‹ Fractures (volume 2)Chapitre 13 sur 16 · DU FÉMUR · texte numérisé non relu

DU FÉMUR

Elle a été décrite par Slieda en 1908 ; Vogel, Preiser, Pfister, Drandt, Ishimoto et Kaiieko, etc. (1) lui ont consacré des travaux ; nous Tavons, personnellement, rencontrée 4 fois ; elle est, au total, relativement fréquente.

Stieda donne le nom d'u épicondyle interne « aux deux tubérosités destinées, Tinférieureà l'insertion du ligament latéral interne, la supérieure à celles du grand adducteur et du jumeau interne. La saillie

Fig. 263. — Fracture épicondylienne interne de l'extrémité inférieure du fémur. a, face; h, profil (Collect. personnelle).

supérieure peut se trouver détachée sous forme d'un fragment semilunaire de 1 à 3 centimètres de long, de 4 millimètres de large, sur 5 à 8 d'épaisseur, quelquefois divisé en deux. Le fragment ainsi isolé, attiré en haut, en arrière et en dedans, s'écarte légèrement du condyle (fig. 263). La réparation de la fracture se fait toutefois assez rapidement; l'espace compris entre le fragment osseux et le condyle se comble de tissu fibreux.

Cette fracture, qui ne s'observe guère que chez les adultes, succède ordinairement à une chute sur la face interne du genou fléchi à angle droit, quelquefois au choc d'un objet volumineux et dur.

Son mécanisme est encore imprécis ; Stieda incrimine Faction

(1) Drandt, Arch. f. klin. C/iir., 1911, Bd. XGVI, p. 517. — Ishimoto et Kaneko, Amer.Joarn. of orlhop. Surg., 1911, t. IX, — Pfister, Arch. f. klin. Chir., 1909, Bd. LXXXIX. — VonSaar, fiei7r. c./fhfi.C/iir., Bd. LXXIII, 1911. — Stieda, Arc/i. f. klin. Chir., 1908, Bd. LXXXV, p 815. — Vogel, Arch. f. klin. Chir., 1908, Bd. LXXXVII, p. 1076.

musculaire et en fait une fracture par arrachement. Vogel, Drandt, estiment que la fracture se fait par choc direct, la violence agissant de bas en haut et de dedans eu dehors ; l'action du grand adducteur déplace le fragment vers le haut.

On a objecté qu'il s'agissait là, non pas de fractures, mais de simples arrachements périostiques suivis de l'apparition d'une néoproduction osseuse qui se résorbe au bout de quelque twmps. Dans un cas de Pfister, la radiographie ne montrait rien immédiatement après le traumatisme ; cinq semaines après existait une ombre; l'auteur assista plus tard à la résorption de ces ossifications post-traumatiques.

A côté de cas qui ne sont, en réalité, que de petits arrachements corticaux, — arrachements dont Gangolphe a montré la fréquence au niveau de l'insertion supérieure du ligament latéral interne, dans l'entorse du genou par abduction forcée, — existent certainement de véritables fractures et Stieda a pu en observer un cas sur une pièce anatomique.

Une douleur localisée à la pression, un gonflement local, parfois un véritable hématome, une gène douloureuse des mouvements font soupçormer la lésion. Tl n'existe pas de mouvements de latéralité du genou, — ce qui démontre l'intégrité du ligament latéi'al interne, — les mouvements d'adduction active du membre inférieur sont douloureux, car ils mettent en jeu le grand adducteur. C'est la radiographie qui précisera le diagnostic.

Le traitement consistera en massages, aéro-thermothérapie et mobilisation. La persistance de douleurs assez vives au niveau du fragment peut nécessiter son ablation.

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