Garnier, ouvr. cet. p
curieux de voir le nain qui avait excité un si grand enthousiasme parmi leurs compatriotes montent dans sa maison, se trompent d'étage et sonnent chez Lablache qui faisait sa toilette et qui vient en robe de chambre, ouvrir lui-même sa porte :
« Le général Tom Pouce ?
« C'est moi » répond froidement Lablache.
Stupéfaction profonde des étrangers qui regardent leur interlocuteur d'un air effaré.
« Je comprends ce qui vous étonne, dit le colosse.... Mais c'est que, quand je n'attends personne je me mets à mon aise. »
Puis vinrent le prince et la princesse Colib?n, dont on parvenait à dissimuler les jambes torses sous de riches accoutrements.
La princesse Félicie assez gentille, mais microcéphale, dansait, sautait, faisait plusieurs exercices, qui, il faut le reconnaître étaient purement automatiques et ressemblaient aux exercices fournis par des animaux bien dressés. Son allure rappelait absolument celle des Astecs, dont nous avons parlé plus haut.
Le général Tiny^ âgé de 15 ans, doué d'une certaine gaîté, répondant assez volontiers aux questions qu'on lui pose, sans cesse en mouvement mais, malgré toute notre bonne volonté, il nous a été impossible de trouver cette haute intelligence, que son cornac lui prête si gratuitement.
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Los Miflr/rfs ; sons ce nom on oxhibail l'an dernier deux nains ; l'un le g6n»}ral iMitc né en 18G4 h Greene (Amérique) a beaucoup de ressemblance avec le fameux Bébé. A sa naissance, il ne pesait que deux livres : commença à marcher ù quinze mois, ;\ parler inlelligemment à deux ans et cessa de croître h trois ans. Actuellement âgé de dix-neuf ans, il n'a que 22 pouces de hauteur, (63 cent. 8 millim.) et ne pèse que 9 livres. Il est d'un aspect assez agréable bien que la tête soit un peu forte, cause avec facilité, s'exprime dans un bon langage, mais c'est un véritable mouvement perpétuel, ne pouvant rester une minute à la même place. Les vêtements qui le couvrent empêchent de se prononcer sur sa conformation générale, et il est même impossible de le toucher. Cependant tout porte à croire que chez lui aussi il y a rachitisme latent. Il a six frères et quatre sœurs, tous d'une taille ordinaire. La mère est plutôt grande et a de très beaux traits.
Miss Millie Edwards est née en 1867 à Calaxamo (Amérique). Elle grandit jusqu'à 7 ans, atteignit son poids actuel (7 hvres) et cessa de croître tout à coup, sans cause apparente. Elle mesure 20 pouces (54 cent.) de hauteur. Les mêmes réflexions s'appliquent à cette naine sous le rapport de la vivacité, du mouvement incessant, de la loquacité... Moins encore que chez son
compagnon on ne peut voir son torse, ni ses membres inférieurs dissimulés sous une longue robe à queue. La famille est de haute et robuste stature, la mère est grande, bien conformée.
Longue serait la liste si nous voulions citer tous les nains connus ! Dans les lignes précédentes, nous n'avons rappelé que les plus célèbres, ceux qui eurent leur heure de gloire et de renommée, et toïis, tant au physique qu'au moral nous ont présenté des caractères morbides nettement définis qui les classent sans conteste parmi les infortunés qui reçoivent aujourd'hui dans nos asiles les soins que réclame leur état et qui loin d'être un sujet perpétuel de raillerie et de moquerie, n'inspirent que la pitié la plus profonde, la commisération la plus grande.
Le rôle des nains se bornait donc le plus souvent près des princes à celui d'un être à part, d'un animal curieux mis au rang du singe ou du chien favori. Or, nous ne pouvons quitter ce chapitre sans rappeler que de nos jours les nains en titre d'office existent encore dans certaines contrées de l'Orient.
KAlNS EN OUIENT
Sans avoir besoin de remonter bien loin, en 1835, sir Grenville Temple raconte qu'un pcrson-
NAINS KN OIUKNT 141
n;im^ exlraordinairo lui lut présenté à son voyage à Tunis : « c'était un nain nommé Aboo Zadeck, haut d'un peu moins de trois pieds (environ O^Dl, mesure aiii^Iaise). Il n(^ faut pas cependant s'imat;iner que sa courte stature soit due à son jeune âge ; il a bel et bien quarante-cinq ans et est le chef d'une très jolie famille composée de quatre fils, de deux filles et de son épouse qui est, dit-on, extrêmement belle. Sidi Mustapha, pendant un de ses voyages, l'avait vu et amené avec lui à Tunis où on lui donna un train magnifique, de superbes habits et oii il fait actuellement l'amusement et les délices de la Cour. On le cache parfois dans une de ces boîtes qui renferment les confitures et les friandises qui sont expédiées de Constantinople à Tunis et, lorsque des visiteurs arrivent, le frère du Bey a coutume de leur dire qu'il vient de recevoir en présent d'excellentes dragées en les priant d'ouvrir la boîte et d'en prendre quelquesunes : a peine ont-ils touché au couvercle que Aboo Zadeck s'élance dehors, au grand effroi des pauvres mystifiés, qui ne cessent de répéter avec terreur, Wallah ! Wallah ! Allah ! Allah ! »
« Ces monstres, dit Th. Gautier % ces monstres à figures de gnomes et de Kobold ont à peine quatre pieds et demie de haut et tiendraient honorablement leur place à côté de Perkée, le nain de