DANS LE TABLEAU DE LTNITIATION EGYPTIENNE
La position différente des hiéroglyphes , soit qu'ils fussent tournés vers la droite, soit qu'ils le fussent vers la gauche, n'a pas été arbitraire : l'une a désigné le passé , et l'autre le présent et le futur. Je dis le présent et le futur, parce que, dans la langue hébraïque comme dans l'arabe, il n'y a que deux temps. C'est encore une singularité due à la formation de l'hébreu et de sa grammaire sur l'écriture hiéroglyphique. Dans cette écriture, il ne pouvait y avoir que ces deux temps; le présent était suffisamment indiqué par la présence de l'objet ou de l'être , de même qu'il l'est en hébreu par la présence du mot qui sert de racine au verbe.
La figure de l'homme, assis ou debout (je me sers pour exemple de ce hiéroglyphe, parce que c'est celui qui nous intéresse dans c*î moment); cette figure, dis-je, eut donc
(52) une signification passée ou future , suivant le côté vers lequel elle était tournée.
Cette manière d'indiquer le temps auquel se rapportait la chose figurée, fut une conséquence du système adopté pour désigner les quatre angles du monde ; c'est-à-dire, les quatre plages, car on disait, angle du midi pour plage méridionale ; angle de la mer pour plage occidentale , etc.
Or, il est naturel de croire que dans Tordre de ces plages , l'orientale fut la première. C'est toujours vers l'orient que les hommes ont dirigé leurs regards en invoquant Y Ancien des jours. D'ailleurs, l'analyse de l'hébreu le démontre. Dans cette langue , la droite désigne le midi, parce que l'homme, tourné en face de l'orient, a le midi à sa droite : par la même raison, la main gauche marque le
nip septentrion. Ainsi le nom de Y orient, QaDM, signifie commencement , antiquité, autrefois, le passé ' , ce qui va au-devant , ce qui vient en
Tina face] et celui de Y occident, AEUR., le dos , ce qui va après , la fin, le dernier , la récompense.
na3 Le mot PAE , qui désigne ces quatre extré-
mités de la terre, ces quatre plages, signifie radicalement un angle, un coin. Tout porte
(53 ) donc à croire que les figures suivantes ont désigué :
P> V angle de l'orient, l'orient;
\J l'angle du midi, le midi;
■<C3 l'angle de l'occident, l'occident ;
A l'angle du nord> le nord.
Faisant donc l'application de ceci au monument que nous désirons connaître, avant de chercher le nom du personnage que j'y vois initier, j'examine l'action de cette ligure et celle des deux autres qui raccompagnent.
Je suppose, d'abord, que ces figures sont gravées dans le sens même de l'original, car je ne pense pas que le dessinateur ait cru cette disposition indifférente.
Dans cette persuasion je dis :
Jaunes , qui porte le hiéroglyphe du Dieu des ancêtres y du Dieu de la terre ancienne, du Dieu de QaDM ou de Y antiquité (i), de \A ' ncien des jours (2), est en effet placé dans
(1) Dlp T^K ALEI QaDM, Deus antiquilatis.
Deuteron., ch. 33, 27.
(2) Antiquiis clierum.
D.VN1EL, ch. n , v. 22.
le sens qui désigne le passé, V ancien , l'orient* L'initié est tourné vers ce Dieu. Suivant la force du nom donné à la science de l'Ambrés ( voyez ieT.frag., p. 3o^ n. i4 )> il revient sur ses pas , et se reporte vers le passé. Ce mouvement rétrograde, ce retour sur luimême , est ce qui doit en faire un homme nouveau , lui donner une existence nouvelle, le créer de nouveau.
Les Juifs ont conservé dans leurs traditions obscures le souvenir de cette position de l'initié; mais ils la donnent au premier homme. Ainsi selon eux Adam fut créé le visage tourné du côté de l'orient; dans le texte de Moïse, Adam est obligé de se retourner et d'aller vers l'orient pour entrer dans le séjour de délices qui lui est destiné.
Enfin, J ambré s , qui est l'interprète de NEZ, de Jannès , du Dieu des anciens, ou de celui qui en porte le hiéroglyphe, est également tourné vers l'orient. 11 est, eu égard aux fonctions qu'il exerce et à Jannès, M homme d'aujourd'hui et l'homme futur.
ÉTYMOLOGÏE HIÉROGLYPHIQUE