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demi-heure, ma M. graminicola se portait aussi bien qu'en commençant : cela montre à quel point cette espèce est coriace.
2. Les deux nids de M. graminicola que j'ai trouvés étaient contigus, l'un à un nid de F. rufa et l'autre à un nid de Ponera coarctata C'étaient plus ou moins des nids doubles, surtout le second. Une autre fois je vis des © aïlées sortir de la fente d'un mur, mais
aucune © ne les accompagnait,
3. Une © que je trouvai occupée à lécher un chat en putréfaction me montra par là qu'elle ne dédaignait pas ce genre de nourriture, et se rapprochait en cela des Tapinoma et des Tetramorium,
f XIX Formicoxenus nitidulus
Cette espèce, qui n'est pas rare dans le nord de l'Europe, se trouve exclusivement dans les nids des F. rufa et pratensis. Fœrster, Nylander, Mayr, etc., en parlent et sont
tous d'accord sur ce fait. Mais aucun d'eux ne décrit son genre de vie d'une manière
qui puisse décider si elle est amie de ses hôtes, ou si elle en est ennemie comme le
S. fugax. En un mot, on ne saït pas si ces fourmis d'espèces différentes qu'on voit mêlées
en démelissant le nid sont là en nid double ou en fourmilière mixte. Cette question est
d'un grand intérêt ; le peu que j'ai pu voir parle pour un genre de vie intermédiaire,
fait qui s'expliquerait par la grande différence de taille entre le Formicoxenus et la F. rufa, dont en outre l'une est dans les Myrmicinae, tandis que l'autre est dans les Camponotinae.
Je ne crois pouvoir mieux rendre mon idée qu'en comparant la conduite des F. rufa envers les F. nitidulus avec celle des fourmis en général envers certains coléoptères myrmécophiles .
(voir ailleurs). Malheureusement je n'ai pu trouver le F. nitidulus qu'une seule fois, chez la F. rufa, et mes expériences sont fort incomplètes, Le o) du F. nitidulus est aptère (sans ailes) et ressemble extrêmement à une 8. ;
J'avais pris, le 1% août 1869, près de Zurich, une quantité de F. Léa dans une fourmilière qui contenait des intermédiaires entre © et © (pseudogynes), Je les avais mises dans un sac que je n'ouvris qu'à mon arrivée à Vaux, le 5 août, pour l'établir au pied d'un poirier. Là seulement je vis des F. nifidulus ? et © aptères qui couraient parmi les rufa, se glissant entre les morceaux de bois assez gros dont les débris du nid (qui était à moitié
dans un tronc pourri) se trouvaient composés. En examinant un de ces débris de bois avec . soin, je trouvai une petite case à à parois très minces, creusée dans le bois, et contenant un
paquet de larves extrêmement petites qui ne pouvaient, semblait-il, appartenir qu'aux Formicoxenus. Leur forme était fort différente de celle des jeunes larves de F. rufa sortant de l'œuf, et leur taille encore plus petite ; elles ressemblaient en tout point à celles des Leptothorax. De plus la case était trop petite pour prêter passage à une F. rufa Ÿ. Mais aucune fourmi ne surveillait ces larves (peut-être avais-je fait tomber les gardiennes).
Je pris ce que je pus attraper de Formicoxenus, c'est-à-dire près d'une trentaine, 5 et ©, et je les mis dans un bocal avec des F. pratensis © d'une fourmilière de Vaux. Les pratensis ne firent guère attention aux Formicoxenus ; deux ou trois fois cependant elles en
fois pour lâcher prise aussitôt après, Mais après avoir été ainsi malmenée pendant une
prirent un par le thorax et le serrèrent un instant entre leurs mandibules, maïs le Formicoxenus s'échappa chaque fois sans paraître avoir souffert. Je remarquai que les Formi-
coxenus © se conduisaient exactement comme des Ë ; les unes comme les autres couraïent
tcujcurs très rapidement, d'un air inquiet, passant entre les jambes des pratensis, et changeant à chaque instant de direction sans s'arrêter: Elles périrent presque toutes en quelques jours, mais sans que j'eusse pu remarquer de combat sérieux entre elles et les F, pratensis, sans qu'elles se fussent attachées aux pattes de ces dernières. Elles ne voulurent pas toucher aux petites larves dont j'ai parlé, et que je leur avais données.
