‹ < > fourmis de la Suisse notices anatomiques et physiologiques, architecture, distribution géographique, nouvelles expériences et observations de moeursChapitre 67 sur 139 · ME ES · texte numérisé non relu

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à l'endroit même en tâtant partout le terrain de leurs .antennes avec une attention

singulière, furetant dans les touffes d'herbe, et ne s'écartant pas les unes des autres.

Cet arrêt a un tout autre caractère que ceux que nous avons vus jusqu'ici. Enfin je vois un.

mouvement subit se produire vers un petit trou rond où une graine de chanvre ne serait

pas entrée, et les amazones arrivées dessus se mettent à y pénétrer une à une. Mais cela

va trop lentement ; le reste de l'armée cherche toujours ; un violent mouvement se produit

tout à coup dahs un autre sens, et le reste des amazones se précipite dans une touffe

d'herbe serrée, située à trois décimètres du petit trou. L'armée y disparaît graduellement,

et bientôt on ne voit plus rien ; à peine aperçois-je une ou deux fusca rôdant dans l'herbe:

à cet endroit. Quelqu'un arrivé en ce moment ne pourrait se douter de ce qui vient de

se passer, Enfin, au bout de cinq minutes seulement, je vois sortir de la touffe d'herbe

une amazone avec un cocon, puis une seconde, et bientôt toute une file, maïs jamais deux de front. Une seconde file sort bientôt du trou dont nous avons parlé d'abord. Un peu

plus loin ces deux files se rejoignent, et reprennent en commun le chemin du nid des. rutescens. Toute l'armée sortit ainsi graduellement, si bien que les premières amazones … étaient déjà arrivées sur leur dôme, alors que les dernières n'étaient pas encore hors du

nid pillé. Aucune amazone ne revint à vide, du moins pas sous mes yeux. 12. Les amazones-rufibarbis prennent un peu le caractère de leurs esclaves. Elles

sortent bien plus de leur nid que les amazones-fusca, plus tard le soir et plus tôt le matin ;

on en voit presque toujours quelques-unes sur le dôme. Leurs armées marchent en rangs très serrés, et en général plus rapidement que celles des amazones-fusca, quoique ce soit exactement la même espèce, Voici un cas d'expédition normale sur une forte fourmilière rufibarbis :

Un après-midi, à 3 12 heures, les amazones d'une grande fourmilière située dans un

pré, à dix pas d'une route, partent dans une direction perpendiculaire à la route ; après avoir obliqué un peu, elles reprennent la ligne droite, Enfin je découvre à deux pas de l'armée un nid, couvert de F. rufibarbis, et éloigné de 50 pas du nid des amazones, La . tête de l'armée parvenue à un décimètre des rufibarbis reconnaît qu'elle est arrivée, car elle s'arrête brusquement, et envoie une foule d'émissaires qui se précipitent avec une - rapidité incroyable dans le gros et la queue de l'armée. En moins de trente secondes toute l'armée est réunie en un mas devant le nid des rufibarbis sur le dôme duquel ur

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inutile, car les rufibarbis s'étant aperçues de l'arrivée de l'ennemi au moment où la tête de l'armée s'arrêtait, il leur avait aussi suffi de quelques secondes pour couvrir leur dôme … de défenseurs (ce dôme était, comme presque toujours, percé de plusieurs gros trous. Une mêlée indescriptible s'ensuit, mais le gros de l'armée des rufescens pénètre pourtant aussitôl par toutes les ouvertures, Au même instant un torrent de rufibarbis sortent par . ces mêmes orifices emportant des centaines de cocons, de larves et de nymphes, fuyant de tout côté et grimpant sur les brins d'herbe (surtout les jeunes 8), tout en bousculant les dernières amazones qui ne peuvent parvenir à entrer. Ce spectacle si différent de celw

de l'invasion d'un nid de fusca est une des scènes les plus curieuses qu'on puisse voir.

Ici les amazones ne restent pas plus d'une minute dans le nid et ressortent en armée par tous les trous à la fois, tenant chacune un cocon, une larve ou une nymphe. Mais à peine la tête de l'armée est-elle en marche pour le retour que la scène change de nouveau. Les rufibarbis voyant que l'ennemi s'enfuit se précipitent avec fureur à sa poursuite. Elles saisissent les amazones par les pattes, et cherchent à leur arracher leurs nymphes. Si une rufibarbis s'est accrochée au cocon que tient une amazone, celle-ci fait glisser peu à peu ses mandibules sur le cocon jusque vers la tête de la rufibarbis. Cette dernière lâche alors

