DU BUT ET DE L’IMPORTANCE DE LA PHILOSOPHIE
Depuis bien des siècles, l’étude de la philosophie jouit du privilège d’intéresser vivement les esprits sérieux et méditatifs. Si l’on pouvait énumérer les douleurs que cette étude a calmées, les passions qu’elle a amorties , les jouissances nobles et pures qu’elle a procurées à ses adeptes, un reconnaîtrait facilement la haute valeur des bienfaits ' dont l’humanité lui est redevable sous ce seul point de vue. Lors même que la philosophie n’eût dicté aucune action vertueuse et utile, dans la conduite extérieure de ceux qui la cultivent, elle aurait encore droit à la plus haute eslime, par le bien incalculable qu’elle a fait, en répandant le calme et la sérénité dans des âmes que, sans elle, les passions auraient bouleversées, ou i|ue les chagrins auraient empoisonnées.
Cependant il s’est toujours rencontré, et il se rencontre encore de nos jours, des esprits frivoles et superGciels, <pii regardent comme profondément inutiles les hautes spéculations de la science , et sont constamment portés à livrer au ridicule ceux qui s’y livrent. Ils ne savent apprécier que les recherches qui ont un but prochain d’utilité matérielle, et qui présentent la facilité d’une application pratique à-peu-près immédiate. Leur parle-t-on de ces spéculations abstraites auxquelles conduit la recherche désintéressée et consciencieuse de la vérité pure, le sourire est prêt à paraître sur leurs lèvres, et ils croient avoir tout dit en prononçant dédaigneusement un: A quoi bon?
Il y a bien des réponses à faire à cette frivole question. Pour prendre la chose du côté le moins grave et le moins important, considérons la philosophie simplement comme un art : plaçons Platon , Descartes , Leibnitz , en regard d’Homère, de Raphaël, de Canova. A quel titre sera-t-on fondé à demander aux uns plus qu’aux autres, à quoi a servi l’emploi qu’ils ont fait de leurs éminentes facultés? S’il n’y a pas un seul grand artiste, en qui l’amour désintéressé du beau n’ait été le mobile principal de ses travaux, il n’y a pas un seul grand philosophe en qui l’amour désintéressé du vrai n’ait passé avant toutes les considérations d’utilité matérielle. Mais la nature humaine n’est-elle pas tout aussi grande, tout aussi admirable en se passionnant pour le vrai, qu’en recherchant le beau? On a souvent tourné en ridicule le mathématicien qui en voyant représenter une tragédie de Racine, demandait : Ou’estcequecela pnuive? N’y a-t-il pas la même simplicité
à demander , après avoir lu le Phédon ou la Théodicée ; it quoi cela sert-il P
Mais en nous réservant le droit de repousser ainsi les détracteurs de la philosophie, sans débattre avec eux des questions délicates , nous ne pouvons admettre que les spéculations des amis de la vérité, soient aussi dénuées d’influence pratique sur les destinées des peuples, que l’on veut bien le supposer.
On peut observer à cet égard, que les progrès merveilleux des sciences naturelles, sont dus principalement à ceux qui dans leurs travaux scientifiques ont été le moins préoccupés des applications usuelles que l’on en pourrait retirer. Newton découvrant le grand principe de l’attraction universelle, Laplace fécondant cette idée, et en dérivant le système de la mécanique céleste, n’étaient guères préoccupés des facilités nouvelles qu’ils fournissaient par là aux navigateurs, pour déterminer les latitudes en pleine mer. Avoir reconnu et constaté une grande vérité de l’ordre physique, leur parut sans doute une récompense suffisante de leurs efi'orts; ils pressentirent que là se trouvait un titre suffisant à une gloire durable. Pourquoi le philosophe qui découvre une des grandes luis du monde moral, n’éprouverait-il pas une satisfaction analogue, propre aie payer de toutes ses peines? pourquoi n’attendrait-il |>as de la juste appréciation du monde civilisé une gloire tout aussi éclatante?
