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FOX ET LA R K V O L U T I 0 N

et priver quelque temps celui-ci de l'appui de ses derniers partisans.

Le journal de Malmesbury nous apprend que, dès le mois de juin 1792, un effort avait été tenté pour amener une alliance entre Pitt et Fox. Malmesbury raconte qu'il a eu une conversation à ce sujet avec Portland. Portland croit cette alliance nécessaire au bien du pays. Fox, espère-t-on, sera partisan' de la coalition ; mais il ne voudra pas paraître sacrifier ses idées à la politique de Pitt ; s'il consent à s'unir à Pitt, ce sera, sans nul doufe, à la condition que cette alliance sera librement consentie ; que pouvoir, patronage, avantages du gouvernement seront partagés. Les jours suivants les intermédiaires qui négocient l'alliance tâchent de se concerter sur les grandes mesures : réforme parlementaire, abolition de la traite des nègres, acte du Test et politique vis-à-vis de la France. Mais bientôt, Fox consulté, exprime, dans une conversation avec Malmesbury, des doutes sur la sincérité de Pitt ; il craint que Pitt veuille seulement briser le parti whig et il réclame, comme garanties, certains portefeuilles pour ses amis Sheridan, Grey, Erskine et Robert Spencer. — Sous cette

réserve, il reconnaît l'utilité d'une coalition, surtout étant donné que le besoin se fait particulièrement sentir d'une administration forte ; avec sa compétence habituelle, Fox entame le chapitre affaires étrangères. Mais, le lendemain, mécontent, indécis, il déclare qu'il croit la coalition impossible.

Ce qui rendait les négociations difficiles, indépendamment de ces sautes d'humeur, c'était d'une part que Pitt, craignant les manifestations de l'opinion de Fox, relativement à la Révolution française, lui refusait le ministère des Affaires étrangères et que, d'autre part, Fox exigeait, comme condition expresse de son acceptation, que Pitt quittât la trésorerie.

Burke intervint avec à propos pour exploiter contre Fox ces difficultés. Il se déclara partisan de la coalition avec les whigs ; mais il dit que le « char de Fox barrait le chemin » que les principes affirmés par Grey et non désavoués par Fox, introduisaient de la division dans le parti, que l'on devait faire Longborough chancelier et que le parti serait ainsi suffisamment représenté. — Burke se posait en intermédiaire officiel de la négociation ; un jour

où Pitt laissait entrevoir un changement de politique extérieure, un accommodement avec la France comme conséquence de l'adjonction du duc de Portland et de ses amis au gouvernement, Burke se redressa et se déclara autorisé par le duc de Portland à affirmer que celui-ci détestait ces sortes d'accommodements.

Le résultat fut que Fox devint de plus en plus intraitable. Si on lui avait offert le ministère des Affaires étrangères avec le rôle de leader de la Chambre des Lords, Fox aurait sans nul doute accepté. Mais, dans une entrevue très secrète, Pitt lui proposa des conditions de coalition, reposant sur l'exclusion de certains hommes, notamment de Sheridan. Fox ne voulut pas l'admettre : il répondit en exigeant que Pitt abandonnât la fonction de premier ministre et rompît ainsi la discussion. A partir de ce moment, l'idée de la coalition sans Fox se précise ; des réunions auxquelles Fox n'assiste pas sont tenues chez Portland ; c'est à une de ces réunions que Bedford refusa de participer en apprenant, au moment d'entrer, l'absence de Fox.

Portland, cependant, n'était pas encore décidé à la rupture avec Fox ; ce n'est que cinq

mois plus tard que la séparation définitive aura lieu ; mais elle se prépare déjà et Fox n'est plus le chef incontesté du parti Whig. Il y a une espèce de conspiration tacite des historiens anglais (*) pour montrer que cette désunion du parti Whig n'était pas dangereuse pour la cause de la paix. D'après eux, F Angleterre officielle était alors résolue à une politique de neutralité. Pour prouver cette assertion, il montre l'Angleterre ne répondant pas à l'appel de Louis XVI, alors que tous les autres pays armaient pour sauver le roi de France, les hommes d'Etat anglais se contentant de manifester une certaine complaisance pour les envahisseurs, une certaine crainte des « envahis » et, dans leur petite sagesse, comptant sur les vieux parchemins des traités européens pour remettre tout le monde à sa place. L'effet du manifeste du duc de Brunswick aurait été d'exciter chez les ministres anglais le désir vague d'un triomphe de la coalition en laissant à l'Angleterre la possibilité de dire qu'elle n'y était pour rien.

Pour appuyer sur des textes précis ces affir-

l1) Comewall Lewis, Wakeman.

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