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et, si cette injonction ne suffit pas, la tête est transpercée. J'ai vu un ou deux cas où, . malgré cette dernière exécution, les mandibules de la rufibarbis n'ayant pas lâché la coque, l'amazone emporta le cocon avec le cadavre de son ennemie qui y pendait. D'autres fois la rufibarbis profite d'un instant où l’'amazone lâche prise pour s'enfuir avec le cocon ; elle y parvient surtout lorsqu'une autre rufibarbis retient l'amazone par une patte, et que

. celle-ci lâche le cocon pour se délivrer. J'ai encore observé dans ces luttes une foule de | faits de détail que je ne puis rapporter ici. Quelquefois une amazone emporte une jeune rufibarbis vivante au lieu de nymphe, mais j'en ai vu aussi se charger de cadavres de rutibarbis adultes, fraîchement tuées, et les emporter jusque dans leur nid. J'ai même vu

de

des amazones prendre des coques déchirées et vides (dont la nymphe avait été tirée), et les . rapporter chez elles comme si c'eussent été des cocons contenant une nymphe. Cependant elles reconnaissent souvent leur méprise et abandonnent en chemin ce butin inutile. Mais … revenons à l'ensemble de notre armée, Tandis que la tête et le gros de l'armée reviennent

un grand embarras. Les amazones, succombant au nombre des rufibarbis, doivent aban-

donner leurs cocons, et sont bien heureuses d'échapper saines et sauves, ce qu'elles ne | peuvent faire sans tuer plusieurs ennemies, Quelques-unes mêmes, mais en très petit nombre, saisies à la fois par cinq ou six rufibarbis qui les couvrent de venin, finissent

seccnd mouvement d'une impétuosité sans égale la précipite tout entière, Ce n'était point .

. Le plus souvent prise. Si elle ne cède pas, l'amazone lui saisit la tête entre ses mandibules,

en rangs serrés, chargés de butin, mais harcelés par les rufibarbis, la queue se trouve dans

par périr. Malgré cela, lorsque le gros de l'armée a déjà quitté le nid pillé, on voit encore … quelques amazones se jeter en désespérées au milieu des rufibarbis, rentrer même dans le … nid, et arriver quelquefois encore par un prodige d'adresse à emporter quelques cocons. | Beaucoup d'autres, renonçant au butin, s'occupent à délivrer celles de leurs compagnes qui sont prises par les rufibarbis. Mais au bout de dix minutes à partir du départ de la

tête de l'armée, toutes les amazones ont abandonné le nid pillé, Les rufibarbis poursuivent 4 É

par centaines l'armée amazone jusqu'à mi-chemin des deux nids ; si elles ne peuvent aller plus loin, c'est parce que leurs ennemies courant plus vite qu'elles les devancent peu à peu. Les amazones rentrées chez elles y introduisent leur butin et ne ressortent plus. Les rufibarbis rentrent aussi dans leur nid avec les cocons sauvés du pillage. Un assez grand nombre d'entre elles ont péri, mais c'est fort loin d'être un carnage comme celui dont parle Ebrard (1 c. p. 17). Le lendemain à la même heure, les mêmes amazones nee de nouveau cette fourmilière rufibarbis.

13. Une autre fois, les rufescens de la fourmilière dont nous venons de parler partirent dans la direction de la route et traversèrent celle-ci, Je vis à mon grand étonnement quelques femelles de leur espèce parmi elles, les unes ailées, les autres n'ayant qu'une aile, cu entièrement aptères, Ces © couraient au milieu des 5, en suivant tous les mouvements de l'armée, mais elles s'arrêtaient souvent et marchaient un peu moins vite que les ©, ce qui fit que peu à peu elles se trouvèrent à la queue. Elles se brossaient souvent les antennes et les pattes de derrière avec leurs éperons, comme les ?, À ce propos, je » ferai remarquer que les $ amazones se brossent constamment pendant leur marche. Elles ” s'arrêtent un instant, en se suspendant souvent par deux pattes du même côté à un brin d'herbe, et brossent avec une rapidité fiévreuse leurs deux pattes postérieures du côté opposé : ainsi que leur abdomen avec l'éperon de la patte antérieure correspondante, Cela ne dure

après de l'autre côté, Elles brossent aussi de temps en temps leurs antennes. Si l'on suit une seule © pendant un moment, on sera étonné de la fréquence de cet acte et de la rapidité avec laquelle il s'éxécute. Les autres espèces de fourmis font la même opération plus lentement, moins souvent, et brossent surtout leurs antennes, De l'autre côté de la . route que traversait notre armée était une haie très épaisse où elle s'engagea. Arrivée . au-delà de cette haie, elle entra dans un pré, s'arrêta un instant sur le dôme d'un nid de. |

que cinq ou six secondes ; puis elles se remettent en marche pour recommencer bientôt 4

