‹ Fous et bouffonsChapitre 80 sur 100 · A. Pichot. Charles-Quint, p. 206. Paris · texte numérisé non relu

A. Pichot. Charles-Quint, p. 206. Paris

féminine était absolument séparée de celle du tzar. La maison de l'épouse d'Alexis se composait d'environ trois cents femmes.

Parmi les boyarines de souche noble, dames d'honneur de la souveraine, il y avait de jeunes campagnardes que la czarine appelait ses cousines ou ses sœurs, il y avait aussi àes fo//es, des iiains, df's naines^ des bouffons, des nègres et des négresses, de jeunes Kalmouck aux yeux bridés, au nez retroussé, des vieillards aveugles qui chantaient les poèmes épiques de la Russie légendaire ou contaient des histoires de princes amoureux, de sorciers, d'enchanteurs, de vampires..., etc.

Voltaire nous fait connaître que Pierre le Grand avait des fous parmi sa suite, dans un voyage qu'il fil en Europe en 1697. De retour en Russie, au commencement de 1703, ce prince célébra avec pompe le mariage de' l'un de ses bouffons. Plus tard il recommença une fête de ce genre dont le cérémonial fut le plus bizarre.

«... Solof avait quatre-vingt-quatre ans. Le tzar imagina de lui faire épouser une veuve de son âge et de célébrer solennellement cette noce. Il fît faire l'invitation par quatre bogues. Des vieillards décrépits conduisaient la mariée. Quatre des plus gros hommes de Russie servaient de coureurs. La musique était sur un char conduit par des ours qu'on piquait avec des pointes de fer et

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i|ni par leurs miigissemeiils, formaient une basse (lii^ne (les airs qu'on jouait sur le chariot. Les mariés furent bénis clans la cathédrale par un pré ire aveugle et sourd à qui on avait mis des lunettes. La procession, le mariage, le repas des noces, le déshabillé des mariés, la cérémonie de les mettre au lit, tout fut également convenable à la bouffonnerie de ce divertissement... ».

(( En 1718, Pierre le drand, raconte encore

Voltaire avait à sa cour un vieux fou, nommé Sotof qui lui avait appris à écrire et s'imaginait avoir mérité parce service les plus importantes dignités. Pierre, qui adoucissait quelques fois les chagrins du gouvernement par des plaisanterie convenables à un peuple non encore réformé entièrement par lui, promit à son maître à écrire de lui donner une des première dignités du monde. Il le créa pape avec deux milles roubles d'appointementet lui assigna une maison à Pétersbourg, dans le quartier des Tartarcs. Des bouffons l'installèrent en cérémonie, il fut harangué par quatre bègues il créa des cardinaux et marcha en procession à leur tête. Tout ce sacré-collège était ivre d'eau-de-vie ^ ».

Les bouffons survécurent à Pierre le Grand. Annelvanowana, qui régna de 1730, à 1740, s'en-

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