Mes rufa, inquiétées par des L. niger, s'étant mises à déménager, je remarquai quelques Formicoxenus © et © qui se trouvaient sur le trajet de la migration, à une certaine
distance du tas où nid primitif. Elles étaient singulièrement agitées et accostaient toutes :
les $ rufa qui passaient, courant entre leurs jambes, les frappant de leurs antennes, et grimpant même sur leur dos. Les rufa avaient l'air de les ignorer complètement, et, sans leur faire de mal, ne répondaient point à leurs avances. Il ne restait presque plus de Formicoxenus sur le tas des rufa.
Le 10 août, après un temps de pluie, je retrouvai mes rufa établies à plus de trois mètres du poirier où elles étaient d'abord. Leur nombre avait fort diminué. Or je vis une 8 Formicoxenus parmi elles, et je constatai avec soin son identité. C'est une preuve évidente
que ces petites fourmis sont capables de suivre les F. rufa dans leurs migrations, malgré
la disproportion de taille,
Je mis enfin dans un bocal, avec des & rufa de la fourmilière de Zurich, une e Formicoxenus restée seule vivante de l'expérience avec les prafensis. Ces rufa ne lui-firent aucun mal ; une seule, d'entre elles la prit une fois un instant entre ses pinces, puis la telâcha aussitôt. Une fois le Formicoxenus rencontra une petite © rufa; elles sautèreni l'une au devant de l'autre deux ou trois fois, comme deux & de la même fourmilière qui se parlent, et elles ne se firent aucun mal. Le Formicoxenus couraïit au milieu des rufa et grimpait sur leur dos impunément, mais dans la règle les rufa ne faisaient aucune
attention à lui. Pour comparer, je mis 7 Tetramorium caespitum © dans le bocal ; aussitôt
ils se mirent à quereller les rufa et à prendre leurs pattes. Celles-ci, de leur côté, les mordirent avec colère chaque fois qu'elles les attrapèrent, et cela au point de les couper en deux, de sorte qu'au bout d'une demi-heure tous les sept étaient tués, tandis que le Formicoxenus courait toujours au milieu des rufa sans être maltraité,
Ce qu'il y a de plus caractéristique pour le F, nitidulus, c'est son allure rapide et son agitation perpétuelle, Il me paraît probable que c'est lui qui recherche les F. rufa et pratensis, tandis que celles-ci ne lui témoignent que de l'indifférence. Maïs je ne puis dire ni si il.se fait des cases à part, ni où il place ses larves.
P. S. (1919). Dans une fort intéressante étude {Biologische Zentralblatt, 1918, Bd XXXVIII, n° a page 160, 1er mai) M. Robert Stumper a prouvé que les Formicoxenus nitidulus infectent les fourmilières dés Formica rufa et pratensis à partir d'une fourmilière centrale, Celle-ci contient elle-même une foule de nids exigus de F. nitidulus, jusqu'à 11 dans un seul morceau de dix centimètres cubes de l'un des nids de la F. ruta. Ces petits nids sont situés de préférence dans la zone subpériphérique du nid de la Formica, soit entre les débris, soit dans une coquille vide d'escargot, soit sous l'écorce, soit enfin sculpté dans le bois, Ils com-
muniquent directement avec le nid des Formica qui, comme je l'avais déjà prouvé, sont entièrement indifférentes envers leurs petits hôtes,
Stumper a montré que les Formicoxenus laissent de côté les insectes morts et préfèrent la nourriture liquide aux sirops épais, Ils léchèrent le suc d'une larve écrasée, ainsi que de l'eau sucrée. Maïs Stumper a bien montré qu'ils se nourrissent aussi en grande partie de l'eau, saturée de matières azotées, qui suinte à travers le nid des F. rufa après la pluie ; car alors leur abdomen nr beaucoup de volume,
Camponotus (Myrmoturba) æthiops ef genre Camponotus
1>J' élevai pendant tout un été une fourmilière de C. {(Myrmoturba) aethiops dans un appareil en fer-blanc (système D). Aucune fourmi ne me montra aussi peu de faits intéressants, sauf peut-être le C. fallax. Le miel était la seule nourriture goûtée par cette race ;
coups de dents, mais jamais mangés, jamais portés dans l'appareil. À peine mes Camponotus daignèrent y transporter un ou deux des cocons et des larves d'autres fourmis que je leur donnai, encore les rejetèrent-ils bientôt après dans la mangeoire ; je ne leur en vis
jamais manger, J'avais donné à cette fourmilière, outre sa propre © féconde, une © féconde étrangère, mais de son espèce ; elle vécut en fort bonne intelligence avec les 8 et l'autre ©, fait très exceptionnel.