L. niger qu'elle examina, puis continua son chemin en faisant des détours, des zigzags et des arrêts nombreux. Après avoir cherché en vain, les amazones revinrent à vide et en désordre chez elles, les unes s'étant découragées avant les autres qui ne retournaient que peu | à peu. Cela dérouta complètement les © qui restèrent éparses sur le trajet de l'armée et. ne surent pas rentrer au nid, où j'en rapportai quelques-unes qui erraient à l'aventure sut la route longtemps après le retour des &, ;

Le lendemain l'armée repartit dans la même direction accompagnée encore de 7 à 8 femelles. Arrivée sur le nid des L. niger, elle s'arrêta un instant, puis partit dans un sens formant un angle avec le trajet qu'elle venait de parcourir, ne fit qu'une ou deux courtes haltes, avançant toujours en ligne droite, et vint tomber sur une très grande fourmilière de rufibarbis à 50 pas de son nid. La mêlée fut encore beaucoup plus violente . que dans le cas précédent, mais le nid des rufibarbis percé de plus de huit grosses

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- ouvertures fut entièrement ‘envahi. Au moment où l'armée était dans le nid et où le dôme couvert de milliers de rufibarbis ne voyait plus arriver que quelques retardataires amazones, trois ou quatre © qui avaient pu suivre l'armée jusque là y arrivèrent aussi. Je ne sais si elles s'attendaient à cette surprise, mais le fait est qu'elles n'essayèrent … pas d'entrer dans le nid, et se mirent à se battre avec fureur contre les rufibarbis ; leur - forte taille leur donnait un grand avantage et elles tuaient beaucoup d'ennemis, mais F aucune d'elles ne chercha à prendre un cocon, pas même ceux que je leur présentai ‘4 au bout d'un fétu. L'armée ressortit chargée de butin presque aussitôt après être entrée, . mais les rufibarbis étaient si nombreuses qu'elles se jetèrent déjà sur les premières ama- . zones qui repartirent. Celles-ci ne purent s'enfuir qu'avec peine, poursuivies par une … armée de rufibarbis au moins double de la leur, Beaucoup durent abandonner leurs cocons … et protéger leurs compagnes chargées. Quelques-unes eurent la hardiesse de rentrer dans . le nid et purent encore enlever quelques nymphes. Mais une foule d'entre elles restèrent . ocupées à guerroyer avec les rufibarbis en protégeant la queue de l'armée. Les femelles » n'eurent pas l'idée de revenir avec les © et restèrent sur le dôme, luttant chacune contre une nuée d'ennemis ; je finis par les délivrer et les rapporter chez elles. Beaucoup de rufibarbis, et un nombre assez notable d'amazones périrent, Le lendemain, une seconde expédition se dirigea sur cette même fourmilière, et présenta les mêmes incidents.

14, Une autre grande fourmilière amazone-rufibarbis avait son nid entièrement miné . dans le gazon, au bord d'un sentier, et s'ouvrant à la surface par plus de vingt trous. Son armée, de force moyenne, partit un après-midi en descendant le sentier, Elle parcourut ainsi l'espace de 15 de mes pas et arriva à un endroit où le sentier faisait un contour et était bordé d'une lisière de gazon très épais: Elle s'engagea alors dans ce “ gazon, et s'y arrêta un instant, Une tête se forma bientôt et s'avança en suivant cette lisière, Mais presque aussitôt une seconde tête plus forte se forma au centre de l'armée

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… fazon, la première tête ne s'en aperçut pas et continua son chemin, forte seulement d'une

… soixantaine de fourmis. Je suivis les deux troupes aïnsi formées en allant de l'une à 4 l'autre et en posant un objet par terre pour retrouver celle que je quittais. La grosse

naire, non sans une vive résistance et non sans être poursuivie à son retour, Pendant ce temps la petite troupe continuait sa marche avec une rapidité folle sans paraître s'apercevoir de sa défectuosité, Une ou deux fois la tête envoya des émissaires en arrière en assez pe nombre, lesquels ne trouvèrent que quelques fourmis à avertir; malgré cela elle » continua à marcher après s'être engagée dans le même pré que le gros de l'armée, mais Bi mètres plus loin. Enfin je vis au-devant de cette petite troupe un énorme nid de D ibarbis sur lequel elle marchait en droîte ligne, Arrivées aux portes de leurs ennemies, - les amazones s'arrêtèrent hésitantes et se rassemblèrent. Les rufibarbis s'en étant aussitôt

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1 | ” aperçues sortirent par centaines, Mais l'hésitation ne fut que de quelques secondes et je

» vis cette poignée de moins de cent fourmis s'élancer au milieu d'ennemis presque aussi - gros qu'elles et au nombre de plusieurs milliers. Je ne fus pas souvent témoin d'un spectacle

. plus étonnant, malgré sa petitesse, Les amazones disparurent littéralement sous le nombre 4 de celles qu'elles attaquaient avec cette audace sans exemple, J'en vis pourtant plusieurs

