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phes (juin et commencement juillet) sont toutes dans des cocons ; les nymphes nues :
viennent ensuite, et sont surtout abondantes en automne ; mais on trouve alors aussi des cocons, même jusqu'en hiver.
L'épaisseur de la coque des larves fileuses est faible ; sa couleur varie du blanc à un jaune un peu roussâtre, suivant les espèces. On distingue à leur nuance les cocons des * diverses espèces de Formica. Chez les espèces F. rufa et exsecta et chez leurs races, la coque est assez grossière, sa surface est un peu rugueuse et filamenteuse ; chez les espèces fusca et sanguinea elle est lisse et fine. Les cocons des Lasius ne sont pas si fins que ceux des Camponotus.
La nymphe, qu'elle soit nue ou entourée d'une coque, ne prend aucurie nourriture, mais les © la transportent, la lèchent, la nettoient comme la larve, Dans divers ouvrages il est dit que les ouvrières mettent les larves d'une certaine taille ensemble dans certaines cases, les nymphes dans d'autres, etc. Cela a lieu quelquefois, en effet ; je l'ai observé souvent chez des Lasius et chez des F. fusca; mais ce n'est point du tout une règle absolue, et souvent, chez les mêmes espèces, les œufs, les larves, les cocons, les nymphes nues gisent pêle-mêle les uns avec les autres dans les mêmes cases, Les nymphes © et & ne sont pas non plus séparées à l'ordinaire des nymphes £.
La nymphe, dès sa sortie de la peau de larve, ne change Dhs de forme et ne grossit 3
plus. Aussi les nymphes des %, des ©, des 1 et des Œ sont-elles parfaitement distinctes les unes des autres dès le commencement, F
4, Eclosion. Gould découvrit le premier que les nymphes des fourmis ne pouvaient ouvrir leur cocon sans le secours des $ : à cet effet, celles-ci déchirent délicatement la coque à un endroit quelconque avec leurs mandibules, et en tirent la nymphe. Ce fait a été confirmé par tous les auteurs subséquents. Mais Huber affirme de plus que la nymphe ne peut sortir seule de sa peau, que les & doivent encore lui aider à s'en débarrasser et en particulier étendre les ailes des nymphes © et «. Cette seconde assertion n'a pas été admise aussi facilement que la première, quoique Fenger ({Allg. Orismol. d. Ameisen ;
Archiv f. Naturg. 1862), sans avoir connu les observations d'Huber, ait vu de nouveau
les ? délivrer des nymphes de leur peau, et étendre les ailes des © et Œ. Ayant observé 3
moi-même tous ces faits plus d'une fois, je ne pouvais les mettre en doute, mais désirant
savoir positivement si les nymphes ne pouvaient jamais éclore seules, je fis l'expérience
suivante :
et renfermant une éponge avec du miel, un grand nombre de nymphes $ et quelques nymphes de Tetramorium caespitum, toutes près d'éclore, c'est-à-dire très foncées et faisant déjà des mouvements de pattes. Je les déposai une à une, afin d'être certain de ‘n'introduire aucune Ÿ, Dans une autre boîte B, je mis aussi des nymphes © et une nymphe (7 caespitum, mais sous la garde de six © de leur fourmilière. Le résultat fut tout à fait contraire à mon attente : %
Déjà le lendemain une nymphe © s'était délivrée seule de sa peau dans la boîte À, et la Ë, parfaitement normale, courait partout. Trois ( étaient aussi presque entièrement sortis seuls de leur peau de nymphe qui enserrait néanmoins encore l'extrémité postérieure de leurs ailes et de leur abdomen ; le reste des ailes était lisse et bien étendu.
Le 1° juillet, je mis dans une boîte en carton À, à demi remplie de terre humide
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ET Achevai de délivrer de sa peau de nymphe une de ces fourmis : aussitôt après elle se . mit à marcher, et ses ailes furent bientôt normalement étendues. Mais les autres nym- . phes «, laissées à elles-mêmes, ne purent achever de se dégager. Le surlendemain trois . nouvelles 8 étaient écloses ; les nymphes (ÿ étaient toutes dans l'état de celles qui étaient écloses le jour précédent, c'est-à-dire que leur vieille peau chiffonnée ne retenait plus que l'extrémité de leurs ailes et de leur abdomen ; seule celle que j'avais délivrée était devenue un adulte tout-à-fait normal, courant dans la boîte, J'ôtai toutes les # écloses pour voir si de nouvelles nymphes © sauraient se dégager seules : le résultat fut encore positif ; tous les jours subséquents je trouvai de nouvelles 8 écloses qui formèrent bientôt une fourmilière et se mirent à porter le reste des nymphes dans un même endroit et à en prendre soin. Mais aucune nymphe ( n'arriva seule entièrement à bien.
Dans la boîte B où il y eut dès l'abord des © adultes, les choses se passèrent presque moins bien que dans la boîte À ; la nymphe «ÿ (un peu malmenée par moi le premier jour, il est vrai) périt avant d'avoir pu éclore; de nouvelles $ s'ajoutèrent aux six anciennes.
