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nombre de larves allongées, annelées, et à six pattes écailleuses, prises dans une fourmilière
rufa, et dont je parlerai dans les Myrmécophiles (XXXV). Elles les prirent aussitôt et les soignèrent comme les leurs. Ces larves se montrèrent très vives, se glissant ou courant dans tous les coins ; les fourmis furent fort dcuces avec elles et les mirent avec leurs propres larves, dans les mêmes cases, Une ? sanguinea dégorgea sous mes yeux de la miellée à une de ces larves à six pattes. Une seconde ponte d'œufs avait été faite par mes sanguinea (® ?) dans l'appareil et, vers le 15 juin, autant que je pus les reconnaître, ces larves étaient devenues grosses et commençaient à filer leurs cocons. Elles étaient évidemment ou ©, vu leur taille. Le 19 juin, beaucoup de © rufa, tirées de leurs cocons, étaient écloses et couraient en bonne intelligence avec les sanguinea. Quelques « et © sanguinea (probablement scitis des cocons de celles du Zurichberg) étaient éclos ; les $ avaient ouvert leurs cocons et aidé les nymphes à se débarrasser de leur peau aussitôt après. Il n'y avait pas de nymphes nues © où «, mais beaucoup de nymphes nues $. Par contre les cocons de L. niger et L. flavus ©, 8 et (, ainsi que ceux de F. rufa, fusca et cinerea © et S' étaient déchirés et la nymphe toujours impitoyablement tuée. Une © fusca qu'on avait laissé éclore après avoir déchiré sa coque fut tuée sous mes yeux par des Ÿ sanguinea. Ces fourmis étaient denc assez intelligentes pour laisser éclore des © d'autres espèces, tandis qu'elles tuaient les © et les « (comparer avec VI, 4), Comment font-elles la différence ? Le 25 juin, je vis deux nymphes nues de « sanguinea ; les «j et les © sanguinea ainsi que les © rufa avaient augmenté en nombre, Les larves à six pattes se
portaient toujours bien, mais je n'en vis pas de transformée en nymphes. Le 28
juin je dcnnai des larves et des cocons ©, « et & de L. fuliginosus à mes sanguinea. Le 29 juin les deux nymphes nues « sanguinea étaient devenues foncées ; les © n'avaient pas ouvert les cocons, sinon pour faire éclore la nymphe (ou la tuer) aussitôt après. Le 2 juillet les « sanguinea étaient éclos en masse. Je crus aussi remarquer des ® cinerea. Le nombre des cocons avait sensiblement diminué. Te 9 juillet des centaines de cd encombraient l'appareil. Il était urgent de leur fournir une issue pour les laisser s'envoler, À cet effet, je fis une île en toile métallique au milieu d'un bassin d'eau, et je la mis en communication avec l'appareil par un long tube de caoutchouc qui passait sous l'eau et s'ouvrait au milieu de l'île. Les 8 sanguinea arrivèrent bientôt en foule sur Jeur nouveau domaine, mcntrant un calme, une tranquillité qu'elles n'avaient point lorsque je les établis le 18 avril; elles se laissaient observer sans paraître effrayées, quoiqu'il fit beaucoup plus chaud qu'alors. J'avais mis du miel sur l'île; elles n'y touchèrent presque pas pendant la journée. Aucun ni aucune © ne sortirent. À la tombée de la nuit, la scène changea. Les © arrivèrent en quantité, mais cette fois elles se mirent en foule à manger du miel; des fusca Ÿ arrivèrent aussi pour en faire autant. Par contre, le soir comme le jour, elles méprisèrent les mouches que je leur donnai. Il était curieux de voir combien la nuit, car à 11 heures du soir cela ne faisait qu'augmenter, l'activité de ces fourmis était plus grande, et surtout plus utile que le jour, pendant lequel elles avaient l'air de courir sans but,
J'ai refait dès lors souvent cette cbservation, soit sur des fourmilières élevées en appareil, scit aussi dehors, sur des fourmilières libres. Leur allure de nuit était toujours très particulière, lente et régulière, tandis que de jour elle était brusque et saccadée, Je crois
