PIÈCE A FEMMES
Au temps où Julius Janinus était préteur... pas sur gages, une Rigolboche nommée Flora avait amassé, à la sueur de ses tibias, quelques milliers de sesterces.
Avant de mourir, elle institua légataire de cette fortune le Sénat, — qui accepta, — à la condition que, tous les ans, à l'anniversaire de sa mort, on donnerait des réjouissances théâtrales publiques et gratuites, dans lesquelles figureraient ses compagnes. Celles-ci furent surnommées les Flora par le peuple.
Lactance décrit ainsi ces représentations :
Mcretrices, flaijitanto populo, nudati3 Corporibus, mimorum fungebantiar officio.
Un jour que les Flora donnaient une représentation, Caton entra au théâtre. Averties de la présence du censeur, les actrices
n'osèrent pas se montrer sur la scène, jambes et épaules nues, et commencèrent à jouer, enveloppées dans de longs pardessus.
Cela ne fit pas l'affaire du public qui se mit à interpeller le trouble-fête et à crier : A la porte! à la porte! sur un air qui s'est conservé jusqu'à nous et que nous désignons par : Air des Lampions,
Alors Martial, qui se trouvait dans la foule, demanda la parole et décocha au malencontreux interrupteur des plaisirs publics cette épigramme qui fut couverte d'applaudissements :
Nosces jocosfe dulce sacrum Florœ Festoque lusus et licentiam vulgi, Cur lu tlieatrum, Cato, severe venisti?
An ideo tametsi vénéras ut exires ?
Caton comprit qu'il s'était fourvoyé et décampa.
Des bravos frénétiques saluèrent sa sortie.
Puis, les voiles tombèrent et le spectacle continua.
La pièce à femmes était inventée!!!