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Nous avons remarqué, en outre, (Voir Chapitre premier, Arliculalion de le rotule avec les condyles jémoraux), que !e condyie interne du fémur, par son inclinaison plus forte vers le fond de la trochlée, s'opposait à toute luxalion interne de la rotule pour un choc atteignant cet os sur son bord externe, el d'autant plus vigoureusement que la rotule est mieux coincée dans la poulie fémorale.
Pour ces deux raisons, la rotule ne peut subir aucun déplacemenlt interne sous le choc de l'éclal d'obus. Ce dernier pénèlrera donc dans l'os, à la facon d'un coin, qui le fera éclaler en un fragment antérieur el un fragment postérieur tout en Jésant le lissu spongieux de la rotule.
René Virtar a vu des points de comparaison entre une rotule ainsi fracturée et une huilre mi-ouverte, Nous pourrons peut-être nous permeilre 161 de comparer l’action de Péelat d'obus sur fx rotule au rèle du couteau de l'écaillère qui sépare les deux valves d'une huitre.
La comparaison de VisLar, consistant dans le rapprochement d'une rotule ainsi fraciurée avec une huitre mi-ouverte nous semble d'ailleurs fort exacte, el l'appellation de fracture «en coquilles dhuilres » qu'il donne à celle variété de fracture est urès hnagée. En effet, la rotule présente déjà, dans ses lormes générales, pas mal d'analogies avec ceHes d'une huilre. Si donc, un Uaumalisme vient à la lraclurer dans son sens fronial, les deux fragments sont tout à fait comparables aux valves d'une huiître, Entre ces deux valves, se louve le Ussu spongieux contus el transformé de la sorle en une bouille épaisse el Sanguinolente.
En outre, les deux valves sont plus où moins écartées el cela, selon Je degré des déchirures ligamentaires. Si le trau- Malsme na pas été trop lorl el par la suite, le déplacement minime, les deux valves se maintiennent en contact. réunies au niveau de Fapex par Finsertion du puissant ligament rotre Den qui consüilue une vérilable charniere, dernier point de comparaison avec une huilre mi-ouverte,
J'est cependant un point, relativement au siège du trait
A à ES
de fracture, sur lequel les conclusions de notre étude histologique ne concordent pas avec l'observation de Vircar. Rappelons que dans le cas qu'il rapporte, le fragment antérieur était plus épais que le fragment postérieur.
Au contraire, dans l'étude des coupes de rotule, nous avons constaté que la zone de faiblesse siège à l'union des deux systèmes histologiques, c'est-à-dire au niveau de son tiers antérieur. Par conséquent, si la-fracture avait eu lieu au niveau de la zone de faiblesse chez le blessé de VirraR, le fragment antérieur aurait été moins épais que le fragment postérieur.
Pourquoi est-il plus épais ?
Plusieurs explications semblent pouvoir être données
1° Pour ViraR, 1l existe une deuxième zone de fañblesse
dans la rotule, sté-
geant environ au Zone compacte
postérieure Îiers postérieur, en
à] 1Gé IN ol a €
Masse spongieuse . PICII LISSU Spongieux,
Zone et au niveau de lacompacte
Pre pige Zonctrontièe quelle ‘se serait-produile la fracture précitée.
Il y a bien, en ef- Jet, en examinant la coupe vertico-sagillale, une zone siluée en arrière de la zone
compacte antérieure, qui semble être une seconde zone de faiblesse. Cette dernière décrit à travers la zone spongieuse un demi-cerele partant du sommet de la zone compacte postérieure pour aboutir à la base de cetle zone. Dans ce cas de fracture, on aurait par conséquent un fragment antérieur plus épais et concave pal sa face postérieure, el un fragment postérieur plus mince, el
convexe par sa face extérieure,
, © M. Vicrar nous dit bièn qu'en effet les fragments observés | chez son blessé étaient exactement semblables à ce iype. - Mais, malheureusement, cette deuxième zone de faiblesse, que VILLAR suppose être la vraie zone frontière, si elle est
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Visible sur la coupe vertico-sagittale, ne l'est plus sur là coupe
“transversale. Son existence n'est donc pas absolument cer-
taine. En outre, que signifie-t-elle, puisqu'elle ne semble être «zone frontière » que dans ses deux tiers supérieurs, son der-
nier tiers étant situé en plein issu spongieux de Ja zone poslé-
rieure de la rotule ? Enfin, quelle est son origine, son éxpli-
cation morphologique ? RATS | Sans qu'il soit possible de répondre à ces questions, SON
Ed RENNES ., AE * = k
existence semble cependant prouvée par la coupe verlico-sa-.
gitale. Il y aurait donc dans la rotule deux zones de faiblesse qui se confondraïent d'ailleurs dans leurs deux tiers supérieurs. | DEN
2e M. le Professeur DIEULAFÉ donne l'explication suivante : «Le blessé serait peut-être un homme d’une musculature supérieure à la normale, et chez lui, la zone antérieure de la rotule serait plus épaisse, par suile du développement excessif du quadriceps crural dont elle prolonge le tendon: Dans ce cas, le fragment antérieur pourrait être plus épais que le fragment postérieur. »
Nous nous permettrons d’objecter que la coupe horizontale, déjà vue plus haut, a été prélevée dans la rotule d'un sujet fortement musclé. Or, la zone antérieure n'y est sensiblement plus épaisse que.sur la coupe verlico-sagittale prélevée dans une rotule de femme.
