‹ FragmensChapitre 12 sur 58 · Son influence divine · texte numérisé non relu

Son influence divine

8°. Son esprit , son soiiffle tombant en météore en- Jl animé , se manifestant par des apparitions, ignéennes*

9°. La pensée , la pensée divine.

lo°. L'expression de" cette pensée par des hymnes, par des chants de louange.

Ii°. La langue pure, sincère, pleine de promesses et de beautés , dans laquelle ces chants sont exprimés : la langue hébraïque selon Aben Ezra.

12°. "Le jonc , symbole du scribe-sacré et de l'Ecriture-sainte , qui transmet les mots de cette langue aux initiés , autrement que par des inscriptions monumentales et hiéroglyphiques. {Voy.Horapollon,li\>. i^.^hiérog. 36).

l3°. La pluie abondante (pleine), et la pluie légère, ou la rosée du ciel, symbole de la sainte science, de l'instruction. (Horap., liv. ier., hiérogl. 35).

i4°. L'effet de cette instruction sur le cœur de l'homme , sur l'homme ( Introd. , p. xxxv ) , le guérir, le rétablir, le recréer, changer sa manière d'être , le faire revenir sur ses pas , le reporter vers le passé.

i 5°. L'homme du temps passé , V ancien , le vieillard blanchi par V âge , le sage.

Sî» , ip La racine SB-o ou SPh-o , est une trans-

2 3 cription du hiéroglyphe de la bouche B ou V) PhE, et de celui du serpent S. (J'en parlerai séparément ).

Le serpent désignait la prudence > la sagesse, la prévoyance , la santé de Vame ou l'immortalité, la santé corporelle ou la vie.

(3i ) SB-o ou SPh-o est, mot à mot, bouche ou parole prudente y bouche ou parole de sagesse , bouche de salut, de prévoyance, avis salutaire, parole de santé pour les maladies et du corps et de Vame , remède du corps , RE- MÈDE DE L'AME (i), toutes significations confirmées par ce qu'on a vu, et par le mot hébreu, éthiopien, arabe, SaP-e , annoncer la sagesse , prêcher la veri<i, et par SaP-e, santé , remède.

Le hiéroglyphe de la science nommée SBO ou SPhO , et contenue clans l'Ambres, était le SPhO, le SPhON, le SPhIN, le SPhlNX: je démontrerai ce fait dans un autre fragment.

Il ne me reste donc plus qu'à rendre raison du choix de ce mot AMBR-ès, pour désigner la science sacrée.

AmBR est le même mot qu'OBR. L'O de *W la langue hébraïque est presque toujours prononcé comme un A 9 et même il prend souvent le son nasal du nom de la lettre, OIN, AIN, ON, AN.

-es, comme je l'ai dit, est une terminaison **• grecque.

(i) La célèbre bibliothèque d'Osymandias , d'ISO- Icrrjtav$7); MANDES , n'était que le dépôt de la sainte doctrine.

OBR-Ès a donc fait ABR-ès, d'où AmBR-Ès.

Mais GBR est le mot qu'avec la, ponctuation des Massorètes, nous prononçons hE- BeR; il est le nom d'un patriarche, et désigne la langue parlée par ce patriarche; la langue cf hEBeR , la langue AmBRique , hE- BRi-que, la langue hEBR-aïque, l'hEBR-eu.

Si cette étymologie est exacte, et je crois que cette facilité constante d'expliquer avec clarté les symboles, les traditions et les moimmens égyptiens par l'hébreu, prouve assez qu'il faut la considérer comme telle, il en résulte que les Egyptiens nommaient Hébraïques leurs livres sacrés , confiés à la garde du scribe hiérogrammate. Je ne me permettrai sur cette nouvelle découverte aucune réflexion ; tout ce qu'on a vu déjà des fragmens que je publie est si extraordinaire, si peu attendu, que ces réflexions se présenteront assez d'elles-mêmes à l'esprit du lecteur. Quant à ceux qui s'occupent de l'étude des monumens de l'Egypte , ils entreverront maintenant pourquoi, malgré tout ce qu'on a pu dire, le copte est d'un si faible secours pour expliquer les hiéroglyphes. Cependant le copte est fort ancien ; il est, dit-on, la langue parlée en Egypte même avant Cambyse : cela se

(33) peut, et n'empêche pas que, relativement au sujet qui captive aujourd'hui l'attention des sa vans, il ne soit presque inutile.

