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trouvent. Quelquefois un chemin s'en va droit à un arbre où il s'arrête net, les fourmis allant presque toutes sur l'arbre ; le plus souvent ils vont en devenant de moins en moins marqués
et finissent par disparaître peu à peu. Souvent un chemin se bifurque ; d’autres fois il repart
EE À ? , - qe . 2 hp) d'un arbre ou d'un bout de haie en formant un angle avec sa direction précédente. Les fourmis profitent des passages naturels où elles peuvent circuler sur un certain espace sans
avoir besoin de creuser avec peine une route, ainsi du pied d'un mur, du bord d'une allée.
Dans les bois et les taillis, leurs chemins sont plus simples à creuser, car il y a moins de
plantes basses et enchevêtrées ; la circulation est ordinairement très facile pour les fourmis
dans ce qui est pour les hommes un taillis inextricable, Elles y font cependant des routes
dont elles ôtent les feuilles sèches et autres embarras. Enfin les chemins servent à réunir
divers nids d'une colonie, Ils varient beaucoup en fréquentation, en largeur et en longueur. La première de ces qualités dépend naturellement de l'importance du lieu d'exploitation . où il conduit, Dans les bois où la construction de la route est facile, mais où des feuilles qui
tombent, des débris de toute sorte viennent constamment l'obstruer, les fourmis ont soin de lui donner beaucoup de largeur, jusqu'à deux décimètres, mais peu de profondeur. Dans les prairies, au contraire, où la construction est difficile, mais stable, ces chemins sont étroits et profonds ; ils ont à peine 3 à 6 cm. de largeur sur 1 à 2 cm. de profondeur. Les F. rufa et pratensis creusent leurs routes en déblayant la terre, en ôtant les objets qui encombrent
le passage, et en coupant ou plutôt en sciant les tiges des petites plantes qui les gênent
au moyen de leurs mandibules. Elles ne commencent pas à les creuser à partir de leur nid, mais elles fréquentent d'abord (quand elles se bâtissent un nouveau nid p. ex.) toutes les lignes où elles veulent creuser des chemins, et travaillent à les construire sur toute leur longueur en même temps. Ce n'est qu'en observant d'une manière suivie qu'on se rend compte de tous les efforts qu'a coûtés aux fourmis la construction de ces chemins,
surtout dans les prairies. Ils ne diffèrent de ceux que font les hommes qu'en ce qu'ils sont
concaves au milieu et relevés sur les bords, de sorte que la pluie les submerge, Leur longueur, avons-ncus dit, varie beaucoup. Ils peuvent s'étendre jusqu'à 80 et même 100 pas (60 à 80 mètres) de distance du nid. Un seul grand nid peut en envoyer huït ou dix. Quelquefois ils vont tous d'un même côté, ne s'écartant qu'à angle aigu les uns des autres ; c'est le cas quand ce côté est le seul à exploiter. Tout ce que nous avons dit se rapporte aux chemins des F. rufa et pratensis. Les L. fuliginosus ne font ordinairement pas de chemins battus, leur passage d'un arbre à l'autre n'étant pas difficile, J'ai observé néanmoins dans quelques-unes de leurs grandes colonies des chemins analogues à ceux des fourmis précédentes, mais plus étroits quoique aussi distinctement creusés. Plusieurs routes semblables partaient d'un énorme châtaigner non loin de Lugano, et se dirigeaient vers d'autres arbres. Les L. fuliginosus sortaient du tronc de ce châtaignier jusqu'à trois mètres du sol.