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ensemble dans le courant d'un même été, peut-être d'une mêmè année, se reconnaîtront et : P
s'uniront, mais que si la séparation a été plus longue, elles se battront. La chose est du
reste d'autant plus raisonnable et probable! que la vie d'une fourmi ne devant que rarement
dépasser un an (Lubbock, Miss Fielde et autres ont prouvé dès lors qu'elles peuvent vivre.
pendant plusieurs années ; 1919}, les £ qu'on remettrait en présence au bout de ce temps ne seraient plus du tout les mêmes (comparer avec l'expérience IV),
Polyergus rufescens. Expéditions et observations diverses
Ce sujet est si connu, rapporté dans tant d'ouvrages, qu'il semble inutile d'y revenir ici. Cependant tout ce qui a été écrit sur cette fourmi n'est guère qu'une répétition des
chservations d'Huber, si j'en excepte les relations d'Ebrard, une courte notice de v. Hagens
qui n'apprend presque rien de nouveau, une expédition racontée sans détails par Mayr (Ungarn's Ameisen), et une sortie très drôle, mais dénuée de tout fondement, faite par le comte d'Esterno {Revue et mag. zool. 1868, p. 435) qui s'imagine réfuter toutes les observations d'Huber, Or, Ebrard contredit Huber en quelques endroïts, et ce dernier n'a pas décrit toutes les singulières variations qui se montrent dans les expéditions du P. rufescens. Quelques points encore négligés doivent aussi être relevés. Les expéditions de cette fourmi sent'si curieuses, si variées, et présentent tant d'anomalies, que je crois intéressant d'en décrire un bon nombre,
1. Deux erreurs circulent dans la plupart des ouvrages allemands, à savoir que les nids de cette espèce n'ont qu'une ouverture, et que l'ouvrière et la femelle sont pourvues
d'un aïguillon, Je les ai déjà refutées aïlleurs (Bullet. de la soc. suisse d’entom. Vol. III.
n® 3 et 6). Le P. rufescens n'a pas d'aiguillon.
2. Huber aussi croit que leur « aiguillon » et leur impétuosité donnent seuls la victoire à ces fourmis. Il y a beaucoup de vrai pour la seconde de ces qualités, mais ce que je ne puis comprendre c'est qu'il n'ait pas remarqué, ni Ebrard non plus, l'usage presque exclusif qu'elles font de leurs mandibules pointues pour poignarder le cerveau de leurs ennemies et leur faire lâcher prise, ainsi que la terreur qu'inspire à ces dernières la simple menace de cet acte, Ce fait (voy. plus haut dans les généralités sur les combats des fourmis) est si constant, qu'il ne peut échapper à quiconque observe p. ex. une expédition de P. rufescens contre des F. rufibarbis. De plus il est impossible aux P. rufescens de couper un membre à un ennemi, vu la conformation de leurs mandibules, et les cas rapportés par Ebrard (1 c. p. 17) de têtes de F. rufibarbis attachées aux pattes de P. rufescens sont inadmissibles ; je n'ai jamais rien vu de pareil ; un P. rufescens ne peut pas couper la tête au cadavre d'un ennemi, Par la même raison le P. rufascens ne s'attache jamais à la patte d'un ennemi, à moins que ce dernier ne soit beaucoup plus gros que lui (C. vagus), maïs il l'attaque toujours par le corps. Enfin cette espèce se distingue de toutes les autres par un courage individuel aveugle qui la porte aux actes d'audace les plus inouïs. Une seule $ de P. rufescens
mise au milieu d'une fourmilière ennemie ne cherche point à s'enfuir, comme le fait toute autre
fourmi, mais, sautant à droite et à gauche, elle transperce à elle seule la tête de dix ou quinze adversaires, jusqu'à ce que, saisie elle-même par le thorax, elle finisse par succomber. Chose curieuse, une armée de ces mêmes fourmis marchant en rangs serrés montre
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