. qu'elle entraîna dans le pré à droite du sentier. Grâce probablement à l'épaisseur du:

{troupe ne tarda pas à trouver une forte fourmilière rufibarbis qu'elle pilla comme à l'ordi-

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entrer dans le nid ennemi au milieu des colonnes noirâtres qui ‘en sortaient. Les rufibarbis

n'empcrtèrent que quelques nymphes hors de leur demeure et les y réintégrèrent presque aussitôt, voyant la faiblesse de leur ennemi. Au bout d'un instant, je vis pourtant ressortir çà et là une amazone emportant un cocon et fuyant à toute vitesse au milieu des rufibarbis. La retraite de cette petite troupe de pillards ne montra que les scènes qui se passent à l'ordinaire lorsque les dernières amazones d'une armée quittent un nid pillé. Les P. rufescens ressortirent tous un à un, mais un tiers d'entre eux à peine purent emporter quelque chose. Ils n'auraient rien emporté du tout si les rufibarbis eussent su où les poursuivre, maïs comme ils sortaient égrenés, à un décimètre l'un de l'autre, les habitants du nid couraient furieux de tous les côtés sans savoir où aller. Les amazones ne furent pas poursuivies par les rufibarbis à plus de deux ou trois décimètres. Chose curieuse, les rufibarbis ne firent que deux ou trois amazones prisonnières ; peut-être y en eut-il un plus grand nombre de tuées à l'intérieur du nid. Je dois dire qu'au premier moment j'avais cru que pas une ne ressortirait. Cependant les premières amazones de cette petite bande rejoignirent à leur retour la queue de la grosse troupe qui revenait chargée de butin, et toutes ensemble rentrèrent chez elles pour n'en plus ressortir, Le lendemain, l'armée partit dans la même direction, mais cette fois arrivée à la lisière de gazon, elle ne se divisa pas, et alla tout entière piller la fourmilière assaillie la veille par la grande troupe, Le surlendemain elle fit de même. Je ne la vis jamais retourner à l'autre fourmilière.

15. Dans une autre expédition, les mêmes amazones arrivées à 40 pas de leur nid s'arrêtèrent dans une indécision complète, et après avoir cherché dans toutes les directions elle se mirent à revenir sur leurs pas. À ce moment je découvris à deux mètres d'elles, mais dans une direction autre que celle qu'elles suivaient, un nid de F. rufibarbis, probablement celui qu'elles cherchaient, J'en enlevai une partie et je semaï la! terre et les cocons vers les amazones. Celles qui s'en aperçurent se jetèrent parmi les autres, et le signal fut donné en quelques secondes à tout le gros de l'armée qui retournait déjà sur ses pas, et qui fit alors de nouveau volte-face pour piller ce qui se trouvait là. Mais il n’y eut pas de quoi charger la sixième partie des amazones. Les autres cherchaïent en tâtant le terrain le nid qu'elles supposaient être sous terre à l'endroit même. Quelques-unes d'entre elles s'étant aventurées plus loin découvrirent le véritable nid à demi démoli par moi. Aussitôt un nouveau signal fut donné et toutes les amazones non chargées s'élancèrent dans cette direction, tandis que les autres retournaient chez elles. Le nid fut envahi malgré la résistance des habitants. Je croyais en avoir enlevé la plus grande partie, et je fus fort étonné de voir revenir toutes les amazones chargées de cocons. Les deux troupes rentrèrent l'une après l’autre chez elles.

16. Une autre fois des amazones firent un long arrêt pendant une expédition, Enfin

l'armée revint sur ses pas, Elle était déjà occupée à retourner en longue ligne, lorsque les dernières restées retrouvèrent le bon chemin et donnèrent le signal. Mais les trois quarts de l'armée seulement firent volte-face ; l'autre quart, déjà trop loin, revint à vide dans le nid.

17. Des amazones-rufibarbis partent à 3 {2 heures de leur nid. Arrivées à dix pas de distance, elles s'arrêtent ; une partie de l'armée revient au nid, tandis que l'autre reprend sa marche. Cette dernière ne va pas bien loin, s'arrête de nouveau, cherche son chemin,

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e puis revient à son tour. Arrivée sur le dôme du nid, elle trouve la moitié qui était revenue d'abord partant dans une autre direction, et se met à sa suite. Après plusieurs arrêts, l'armée avance encore jusqu'à quinze pas de chez elle, puis décrivant sans s'arrêter de

nouveau une gracieuse courbe, elle rentre au nid par un autre chemin sans avoir cherché de fourmilière rufibarbis. On eût dit une promenade. C'est un cas où probablement une partie des amazones avaient en vue une certaine fourmilière, d'autres une autre, et où d'autres encore avaient envie de rester chez elles, Je crois ces cas plus fréquents qu'on ne le pense.