2. Je fis attaquer une fois, au printemps, une fourmilière de C aethiops par une grande quantité de F. pratensis placées au devant du nid aethiops. Les pratensis envahirent presque aussitôt les galeries des aefhiops dont la plupart furent tués ; un fort petit nombre seulement, y compris une © féconde, purent s'enfuir, car ils avaient eu le tort de se défendre en se retirant toujours plus profondément dans leur nid. Un certain nombre de F, pratensis furent tuées par les grosses © aethiops.
3. Tous les Camponotus combattent de la même manière ; les grosses $ défendent le nid en plaçant leur tête devant les ouvertures et en retirant les antennes en arrière ; tout ennemi qui veut s'approcher reçoit de violents coups de dents donnés toujours avec un élan de tout le corps. S'ils attaquent hors de leur nid, les Camponotus vont en troupe serrée, Les grosses & sont plutôt devant : elles marchent prudemment, toujours en retirant
n Le signal de l'alarme est très particulier ; non seulement les Camponotus se frappent vivement et à coups répétés les uns les autres, mais en même temps ils frappent le sol deux cu trois fois de suite avec leur abdomen, et répètent cet acte à de courts intervalles,
- tronc d'arbre. En somme les fourmis de ce genre sont toutes craintives et délicates, à part la tête des gros individus dont les mandibules très fortes et très dures sont une arme redoutée de presque toutes les fourmis. La plus craintive est le C. fallax qui ose à peine défendre son nid ; puis viennent les C. sylvaficus, aethiops et lateralis ; le C. vagus est la plus robuste et la lus courageuse, J'ai été témoin d'un combat entre des C. herculeanus et des F. sanguinea, combat que je n'avais point provoqué. Les C. herculeanus vaincus étaient obligés de s'enfuir ; il y avait des morts des deux côtés. Des P. rufescens ? mis avec quelques grosses £ de C. vagus eurent tous la tête coupée en moins d'une demi-heure.
4, Les C. (Orthonotomyrmex) lateralis ont l'habitude de grimper sur les brins
les insectes que je mettais dans la-mangecire y étaient laissés en paix ou seulement tués à
leurs antennes et en se lançant vivement en avant pour se rejeter aussitôt après en! arrière.
ce qui produit un bruit très marqué qu'on entend surtout bien lorsque le nid est dans un.
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d'herbe pour en redescendre aussitôt ; j'ai suivi des © qui montèrent et descendirent ainsi sur plus de vingt brins d'herbe de suite sans s'arrêter ; j'ignore à quoi cela leur sert. Ils savent du reste fort bien cultiver les pucerons. L'allure des petites 8 rappelle celle des Tapinoma ; elles vont aussi rôder près des fourmilières d'autres espèces,
5. Les C. ligniperdus, herculeanus et 'vagus, surtout ces derniers, sortent en longues files pour exploiter les pucerons d'un ou de plusieurs arbres ; les. plus grosses 8 savent se faire servir même par de petits pucerons.
Les petites © s'occupent surtout à soigner les larves et les nymphes. Quant aux chefs ou « doyens d'âge (!) » dont parle Ebrard (1 c. p. 11), un lecteur attentif concevra
. des doutes graves à leur égard ; je crois pouvoir assurer qu'ils sont un pur efiet de l'ima-
gination de l'auteur. Huber a déjà montré que les fourmis n'ont jamais de chefs, et que même les F. fusca, auxiliaires des P. rufescens, ne subissent pas la moindre containte ; je ne puis que confirmer son opinion ; je n'ai jamais vu une fourmi jouer, envers ses compagnes, un rôle prééminent, Une grosse ® est toujours l'objet d'un peu plus d'attention qu'une petite de la part des autres, dans la simple proportion du volume plus considérable
qu'elle représente, Si les grosses © marchent en tête, c'est pour défendre la fourmilière,
les petites n'en étant pas capables ; Iors d'un déménagement, on ne peut voir aucune difiérence dans le genre d'activité des diverses formes de $, En somme, pourtant, on peut dire qu'à l'ordinaire les petites # sont plus travailleuses que les grosses qui sont, de leur côté, plus guerrières (comparer avec XXVI), :
-6. La moitié du dessous d'une pierre que je soulevai à Mendrisio était occupée par une: forte fourmilière de C. aethiops, et l'autre moitié par une forte fourmilière de Messor structor. Le mur mitoyen était très mince, et dès que j'eus enlevé le plafond commun, un violent combat s'engagea. Les M. structor y déployèrent toute leur faiblesse et leur ineptie ; toutes, même les gros individus, furent coupées en morceaux par les mandibules des grandes 8 aethiops ; elles ne surent se servir ni de leurs mandibules, ni même de leurs pattes pour s'enfuir à temps.
