‹ Fous et bouffonsChapitre 53 sur 100 · Evasme, Eloge de la folie · texte numérisé non relu

Evasme, Eloge de la folie

tours de Mercure ! N'est-ce pas grâce à Vulcain, à son allure baroque, à ses balourdises et à ses quiproquos, que les dieux ébranlent par leurs rires la salle de leurs festins? Silène, ce vieil amoureux, ne danse-l-il pas la cordax et Polyphèrae ne se trémousse t-il pas lourdement, tandis que les nymphes effleurent à peine la terre de leurs pieds? Les satyres aux pieds de chèvre figurent les impudiques Atellanes; Pan, avec ses chansons bien bêtes, fait rire tout le monde, car on préfère Pan aux muses, surtout quand le nectar échauffe les cerveaux divins ! »

Mais comme le dit Homère, laissons les plaines éthérées et revenons sur la terre :

Les plus anciennes traditions de l'Inde, ce berceau de rhumaiiilé et des religions auquel il faut toujours se reporter pour connaître l'origine des choses de ce monde, fait mention de l'existence des bouffons à la cour des princes indiens. L'Épopée « Ramayana, » œuvre du poète Valmiky, ou plutôt de plusieurs poètes de la même école, oii sont racontées les aventures de Rama et de son épouse Sita, parle dans plusieurs passages de gens chargés d'égayer, de bouffons. De l'Asie, cette coutume passa chez les Perses et en Egypte 011 même ils ont été divinisés ^

1 . De nos jours encore, chez les peuples d'Orient, la folie est généralement regardée comme un mal sacré, ntorbus sacer.

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