‹ Fous et bouffonsChapitre 77 sur 100 · WILL SUMMERS · texte numérisé non relu

WILL SUMMERS

Le plus connu fut un nommé Wiil Summers, fou de Henri VIIL Ce n'était pas un bouffon ordinaire, et d'après des documents authentiques, Gazeau a pu dire avec raison : « Summers était un' homme de cœur et de jugement. .Jamais il n'usa de son influence dans son intérêt personnel. Il gardait ses sarcasmes pour les courlisans corrompus, orgueilleux ou cupides. Ce qui honore surtout sa mémoire, c'est l'infatigable persévérance avec laquelle il ne cessa de demander à Henri YIII la grâce de son ancien maître, Richard Farmor ' ; il parvint à l'obtenir, mais seulement à la fin de la vie du monarque ».

Deux documents nous ont transmis ses traits : le premier est un portrait de Holbein, qui nous le montre petit, tête grosse, membres longs, le tout dissimulé par de larges vêlements flottants, ayant un cor à la main et les lettres H. R. (Henricus rex), brodées sur sa poitrine, puis, une miniature

1. Richard Farmor, ayaat en dépit des décrets, secouru quelques ecclésiastiques proscrits, avait été mis en accusation, dépouillé de ses biens cl jclé en prison.

l'ODS. ALLEMAGM-: 225

(rnii psaiitior ôrril [»;ir Jolin JMallar, secrétaire et chapelain du roi '.

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Un des plus anciens monarques qui a noire connaissance ait eu un fou, est Christiern, roi de i)anemark, ce fou est connu par le dévouement qu'il témoigna à son maître pendant sa captivité et prouva qu'il était loin d'être un sot.

Déposé en 1523, Christiern reprit les armes, échoua dans son entreprise et en 1532 fait prisonnier par Frédéric l"", il fut conduit au château de Sonderborg, dans l'île d'x\.den.

Le lieu oii il était détenu était un cachot n'ayant qu'une petite fenêtre qui donnait passage à quelques faibles rayons de lumière et par laquelle on lui faisait passer ses aliments. Dès qu'il fut entré dans cette triste demeure avec son fou favori, seul compagnon de son malheur, la porte fut murée. Après avoir longtemps réfléchi aux moyens de faire connaître son affreuse position à sa fille, l'électrice Palatine, et à l'empereur Charles-Quint son beau-frère, il persuada à son fou de feindre une maladie et de solliciter un changement d'air

1. Salle de réunion de la Société des antiquaires à Londres et British Muséum.

pour recouvrer la santé... Le fou exécuta la volonté du roi et fut transféré à la ville voisine. Là il échappa à la vigilance de ses gardes cl se sauva... '

On connaît comme ayant eu des fous, Frédéric III, le bisaïeul de Charles-Quint, son fils Maximilien V\ Les petites cours d'Allemagne qui se modelaient sur la cour impériale, avaient aussi leurs fous. Parmi les plus importantes citons surtout la cour des Électeurs^ comtes Palatins du Rhin, dont le fou Perkeo servit d'amusement à l'électeur Charles-Philippe.

Ce Perkeo a une statue en bois à lleidelberg placée vis-à-vis du grand tonneau. Cette statue en bois peint nous donne bien idée du grotesque personnage qu'elle représentait.

L'Ilalic, alors dans toute la splendeur de la domination des papes, connaissait aussi les bouffons et l'on sait que les princes de l'Église avaient leurs nains et leurs fous en titre d'office, qui ne montraient guère plus de retenue que les bouffons laïques. « Le fameux pape Léon X, dans son

1. Les cours du Nord, ou mémoires originaux sur les souverains de la Suède et du Danemark, depuis 1766, par J. Ichen. Paris, 1820, pajrcs 542 et suivantes, notes.

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