Strabon. Géor/rajjhie. trad. A. Tardieu
NAINS DANS l'aNTIOLITÉ 71
sort avec la dernière évidonco des conditions (rexistencc de la nature étliiopiennne et du déiu\tnent dans lequel elle est pour toutes les choses nécessaires à la vie de l'homme. La plupart des Éthiopiens, en elTet, mènent une vie misérable ; ils vont nus et sont réduits à errer de place en place à la suite de leurs troupeaux. Le bétail ([ui compose ces troupeaux est lui-même de très petite taille et cela est vrai des brebis aussi bien que des chèvres... A la rigueur on pourrait croire que c'est ce rapetissement propre aux races de l'Ethiopie qui a donné l'idée de la fable des Pygmées, car il est notoire qu'aucun voyageur digne de foi n'a parlé do ce peuple comme l'ayant vu. »
Chose étrange ! On sait que les auteurs du moyen âge qui acceptaient sans conteste l'existence de races géantes, se sont toujours refusés à croire à l'existence de races naines ! Opinion qui estrésuméeen cette phrase par L. Guyon, médecin qui vivait à la fin du XYP siècle : « qu'il n'y a aucune région oii il y aye des Pigmées, c'est-à-dire des hommes de la hauteur d'une coudée, si a bien des pays oii habitent des géants. »
Sans entrer ici dans l'examen et la discussion des faits cités pour ou contre en faveur des peuples nains, nous arrivons aux récits des voyageurs modernes quiontscientifiquement constaté l'exis-
!ence d'hommes dont la laille ne dépassait pas en moyenne 1°' 40.
PEUPLES NAINS DE l'aFRIQL'E Obongos
Du Chaillu * a laissé un récit très curieux de son voyage d'exploration en Afrique, et nous lui empruntons les détails suivants : « J'avais ouï dire qu'il y avait dans le voisinage de Niembouai - un village d'Obongos ou nains sauvages. L'un de mes premiers soins en arrivant fut, comme or le pense bien, de m'informer du lieu oii je pourrais trouver ces singuliers êtres. Ils viennent fréquemment, à ce qu'il paraît, dans le village de mes hôtes, mais ils ne se souciaient pas d'y paraître tant que j'y séjournerais moi-même. Les Âshangos, loin de mettre obstacle à mon désir, offraient de m'accompagner chez les Obongos. Ils me conseillèrent cependant de ne prendre que très peu de monde avec moi, afin défaire le moins de bruit possible. On me donna deux guides et j'emmenai trois de mes hommes. Nous partîmes le matin : au bout de vingt minutes de marche nous étions parvenus à l'endroit désigné. Dans