A L'HOMME
Si les fourmis ne présentent qu'un assez petit nombre de formes, surtout dans nos climats, elles rachètent amplement cette infériorité par le nombre des individus et par la vie en société, Tous les auteurs qui ont étudié ces insectes s'accordent à leur donner une place considérable dans l'économie de la nature. Cette place, ils la doivent à leur union, à leur courage et à leur intelligence, Le développement considérable de leur cerveau (ganglions sus-æsophagien et sous-æsophagien des auteurs) qui surpasse celui de tous les autres
insectes, tant.par son volume (proportionnel) que surtout par la complication de sa structure
(Leydig) est une confirmation éclatante de ce que nous révèle l'observation de leurs mœurs, Les fourmis et les termites sont un peu, si l'on veut, aux autres insectes, ce que l'homme est aux autres mammifères. Les fourmis se trouvent presque partout, et partout où elles sont, elles font la terreur des autres petits animaux, du moins de ceux qui ne sont pas protégés contre elles par la nature au moyen de poils (larves de cétoines), d'une carapace très dure et très lisse {Hister), d'une odeur particulière (certaines larves de Coléoptères), de toiles filées (araignées, diverses chenilles), etc., etc. Rien n'est amusant comme de verser un sac de F. pratensis dans une prairie fauchée et d'observer la manière dont ces fourmis prennent possession du territoire qui les entoure, Tous les grillons doivent fuir en abandonnant leurs trous ; les sauterelles, les Cercopis, les Haltica se sauvent de tous côtés en sautant : les araignées, les staphylins, les carabes doivent souvent abandonner leur proie pour éviter de
succomber eux-mêmes. Les plus maladroiïts, ceux qui ont perdu des pattes, et surtout ceux
qui viennent de muer ou d'éclore sont occis puis déchirés par les fourmis, J'ai vu des °F. pratensis qui avaient prolongé un de leurs chemins, vu l'agrandissement de leur fourmilière, rencontrer ainsi un nid de guêpes {Vespa germanica) bâti dans la terre, en bloquer l'ouverture, et finir par en chasser les nombreux habitants, non sans avoir perdu beaucoup de combattants. Lorsque les hannetons (Mel. vulgaris) se préparent à sortir de terre, au printemps, on voit souvent des F. prafensis les surprendre et les tuer alors qu'ils commencent à percer la croûte supérieure du terrain, pendant que le passage est encore trop petit pour laisser sortir le hanneton, mais assez grand pour laïsser entrer les fourmis. Les chenilles, les lombrics, les cercopis, les larves de toute espèce deviennent ainsi la proie des diverses formes des genres Formica et Myrmica, des Lasius fuliginosus et niger, des Tetramorium,
des Tapinoma, etc. Bien plus, les insectes aïlés tels que les Diptères et les Lépidoptères
ne sont point à leur abri ; j'ai vu souvent des Phalaena, Larentia, Satyrus, Bibio, Tipula, etc, qui s'étaient embarrassés dans le gazon, attrapés et tués par des fourmis, Je n'en finirais
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