18. Je vis une petite fourmilière amazone qui avait l'air d'être naissante. Elle avait ‘une armée très peu nombreuse (de 150 fourmis peut-être) et n'attaquait que de très petites fourmilières rufibarbis situées à peu de distance de chez elle. Dans son nid se trouvait un nombre proportionnel d'esclaves, L'année d'après elle avait beaucoup augmenté.

19. J'assistai à la fin de trois fourmilières amazones-fusca. Je vis leur armée diminuer d'année en année, puis enfin cesser d'être. Je ne trouvai alors plus dans le nid que des fusca Ÿ avec quelques « rufescens. La distance énorme à laquelle les amazones devaient aller pour trouver des fusca me parut être dans un des cas la cause de cette fin, maïs je ne m'explique pas les deux autres.

20. Les amazones-rufibarbis attaquent aussi les habitants de petits nids à peu près souterrains, ou du moins qu'on n'aperçoit que lorsque l'assaut a commencé, ce qui n'empêche pas les rufibarbis de sortir aussitôt en masse avec leurs nymphes, et de poursuivre ensuite l'armée à son retour. Quoi qu'il en soit, un fait positif est que ces fourmilières à nids souterrains, soit fusca, soit rufibarbis, sont les seules qui persistent à subsister à de petites distances d'une fourmilière amazone (5 à 15 pas). Mais il s'en trouve aussi à de grandes distances, et même dans des contrées où il n'y a pas d'amazones, |

21. C'est aux baïns de Lavey près du Rhône, .que je vis la plus grande et la plus audacieuse fourmilière amazone. Elle se trouvait séparée de la route par une petite fontaine, entourée d'arbres et dont le bassin était enfoncé en terre. Un paysan s'amusa un jour à inonder la tête de l'armée qui partait en bouchant le conduit de sortie de la fontaine, ce qui fit couler l'eau du bassin sur le gazon ras. Cela n'arrêta pas les amazones qui passèrent

toutes lentement, en se cramponnant aux herbes et au bord du bassin de la fontaine avec.

leurs pattes ; celles qui furent entraînées par l'eau se raccrochèrent plus loin et recommencèrent. Toute l'armée arriva ensuite, sauf une quarantaine de 8 qui s'étaient noyées, à la route où un vent violent soulevait des flots de poussière, et où les baigneurs allaient et venaient, Les amazones se mirent à la traverser sans hésiter, maïs elles n'avançaient qu'une patte après l'autre, pour ne pas être emportées par le vent. Malgré cela, elles n'étaient pas au milieu de la route, que déjà la moitié d'entre elles, entraînées en dépit de tous leurs efforts, se trouvaient à dix ou quinze pas des autres, et remontaient péniblement contre le vent, toutes couvertes de poussière. Cependant une petite partie de l'armée arriva de l'autre côté de la route pour tomber sur une grosse fourmilière rufibarbis qui se trouvait précisément là. Elle l'envahit sans attendre les autres qui n'arrivèrent que peu à peu ou pas du tout, puis revint, sans être poursuivie cette fois, et chargée de butin, Le vent entraîna de nouveau les fourmis qui portaient des cocons à de grandes distances sur la route, mais elles ne lâchèrent pas prise pour cela et arrivèrent la plupart à la dérive de l'autre côté,

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puis remontèrent dans le gazon pour rejoindre le bon chemin. Elles étaient toutes grises de poussière, mais le bain qu'elles prirent en traversant de nouveau l'eau (qui coulait toujours, car je n'avais pu l'arrêter complètement) se chargea de les nettoyer, J'en voyais qui étaient tombées dans le bassin de la fontaine, lequel se trouvait au ras de la terre et débordait ; elles ne lâchaïent pas leurs cocons et se débattaient avec leurs pattes. Si l'eau les poussait

au bord, elles se hâtaient de s'y accrocher et de reprendre leur marche avec leur fardeau.

Elles arrivèrent ainsi chez elles non sans peine. Mais le plus fort est qu'elles repartirent aussitôt dans la même direction et retournèrent piller la même fourmilière avec les mêmes péripéties. [Il en mourut certainement une foule, maïs cette armée ne formait qu'une petite partie des amazones de la fourmilière. En effet, le lendemain je versai à côté de leur nid un gros sac de F. pratensis. Ces nouvelles venues furent aussitôt culbutées, et leur tas fut couvert en un instant d'amazones beaucoup plus nombreuses que la veille,