La langue hébraïque était la langue sacrée , la langue des mystères, et par conséquent des symboles. La langue copte , au contraire , était celle du bas-peûple , la langue en sousordre , abattue, subjuguée, soumise , c'est-àdire, placée au-dessous de la langue hébraïque; elle était celle de Y idolâtrie, de Y impiété, du culte des idoles, puisque le peuple non initié était idolâtre. Le nom de cette langue, soit qu'on le prononçât QoBT , CoBï ou ^ GoBT, avait toutes ces significations, qui annoncent assez le peu de cas qu'on en faisait.

Moïse trouva dans les livres ambriques ou hébraïques toutes les traditions historiques qu'il nous a transmises. Scribe-sacré , il eut la qualité de J ambres ; il porta dans l'initiation le symbole à1 Hermès ; il fut l' Hermeneus , l'interprète Hermès , Y Hermès vivant; cela explique pourquoi quelques anciens l'ont considéré comme le véritable Hermès, et lui ont attribué la fondation d'une des villes nommées Hermopolis (i).

(i) « Selon Saint-Cyrille , non-seulement les Juifs, ce

Son symbole fut le panier, la kiste> le van, le crible , comme il le fut quinze cents ans après du nouvel ISO , du second Moïse envojé par la sagesse divine.

Avant de donner Fétymologie hiéroglyphique de son nom , il importe de connaître celle du nom porté par Hermès, dont il fut le représentant et l'interprète.

Ce mot HER-MES n'est pas aussi moderne qu'on pourrait le croire d'après les fausses étymologies qui en ont été données.

C/est un surnom adopté par les Grecs ; il est formé de deux mots orientaux, hER et EM ou MES.

On a vu que l'élévation en colline > en montagne > en bosse y la bosse même du chameau, étaient hiéroglyphiques dans l'initiation. Le nom de cette élévation montanéiforme était nn hER et même hERM. HER, appliqué aux êtres

» que dit encore Saint-Justin , mais les Égyptiens mêmes , » regardèrent Moïse comme un Dieu ; pensée que con- » firme , et Artapan dans Eusèbe , et dans Clément d'A- » lexandrie , Yhjpomnema attribué à Eusthate d'Antio- » che , Cedrenus , etc. Tous ces auteurs nous rapportent » que Moïse fut adoré par les Egyptiens sous le nom de » Mercure , et que ce fut lui qui fît bâtir Hermopolis » •

De Fourmont, Réfl. cri t.

(35) animés, signifie concevoir, devenir enceinte y parce que, dans la grossesse, le ventre semble s'élever en forme de montagne ; il se dit de la femme et du chameau.

Dans un sens moral, hER désigne la conception mentale , concevoir , penser, avoir une pensée , la pensée.

ME ou MES veut dire porter la main sur ptD »D une chose , la frapper , la toucher, la palper.

HER-MËS désigne donc la pensée rendue palpable ou figurée. Ce mot, comme nom propre, convenait à celui qui, le premier , fit en quelque sorte toucher la pensée en la représentant par des figures. De là vient qu'en arabe, hERME signifie sculpter, graver, inciser. Ce nom convenait également à tous ceux qui expriment leur pensée au moyen de récriture.

Mais la pensée qu'Hermès rendit palpable , n'est pas cette pensée vulgaire qui ne s'attache qu'aux choses matérielles : c'est cette pensée divine dont parle Hermès Trismégiste; c'est la sainte doctrine déposée dans l'ame du scribe-sacré , et dans l'Ambres dont il est le gardien et l'interprète. Le mot hER, avec une simple modification de prononciation , est le nom des principaux symboles relatifs

aux signes de cette pensée $ il est un des noms de YÉpervier, de la Colombe et de YOubai ou Serpent enflé.

L'épervier désigne Dieu, la colombe Y Esprit de Dieu s l'oubai Y Eternité de Dieu.

Ainsi HER-MÈS signifie rendre en quelque sorte palpable , au moyen des signes ou des figures, la pensée y la doctrine relative h Dieu , à l'esprit de Dieu , a V éternité de Dieu; en un mot, interpréter et faire toucher au doigt toute la doctrine de l'Ambrés.

Hermès , comme on le verra , appartenait aux anciens hébreux ; son nom prononcé Hermé ou Hermon, fut donné par eux à plusieurs villes et montagnes de la Palestine.

