‹ Fous couronnésChapitre 38 sur 39 · Archives de neurologie , octobre · texte numérisé non relu

Archives de neurologie , octobre

OTHON ET LOUIS II DE BAVIERE

Au théâtre, il se plaçait au fond de sa loge, exigeant que la salle fut plongée dans l’obscurité; plus tard, il se fera jouer des pièces uniquement pour lui h

Parfois il était pris d’un accès de délire des persécutions : afin de se soustraire à ses ennemis imaginaires, et de se dérober à une agression, il était entouré de gardes du corps, de gendarmes en nombre, pour le garantir contre un attentat.

Au moment où éclata la guerre franco-allemande, Louis II n’était déjà plus lui-même; le kronprinz écrivait alors :

Louis II est étonnamment changé. Il a beaucoup perdu de sa beauté. Il n’a plus ses dents de devant. Il est pâle, nerveux, agité dans la conversation ; il n’attend pas qu’on ait répondu à ses questions, pour vous en poser d’autres sur des sujets tout différents.

Peu d’années après la guerre, le kronprinz étant venu inspecter les troupes de l’Allemagne du Sud,

1. En 1885, le roi fit monter, sur le théâtre de Munich, la Thèodora, de V. Sardou, avec tous les décors et accessoires, fidèlement copiés sur ceux de la Porte-Saint-Martin, de Paris. Cela coûta la bagatelle de 200.000 marks. A part le roi, un soldat des chevau-légers, faisant fonction de valet de chambre, fut seul autorisé à assister â cette représentation; la consigne était tellement rigoureuse, que la femme d’un ministre étranger, accrédité près la cour de Bavière, ne put pénétrer dans la salle, malgré des démarches pressantes auprès de l'inLendant du théâtre (Gazette anecdotique , 31 mai 1885).

qu’il avait conduites à la victoire, Louis II donna l’ordre de le saisir, de l’enfermer dans une grotte et de l’y laisser mourir de faim.

Il n’en a pas moins conservé le pouvoir après ces actes de démence bien caractérisée ; et quand un journal, en Bavière ou même en Prusse, émettait des doutes sur la santé morale du roi, il était accusé de lèse-majesté 1 !

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