22. Des amazones-rufibarbis couvraient leur nid le 18 août 1867 à 4 12 heures, sans pouvoir se décider à partir dans une direction déterminée, Enfin tout à coup il se forme en même temps deux têtes de même force qui partent chacune dans une direction différente. L'armée se divise ainsi en deux corps égaux. Le premier, arrivé à 24 pas du nid, attaque une petite fourmilière rufibarbis, revient bien chargé et repart aussitôt pour le nid pillé. Les premières amazones de ce corps, de retour chez elles, étant reparties sans attendre l'arrivée

des autres, l'armée marche cette fois à la débandade. Une tête très faible arrive vers les’

rufibarbis qui, n'étant pas encore revenues de leur poursuite de la première incursion, font aussitôt volte-face, et s'emparent des premières amazones avant l'arrivée des autres. Les amazones qui suivaient, voyant cela, s'arrêtent et attendent le reste de l'armée qui, une fois en force, délivre les prisonnières, bouscule les rufibarbis et se charge de nouveau de cocons, À ce moment, l'autre corps d'armée arrivé à 70 pas du nid n'avait pas encore trouvé de fourmilière rufibarbis ; il s'arrêta alors et se mit à chercher ; il commençait déjà à rebrousser chemin, lorsque les amaäzones découvrirent un nid souterrain renfermant une fourmilière rufibarbis assez forte qui leur fournit un ample butin après un vif combat,

23. Des amazones-fusca quittent leur nid et traversent à l'ombre un taillis large de 20 pas. Arrivées dans un pré de l'autre côté, elles passent à six décimètres d'un nid de F. rufa, s'arrêtent un moment à cette place et cherchent, puis continuent, puis s'arrêtent de nouveau, cette fois plus longtemps, en tâtant le terrain ; puis elles cherchent à entrer dans une touffe de mousse. Cependant un autre beau nid de fusca est à 5 décimètres audevant d'elles, Il paraît que quelques-unes peuvent entrer dans un petit nid souterrain situé dans cette touffe de mousse, car quatre ou cinq ressortent avec des nymphes ; maïs

pendant ce temps quelques-unes découvrent le nid situé en avant, et viennent appeler le

gros de l'armée qui va aussitôt le piller.

24, Quelques jours après les amazones de la même fourmilière étaient perchées en masse sur les brins d'herbe qui couvraient leur dôme, immobiles, se chauffant au soleil ; c'était le 12 août. Bientôt, à un signal donné, toutes se mirent en marche. Quelques-unes, perchées trop haut, ne reçurent pas le signal et restèrent un moment encore immobiles, mais bientôt elles parurent voir le mouvement, car elles descendirent, L'armée suivit le même chemin que la dernière fois. Je m'étais muni d'un sac rempli de F. sanguinea et d'un autre rempli de F, pratensis. Arrivées de l'autre côté du taillis, les amazones prirent la

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direction du nid qu'elles avaient évité la première fois. Je fis une brèche à celui-ci et je posai mes sanguinea à côté, Celles-ci se répandirent aussitôt de toute part et entrèrent dans le nid des fusca qui sortirent pour se défendre. À ce moment arrivent les premières amazones, Voyant des sanguinea, elles reculent et attendent le gros de l'armée qui a l'air agitée ; mais une fois réunies en un amas, les amazones fondent sur les sanguinea avec un élan remarquable, Celles-ci retranchées derrière deux touffes d'herbe repoussent un premier assaut par leur force et leur adresse, mais les amazones serrent leurs rangs et en font un second plus violent qui les amène sur le dôme au milieu des sanguinea. Ce combat fut d'une vivacité remarquable, mais les sanguinea ne tinrent pas plus de deux minutes. Les pratensis de mon sac, vidées à ce moment, furent aussitôt culbutées par les amazones. Après ce double exploit l'armée rufescens resta un instant sur le dôme des fusca et sur les deux tas ennemis, puis elle envahit le nid des premières, et retourna chez elle avec un butin peu considérable, pendant que les pratensis et les sanguinea fuyaient de tout côté avec leurs cocons. Pas une amazone n'avait péri, mais en revanche beaucoup de fusca, sanguinea et pratensis, car un certain nombre d'amazones, folles de colère, ne retournèrent pas avec l'armée, maïs s'acharnèrent à tuer des fourmis de ces trois espèces, Cet état de rage folle est très fréquent chez les amazones qui ont combattu un peu longtemps. Elles mordent alors tout ce qu'elles voient, des cocons, des morceaux de bois même ; je les ai vues tuer des fusca leurs esclaves qui cherchaïent à les calmer ; je les ai aussi vues se mordre

entre elles. Leurs esclaves, lorsqu'elles sont là, arrivent cependant le plus souvent à les

calmer, Les amazones ainsi furieuses ne savent plus retrouver leur chemin. Cependant elles se tranquillisent d'elles-mêmes peu à peu, et après être parties, puis revenues maïntes fois sur le lieu du combat, elles finissent par reprendre le chemin du logis qu'elles reconnaissent alors.

