‹ Fous et bouffonsChapitre 81 sur 100 · Voltaire, Histoire de Russie, Ile part. chap. XIV, t. IX · texte numérisé non relu

Voltaire, Histoire de Russie, Ile part. chap. XIV, t. IX

toura de fous et alla même jusqu'à obliger les grands seigneurs à jouer le rôle de bouffons malgré eux. Cette fonction était tellement méprisée, que, plus d'une fois, le masque et l'emploi de bouffon servit à avilir, à faire tomber dans le ridicule, à écraser les puissants du jour qui avaient eu le malheur de déplaire à leur souveraine ou à ses favoris, « Déjà réduit à la honteuse condition de foii de cour par l'impératrice de Russie pour avoir quitté la religion grecque et embrassé le catholicisme, le prince Galitzin est contraint par cette princesse à épouser une lavandière après la mort de sa première femme. L'Impératrice voulut que la première nuit de noces fut passée dans un palais de glace, sur un lit de la même matière : l'hiver était des plus rigoureux : les deux époux furent promenés par la ville dans une cage portée par un éléphant, des dignitaires de toutes les parties de la Russie et des peuples conquis marchaient à leur suite revêtus de leurs costumes nationaux et portés par des chameaux ou traînés par des bœufs, des chiens, des boucs et même par des cochons... ' »

D'autres fois le masque de bouffon venait encore ajouter à l'infamie et à la haine qui poursuivait un homme même après sa mort.

... « Lorsque Otrepief, qui se fit passer pour le

Page 1