A la vérité, l’immense utilité pratique des applications que l’on a faites, des découvertes scientifiques aux usages de la vie sociale, a porté jusqu’à l’évidence la démonstration du grand principe qu’avait proclamé Bacon. Savoir,
c’est pouvoir: avait dit ce grand homme. Étudions la nature, dérobons-lui quelques-uns de ses secrets; cette connaissance même nous mènera à la dominer, et à plier à nos usages les prodigieux moyens d’action qu’elle |K>ssède.
Ce langage paraissait sans doute présomptueux à quelques contemporains du chancelier d’Elisabeth. Ces esprits aveugles, ennemis de toute innovation, ont dû chercher à déprécier les avantages de l’étude de la nature physique. Le tems s’est chargé de dévoiler la fausseté de leurs vues, il a fait éclater dans tout son jour, que, relativement à la nature physique, savoir, c’est pouvoir.
Maintenant il se rencontre en foule des hommes convaincus de la justesse de ce principe dans ses appUcations aux sciences naturelles, mais qui nous contestent absolument le droit de le transporter dans le monde moral.
On peut en effet se demander si, en étudiant les phénomènes de l’intelligence et de la pensée, nous devenons plus capables d’éviter les erreurs funestes dans notre conduite, de donner des conseils utiles k l’homme pour la conduite de sa vie , d’indiquer enfin la marche qui conduit au bien, l’individu dans sa sphère re.streinte, et le corps social dans celle plus vaste qui se présente k lui.
Lors même que nous n’aurions aucune preuve concluante k offrir k nos lecteurs, en la tirant de l’expérience du passé, notre confiance dans la puissance de la vérité est telle, que nous n’hésiterions pas k dire pour le monde moral, ce que Bacon disait pour le monde physique: oui ici encore , savoir, c’est pouvoir.
Mais deux branches des sciences morales qui ont pris
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récemment nn développement remarquable, viennent puissamment à notre secours, et nous démontrent la grande influence que la philosophie a toujours {wssédée sur le sort des sociétés humaines.
Je veux parler de la philosophie de l’histoire, et de l’histoire de la philosophie.
La philosopliie de l’histoire est une science d’origine récente que Bossuet , Vico et Uerder, ont ébauchée avec la puissance du génie, et qui préoccupe vivement de nos jours les esprits méditatifs. Les grands historiens éprouvent maintenant le besoin de rechercher pourquoi sont arrivés les événemens remarquables que leurs devanciers se bornaient à peindre avec netteté et avec élégance. Ils veulent remonter, autant qu’il est possible à l’homme, la chaîne des causes et des efléts , et entrevoir le fond des choses, dans ces bouleversemens d’institutions etd’empires, dont se compose l’histoire du monde.
Cette recherche alK)utit de tous côtés au même résultat. Si dans toutes les contrées, dans tous les siècles, on voit l’homme éprouver les noêmes besoins naturels, les mêmes instincts, les mêmes passions, à ces élémens invariables s’ajoute toujours quelque chose qui se modifle et change (lerpétuellement; ce sont ses opinions et ses idées. De là liait originairement toute la difl'érence de peuple à peuple, d’époque à époque. En recherchant la cause première, la cause réelle et efficiente de toutgrandchangement politique et social, ou aboutit toujours à trouver une opinion, une idée nouvelle qui s’est introduite dans les esprits , et qui a tendu avec une puissance plus ou moins lente, mais toujours irrésistible, à se faire une [>lace dans le monde extérieur.
' Ainsi les résultats des reclierches historiques, si variées, auxquelles la science s’est livrée réceiunientavec tant d’ar-
/ «leur, viennent se résumer dans cette formule que nous empruntons à un éloquent contemporain: « Tout sort de la pensée, et l’bistoire du monde ii’est que l’bistoire de ses développemeus ».
