‹ Fous et bouffonsChapitre 78 sur 100 · FOL'S. ESPAGNE · texte numérisé non relu

FOL'S. ESPAGNE

niagnifiquo domaine de la Mallian à quelques lieues de Rome, après avoir chassé au faucon près de Vilerbe ou péché sur les bords du lacr>olsoiia, aunail à se reposer des fatigues du pontifical dans la compagnie de ces bouffons qu'il admettait à sa table, où ce pape d'un esprit si fin et si délicat prenait plaisir à voir leur gloutonnerie monstrueuse et à entendre leurs grossières facéties. Il en eût môme à son lit de mort ».

ESPAGNK

On connaît ce fou que Philippe II avait amené avec lui à la cour de France pour montrer sans doute qu'il y avait à Madrid d'aussi bons fous que Brusquet : Brantôme nous apprend que Brusquet ne cessa de mystifier ce malheureux tout le temps qu'il fut à Paris : « Estoit un vray maigre Bouffon, avec sa guitlerne et son braillement de chaussons à l'espagnolle, qui plaisait fort maigrement et ne paraissait rien auprès de Brusquet qui le trompoittous jours. Le roy d'Espaigne l'envoya au roy pour lui rendre le change du sien qu'il luy avoit envoyé. Le roy le donna à Brusquet pour le gouverner, le loger et le traicter bien ainsy qu'on voit les grands princes à la cour venant en ambassade estre donnés et recommandés à autres grands princes, les grands seigneurs à

autres grands seigneurs, les moyens à moyens, lesévesquesà évesques, les prélats à prélats, les ecclésiastiques moyens à autres moyens. Ainsy Brusquet bouffon eut charge de gouverner et entretenir l'autre bouffon : mais il le trompoit toujours... * »

« Ce bouffon avoit quatre chevaux chez luy. Brusquet les foisoit courir la poste la nuit par le premier courrier qui passoit sans que luy ni ses gens s'en advisassent, car il les faisoit bien boire et bien dormir après. Et quand il les voyait si maigres à force de courir, Brusquet lui faisoit accroire que l'eau de la rivière de Seine les maigrissait ainsy jusqu'à ce qu'ils l'eussent accoutumée deux mois, et que cela arrivoit couslumièremcnt à tous chevaux. Par cas, ce bouffon espagnol s'en advisa un malin, s'estant levé plus tost qu'on ne pensoil et que le postillon avoit un peu tardé ; et les voyant tout trempés, il se mit à s'écrier audict Brusquet : « Como, ciierpo de Bios, Brusquet ! mis cavallos todossoii bânados y inojados. Juro a Dios que liait corrida la posta : » Mais Brusquet l'apaisa en luy disant qu'ils s'estoient couchés dans l'eau en allant boire. Bref il le trompoit en toutes façons et toujours. »

« Mais la meilleure fut que le roy Henry avoit donné à ce bouffon une fort belle chaîne d'or qui

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