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I. — FRÉQUENCE

Les fractures représentent un peu plus du septième de toutes les lésions traumatiques ; elles sont dix fois plus communes que les luxations (Rieffel).

Leur fréquence relative sur les différentes pièces du squelette a fait, surtout à l'étranger et depuis la radiographie, l'objet de nombreuses statistiques qui modifient, pour presque toutes les fractures des membres et la plupart de celles du tronc, les anciennes statistiques de Malgaigne, Bruns, Gurlt, Chudowsky, etc. (1).

Les fractures des membres, les seules dont nous nous occuperons ici, représentent 83 p. 100 de la totalité des fractures (Plagemann). Leur proportion s'égalise à peu près, d'après Plagemann, pour le membre supérieur et pour le membre inférieur — 41,99 p. 100 pour le premier et 40,99 p. 100 pour le second — ; elle est un peu plus forte pour le membre supérieur d'après Finsterer — 49,90 p. 100 contre 40,84 p. 100 pour le membre inférieur.

(1) Ce sont, en particulier, celles de Finsterer, Braatsch, Peltesohn, Lonhard^ et surtout celle de Plagemann, de beaucoup la plus complète.

Les os courts et les os plats sont moins souvent atteints que les os longs. Parmi ces derniers, l'humérus occupe le premier rang comme fréquence ; viennent ensuite, par ordre décroissant, les deux os de la jambe, le fémur, puis l'avant-bras, etc. (1).

En dehors de l'hérédité, qui présente une influence manifeste (2), en dehors également de certaines conditions de milieu, probablement telluriques, dont nous dirons un mot à propos des fractures spontanées, il est des conditions secondaires qui influent sur cette fréquence, ce sont Yùge et le sexe.

Age. — C'est de vingt à cinquante ans que les fractures s'observent avec le maximum de fréquence et, en particulier, de trente à quarante, âge qui correspondàTactivitéphysique maxima. Viennent ensuite, par ordre de fréquence décroissante, les deuxième, troisième, première, cinquième, sixième, septième, huitième et neuvième périodes décennales de la vie (Plagemann).

Il faut toutefois remarquer, avec Maïgaigne, que, si l'on compare ces chilïres avec ceux de la population à ces différents âges, le minimum de fréquence des fractures s'observe de quatre à cinq ans, et le maximum de cinquante-cinq à quatre-vingts ans.

La petitesse de la masse, la brièveté des leviers, la faiblesse musculaire, la flexibilité plus grande du squelette, expliquent la rareté des fractures chez Fenfant; la fragilité plus grande du squelette,

(1) Voici, d'ailleurs, la statistique de Plagemann (Beilr. z. klin Chir., 1911, Bd. LXXIII).

Chiffre total des fractures observées de 1905 à 1910 : 1 393, — dont : Membre supérieur 585 ou 41,99 p. 100

Omoplate 13 — 0,93 —

Clavicule 54 — 3,87 —

Humérus « 193 —13,92 —

Avant-bras 134 — 9,62 —

Cubitus 20 — 1,43 —

Olécrâne et coroné 11 — 0,79 —

Radius 73 — 5,24 —

Carpe 29 — 2,08 —

Métacarpe 35 — 2,51 —

Phalanges 75 — 5,405 —

Membre inférieur 571 — 40,99 —

Fémur 150 —10,81 —

Rotule 35 — 2,51 —

, Jambe 168 —12,06 —

Tibia 61 — 4,38 —

Péroné 57 — 4,09 —

Tarse 37 — 2,65 —

Métatarse 49 — 3,51 —

Phalanges 24 — 1,71 —

Sésamoïdes 4 — 0,29 —

(2) Spuhway (Brit. med. Journ., 1896, p. 811), cité par Paul Delbet (in Helferich-Delbet, p. 16) a noté, dans une famille, des fractures chez les ascendants directs pendant quatre générations.

due à la raréfaction osseuse sénile, et la minime proportion des individus qui dépassent soixante ans rendent compte de leur fréquence chez les vieillards.

Sexe. — Les fractures sont moins fréquentes chez les femmes que chez les hommes — 5 chez l'homme pour 2 chez la femme (Malgaigne), 9 pour 2 (Bruns) .(1). — Là encore, il faut voir l'influence de la profession qui expose l'homme, beaucoup plus que la femme, aux divers accidents.

Cette proportion subit toutefois des modifications considérables selon les différentes périodes de la vie. Aussi longtemps que l'enfant ne marche pas, les dilférences sexuelles sont nulles. Dès qu'il peut marcher, les fractures sont plus fréquentes chez les garçons que chez les filles. De quinze à trente ans, on compte 8 fractures chez l'homme pour 1 chez la femme ; de trente à quarante-cinq ans, 3 chez l'homme pour 1 chez la femme; vers cinquante ans, la proportion s'égalise, puis, à partir de soixante ans, elles sont près de deux fois plus fréquentes chez la femme que chez l'homme ; ce fait serait en rapport avec la plus grande précocité des altérations régressives du squelette chez celle-là.

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