FOX ET LA TOLERANCE
L'obligation de communier suivant le rite anglican et de prêter le serment imposé en 1673 par le bill du Test empêchait tout catholique ou dissident d'entrer dans une fonction publique ou dans une corporation. A plusieurs reprises à cette époque (1) Fox demanda la révocation de l'acte du Test et se fit l'avocat de l'émancipation religieuse. Il expliquait qu'on doit juger les hommes d'après leurs actions et non d'après leurs opinions, qu'on doit seulement demander aux fonctionnaires de remplir leurs devoirs de bons citoyens, qu'instituer des examens religieux de ce genre conduit à
(x) V. notamment les discours du 9 mai 1789, 2 mars 1790, 21 février, 1er mars 1791 et les réponses aux motions Beaufoy.
l'injustice, à l'oppression, fait prendre la triste habitude de juger les opinions politiques par les opinions religieuses et prive le pays d'hommes de talent. Il déclarait parler au nom de la tolérance et des droits universels du genre humain. Cette doctrine se heurta au dogme de la religion d'État énoncé par Pitt en termes hautains, à l'exaltation lyrique de la sagesse des ancêtres qui avaient lié étroitement l'Eglise et l'Etat. Fox dépassait l'horizon des contemporains ; un biographe moderne lui a reproché de ne pas s'être ici conduit en homme d'État épris de la réalité (x). Pourtant Fox n'a fait
(]) Il est possible que la malignité me représente dans la pratique comme un nouvel Olivier Cromwell voulant attaquer la religion ; déjà on m'a comparé à cet usurpateur comme attaquant la couronne et ce sont les personnes dont en ce moment je plaide ici la cause. Néanmoins cette cause je l'ai entreprise d'après la conviction de sa justice et je serai toujours prêt à devenir l'avocat des membres du clergé qui, peut-être en ce moment, m'accablent de leurs fausses accusations si je les vois un jour en danger. Je m'expose donc aujourd'hui à l'inconvénient de perdre ma popularité certain que le temps n'est pas éloigné où la justice sera rendue à mes motifs . .
« Plus vous êtes puissants, plus vous devez être g reux. Plus le pouvoir est effectivement puissant, plus il doit ménager le faible, plus il doit avoir soin de ne pas s'écarter de l'humanité et de la justice » (1er mars).