3 De notre côté, nous essayerons de donner l'explication suivante : l'éclat d'obus a pénétré comme un coin dans la rotule, la faisant éclater. Mais il l’a peut-être atteinte sur son bord externe, au niveau de son tiers postérieur, et il en est résulté que le fragment antérieur a été plus épais que le postérieur, contrairement à nos prévisions basées sur l'étude histologique. En somme, l'éclat d'obus détermine le plan de clivage à l’endroit où il frappe l'os, car il fait éclater la rotule,
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et non glisser le système antérieur sur le sy stème postérieur. S'il avait atteint la rotule au niveau de son liers antérieur, le
trail de fracture aurait siégé au niveau de la zone de faiblesse,
et, le fragment le plus épais aurai été le postérieur el nqn | l'antérieur. A 410
D'ailleur s, M. Vian ne dit-il point dans l'explication qu is donne sur le mécanisme de gelte. fracture « qu'en matière de fractures de cause directe, toutes les modalités de cassure
sont possibles ée NEN. | s l ; |
b) FRACTURES INDIRECTES. — Leur mécanisme se résume à un glissement de Zone de faiblesse S Zonè antérieure 5, la z0ne compAc-
SR 7) le, Consecutteà 5 un traumatisme de te À de sens parälee pr 7 EN M nee lala 4 Son plan y frontal, sur la zone postérieure coincée dans la trochlée fémo-
ralé.
: = Ona ici aussi
Condyle interne
des points communs avec le mécanisme des fractures de cause directe, et ies mêmes conditions doivent élre remplies pour “que l’on ait une fracture el non une luxalion. l
1° H faut tout d'abord que la rotule soit absolument immobilisée par sa partie postérieure, sans cela l'os entier obéirait au traumatisme et l’on aurait une luxation au lieu d’une fracture.
Les conditions de cette fixation sont :
a) Les déchirures ligamentaires nulles ou insignifiantes, puisque ce sont les ligaments qui immobilisent la rotule dans la trochlée fémorale. Leur déchirure aurait un ellel inverse, et déterminerait une luxation (Voir Chapitre premier, Moyens de fixation de la rotule).
FE
Pt Sn a |
b) Il faut que la jambe soit en extension forcée ou flexion sur la cuisse, condition nécessaire pour que la rotule soit plaquée contre la trochlée fémorale ( Voir Chapitre premier vArliculalion de la rotule avec les condyles).
Voici donc la rotule complètement fixée. Si un choc quelconque vient l'alleindre au niveau de l'un de ses bords, elle ne pourra se déplacer élant maintenue par les ligaments et les condyles fémoraux, et elle tendra à se fracturer
Admettons, par exemple, qu'un traumalisme vienne frapper la rotule sur son bord externe, el au niveau de son tiers antérieur : elle tend à se déplacer dè dehors en dedans, et à
luxer. Mais ce déplacement est rendu impossible par la présence du condyle interne qui sert de butoir, el la Tuxation ne peut avoir lieu, sauf grosses déchirures ligamentaires.
La rolule ne pouvant se luxer va se fracturer si le traumaüsme est suffisant. À quel niveau aura Heu là cassure el quelle sera l'orientalion du trait de fracture ?
Ce rail passera entre les deux systèmes histologiques de Ja rotule, au niveau de la zone de faiblesse. Il sera par conséquent parallèle au plan frontal de Fa rotule. {
La parkie postérieure de l'os élant immobilisée, la partie antérieure, sollicitée par un choc qui veut la déplacer en dedans, glissera sur la première, et ce glissement se fera au niveau de la zone de faiblesse, dans le sens frontal el vertical. On aura ainsi une fracture verlico-frontale.
Tel est, à notre avis, le mécanisme général de ces fractures.
2° I faut que le traumatisme agisse sur le bord externe de la rotule. :
D'abord, nous disons sur le bord externe, car : nous venons de voir que le condyle interne servait d'autant mieux de buioir el S'opposait d'autant plus à une luxation de la rotule, qu'il est inchné en pente plus raide sur la trochlée.
[n'en est plus de même du condyle externe : ce dernier
élant mcliné en pente plus douce sur la rochlée (Voir Chapi-