7. Le C. ligniperdus est plus robuste que le C. herculeanus. J'ai mis Soient de; gros tas de F. pratensis devant des fourmilières de C. ligniperdus ; les grosses ® de ces derniers écrasèrent toujours des centaines de $ pratensis entre leurs pinces; et le reste de celles-ci durent s'enfuir, J'ai rarement vu des Camponotus poursuivre leurs ennemis ou leur ravir des!
nymphes. Une fois, cependant, j'ai vu des C. ligniperdus poursuivre des Formica pratensis
que j'avais placées devant leur nid, et une autre fois des C. vagus attaquer et mettre en déroute une fourmilière de F. sanguinea.
8. Les Camponotus sont doués d'un excellent ets J'avais pris un nid de C. herculeanus sculpté dans le bois et je l'avais mis dans ma chambre. Beaucoup de & y étaient . restées, mais je voulus m'en débarrasser afin de garder le nid, et pour cela je me contentai de ne pas les nourrir. Elles se mirent alors à courir partout, et même à sortir par la fenêtre, mais elles rentraient toujours au nid. J'avais à quelque distance d'elles une grande arène de gypse à mur fort élevé, et renfermant des S. festaceus. Dans cette arène était du miel que les Camponotus ne pouvaient ni voir, ni rencontrer par hasard à cause du mur de gypse, Eh bien, de grosses © herculeanus se mirent à attaquer mon mur pendant la nuit avec leurs pattes et leur tête, réussirent à y faire une brèche, envahirent l'arène! et mangèrent le
miel. Je refis le mur plusieurs fois, mais elles recommencèrent toujours à le battre en
brèche. Enfin je lui donnai une telle épaisseur qu'elles ne purent plus y parvenir, Une ©
arriva cependant à l'escalader je ne sais comment, mais après s'être gorgée de: miel, elle ne put plus ressortir de l'arène, car elle avait perdu son agilité, et je la retrouvai le matin, l'abdomen gonflé, appuyée contre le mur de gypse, contre lequel venaient échouer cette fois tous ses efforts. Les Camponotus, malgré leur bon odorat, déménagent comme les Formica, c'est-à-dire en se portant les uns les autres. J'ai observé p. ex. des C. fallax qui quittaient
la branche d'un poirier pour aller s'établir dans un vieux poteau; ils s'y transportaient mutuellement.
9, Ce fut en 1872 que je fus le premier à découvrir le rôle de portier du nid que
jouent les % chez le sous- -genre Colobopsis du genre Camponotus. C'était à Vaux; je cherchais en vain le nid de nombreuses & de C. fruncata qui couraient sur le tronc d' un.
poirier pourvu d'une maîtresse branche desséchée, Je n'y comprenais rien, toutes les ©
convergeant vers la même place. Tout à coup je vis l'une d'elles entrer dans un très petit
trou qui disparut sitôt après. Prenant alors une aiguille, je dirigeai sa pointe vers le trou
disparu ; ce dernier reparut aussitôt, Alors la lumière se fit dans mon cerveau. Mon père
m'ayant permis de scier la branche sèche, j'y découvris le nid sculpté des Colobopsis, avec
8, 4, © et æ. C'étaient les 1 qui bouchaient les trous. Dès lors j'ai retrouvé des nids de
C. truncata dans les branches sèches des noyers et des chênes et dans les noix de galles.
Dès lors aussi l'office de portier a été découvert chez la plupart des autres espèces du
sous-genre Colobopsis en tout pays. La C. fruncata essaime de nuit et vit de pucerons.
Espèces et races du genre Formica
: Nous en avons déjà parlé à propos de plusieurs expériences. Je ne veux guère donner ici que les traits qui caractérisent chacune des formes de ce genre, le plus intéressant de fous. au point de vue des mœurs,