La langue sacrée, la langue AmBRique, la langue d'Héber, la langue hébraïque, était, disait-on encore, la même que celle dans laquelle le premier Hermès écrivit ses découvertes. Elle fut nommée Ambrique y Hébrique ou Hébraïque , non parce qu'elle fut celle d'un patriarche nommé Heber , qui, ne se trouvant point à la tour de Babel lors de la confusion des langues, conserva seul la langue parlée avant le déluge , explication ridicule ; mais parce que , pour la rendre respectable , pour lui donner un rang supérieur à celui du

(37) copte qui était la langue vulgaire ; et pour cacher son origine, ou plutôt pour la rendre mystérieuse , on la disait éloignée, ancienne, antérieure au déluge; mot à mot, d'au delà le grand épanchement des eaux (AmBRe NERI), d'au delà le déluge ou de de l'autre côté du déluge.

Possesseurs de cette langue sacrée , les Hébreux affectèrent pour la langue populaire des Egyptiens, le mépris que son nom ( le copte ) exprimait. Ce fut pour eux la langue perverse, celle de Yidolâtrie et de Y impiété. Aussi mettaient-ils pour condition première , ou pour premier témoignage du retour des Egyptiens au culte du vrai Dieu, qu'ils parlassent la langue hébraïque. Lorsque Isaïe annonce le retour d'une partie de l'Egypte au Dieu d'Israël : « Ce jour-là, dit-il, il y aura cinq » villes au pays d'Egypte qui parleront la » langue de Canaan, et qui jureront à l'éter- » nel Dieu des armées, et un autel sera élevé » à l'Eternel au milieu du pays d'Egypte » .

Lorsque David (pseaume cxiv , v. i ) , parlant de la sortie de ces mêmes Hébreux de la terre d'Egypte , s'exprime en ces termes : « Chm exiret Israël ex JEgypto, et domus Ja-

(38) X<fy » cob ex populo barbaron (i), le mot LOZ qu'il emploie ne signifie pas simplement étranger, barbare , parlant une langue étrangère , ce qui n'établit aucun rapport entre les deux peuples, mais pervers , perverti > dégénéré , détourné du droit chemin > qui parle d'une manière perverse , qui tourne en ridicule les choses saintes , qui raille des choses saintes, qui les calomnie > qui parle en impie; car alors la raillerie sur les choses sacrées s'appelait impiété -y celle sur les fidèles calomnie , et celle sur les hommes en général méchanceté. ( Voy. les signifie, du mot LeSaN, langue , telles qu 'elles se trouvent dans les dictionnaires}.

Avant leur initiation, les Hébreux parlaient la même langue que les Egyptiens, sauf les modifications causées par les progrès des arts et des sciences en Egypte. Cette langue était la langue barbare , perverse, de laquelle David parle dans le passage cité. Lorsque les frères de Joseph vinrent en Egypte , ils lui parlèrent cette langue dans laquelle sa qualité de premier initié, d'interprète de la sainte

(i) « Lorsque Israël sortit d'Egypte, et la maison de » Jacob du milieu d'un peuple étranger » .

(39) science exprimée dans la langue sainte, ne lui

permettait peut-être pas de leur répondre ; il fit usage, pour les questionner, d'un Me- LOZ , à' un interprète du langage LOZ, àyun sb-ft interprète en langage LOZ, des choses cachées j des paroles mystérieuses : c'est l'expression même de Moïse.

Le verset 6 du pseaume 81 , en ces termes : Càm exiret contra terrant JEgypti ubi sernionem ignotum audiebam (i) , est une faute de traduction; au lieu de sermonem ou linguam, il faut buccinam. « Le mot SPheT, qui signi- ri22> » fie langue parlée , dit l'auteur de la nou- » velle traduction des pseaumes faite sur l'hé- » breu, imprimée à Paris, chez Eberhard, en w 1809, parait être une faute pour SPheR, isv) » ou plutôt SYPhR buccinam. Il s'agit de la nsnœ » trompette qui appelait les serviteurs à l'ou- » vrage , et c'est en cela que la fête des troni- » pettes servait de mémorial. Linguam ne re- » vient à rien; il y aurait d'ailleurs SPhE et H2t> » non SPheT, le mot n'étant pas en état de

» régime »

Au reste , si l'on n'admet pas cette traduc-

(1) « Lorsque ce peuple se fut répandu dans le pays » d'Egypte, où j'entendais une langue <jue je ne conj» naissais pas ».

tion , le passage n'en fortifiera que plus ce que j'ai dit de la langue hébraïque. SPh-o ou SB-o est le nom de la sainte science contenue dans l'Ambrés ; et SPh-e , qui est une des modifications de ce mot, désigne la langue ambrique , la langue hébraïque , selon Aben Ezra (voy. ci-dessus, p. 3o, n. n); d'accord en cela avec les interprètes , puisqu'ils conviennent que David entend par cette langue inconnue > la parole , la doctrine du Seigneur méconnue par les Israélites,

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