‹ Foyers et coulisses; panorama des théâtres de ParisChapitre 2 sur 16 · OPERA · texte numérisé non relu

OPERA

Selon les goûts, les caractères et les humeurs, ceci est un parfum qui enivre doucement les sens et la pensée, ou une exhalaison douloureuse à l'odorat et pesante à la poitrine.

Je me place, moi, être bizarre et non compris, dans la première de ces catégories; et la preuve, c'est que je me complais d'avance au récit que j'entreprends, c'est que je trouve de l'harmonie dans ce désordre, que je vais tâcher de régulariser à votre profit, et qu'à tout prendre la monotonie du bien est plus triste, plus écrasante mille fois que la variété du mal.

La lente majesté du fleuve promenant ses.eaux sur des plaines nivelées et dans un lit creusé pour lui m'assoupit et m'énerve, tandis que je me réveille à la voix sonore de la cataracte qui .tombe du plateau dans le gouffre et bondit ensuite de roc en roc en tourbillons neigeux, pareils à un essaim de chèvres blanches sur la cime des Pyrénées.

Pourquoi l'œillet produit-il sur mon cerveau l'effet du vin de Champagne? Pourquoi le lilas m'endort-il? Pourquoi la rose me fait- elle verser des larmes? Pourquoi l'aspect de certaines jolies femmes me soulève-t-il le cœur, tandis que la présence de certains visages sans grâce et sans régularité appelle mes regards ? On sent ces choses-là, on ne les explique pas ; elles sont parce qu'elles sont : voilà tout.

Quand je dis que mes regards sont flattés ou blessés par de

certaines images, il est bien entendu que je ne vous parle que du passé. Les ténèbres n'ont point de reflets ; ma vue, c'est ma mémoire; et malheureusement, chez moi, la mémoire est au cœur...

C'était autrefois un grand et magnifique salon tout sculpté, tout doré ; le badigeonnage a voilé les dorures : cela coûte moins cher d'entretien ; et puis, il y avait peut-être péril à présenter sans- cesse cette couleur brillante aux regards avides des prêtresses du lieu. Tantale est depuis longtemps banni de l'Opéra, ainsi que ses compatriotes de la fable. Plutus vient parfois y promener ses airs d'insolence et de fatuité.

Aujourd'hui, le vaste salon est coupé en deux : la partie supérieure est le foyer des danseuses ; son plan incliné habitue les jambes des nymphes aux planches du théâtre; la seconde partie du salon sert de magasin. Ainsi donc, des vieilleries en dessous, des meubles frais et neufs en dessus... Vieux flatteur, va !

La cheminée est à gauche en entrant ; à droite s'épanouissent une grande quantité de belles glaces; froid et chaud, tout est contraste à l'Opéra. En face de la porte trône un beau buste en marbre de la célèbre Guimard. C'est devant elle, et comme pour obtenir son suffrage, que s'exercent les danseuses. Les méchants disent que le buste grimace et fait la moue plus souvent qu'il ne convient à un marbre. Que ne disent point les méchants !

Tout prés de la cheminée pirouettent, sautillent, gambadent, piétinent, jacassent les marcheuses, les figurantes et les rats. Ces derniers sont ainsi nommés parce qu'ils vivent dans la maison et de la maison ; ils y gratignent, ils y nichent, ils y poussent comme des champignons. Un rat, hors des coulisses et du foyer de l'Opéra, est tout désorienté ; il se trouve dans un monde à part, dans un monde inconnu, abhorré. L'air libre est lourd aux poumons du rat dont je vous parle ; il veut l'odeur du quinquet, la flamme du gaz ; il s'accroche à la corde huileuse, il se cramponne aux portants de la coulisse ; il cherche un sol de planches, un ciel de toiles, une marche de sauterelle, une parole cadencée; et puis, dans le lointain, un beau lustre, un parterre, des loges flamboyantes^ de magnifiques toilettes et des binocles braqués sur ses ap-

pas naissants. Le rat de l'Opéra ne craint pas le matou. Le matou du rat de l'Opéra, c'est l'habitué de l'orchestre, vieux ou jeune, peu importe.