25. Le 5 septembre 1867, année froide, les amazones de la fourmilière précédente

étaient de nouveau perchées en masse sur les brins d'herbes et immobiles, L'après-midi

était fraîche, la bise soufflait, et je ne croyais pas à la possibilité d'une expédition. Cependant, tout à coup, peu avant 5 heures, quelques amazones descendirent de leurs herbes et se mirent à donner l'impulsion du départ. Maïs le mouvement fut d'une mollesse extrême, et je fus étonné de voir une tête d'armée quitter le nid, Un cinquième à peine des amazones réunies sur le dôme se décidèrent à suivre cette tentative hardie ; beaucoup n'allèrent que

- Jentement et quelques-unes revinrent sur leurs pas. Cette troupe s'avança jusqu'à 20 pas

du nid et vint tomber dans l'ombre d'un cerisier ; le manque de soleil ralentit aussitôt la marche des amazones : cela augmenta graduellement, et l'armée finit par s'arrêter tout entière, comme engourdie. La queue avait rejoint la tête, et cette troupe de fourmis resta pendant cinq minutes dans l'immobilité la plus complète, comme dans un cas cité plus haut (VIII, 8). Alors seulement quelques amazones se mirent lentement en mouvement, et toute l’armée rentra chez elle non sans peine, car le soleil était presque couché, et il faisait

froid quand elle arriva.

26. Le 13 août 1871, les amazones-rufibarbis d'une fourmilière située au milieu d'un pré partirent à 3 heures de l'après-midi, après avoir beaucoup couru sur leur dôme et aux

alentours. Elles s'avancèrent dans un champ de luzerne, s'arrêtant et changeant de direction

à chaque instant, ce qui fit qu'en somme elles conservèrent la première, Je remarquai que

les arrêts avaient lieu lorsque les ® de la tête, indécises, retournaient en arrière où s'éparpillaient. Mais souvent ce fait n'avait pas pour suite un arrêt proprement dit parce que le gros de l'armée (quelquefois seulement la queue de l'armée), arrivé en cet endroit, continuait en avant sans s'arrêter, devenant ainsi tête à son tour. Quelquefois cette nouvelle tête s'éparpillait bientôt derechef, et le nouveau gros de l'armée prenait à son tour la direction, de-sorte que l'ensemble de ce curieux manège produisait un ralentissement général et donnait à l'armée un aspect hésitant et l'air de se replier continuellement sur elle-même. Lorsqu'elle eut traversé le champ de luzerne, la horde, jusqu'alors hésitante, s'élança en ligne droite avec une rapidité surprenante dans un pré naturel, Je mesurai la vitesse de cette marche de l'armée dans son ensemble en mettant un bâton long de 1,8 mètre dans la direction qu'elle allait suivre, à côté d'elle, un de ses bouts situé au niveau de la tête de la troupe ; en même temps je regardais à ma montre, Je répétai trois fois le calcul et trouvai cet espace parcouru deux fois en 60 secondes (ce qui fait un mètre en 33 !; secondes) et une fois en 70 secondes, Cela fait trois centimètres par seconde. Il y eut enccre deux grands arrêts d'indécision dans ce pré ; chaque fois il se forma en même temps deux têtes, l'une dans la direction sud-ouest, l'autre dans la direction nord-ouest ; chaque fois cette dernière, plus puissante, l'emporta, et l'autre dut revenir sur ses pas, quoique une fois il y eût presque scission de l'armée en deux. Arrivées à 56 pas de leur nid, .les amazones tombèrent sur une fourmilière rufibarbis de moyenne grandeur. À son retour, l'armée fut poursuivie par, les rufibarbis jusqu'à 16 pas du nid pillé. Elle arriva à 4 % heures chez elle : elle avait donc parcouru en moyenne un mètre par minute, à peine ; la différence entre ce résultat et celui du calcul précédent vient des nombreux arrêts et du combat avec les .rufibarbis, puis du fait que le retour est plus lent à cause de la charge. La tête de l'armée repartit dans la même direction, peu après son retour, lorsqu'elle eut emmagasiné elle-même les cocons pillés ; mais les amazones répandues sur le dôme ne voulurent pas la suivre en nombre suffisant malgré les émissaires qu'elle envoyait en masse en arrière, de sorte qu'arrivée à deux mètres du nid seulement elle dut rebrousser chemin.

27. Quelques jours après je vis les mêmes amazones rentrer chez elles chargées de cocons à 51% heures, arrosées par une pluie d'orage qui durait depuis cinq minutes (Ebrard prétend que les fourmis prévoient toujours la pluie).

28. Le 9 septembre 1871, jour très chaud, les mêmes amazones partent à 2 14 heures,

marchent en faisant beaucoup d'arrêts, et finissent par faire presque un angle droit avec P P P

leur première direction ; dès lors elles courent vite et en ligne droite, À 37 pas de leur nid elles pillent une petite fourmilière rufibarbis cachée dans un nid souterrain, C'est l'expédition la plus tardive que j'aie vue.