que cette différence tient à ce que les yeux sont assez développés dans le genre Formica. Le lendemain matin, la scène avait de nouveau changé, Cette fois je trouvai une quantité de © et quelques ®, tous de sanguinea, qui couraient sur l'île: plusieurs étaient tombés dans l'eau, L'animation augmenta de plus en plus, et les © prirent d'abord leur vol après avoir battu un moment des aïles. Je coupai les ailes à quelques © et «, puis je les remis sur l’île, Je ne vis aucun accouplement. Dès lors les « et les © sortirent tous les matins dès le point du jour ; les plus avancés prenaient leur essor, les autres rentraient tous avant midi dans l'appareil. Quelques sanguinea $ étrangères que je mis … sur l'île furent en partie tuées, mais il me sembla qu'un certain nombre d'entre elles Ë cbtinrent grâce, après avoir été quelque peu titaillées. Le 14 juillet je remarquai que È beaucoup de nouveaux C très petits étaient éclos dans l'appareil, maïs ils ne sortaient “ pas encore, Les rufa ® vinrent aussi sur l'île, Le 15 juillet j'ôtai l'île, les n'y venant 1 presque plus, et les © étant parties, sauf celles auxquelles j'avais coupé les ailes. Quelques | cecons que je découvris dans le tube en l'enlevañt se trouvaient être de sanguinea (, : cinerea ? et rufa %, du moins très probablement, Je n'aperçus plus dans l'appareil de -. larves à six pattes ; je ne sais ce qu'elles étaient devenues, et je n'en revis plus dès lors. Ayant ouvert un des volets et exposé ainsi une moitié du nid de mes fourmis aux rayons directs du soleil sous le verre, je les vis toutes passer avec les coccns de l'autre côté de la feuille de fer blanc, sauf les F. rufa et pratensis qui restèrent tranquillement sous le 4 verre, Je vis. à plusieurs reprises des sanguinea arriver précipitamment et chercher à
entraîner des pratensis où des rufa de l'autre côté, mais celles-ci résistèrent. Chaque fois
…. que j'effrayais mes fourmis à travers le verre, je voyais les sanguinea et les fusca courir
dans tous les sens, tandis que les rufa et les pratensis restaient immobiles, maïs en! ouvrant les mandibules et en recourbant l'abdomen.
Le 23 juillet, les nouveaux (ÿ étaient en fcule dans la mangeoire, cherchant à sortir.
Je remis l'île, et ils prirent leur essor. J'en recueillis un certain nombre, choîïsissant les plus différents : tous étaient des F. sanguinea . Vu leur éclosion tardive et leur petitesse, j'étais persuadé qu'ils étaient le résultat des œufs pondus dans l'appareil (par des % sanguinea ?), mais la preuve positive manquait. Des © cinerea étaient écloses, mais les © et les « de tout ce qui n'était pas sanguinea étaient tués. Les ' auxquels j'avais coupé les ailes avaient péri le 31 juillet. Les © par contre étaient très vives et avaient * pris les allures des 5 sanguinea. Elles venaient dans la mangeoire lécher le miel. Je leur voyais aider les © à porter des cocons d'un côté de l'appareil dans l'autre lorsque le soleil était trop ardent. Je mis une fois une guêpe (vespa vulgaris) en parfaite santé dans la mangeoire, Quatre © sanguinea la saisirent à la fois par les pattes ; puis une © se jeta sur sa tête et l'inonda de venin en l'étreignant de toutes ses forces. Deux minutes après, la guêpe tomba sans mouvement, les pattes contractées ; elle était bien morte, car elle ne bougea plus. La © lâcha prise alors, boïtant un peu ; mais elle se remit au bout d'un instant. Quelques ® se chargèrent de dépecer la guêpe. Le 8 août je revins à Vaux
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naient des cinerea par les pattes, et quelques cinerea prenaient des rufa; cela durait assez longtemps, mais je ne voyais jamais d'efforts faits pour couper le membre saisi, Le
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avec mon appareil. Le 9 août j'y remarquai des tiraillements ; quelques sanguinea pre-
12 août je donnai des cocons À exsecta à mes sanguinea. Le 16 août quelques © exsecta
