HISTORIQUE
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Depuis que l'homme existe, il a appris à connaître l'effet d'un traumatisme sur son squelette, aussi l’ostéosynthèse est une opération qui fut pratiquée presque de tout temps.
BÉRENGER-FÉRAUD nous apprend que c’est l’école d'Hippocrate qui, la première, eut l’idée d'employer la suture osseuse dans les fractures du maxillaire inférieur.
Les médecins arabes pratiquaient l'ostéosynthèse dans les fractures de jambe en employant le fil d'halba (matière organique retirée des ligaments osseux du chameau).
Ambroise PARÉ atteint d’une fracture compliquée de la jambe ordonna qu’on la réduisît immédiatement par une opération sanglante.
Première période. — Mais ce n’est que depuis la découverte des rayons Roentgen que la chirurgie osseuse à pu faire des progrès certains. Il est vrai qu'avant 1896 RODGERS, FLAUBERT, DE ROUEN, VELPEAU, COOPER, FAUVEL n'hésitèrent pas à pratiquer des sutures osseuses dans les cas de pseudarthroses, et employèrent dans ce but des fils métalliques
D'autres tels que DierrenBacu, Ricaup de Strasbourg imaginèrent de cheviller les fractures des os longs.
HeIxe et Bicner en 1886 appliquèrent la méthode d’enchevillement central, et les résultats obtenus firent sortir l'ostéosynthèse de la période de tâtonnements où elle était depuis un demi-siècle.
Deuxième période. — Depuis, ce grave problème n'a point cessé d'être au premier rang des préoccupations chirurgicales. Travaux, publications, se sont succédé, mais il semble bien en réalité que les discussions se sont placées trop souvent sur le terrain des généralités. Il paraît pourtant que quelques notions pratiques commencent à se dégager : restrictions des indications, choix d'une technique et d'une instrumentation appropriée, nécessité pour le chirurgien de posséder la pratique de ces opérations.
Ce n’est pas sans une certaine résistance cependant, que ces idées nouvelles pénétraient dans le monde médical.
Deux clans ne tardèrent pas à se former :
D'un côté ArBunxor Lane en Angleterre, LAMBOTTE en Belgique, se faisaient champion de ces idées ; leurs travaux sur le vissage immédiat des os, avec ou sans le secours d’attelles métalliques, furent retentissants. On peut dire que ces deux auteurs en posant des indications opératoires précises et en créant de toutes pièces une instrumentation poussée dans ses moindres détails, transformèrent l’ostéosynthèse en une méthode logique et raisonnée.
En 1901, Jacorr et DusarriEr imaginèrent l’agraffage des fragments ; plus tard Turrær prouvait devant la Société de Chirurgie de Paris que « la réduction intégrale des fractures diaphysaires de jambe par manœuvres exter-
nes était irréalisable, et recommandait la réduction sanglante dans certains cas précis ».
En 1913 Parrram, en même temps que Purri, mettait au point une méthode de cerclage perfectionnée.
Devant ces méthodes tendant à révolutionner la chirurgie osseuse, quelques auteurs s’élevèrent et protestèrent contre la généralisation de ces procédés qui faisaient dire à certains : « Fractures ouvertes, fractures fermées, toutes égales devant le bistouri. »
Déjà en 1892, à la suite d’une communication de SCHNEI- DER en faveur des réductions sanglantes, VON BERGMANN déclarait au Congrès allemand de Chirurgie : « Si nous ne protestons pas ensemble nous serons ses complices. »
Au Congrès français de Chirurgie, en 1911, tandis que ALGLAVE et BÉRARD faisaient connaître au grand public chirurgical les méthodes et les résultats de LAMBOTTE, Lucas-CHAMPONNIÈRE considérait qu’en règle générale le principe de l’ostéosynthèse devait être évité.
Dans son traité des fractures, édité en 1915, TaAnToN la regardait comme condamnable et la considérait comme vouée à l'échec.
Lesars, tout en admettant la réduction sanglante, aimait mieux faire la suture primitive retardée, sans suture de l'os et éviter ainsi « l'inclusion de corps étrangers : fils métalliques, agrafes, plaques susceptibles de provoquer des accidents ultérieurs plus ou moins lointains ».
De même ALBÉE n'est pas partisan de l'emploi d'un matériel métallique non résorbable ; quant à LAPONTE il traite l'ostéosynthèse de fantaisie dangereuse.
Troisième période. — La guerre de 1914-1918 parut encourager les chirurgiens en multipliant les gros traumatismes, mais au contraire à ce moment il semble qu’un
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léger recul se soit dessiné ; il est vrai que les échecs furent mis, à bon endroit d’ailleurs, sur le compte de circonstances spéciales où l'on était forcé d'intervenir.
Quatrième période. — Depuis 1920 un grand nombre de travaux ont été publiés en dehors des bulletins de la Société de Chirurgie. Tous marquent une double orientation ; tout d'abord les chirurgiens recherchent les opérés et comparent les résultats obtenus à ceux des méthodes non sanglantes.
Par le fait même, l'histoire de l'évolution anatomique et clinique des fractures ostéosynthésées s'écrit au jour le jour.
Il nous faut citer les travaux et publications de DERELLY et Dusarrier ; et plus près de nous de Carr et ErsxG en Amérique, BARMWATER, HAGENTORN, KiIRSCHNER en Allemagne, Newman en Belgique, ZreroLD en Angleterre, CHaR- BONNEL, CORNIOLEY, FREDET, FRANTZ, JUVARA, LERICHE et Poricarn, MÉxéGaux et OpreTTE en France, pour ne citer que les principaux.
La question de la technique opératoire passe au premier plan, les auteurs insistent sur l'importance qu'ils attachent à la sûreté et à la précision des manœuvres et à la nécessité absolue où se trouve le chirurgien de faire sa propre éducation.
__ L'OSTÉOSYNTHÈSE
es he. Loue but — Ses avantages — Ses dangers
Rappel anätomo-pathologique et mécanique
Empruntons à Cornioey cette définition de l'ostéosynthèse : L’ostéosynthèse est une manœuvre sanglante deslinée à réduire et maintenir réduits par des moyens appropriés les fragments plus ou moins déplacés d'une fracture récente ou ancienne, que celte fracture soit ouverle ou fermée.
Or, c’est surtout dans les fractures de jambe que le chirurgien rencontre fréquemment de grandes difficultés de réduction et de contention. C’est donc dans ces fractures que l'indication de l'ostéosynthèse sera le plus souvent posée.
D'où vient la difficulté de réduction dans les fractures de jambe ?
Elle provient du type anatomique de ces fractures et des forces contraires qui s’exercent sur les fragments.
Il nous faut rappeler brièvement l'anatomie pathologique de ces fractures et étudier les forces qui s'appliquent sur chaque fragment et auxquelles doit s'opposer le matériel de synthèse.