‹ < > fourmis de la Suisse notices anatomiques et physiologiques, architecture, distribution géographique, nouvelles expériences et observations de moeursChapitre 48 sur 139 · SUR LA DISTRIBUTION DES FOURMIS EN SUISSE · texte numérisé non relu

SUR LA DISTRIBUTION DES FOURMIS EN SUISSE

Je renvoie ici à la classification (chapitre II de la première partie). J'y ai indiqué brièvement l'habitat de chaque espèce en Suisse‘), Ici seulement quelques généralités :

Si l'on fait abstraction des formes rares, de celles qui ont une répartition irrégulière, et de celles qui sont également communes dans toute la Suisse, on observe un certain nombre de zones d'altitude et de latitude nettement caractérisées.

Le canton du Tessin, soit le versant méridional de la chaîne des Alpes, est caracté-

risé par le C. scutellaris et la P. pallidula qui donnent à sa faune le cachet de celle de

l'Italie du nord.

Une seconde zone est limitée par les Camponotus aethiops et lateralis, ainsi que par la P. pygmaea. Elle comprend le Valais, le Salève et quelques points chauds du canton de Vaud et autres qu'on a appelés « xérothermiques ». ?)

1) Bondroit (Les Fourmis de France et de Belgique, 1918) a transformé en espèces une foule d'insigniliantes variétés et en a institué de nouvelles qui se trouvent aussi en Suisse ; il ne veut pas admettre les’

races et en fait des espèces, Ni Emery, ni moi nous ne pouvons le suivre sur cette voie que nous croyons être néfaste et régressive,

2) Ce sont des îlots chauds et abrités, exposés au midi, On admet qu'après l'époque dite glacière est venue une époque plus chaude que la nôtre, pendant laquelle les animaux et les plantes du sud de l'Europe sont allés plus au nord qu'aujourd'hui, Mais, lors du refroidissement subséquent, ils seraient demeurés dans les îlots xérothermiques, dont un très remarquable se trouve à Vaux près Morges, derrière le château de Vufflens,

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Dans le reste du plateau suisse et des vallées on ne trouve pas de limite tranchée ; mais les parties plus méridionales, en particulier le canton de Vaud, montrent certaines . formes (P. rufescens, Camp. vagus, L. emarginatus) en beaucoup plus grande abondance.

Beaucoup de formes, nous l'avons vu, s'arrêtent au pied des montagnes, sans même

atteindre la région subalpine (Col. truncata, Las, emarginatus, Lept. Nylanderi, etc.). Une

espèce, la M. rubida, atteint par contre son maximum dans cette région. De là la faune va en EE 4 , x # ï » , f ” a S appauvrissant peu à peu jusque vers le haut de la région des sapins sans rien montrer de

particulier, sauf le maximum de fréquence du C. herculeanus i. sp.

La région des hauts pâturages offre de nouveau quelques faits intéressants. Toutes les fourmis y vivent sous les pierres, ou peu s'en faut ; on en trouve aussi parfois dans les bouses desséchées, Les formes suivantes, qui abondent dans cette région, donnent à sa

faune un cachet spécial (ce qui vient peut-être plutôt du manque d'autres formes) :

M. sulcinodis, M. lobicornis {v. pêtite et foncée), L. acervorum (v. foncée), F. fusca i. sp.

Le Jura ne se distingue en rien des Alpes, au point de vue des fourmis, du moins d'après les observations que j'ai pu faire sur le Mont-Tendre, la Dent-de-Vaulion, le .Weissenstein et le Laegern,

La Haute-Engadine a une faune assez curieuse, Il m'a été impossible, d'y trouver une

seule espèce du genre Lasius, du moins de Maloggia à Ponte (je n'ai pas été plus bas). Voici les formes que j'y ai prises: C. herculeanus i. sp., F. fusca i. sp, F. sanguinea,

F. rufa i. sp, F. pratensis, F. rufo-pratensis, L. acervorum i. sp., L. tüberum i. sp., T. caespi-

tum, M. ruginodis, M. sulcinodis. J'ai trouvé de plus les M. lobicornis et sulcinodo-scabrinodis

sur le col de Maloggia seulement, puis les F. rufibarbis, F. exsecto-pressilabris et M. laevinodis vers Ponte seulement. M. Emelius a découvert à Sils l'Harpagoxenus sublevis et M, Wheeler, à Zermatt, la race alpinus du Sfrongylognatus Huberi.

Qu'on me permette d'énumérer encore les fourmis que j'ai trouvées sur le versant

sud du Petit-Salève, entre Mornex et Monnetier, Cela donnera mieux que quoi que ce

soit l'idée de la faune des côtes aridkes, sèches et exposées au midi, Je crois que l'énumération sera assez complète, car j'ai passé plusieurs journées à explorer ce petit espace de terrain, et cela dans diverses saisons: C. aethiops, C. lateralis, T. erraticum, B. meridionalis, P. pygmaea, L. flavus (r. myops), L. niger i, sp. (rare), F. rufibarbis, F. pratensis et pressi-

labris (dans les zones d'arbustes), À. afratulus, S. fugax, S. testaceus, T. caespitum, À.

structor, M. scabrinodis, L. tuberum et ses var., nigriceps et interruptus, L. affino-tuberum. Le C. ligniperdus, le flavus (v. ordinaire), ainsi que les F, sanguinea et fusca i. sp. ne se

trouvent guère que vers le haut de ce versant, mais ils abondent au sommet et sur le

versant nord.

Enfin, j'ajouterai que sur le seul territoire de la commune de Vaux (près Morges), dont le plus grand diamètre se parcourt en moins de vingt minutes, je n'ai pas trouvé moins de quarante-deux formes (espèces et races) de fourmis, sans compter les variétés intermédiaires : et cela grâce à l'ilot xérothermique.

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