’ D’un autre côté, l’Iiistoire de la philosophie a fait de nos jours de grands progrès, l'andis qu’au premier abord, on n’aperçoit aucun lien nécessaire et rationnel entre les nombreux systèmes de philosopliie qui se sont succédés chez les écrivains modernes, l’histoire de la philosophie mieux étudiée, plus approfondie , et traitée avec des vues larges et impartiales, est parvenue à montrer une marche régulière et suivie, dans le développement, les progrès, et même les écarts des diverses écoles. Elle a signalé l’ordre méthodique, suivant lequel, des doctrines ojiposées et contraires se sont succédées dans les esprits, en parvenant successivement à obtenir une popularité étendue.
On peut, par l’Iiistoire de la philosophie moderne, tracer la marche de plus d’un système important; le voir éclore dans les méditations d’un chef d’école, produire long-tems après, chez ses disciples, ses dernières consé- •{uences, eu se développant avec régularité et méthode. On le voit ensuite aboutir souvent à des conséquences fausses et insoutenables; ce qui cause la ruine et l’abandon du système lui-méme. D’autres fois, on voit les idées qui forment sa base, se répandre de proche en proche, se généraliser davantage en saisissant dans une marche continue un nombre toujours croissant d’intelligences. Alors 'les
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opinions dominantes d’une époque se modifient et se transforment, sous l’influence nouvelle qu’exercent des principes élaborés par le travail de penseurs, long-tems regardés comme n’exerçant aucune influence sur la marche et la destinée des nations. Là se rencontrent et se touchent l’histoire de la philosophie et la philosophie de l’histoire. L’une nous montre l’enchaînement et la filiation des idées et des opinions ; l’autre, la puissance irrésistible de ces mêmes idées, lorsqu’une fois répandues dans les masses et dominant l’esprit public d’un siècle, elles dictent aux hommes une ligne de conduite qui modifie profondément la destinée des empires et des peuples.
Quelle époque s’est trouvée, mieux que la nôtre, en mesure d’apprécier la puissance des idées? Les bouleversemens que la société européenne a subis depuis soixante ans, et qui présentent à l’observation de si nouveaux et de si étranges phénomènes, sont attribués aujourd’hui, par tous les penseurs, au changement non moins général, que la philosophie du dix-huitième siècle avait produit dans les opinions et dans les esprits. De tous côtés on proclame que ce qui manque à la société de nos jours , ce sont des doctrines fixes et arrêtées , auxquelles puissent correspondre et s’adapter des institutions durables et permanentes. On sent que le monde politique ne peut jouir d’une tranquillité solide, sans que l’ordre social soit en harmonie avec l’ordre intellectuel.
Ces vérités, qui de nos jours ont été si souvent redites et rebattues, devraient ouvrir les yeux sur l’importance de lu philosophie. Il faut une bien grande dose d’irréOexion, après de si rudes enseignemens de l’histoire contemporaine,
pour se demander encore, à propos d’études de ce genre: A quoi bon?
A la vérité, on a mis en avant de nos jours, deux systèmes qui après avoir reconnu l’importance de l’empire que les idées exercent sur la destinée des peuples, ont essayé de déclarer la philosophie inutile ou dangereuse. Le fatalisme historique proclame hautement la puissance des idées, mais il regarde leur marche comme déterminée elle-même par un enchaînement irrésistible et nécessaire. Un a vu aussi des hommes de talent, découragés par le spectacle des nombreuses aberrations de la pensée humaine, en venir jusqu’à désespérer entièrement de la raison, et la déclarer aussi puissante à détruire, qu’inhabile à réédilier. Cette désolante doctrine ne tendrait à rien moins qu’à étouffer dans son germe tout effort de la pensée vers un ordre de vérités supérieures, en lui déclarant d’avance son impuissance à saisir aucun point d’appui assuié. Il faudrait, après cela, désespérer de l’avenir de la philosophie, et lui refuser le pouvoir de guérir les maux qu’elle a produits, en accélérant la mine d’institutions vieillies et dénuées de solides fondemens.