Je fis alors une seconde expérience avec des nymphes de Formica. Je tirai moi-même délicatement de leurs cocons un certain nombre de nymphes de F. pratensis $ qui, d'après
leur couleur foncée visible à travers la coque, devaient être près d'éclore, et je les mis dans
un bocal, sur de la terre humide. Le jour même je vis éclore seules, parfaitement bien, et complètement, plusieurs ® pratensis. Une nymphe de P. rufescens Q, tirée de sa coque de la même façon, sut éclore et étendre parfaitement ses aïles sans le moindre secours ; elle demeura plus de 30 heures hors de sa coque avant d'éclore. Lors de l'éclosion, ici comme chez les T. caespitum, la peau de la nymphe se fend longitudinalement sur le dos, puis la
fourmi fait des contorsions régulières pour se dégager peu à peu en commençant par la tête
et le thorax ; cela.se passe donc comme chez les autres insectes. Enfin je mis dans une boîte analogue aux précédentes un grand nombre de cocons
8, © et de diverses espèces de Formica, tous près de leur éclosion ; chez tous on voyait déjà la nymphe brunâtre à travers la coque. Mais tous périrent sans pouvoir éclore ; aucune nymphe ne put ouvrir sa coque. Quelques-unes avaient essayé de se débarrasser de leur peau dans le cocon même, avant de périr, à ce que je vis plus tard.
. Donc les nymphes nues des fourmis, même celles qui étaient d'abord dans un cocon lequel a été enlevé avant l'éclosion par quelqu'un d'autre, peuvent éclore seules. Par contre ces mêmes nymphes ne peuvent ouvrir leur cocon. | De ces expériences on ne peut conclure que les observations d'Huber et de Fenger ainsi que les miennes sur l'assistance que les $ prêtent aux nymphes pour les dégager de leur peau aient été mal faites ou mal interprétées ; elles auraient seulement dû être . aussitôt suivies des contre-expériences dont je viens de donner le résultat, Il n'y a rien d'étonnant à ce que les ? aident les nymphes à se débarrasser de leur peau, quoique ces
dernières puissent à la rigueur s'en défaire seules. Il est même certain que les © rendent
souvent ce service aux nymphes, tout au moins pour dégager leurs pattes et l'extrémité de leurs ailes ; ce fait a été trop positivement et trop soigneusement cbservé par Huber et par Fenger pour pouvoir être nié ; je l'ai observé moi-même plusieurs fois dans ses détails, de sorte que je ne puis concevoir aucun doute à son égard. Enfin les expériences d'éclosion spontanée ne réussissent que sur les nymphes prises lorsqu'elles sont déjà avancées ; même
Era :
alors une bonne partie des nymphes périssent toujours sans avoir pu éclore, et beaucoup ne se débarrassent qu'à moitié de leur peau. Quant aux jeunes nymphes, elles ont encore besoin des soins continuels des $ pour ne pas périr ; il ne me paraît pas qu'on puisse les conserver en vie sans les donner à des &. |
J'ai déjà dit plus haut (IV) que l'époque de l'éclosion des nymphes n'est certainement point un instant fixe, mais une période assez longue, pendant laquelle les ouvrières | ont le temps de choisir à volonté leur moment pour ouvrir la coque, en un mot qu'un jour d'avance ou de retard par exemple dans l'éclosion d'une nymphe n'a pas d'inconvénients pour elle, J'ai donné mes raisons et je n'y reviens pas. Au même endroit (IV), j'ai aussi garlé des jeunes fourmis et de leur rôle.
Les coques déchirées par les & sont ensuite rejetées par elles, chez certaines espèces
(F. fusca et ses races, L. niger, etc.), autour des portes du nid où on les voit ensuite amoncelées pendant assez longtemps. D'autres espèces les font disparaître en les portant au loin ou en les mêlant aux matériaux de leurs nids {Camponotus, F. rufa et ses races, etc.).
Get ©. Accouplement. Sort final des & et des ©
Tandis que les jeunes ©, dès qu'elles sont sorties de leur peau de nymphe, apprennent les travaux de l'intérieur du nid, il n'en est point de même des jeunes © ni des jeunes «. Ils restent dans l'inaction, se laissant guider, porter et nourrir par les &, Il y a néanmoins une notable différence entre la conduite des © et celle des «ÿ. Ces derniers sont de fait incapables de tout travail, même de se défendre lorsqu'un ennemi les attaque. Je ne crois pas même qu'ils soient capables de distinguer nettement les © de leur fourmilière de leurs ennemis en général. Lorsqu'on bouleverse leur nid, ils se cachent dans tous les coins, souvent sans être en état de retrouver des galeries pour rentrer, tandis que les © savent fort bien se reconnaître ; aussi ces dernières sont-elles toutes en sûreté depuis longtemps, alors qu'une foule de «ÿ errent de tout côté sans savoir où aller. Les £ sont souvent cbligées de les ramener presque tous elles-mêmes dans le nid. Ces « sont essentiellement aériens, et dès que leur corps s'est suffisamment durci, ils commencent à sortir du nid et à se promener autour des portes pendant quelques jours avant de prendre leur essor. Les © ont un tout autre caractère. : Malgré leurs ailes, elles sont plus près des $ que des (. Elles savent à l’occasion aider les 8 dans leurs travaux. C'est surtout le cas chez les Tapinoma et les Leptothorax. J'ai vu souvent des © porter des larves ou des nymphes. Lors d'un combat, si les habitants d'un nid sont forcés de s'enfuir, on voit assez souvent quelques © vierges porter des larves ; elles savent fort bien suivre les © dans leur fuite, ce dont les ( sont presque toujours incapables, : Ncus avons déjà vu divers traits d'intelligence et de courage chez les © de fourmis (L., X. 1, XIV. 4, VIIL 13) ; je n'y reviens pas, Mais j'ai fait aussi remarquer à ce propos que jamais Eu intelligence n'atteignait celle des 5, que leur conduite avait un caractère d'impé- : tuosité tout particulier, joint à un manque de persévérance. Les © savent fort bien reconnaître leurs alliées de leurs ennemies (VI. 4). Lorsque leur corps a pris assez de consistance, les © commencent, commes les «%, à sortir du nid, et à se promener sur le dôme en grimpant sur les plantes environnantes, quelques jours avant de prendre