Liv. X, Déclam. IV
NAINS DANS l'aNTIQCITÉ pygmèes
Lorsqu'on parcourt les auteurs anciens Homère, Hérodote, Ovide, Juvénal, Pline, Aulu-Gelle, Pomponius Mêla... et tant d'autres, lorsqu'on lit les récits des anciens voyageurs, on est étonné de voir signalée presque à chaque pas l'existence d'une race d'hommes remarquable par sa petite taille.
Les Pygmées étaient connus d'Homère, qui. dans le chant III de l'Iliade, dit : (> Ainsi monte jusqu'au ciel la voix éclatante du peuple ailé des grues, lorsque fuyant les frimas et les torrents célestes, elles traversent à grands cris l'impétueuse mer, et, portant la destruction et la mort à la race des Pygmées, livrent, en descendant des airs, un combat terrible... » Tableau que Juvénal complétera en disant : « Quand le nuage sonore des oiseaux de Thrace vient à fondre subitement, le Pygmée, muni de ses petites armes, court au combat: mai'*, incapable de résister à l'ennemi, bientôt l'impitoyable grue l'enlève dans les airs entre ses ongles recourbés. Si l'on voyait chez nous un pareil spectacle, on en rirait ; chez eux, où le plus grand de la cohorte n'a pas plus d'un
NMNS DANS i/aNTIoI ITK tîO
])ied lie liauLeur, personne n'en ril. (luuicjne k» niônie scène se répèle souvent. ,. '. »
A côte de ces Oclions re{)rodnil('s p.ir Ions les poêles qui se sont snct'édé. on trouve cependant des relations qui revêtent un plus grand cachet d'aulhenlicilé, laissées par les historiens et les géographes de r;uiti(piité. ils ne parlent pas de Pygmées,mais d'une racequihabilerail les déserts de Lybie. « et disail tout récommentM. de Quatrel'ages -, le récit de ces auteurs concorde trop bien avec les découvertes modernes pour que l'on en puisse mettre en doute la réalité. On sait que les zones géographiques indiquées par les Nasamons se retrouvent encore et que le fleuve dont ils ont révélé l'existence est le Djoliba ou Niger, que l'on a cru tour à tour être le Nil lui-inôme ou un affluent du lac Tchad, avant que Mungo-Park, Caillé, Clapperton, les frères Lauder, etc., nous en eussent fait connaître le véritable cours...
Avec Clésias, voyageur grec contemporain de Xénophon, nous retombons dans la fable et le merveilleux :
j « Il y a, dit-il, au milieu de 1 Inde, des hom- Imes noirs qu'on appelle Pygmées. Ils parlent la môme langue que les Indiens et sont très petits. Les plus grands n'ont que deux coudées; la plu-