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Mémoires de Dolgorouko/jf', t. i

Pierre le Grand (D après le portrait de Nanteuil).

PIERRE LÉ GRAND

où il avait coutume de se rendre deux ou trois fois la semaine, dans la matinée, avant de se mettre au travail. Il se plaisait tellement au milieu de ses collections, qu’il donnait audience aux ambassadeurs dans son musée, à une heure des plus matinales.

Il avait quelque orgueil à montrer à ses visiteurs l’ordre et la méthode de son cabinet, à leur expliquer les avantages que l’on pouvait en retirer pour la connaissance du corps humain, pour l instruction des chirurgiens et pour la pratique de l’art de guérir.

Il intima l’ordre au bibliothécaire qui en avait l’inspection, sous la direction du premier médecin, de laisser l’entrée du musée libre pour tous ceux qui se présenteraient, et de les conduire partout où ils désireraient aller, leur montrant et leur expliquant en détail ce qu’ils voudraient voir. Gomme un des personnages de sa suite lui suggérait d’exiger un droit d’entrée :

— « Tu n’y penses pas î répliqua-t-il vivement. Ton projet, si je l’adoptais, aurait un effet tout contraire à mes vues. Qui s’embarrasserait de mes collections, si je les montrais pour de l’argent? Tout au contraire: je veux et j’entends, non seulement qu’on laisse entrer tout le monde gratis ; mais de plus, quand il viendra une société en partie de plaisir, pour visiter ces cabinets, qu’on

leur offre, de ma part et à mes frais, une tasse de café, un verre de vin, ou quelque autre rafraîchissement, et cela dans le cabinet des raretés. » Conformément à la volonté du tsar, il fut alloué au bibliothécaire, en sus de ses appointements, une somme de quatre cents roubles, afin de subvenir à ces nouveaux frais C

Rendons cette justice au souverain moscovite, qu’il s’est efforcé de faire profiter son peuple de tous les progrès scientifiques. On lui doit deux hôpitaux militaires: l’un, pour les gens de mer; l’autre, pour les troupes de terre. Il fixa un aprèsmidi pour en jeter les fondements, ainsi que ceux de deux amphithéâtres d’anatomie.

Il prescrivit d’attacher à ces hôpitaux des médecins expérimentés, des chirurgiens adroits, et que les malades fussent transportés dans le lazaret des vaisseaux avec toutes les précautions possibles, lorsque les bâtiments seraient en état de les recevoir.

Chaque chirurgien devait en instruire un autre, chargé de le suppléer au besoin. On montrait, aux élèves en chirurgie, le latin, l’anatomie, la physiologie, les opérations, etc.

1. Témoignage du conseiller Schoumacker, bibliothécaire, inspecteur du cabinet d’histoire naturelle, rapporté par Stoeh-

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