QUELS SONT CES DANGERS
1° L'infectlon.
— Elle peut être d'origine endogène ; il est certain que toutes les infections générales et surtout la grippe, peuvent, après une ostéosynthèse par ailleurs correctement exécutée, localiser un foyer infectieux.
— Mais elle est le plus souvent d'origine exogène ; l'acte opératoire est souvent suivi de suppuration, l'emploi d'instruments nombreux, la mise à nu sur une vaste étendue d’un foyer osseux, l'attrition des tissus déjà suspects font courir au blessé le grand risque d’une infection locale ou générale. En particulier l’état des masses musculaire joue un grand rôle, ainsi que la direction du trait d'incision.
En effet, il ne faut pas que l’incision soit parallèle à l'axe de l'os, le matériel de prothèse ne devant pas se trouver en contact avec la cicatrice, autant que possible. D'autre part la peau de la jambe est maigrement nourrie et supporte mal une taille en lambeau, c'est pourquoi Danis conseille l’incision suivante : Il place son bistouri à 7 ou 8 cms de la pointe du biseau (fractures spiroides) et
ne
un peu en arrière du bord postéro-interne du tibia, et après être descendu verticalement jusqu’à 2 cms en dessous de la pointe du biseau, il croise l'os et ceci fait revient un peu vers le pied par une courbe.
Cette incision à des lèvres bien distendues se laissant facilement récliner et recoudre ; d’autre part, elle expose bien le foyer de fracture et s'en trouve suffisamment éloignée.
2° Intolérance du matériel de prothèse :
A côté de ces suppurations immédiates qui peuvent se produire entre les mains de l'opérateur le plus habile, il y a les inflammations subaiguës ou chroniques dues à l'intolérance du matériel de prothèse.
— Elles se manifestent par du gonflement douloureux, de l'ostéite et l'établissement d’une fistule. Ces accidents ont été signalés par de nombreux auteurs. Cependant certains, avec LamBorTe les considèrent comme dus non à une intolérance du corps métallique mais à un manque d’asepsie.
Quoiqu'il en soit, un grand nombre d'opérateurs se voient dans l'obligation de rechercher au bout d'un temps variable les pièces métalliques qu'ils avaient placées.
Tanron cite ces faits : sur 15 ostéosynthèses pour fractures fermées, BérarD dut enlever dix fois l'agent de fixation : 8 fois dans un délai de 2 à 5 jours à cause de douleurs névralgiques et du gonflement ; 2 fois à cause de suppurations tardives.
LamBoTTE a dû enlever les plaques, vis, fils ou cerclages dans une proportion de :
40 % des cas pour plaques de prothèse, 31 % pour vissages, 23 % pour les fils.
Les recherches de CornioLey concordent avec celles de LAMBOTTE, dans 40 % des cas, quel que soit le procédé d’ostéosynthèse, le matériel de prothèse ne fut pas toléré.
L'intolérance aboutit parfois à l'élimination spontanée du matériel, mais les cas cités par la littérature sont rares ; 6 fois sur 202 cas pour Denezzy et Guiror. Elle paraît d'autant plus fréquente que le matériel est plus volumineux. (GRIMAULT.)
3° Retard de consolidation :
D'après l’ensemble des travaux publiés sur la question, il est difficile de préciser la durée du temps de consolidation.
DE Bovis en 1910 écrivait : « VoKEer, PFEIL, SCHNEDER, Kocner, Bier admettent que la consolidation soit retardée ; Dezger le croit aussi ; par contre Guicar, FRIrz, KozniG ne paraissent pas admettre ce retard ; LAMBOTTE croit les délais de consolidation non seulement normaux mais réduits. » C'est à cette époque que les Américains s'appliquent à démontrer l'influence retardatrice de l’ostéosynthèse sur l’ostéogénèse.
HazLoprau, en 1920, déclare : « Si j'allais jusqu'au bout de ma pensée, je dirai que loin de nuire à la consolidation, le corps métallique la favorise. »
Actuellement tous les auteurs s'accordent pour dire que l'ostéosynthèse retarde la consolidation d’une fracture.
Cornioey donne les chiffres suivants :
Temps de consolidation d’une fracture diaphysaire fermée de la jambe, traitée par les méthodes non sanglantes : 75 jours.
Temps de consolidation pour un traitement par l'ostéosynthèse : 127 jours.
La statistique de Cornioey se décompose de la façon suivante :
Plâtre Extension Synthèse
Fracture spiroide :
1/3 moyen .. 48 jours 60 à 80 jours 112 jours
Mmmier seche» 60 à 79 » 49 x "y Fracture oblique :
1/3 moyen .. Fe ») D. » 176 »)
PNR EU OURS 57 » COTE Fracture trans-
2 2 DEEE 71 à 73 » 75 à 143 » AT Moyenne... 79,4 HAE 1278
Ce retard de consolidation est-il dû, comme le pense CoRNIoLEY, aux troubles qu'apportent à l'ostéogénèse l'inclusion d’une prothèse, ou bien au facteur : ouverture du foyer de fracture ?
D'autres auteurs : TurFiEr, LAMBOTTE pensent que les conditions locales d’une ostéogénèse normale seraient troublées par l'absence d’épanchement sanguin évacué lors de l'ouverture du fover et nécessaire à l’organisation du issu conjonctif embryonnaire, premier stade de la formation du cal.
Mais n'est-ce pas tout simplement à la destruction par l'opérateur de brides périostiques, qu'il faut imputer le retard de consolidation ? (DELBET.)
Quoi qu'il en soit, les retards de consolidation après ostéosynthèse sont dus soit à un manque de formation du cal, soit à l'absence d'ossification de ce cal en temps voulu.
Poussé à l'extrême, le retard de consolidation ahoutit à la pseudarthrose,
Nous pouvons conclure avec Lericxe et PoricarD : « L'ostéosynthèse retarde certainement la consolidation au point de vue biologique, mais au point de vue clinique, c'est-à-dire pratique, ce retard est négligeable.
4° Pseudarthrose :
Nous touchons ici à un des dangers les plus certains de l'ostéosynthèse. Les statistiques de LAmBoTTE portant sur 067 ostéosynthèses, donnaient le chiffre de trois pseudarthroses ; elles semblent sujettes à caution, les statistiques les plus récentes montrant leur grande fréquence.
ODYE SUP ILE: CAS RS ERP EURE . 2 pseudarthroses D'ALH) IVERSEN ES UT A CAS an 1 »
RO SUTLII CAS RSR Rae 2 »
CHARBONNEL et Massse : sur 75 cas ... 5 »