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étaient déjà écloses. Les tiraillements continuaient, mais toujours faiblement et sans suite fâcheuse, entre espèces différentes seulement. Je mis encore dans la mangeoïre des cocons 8 pressilabris, rufibarbis et P. rufescens ; puis quelques cocons ( rufescens. Le 19 août les tiraillements ne continuaient plus guère qu'entre F. sanguinea et-cinerea. À ce moment il y avait dans l'appareil des F. sanguinea, rufa, pratensis, exsecta, pressilabris, fusca, cinerea et rufibarbis ®, plus une # de P. rufescens, le tout vivant en bonne intelligence ; ‘il y avait aussi encore les © sanguinea sans aïles ; leur allure vive et leur petit abdomen témoignaient de leur virginité. Quelques jours après j'y vis un P. rufescens hermaphrodite, à demi © et à demi ( ; je le reconnus à travers le verre et je réussis à le prendre ; il est décrit ailleurs (Fig. 36). Maïs bientôt des «ÿ rufescens furent aussi tirés de leurs cocons ; les 8 des autres espèces les soignèrent sans leur faire de mal. Il m'est impossible de dire au juste quelles À les firent éclore, mais je crois que ce furent des F. exsecta ou fusca, car ces deux espèces étaient les plus actives dans ce genre d'ouvrage. Les sangunea $ étaient toujours en majorité dans l'appareil. Le 3 septembre, le nombre des © et « rufescens avait beaucoup augmenté, Je voyais les © des différentes espèces se dégorger mutuellement de la miellée. Les © exsecta et pressilabris se distingaient par leur activité et les soins qu'elles donnaient aux cocons, Le 23 septembre les tiraillements étaient rares et faibles, Je portai mon appareil dehors, devant une fourmilière rufibarbis. Un semblant d'attaque eut lieu, mais le froid la fit avorter. Deux © sanguinea s'en mêlèrent et vinrent assiéger une ouverture du nid des rufibarbis : l'une d'elles fut entraînée dans le nid ; l'autre tua deux © rufibarbis après les avoir entraînées hors de leur nid. Ces © étaient évidemment vierges ; leur courage et la petitesse de leur abdomen le montrait. Le 25 septembre je portai mon appareil de nouveau sur le gazon, cette fois pour donner la liberté aux fourmis. Comme elles ne voulurent pas en sortir pendant deux jours, je le démontai complètement en détruisant leurs cases et leurs galeries. Elles se décidèrent alors à s'établir aïlleurs, sous les feuilles
radicales d'une Salvia, endroit où se trouvait un trou de grillon, à un mètre et demi des
pièces disloquées de l'appareil. Le déménagement fut curieux à chserver. Toutes ces espèces différentes se portaient les unes les autres, sauf les amazones, qui se laïssaïent faire, maïs ne faisaient rien. L'intimité était complète ; les tiraillements avaient entièrement cessé dès la sortie de l'appareil. Un épisode mérite mention : une petite $ sanguinea voulait porter une $ rufescens dans le nouveau local. Celle-ci ne voulut pas s'enrouler. Alors la sanguinea la prit par une jambe et se mit à l'entraîner malgré sa résistance, Les © rufescens ne sachant pas s'accrocher avec leurs tarses aussi bien que les autres fourmis, la sanguinea avançait, qucique lentement. Elles parcoururent ainsi plusieurs décimètres, l'amazone résistant toujours, mais ne mordant pas. La sanguinea lâcha alcrs prise pour reconnaître son chemin en ‘cherchant à droite et à gauche. Pendant ce temps l'amazone courait de tout côté, ne sachant cù aller, quand vint à passer une © rufa qui voulut à son tour la prendre pour la porter au nouveau nid. Mais l'amazone lui résista aussi, et, comme les F. rufa (et leurs races) sont assez maladroites, celle-ci ne parvint pas à entraîner la rétive. La sanguinea arriva sur ces entrefaites, et frappa un instant la rufa de ses antennes, sur quoi celle-ci lâcha prise et s'en alla. La première porteuse reprit alors la jambe de l'amazone qui résistait toujours, et l'entraîna non sans peine jusque dans le trou de grillon ; elle avait employé plus: d'une demi-heure pour parcourir un mêtre et demi de cette manière. Un peu plus tard des rufa