Chaque rat a son matou de prédilection ; mais il est inconstant par nature et par calcul ; l'unité lui déplaît : deux matous lui suffisent à peine; ceci sans calomnie.

Les figurantes se rajeunissent, c'est dans l'ordre ; les rats se vieillissent, c'est une tactique. Les premières veulent continuer plus longtemps, les derniers veulent commencer plus tôt; ceux-ci ont des mamans qui les favorisent dans cette ardeur de virilité ; les mamans des autres ont passé des joies de la terre au silence de la tombe... Paix à elles !

Les rats et les figurantes ne se jalousent pas; entre eux il y a presque toujours communauté de biens et de profits. L'égoïsme est un vice inconnu des rats et des figurantes de l'Opéra.

Je vous ai parlé de marcheuses. Il y a des marcheuses à l'Académie nationale de musique ; il y en avait sous Duponchel, sous Véron, il y en a eu sous l'Empire, il y en aura toujours.

Les marcheuses sont ces grandes et belles filles que vous voyez, à la suite des corps d& ballet ou des fêtes publiques, montrer aux regards de la foule leurs beaux yeux noirs ou bleus, leurs belles chevelures à elles ou d'emprunt, leurs jarrets taillés comme ceux de la Diane chasseresse, leurs gorges

et leurs épaules pareilles à celles de la Vénus de Milo

presque aussi ébréchées, quoique moins antiques. Les marcheuses de l'Opéra ne sont point à dédaigner, je vous le jure. Je vous ai dit qu'il y en avait du temps de l'Empire, etcek est vrai. A cette époque brillante, toute diamantée par nos conquêtes, les grands officiers du grand capitaine, avec leur grand sabre, leur grand uniforme et leurs grandes moustaches, venaient souvent dans les loges de l'Opéra étaler aux regards de la foule ébahie l'orgueil de leurs cicatrices et de leur idiome des camps. Chacun d'eux avait une marcheuse à sa disposition, et, comme les feux croisés de deux batteries rivales, les regards des vainqueurs et des vaincus se heurtaient dans la salle en vives étincelles. C'était encore là l'image de la guerre; et, à peu de chose près, nos vieux braves

pouvaient se croire de nouveau sous les murs du Kremlin ou aux portes de Vienne.

Mais, quand le maître avait parlé, quand il avait montré du doigt un empereur à détrôner, ses soldats prenaient la volée comme autant de vautours rapaces ; et, fidèles dans leur attachement tout chevaleresque, les marcheuses du grand Opéra suivaient les armées et bivouaquaient loin de leurs dominateurs. Pauvre Opéra! que devenais-tu alors?

Aussi rapide que l'aigle qu'il avait pris pour enseigne, l'empereur revenait après sa tournée de géant, et ses lieutenants chargés de trophées le rejoignaient à petites marches. Un jour qu'au milieu des cris de vive l'empereur ! mille fois répétés, une loge s'ouvrit au spectacle du Triomphe de Trajan : « Qu'estce que cela? s'écria Napoléon désappointé; quels monstres le Romain traîne-t-il à sa suite? Est-ce pour de pareils magots que ma libéralité s'étend sur ce théâtre? Je veux une réforme, une réforme complète ; qu'elle ait lieu demain, ou je me fâche. »

La volonté du maître était un fait accompli.

Le directeur et les régisseurs de l'Opéra se mirent en quête de belles marcheuses, une presse sévère eut lieu dans toutes les maisons tolérées de la capitale, et les coulisses du plus brillant théâtre du monde se peuplèrent de vierges folles, qui trouvèrent leur compte à cette violation inusitée du domicile.

Voici la liste exacte des jolies femmes du corps de ballet, des rats et des sauteuses de l'Académie nationale de musique.

Je n'en ai pas oublié une seule.

Vous connaissez le temple, étudiez les desservants; il y a profit à de semblables analyses, l'intelligence a son scalpel, disséquons le moral et le physique de l'armée belligérante.

