantes qui les gênent

au moyen de leurs mandibules. Elles ne commencent pas à les creuser à partir de leur nid, mais elles fréquentent d'abord (quand elles se bâtissent un nouveau nid p. ex.) toutes les lignes où elles veulent creuser des chemins, et travaillent à les construire sur toute leur longueur en même temps. Ce n'est qu'en observant d'une manière suivie qu'on se rend compte de tous les efforts qu'a coûtés aux fourmis la construction de ces chemins,

surtout dans les prairies. Ils ne diffèrent de ceux que font les hommes qu'en ce qu'ils sont

concaves au milieu et relevés sur les bords, de sorte que la pluie les submerge, Leur longueur, avons-ncus dit, varie beaucoup. Ils peuvent s'étendre jusqu'à 80 et même 100 pas (60 à 80 mètres) de distance du nid. Un seul grand nid peut en envoyer huït ou dix. Quelquefois ils vont tous d'un même côté, ne s'écartant qu'à angle aigu les uns des autres ; c'est le cas quand ce côté est le seul à exploiter. Tout ce que nous avons dit se rapporte aux chemins des F. rufa et pratensis. Les L. fuliginosus ne font ordinairement pas de chemins battus, leur passage d'un arbre à l'autre n'étant pas difficile, J'ai observé néanmoins dans quelques-unes de leurs grandes colonies des chemins analogues à ceux des fourmis précédentes, mais plus étroits quoique aussi distinctement creusés. Plusieurs routes semblables partaient d'un énorme châtaigner non loin de Lugano, et se dirigeaient vers d'autres arbres. Les L. fuliginosus sortaient du tronc de ce châtaignier jusqu'à trois mètres du sol.

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