A ces nouvelles attaques, il est plus difficile de répondre; néanmoins elles ne sauraient nous décourager. Une confutation directe du fatalisme historique est une tâche mal aisée. Nul philosophe n’a pu approfondir les questions qui se rap|X)rtent immédiatement à la liberté humaine, sans aperçevoir combien cette faculté est mystérieuse dans son essence, et combien est délicat tout jugement où il s’agit de faire, en appréciant les causes d’une action, la part de la volonté libre, et celle des circonstances qui
cuit précédé ou accompagné l’action elle-mèmc. Cependant le philosophe qui a éprouvé en lui-méme , que ses efforts volontaires et libres l’ont conduit à se former des opinions plus justes et plus claires sur bien des questions importantes, celui qui est parvenu à détruire dans son esprit des préjugés fâcheux, des erreurs qu’il avait long-tems caressées, ne peut plus douter qu’un pareil travail n’ait aussi chez d’autres un résultat analogue.
La philosophie de l’histoire lui montre à découvert le mal que produisent immanquablement les idées fausses ou violentes, le bien qui dérive des notions saines et vraies, généralement répandues. Sa propre expérience lui enseigne que la volonté libre peut commander et diriger des recherches d’où résultent des notions plus saines , à la suite desquelles de nouvelles lueurs illuminent son intelligence. Comment donc pourrait-il se persuader qu’il ne reste pas à la liberté humaine une part considérable dans cette marche des opinions et des idées, qu’un enchaînement régulier et méthodique pourrait conduire à croire d’abord nécessaire et fatale ?
Un écrivain d’un haut et rare talent, M. Jouffroy, nous parait tomber dans cette illusion dangereuse quand il dit, qu’après avoir étudié les phénomènes que présente cette marche d’opinions et d’idées qui entraînent l’humanité, comme une barque sur le courant d’un tleuve majestueux et rapide, le philosophe est tenté de se croiser les bras et de regarder passer les évéïiemens. Sans doute, une individualité isolée est bien peu de chose dans le courant des opinions d’une époque, et pourtant toutes les vériU^s importantes qui se sont lait une place dans les esprits,
et ensuite dans les faits extérieurs, ont d’abord été aperçues par quelques penseurs privilégiés, à qui il a été donné de les proclamer les premiers. Si quelques-uns ont dù de pareilles découvertes à un heureux hasard, ou, pour mieux dire, à une disposition particulière delà Providence, nul doute que plusieurs ont trouvé là une récompense de nobles travaux intellectuels.
Contemplons le majestueux édifice que présente aujourd’hui l’ensemble des sciences naturelles, si heureusement cultivées. Une foule immense d’observations détachées, de remarques judicieuses, a contribué à cette œuvre; un nombre immense de sa vans y a concouru. Beaucoup •d’entre ces hommes d’étude n’ont apporté qu’une bien petite pierre pour leur contingent; mais le monument ne s’élève pas moins noble et majestueux, pour la gloire et Tutilité de la société européenne.
Quand ou a saisi, dans leur ensemble, l’importance des sciences morales et philosophiques, comment pourrait-on encore déprécier les travaux individuels qui forment un élément nécessaire de tout progrès en ce genre? Une seule observation vraie et neuve, la destruction d’une seule opinion erronée , sont la petite pierre que chaque philosophe peut, sans présomption, se üatter d’apporter pour concourir à la construction d’un édifice scientifique, dont la solidité doit avoir, sur le bien-être de l’humanité, une influence que la philosophie de l’histoire nous apprend à ne point déprécier.