ROGER, Le larynx ne fait pas plus la fortune du chanteur que la plume celle de l'écrivain; j'ai connu un emballeur qui moulait admirablement à la course les adresses confiées à ses soins; j'ai entendu un marchand de peaux de lapin

dont le timbre est aussi pur, aussi argenté que celui des cloches de Notre-Dame de Lorette.

On chante faux avec une voix métallique, on peut écrire des niaiseries avec une plume d'or. Le travail, la méditation, la persévérance, voilà les trois mobiles des succès durables, de ceux-là seuls qui font les réputations, qui bâtissent les renommées.

On disait : Si sa voix touche au grand Opéra,

Ce qu'elle a de brillant bientôt s'éclipsera.

Il arrive, on écoute, et, dans le cirque immense,

Un bravo général retentit, recommence,

Et du cintre au parterre un vaste écho répond...

Après Duprez premier règne Duprez second.

BRÉMOXT. Une basse à côté d'une autre, c'est peu dans Tordre ; mais le hasard l'ordonne, et j'obéis ; grâce à lui pourtant j'aurais pu m'épargner les lignes que je trace en ce moment, et dire de Brémont ce que je dis de Levasseur.

Mme 1LABOÏSOE. Pureté cristalline, élégance dans la phrase, timbre mélodique : telles sont les qualités qui distinguent cette cantatrice, dont les deux Amériques saluent le nom avec autant de bonheur que nous-mêmes :

Elle r'nce si bien et dièse et bémol, Qu'ol la dit en tous lieux la sœur du rossignol : Moi, je trouve toujours sa note si coquette, Que je la crois plutôt la sœur de la fauvette.

Trois la dans un même vers! Pourquoi pas, puisqu'il s'agit d'une cantatrice d'un si grand mérite?

GUEYIIARH. Il est arrivé, il a fait sa trouée à travers la foule des ténors qui se heurtaient, et il s'est placé en première ligne.

Le médium de Gueymard et ses cordes basses ne sont point irréprochables ; mais ses notes élevées ont une puissance magique : elles visitent avec la même sonorité toutes les parties delà salle; elles arrivent nettes, posées, distinctes... Gueymard appartient désormais à l'Opéra, comme l'Opéra appartient à Gueymard; il en a fait sa conquête. Depuis Guillaume Tell surtout, Gueymard a grandi de vingt coudées, et les beaux jours de Dupré renaissent avec lui.

Le voilà donc cet ut objet de tant de veille , Cet ut triomphateur, merveille des merveilles, Cet ut, vrai casse-cou de l'aride ténor, Ut sacré, fabuleux, valant son pesant d'or, Ut qu'on cherchait toujours sur cette boule ronde, Ut qui devait enlin faire le tour du monde, Ut vainqueur des houris aux magiques appas, Ut frénétique auquel Auber ne croyait pas; Cet ut est arrivé, ce grand ut de poitrine, Cet ut pyramadal, cet ut, ce fameux ut, S'échappant du larynx, du ventre ou de l'échiné; Cet ut qui des ténors lut constamment le but, Cet ut qui, dans les airs, fit naître tant d'orages, En jetant sur le sol maints ténors démontés; Le voilà donc, cet ut, plus haut que les nuages, Cet ut impérial, incroyable, indompté, Cet ut qu'avant Duprez l'on disait impossible... Sur lequel on visait comme sur une cible! Le voilà, garde-le, mets-le bien à l'écart, Qu'il soit fêté, choyé, quoiqu'arrivant fort tard; Nourris-le, ce glouton, cet ut hyperbolique, Cet ut Ois de l'enfer, cet ut diabolique, Cet ut qui vaut cent fa, mille ré, cinq cents mi, Quatre cent mille sol, qu'on ne tient qu'à demi, Ut qu'on ne peut lancer qu'en allongeant la lèvre, Iftqui fait frissonner, ut qui donne la fièvre, Ut beau, tel que jamais on n'en fit de plus beau, Ul qui saura creuser, hélas ! plus d'un tombeau. Ut crâne, ut assassin, ut vraiment incroyable, Ut qu'on a si longtemps chez nous traité de fable, Cet ut qu'après vingt ans tu viens de faire tien, Garde-le, cher Gueymard, moi je quitte le mien.