29. J'avais mis un jour quelques £ amazones vers une fourmilière Messor structor. Les grosses 8 de cette espèce étaient seules à se défendre, et les rufescens cherchaient en

vain à percer leurs têtes qui étaient trop dures. Je vis cependant une amazone qui avait .

enfoncé l'une de ses mandibules dans la bouche même d'un énorme Messor et qui l'y plongeait et replongeait dans tous les sens en s'appuyant sur l'autre. Elle finit par lâcher

prise. Le Messor continua à courir avec les mandibules ouvertes ; mais en l'observant je remarquai qu'il ne les refermait jamais. Je le pris alors et vis qu'il ne pouvait plus mordre :

ses mandibules ballottaient et se laissaient mouvoir sans offrir la moindre résistance. Il fallait

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que les nerfs mandibulaires eussent été lésés par ue je ne puis me l'expliquer autrement,

30. Je mis souvent des pratensis et des sanguinea non loin de fourmilières amazones : Si les esclaves étaient des rufibarbis, c'étaient elles qui attaquaient d'abord ; si c'étaient des fusca, quelques-unes d'entre elles allaient avertir les amazones qui sortaient seules. Ces dernières arrivaient d'abord une à une et se jetaient aussitôt individuellement au milieu de l'ennemi ; puis il en venait toujours plus, et il suffisait le plus souvent d'une vingtaine pour

mettre en déroute un nombre d'ennemis cinquante fois plus grand, car ceux-ci étaient

effrayés par cette audacieuse attaque. Cependant les pratensis saisissaient souvent les

rufescens par le thcrax, les inondaient de venin et les tuaient. Les amazones combattaient toujours en perçant ou en cherchant à percer la tête de leur ennemi, ce qui leur était très difficile pour les grosses 8 pratensis. Elles tuaient aussi beaucoup de nymphes en les transperçant, mais je leur en vis quelquefois porter avec soin un certain nombre dans leur

nid. Les esclaves rufibarbis prenaient toujours une part active au combat, les fusca presque

jamais, Une fois, comme une armée rentrait d'une ex édition chargée de cocons et les ] n

déposait pour repartir, je mis un gros sac de pratensis avec beaucoup de cocons à plus d'un mètre du nid, dans la direction d'où venait l'armée. Cette fois il suffit de trois minutes pour

rassembler toute l'armée qui culbuta les pratensis en un instant, envahit leur tas et se

chargea de cocons qu'elle rapporta dans le nid ; seulement un petit nombre d'amazones se mirent à en mordre quelques-uns. Vu la courte distance, il se forma une chaîne d'amazones

“allant chercher des cocons et revenant chargées. Peu à peu, cependant, les esclaves rufibarbis

s'en mêlèrent, et les amazones leur laissèrent piller le reste du tas. Un fait remarquable s'observe chaque fois que l'on verse un sac de fourmis {fusca, rufibarbis, sanguinea, pratensis, peu importe) avec leurs cocons devant des P. rufescens. Ceux-ci, après s'être élancés sur les matériaux entassés parmi lesquels gisent pêle-mêle cocons, larves et fourmis, s'imaginent probablement que c'est le dôme d'un nid, car ils cherchent partout une ouverture qui leur permette d'entrer sous terre, À cet effet, les uns, déblaient la terre du tas, tandis

que les autres fouillent le terrain et les touffes d'herbe avoisinantes, cherchant en vain une

entrée, La persévérance qu'ils mettent à ce travail est parfois inouïe, et telle qu'ils négligent souvent presque complètement de prendre les cocons qui gisent épars à la surface, qui sont tout à leur portée, et qui suffiraient à les charger tous. Ceux qui sont enfin découragés finissent le plus souvent par rentrer à vide ; parfois ils savent prendre les cocons qui gisent à côté d'eux ; mais la plupart de ceux-ci restent ordinairement abandonnés. Je n'ai trouvé

. chez aucune autre fourmi un instinct aussi aveugle et un pareil manque de perspicacité, Les

sanguinea pillent tout de fond en comble en pareil cas. J'ai donné très souvent de cette manière des cocons de F. pratensis et de F. sanguinea à des fourmilières amazones, maïs jamais ils ne furent élevés ; les rufibarbis ou les fusca les mangèrent toujours. Je n'ai vu que deux fourmilières amazones avoir à la fois des esclaves fusca et rufibarbis. L'une était

artificielle (ancien appareil) et l'autre naturelle. Cette dernière attaquait à l'ordinaire des

fourmilières rufibarbis, mais je constatai aussi une expédition qu'elle fit sur une fourmilière fusca. 31. Je fis une fois l'essai de prendre une armée amazone en marche et de l'enfermer

dans un appareil avec des fusca d'une fourmilière ordinaire. J'avais pris pour cela un sac

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