Il nous reste à parler de cette triste école de penseurs découragés, qui désespèrent de la raison humaine, et de sa puissance pour le bien. Ici encore une réfutation directe
est ditTicHc. Comment ramener par le raisonnement un homme qui n’a point de contiance dans la raison même? De quel principe commun et reconnu peut-^on partir pour discuter avec lui ? Peut-être ce qu’il y a de mieux dans ce cas, consiste à imiter cet ancien, qui pour toute réponse à un adversaire contestant la possibilité du mouvement, se mit lui-même à marcher. C’est en proposant un système de philosophie, solide, satisfaisant, et appuyé sur des bases incontestables, que l’on peut offrir la meilleure réponse à ceux qui doutent de la philosophie elle-même.
Observons néanmoins que le système que nous combattons ici, ne tend k rien moins qu’à paralyser tout effort intellectuel et moral dans l’homme, tandis qu’il présente un outrage à la Providence divine. Dire que l’homme, par sa nature, est condamné à n’être que le jouet d’illusions irrésistibles, qu’il ne possède aucun principe, aucune vérité immuable et absolue; c’est ravaler sa condition au dessous de celle des brutes qui trouvent dans un instinct délié un guide assuré, propre à les conduire sans déchiremens, et sans combats intérieurs, vers l’accomplissement de leur destinée. Dire que le vrai et le bien ne sont pas unis par un lien essentiel et nécessaire, c’est un vrai blasphème, soit que l’on se place au point de vue de la simple religion naturelle, soit que l’on parte des données du christianisme, qui dès son début a proclamé que la vérité, la lumière, et la vie, n’étaient qu’une même chose.
On peut, parconséquent,s’étonnerdeceque cette doctrine désolante sur l’impuissance radicale de la raison, mise en avant par quelques philosophes, en suite de lassitude ou de découragement, ait été prônée par des écrivains
religieux, dans l’espuir chimérique d’élablir solidement le règne de la foi, sur les ruines totales de l’empire de la raison. En prenant ce parti, ils ont oublié que le christianisme lui-méme, par la voix de ses plus illustres interprètes, a constamment reconnu chez l’homme une loi naturelle gravée dans les cœurs par Dieu même, que la raison peut et doit reconnaître et pratiquer. Ils ont oublié que l’origine divine de l’intelligence humaine forme une partie importante de la doctrine chrétienne. Ils ont enün méconnu ce grand principe, (pe l’on donne à une cause un appui non seulement faible, mais encore |iernicicux, en employant, pour la soutenir, des argumens captieux.
Par une dis{)ensation bien remarquable de la Providence, l’homme qui, de nos jours, a soutenu avec le plus de talent et d’éloquence le paradoxe que nous venons d’énoncer, celui qui a combattu avec tant d’éclat pour prouver la nullité de la raison, a été amené par une série d’événemens extraordinaires à renier de la manière la plus solennelle ses premières doctrines; et après avoir proclamé l’autorité religieuse, seul guide de la conduite de l’homme, il a fini par recourir à cette raison qu’il avait tant décriée, en lui demandant des armes pour servir sa colère contre toute autorité dans l’exercice de ses droits les plus légitimes.
L’exemple ainsi fourni par M. de La-Mennais, pourra servir à désabuser ceux (jui croyaient possible d’établir la foi religieuse sur le piédestal du scepticisme philosophique. Les progrès de la saine philosophie seront, d’un autre côté, la plus victorieuse réponse à ceux que des recherches métaphysi<iues ont porté à celte extrémité remarquable, qui consiste à douter de la raison elle-même.
Quant à nous, en poursuivant quelques vérités dans le domaine de la philosophie, nous croyons coopérer, suivant la faible mesure de nos forces, à une œuvre extrêmement utile à la société européenne, dans les circonstances où elle se trouve aujourd’hui. Mais à ceux qui ne voudraient voir dans l’exercice de la pensée philosophique, qu’un passe-temset une distraction, nous n’objecterons rien, si ce n’est qu’il est difQcile de trouver une occupation aussi inofiensive, et aussi propre à calmer les passions.