A présent qu'on a tiré Duprez au clair, félicitons-nous de noire nouvelle conquête, Gueymard a son ut, restons-en là.

€EAPPUI§. Encore un ténor ! il en tombe des nues. Ro~ queplan n'est pas assez sot pour s'armer d'un parapluie ; il les recueille, et il a raison, quand ils sont pétris comme celui dont je vous parle. Voix ample, facile et légère : on applaudit toutes ces qualités chez Chappuis.

MA^^OIL. C'est une vieille connaissance dont le départ a fait un vide à l'Opéra, mais qui vient de réparer le tort de son escapade par un retour que nous appelions de tous nos vœux.

Massol possédait un castel en 1846... Le caste! existe tou<'

jours frais, joyeux et sans brèche, celui-là... J'y demande un asile.

HERI/Sf. Soyez le bienvenu, car vous n'avez point de contradicteur, car vous ne comptez parmi nous que des amis ôtant leurs gants pour vous applaudir: le bruit est moins sourd.

HOREIjILI. Je savais qu'il m'arriverait. Le voici, je m'en empare.

Il est bien taillé, très-beau garçon, bien élevé, il est de race; et ce ne sont là pourtant que les moindres qualités du baryton émérite qui sait son art comme vous savez votre alphabet.

Les Italiens laissèrent partir Morelli, devenu notre concitoyen. Il avisa de nouveau la belle Ausonie, se retrempa au ciel de Milan, revint encore, courut à Madrid, où ses triomphes ajoutèrent quelque chose à son talent déjà si distingué ; puis se remontra de nouveau à Paris, et l'y voilà, certes, ancré toujours.

La voix de Morelli est sympathique comme une caresse fra ternelle ; mais c'est sa méthode surtout qui lui vaut la place qu'il occupe dans l'estime des connaisseurs, c'est elle qui fait sa réputation, j'allais dire sa renommée.

Quand tu viens, Morelli, par un charmant lien,

A la nôtre d'unir ta vie,

Garde ton chant italien, Mais que ton cœur aimant soit de notre patrie.

Et puis je te promets lièvres et lapins pour ton parc de Chatou, à la condition, toutefois, que Chappuis les laisse en repos... Ne faut-il pas que tout le monde vive? aujourd'hui Guillaume Tell chante par la voix de Morelli... que les barytons passés et présents s'inclinent.

PliUMKETT. Les bonheurs ont leurs caprices, car voilà une toute gracieuse personne à côté d'un beau garçon qui peut la voir et lui presser la main. Quant aux petits pieds delà danseuse, ne les cherchez pas, ils voltigent si vite qu'on se fatigue à les suivre.

Est-ce un sylphe, un duvet, une feuille de rose? Est-ce un doux alcyon au cri faible et plaintif, Quand, loin de sa compagne, on l'enchaîne captif? Tout cela c'est Plumkett qui se métamorphose.

Les rimes m'appartiennent, la pensée est à ceux qui voient, mon devoir est d'écouter ce que Ton dit là et là, et de recueillir sur mon livre pour l'instruction de tous.

PETITPAS. Petitpas! que lui importe à lui de les faire grands ou petits, puisqu'il ne se fatigue jamais à la course! Vous le voyez partir, monter et retomber... je ne l'entends pas.

Mme TEBJE&CO. Combien a-t-il fallu de temps à cette belle femme pour se créer chez nous une réputation?... Un jour, une heure, quelques instants, une phrase. C'est là une cantatrice complète, une de ces organisations privilégiées qu'on cherche et qu'on ne trouve qu'à de rares intervalles... Madame Tedesco est taillée pour les reines. Si vous l'écoutez dans la Berthe du Prophète, vous rentrez chez vous la tête et le cœur bercés de chastes mélodies, le cœur et la tête empreints de douces pensées.

