Philosophical survey ofTresand, London, 1777, p
ni:s (;ÉAiNTS considérés comme exception 159
nourriture et des boissons mucilaginouses. » Son squelette est consorvô au Trinity collrge de Duhlin.
On sait aussi, que dans le but de perpétuer une race de géants, Frédéric-Guillaume, se basant sur des données plus scientifiques, ne laissait écha[)[»pr aucune occasion de marier les géants de sa garde aux grandes femmes qu'il rencontrait. Tout le monde a présent à la mémoire cette anecdote si souvent citée de Dieudonné Thiébault :
« Dans un voyage que le roi fît de Postdam à Berlin il aperçut une fille presque gigantesque, et d'ailleurs jeune, assez belle et très bien faite ; il en fut frappé il fit approcher celte fille, et apprit d'elle-même qu'elle était Saxonne, non mariée, qu'elle était venue pour afi'aires, au marché de Berlin et qu'elle allait s'en retourner. « En ce cas, dit Guillaume, tu passes devant la porte de Postdam ; et si je te donne un billet pour le commandant, tu pourras le remettre sans te détourner. Charge-toi de ce billet que je vais écrire : promets moi que tu le donneras toi-même au commandant, et tu garderas pour ta peine cet écu. » La fille, qui connaissait le caractère de ce roi promit tout ce qu'il voulut : le billet fut écrit, cacheté et remis avec l'écu.
Mais la Saxonne, inquiète du sort qui l'attendait, n'entra pas dans Postdam. Elle trouva près
de la porte une pauvre femme petite et vieille, à laquelle elle remit le billet et l'écu, lui recommandant bien de faire la commission sans délai, l'avertissant que c'était de la part du roi et qu'il s'agissait de choses importantes et pressées. Ensuite notre grande et jeune héroïne continua sa route, faisant, comme on peut le penser, la plus grande diligence. La vieille, de son côté, se hâta d'arriver chez le commandant qui ouvre le billet de son maître et y trouve l'ordre ti'ès précis de faire sur le champ, épouser le commissionnaire à tel grenadier, qui y est nommé. La pauvre vieille, veuve depuis longtemps, fut très surpris»' de ce résultat, mais elle se soumit aux ordres de Sa Majesté ; tandis qu'il fallut employer l'autorité, les menaces et les promesses les plus flalteuses pour vaincre la répugnance extrême et calmer le désespoir du soldat. Ce ne fut que le lendemain que Guillaume, venu à Postdam pour admirer le couple brillant qu'il avait fait marier, sut qu'il avait été joué et que son soldat était inconsolable de ce malheur : il ne resta au roi d'autre ressource que d'ordonner le divorce entre ces deux époux : » En dehors de l'emploi de géants comme soldats spéciaux, comme gardes du corps, on ne rencontre que des individus isolés, qui n'avaient d'autre ressource que de se donner en spectacle à la curiosité du public ; et encore la liste de ces
DES r.ÈANTS considï5:rés comme exception 1 01
« merveilles de la nature » est-elle peu charj^ée. On n'a pour s'en convaincre qu'à se reporter à rouviage que nous avons eu déjà l'occasion de citer à plusieurs reprises, au livre de M. Garnior : On y trouvera réuni les non:is de tous les géants et géantes qui ont eu leur heure de célébrilé.
Après les généralités que nous avons données, nous n'insisterons pas sur ces êtres que leur taille, même indépendamment de toute autre cause, rendait peu aptes à remplir les fonctions de bouffons. Nous avons dû cependant les signaler à côté des nains, car malgré une apparente contradiction ils appartiennent comme eux à la classe des rachitiques, dont ils présentent tous les caractères physiques et parfois moraux.
p. MORËAU. Il
A côlé des géants et des nains on voyait les bouffons, hauts et puissants seigneurs dans le domaine de la folie, qui plus d'une fois surent amener les grands à composer avec eux.
Ainsi que nous l'avons fait pour les nains, nous passerons rapidement en revue ceux qui ont laissé un nom dans l'histoire ou dont les poètes et les écrivains se sont emparés pour en faire les héros de leurs romans.
Pour montrer quelles étaient dans leur ensemble, la nature, les facultés intellectuelles, morales et affectives des « fous en titre d'office », et étayer par leur histoire l'opinion que nous avons formulée dans les premières pages de ce travail, à savoir que fous et bouffons n'étaient que des pauvres imbéciles, de malheureux rachiliques, quelques exemples nous suffiront amplement pour atteindre ce but, car tous ces êtres, à peu d'exception près se ressemblent en tout et pour tout. C'est donc volontairement que nous commet-