Mme poinsot. Encore une belle femme, encore une belle fille, encore un beau talent dont les Huguenots et Robert ont assuré le triomphe. Donnez-lui une création, et vous verrez où s'arrêtera l'enthousiasme.

Mme »A5îEKO^T. Salut! trois fois salut à cette gentille cantatrice que je vous défie bien de ne pas aimer si vous l'avez vue, que je vous défie bien de ne pas applaudir si vous l'avez entendue! Le génie choisit à merveille ses favoris et ses favorites, il ne veut pas d'un soi stérile, et les conseils viennent en aide aux facultés que la nature a données. Mademoiselle Dameron est une des pierres les plus précieuses du diadème de l'Opéra.

Mme MASSON. Tiens, lis, Masson, lis ce rôle et fais-le valoir. Il n'en faut pas davantage pour que le rôle ait de l'éclat, pour qu'il rayonne dans la vaste enceinte, pour qu'il fasse crier bravo aux dilettanti accourus à l'appel.

BAUCHE2B. Des Bauchez à côté de mademoiselle Masson!... quel contraste! quelle impossibilité! La vertu impose comme le talent, et, malgré tout son mérite, Bauchez rentrera chez lui le cœur plein de regrets, comme vous, comme moi, comme nous tous.

MÉRAMTS. Si je les avais, Mérante, je les offrirais.... vous êtes trop curieux, vous ne saurez pas à qui j'en ferai hommage.

Miie fof^fOK.4. Je me fais l'écho de tout le monde; on m'assure qu'elle vient de Rome; ce n'est pas vrai, c'est la fille de l'air, c'est le flocon de neige, c'est le duvet promené par la brise, c'est la jeune nymphe touchant le sol pour ne pas quitter ses compagnes, c'est la fleur qui se penche, c'est l'abeille qui voltige, c'est la grâce et la légèreté sous le même corset, c'est le goût et l'élégance sous la même gaze, c'est aussi le feu dans le regard... Mais pourquoi n'y a-t-il pas le sourire sur les lèvres? Croyez-moi, Priora, coquetterie n'est pas vice, et la grande école, dont vous êtes le vrai modèle, ne t défend pas de montrer ses dents aux admirateurs qui ne veulent rien perdre des richesses offertes à leur avidité.

Taglioni, Priora... tirez au sort...

Sous l'arc de tes sourcils une flamme étincelle ; Dans les cœurs haletants un feu brûlant ruisselle, Alors que dans les airs on suit en vain tes pas. Et, puisqu'un Dieu puissant te créa noble et belle, Aux généreux instincts cesse d'êlre rebelle, Le marbre seul ne sourit pas.

^AinnMiÉ4>3L Montrez-lui de votre loge le bouquet que vous lui destinez, mais ne le lui jetez pas, il saura bien monter le prendre et descendre avec lui.

Personne, pas même Paul l'Aérien, n'a eu tant d'élévation; il danse comme l'oiseau vole; et ne croyez pas que tout son esprit soit dans ses jarrets... Saint-Léon est plus artiste que cela; il imagine, il compose, il crée des sujets de ballets ravissants à l'œil et parlant à la pensée comme la poésie d'Hugo, comme celle de Lamartine, de Ségalas et de Valmore.

Vous savez comme ce grand artiste joue du violon ; ici je suis compétent, et j'admire à mon tour.

GIRARD. Je me plais tellement dans l'harmonie des sons, qu'il m'arrive souvent d'oublier mes ténèbres lorsque j'écoute une musique sérieuse. Ne vous étonnez donc pas si j'envoie d'ici à M. Girard, l'habile chef d'orchestre du lieu, les témoignages de ma profonde gratitude. Dorus, Allés, mon jeune ami, Allard, Senger, Veroust, Norblin, merci à vous qui pensez peut-être un peu au pauvre Bélisaire qui pense beaucoup à vous, et qui vous quitte cependant pour de nouvelles analyses !

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