DU NOM DE L'INITIÉ
Au moment de l'initiation par le baptême,
le nouvel élu devait être désigné par un nom particulier autre que celui de Nazaréen, J'ai dit que ce nom était Moïse; mais il ne suffit pas d'affirmer un fait aussi étrange et aussi important, il faut, pour que l'ensemble de tout ce qu'on a vu laisse peu de doutes sur ce fait , découvrir le nom de Moïse dans le tableau même de l'initiation.
Ce nom s'y trouve en effet écrit deux fois ; savoir : dans la composition du tableau et dans l'inscription hiéroglyphique qui est gravée à la partie supérieure pour lui servir d'explication (i).
Dans le tableau, c'est le nom de Moïse même ; dans l'inscription , c'est l'analyse de ce nom pour désigner un homme célèbre, un homme du ciel > un homme divin ^ un SiME; TOî2 un homme qui se fait instruire de la science des anciens ; un auditeur , un SiMéO , parce w^
(i) J'ai reproduit séparément cette inscription, parce qxie je ne me propose pas de l'expliquer, car il faudrait faire précéder cette explication d'un traité régulier sur le- hiéroglyphes. On observera seulement qu'on y retrouve les hiéroglyphes dont parle Apulée, liv. X, et qui le nappèrent lors de son initiation par le baptême : les o eaux symboliques, le nœud, les roues , et la ligne tortueuse.
(56) que l'initié commençait par être auditeur, non-seulement chez les Égyptiens, mais encore chez les Pythagoriciens et chez les pret*~¥Cm miers Chrétiens. Enfin , c'est SiMO-IÉ , Y auditeur de IE, X auditeur de Dieu, tel que Moïse, dont un des noms fut en effet SiMOIÉ (i).
Pour comprendre ceci, il faut se souvenir de l'étymologie hiéroglyphique des lettres M9 S , E y et l'on verra que ces trois lettres, qui forment dans leur épellation le mot MoSE , ou MoySE ou MeSiE, et dans le sens de l'inscription, SiMÉ ou SIMEo, sont la transcription de ces hiéroglyphes ,
Dans le tableau , dans V inscription ,
qui désignent incontestablement Y initié , le baptisé y le sauvé des eaux ou par les eaux.
(i) Les anciens Hébreux et les premiers pères de l'Eglise remarquèrent que la plupart des scribes-sacrés et des savans dans la loi, avaient été Simon-iens ; mais ne pouvant reconnaître entièrement la cause de cette dénomination, ils la tirèrent du mot Siméon , nom d'une tribu d'Israël,
En développant
ces hiéroglyphes, on aura
d'abord,
Littéralement ,
Mo- ^V\^\A^v
-2Û eau , ~ w ~ serpent,
-E fà
D" être;
Mot à mot ,
des eaux ou parles eaux,
- sauve — être ;
Et
7 conservée
par les eaux — 7 , — i>ze*
^ renouvelée
C'est-à-dire ,
Uétre — sauvé — par les eaux ,
ou l'être — sauvé — des eaux ,
,, . ■ conservée ,
et 1 existence — , , — par les eaux»
renouvelée '
Le hiéroglyphe de l'eau se compose ici de deux lignes ondulées ; et il est remarquable que le nom hébreu de l'eau a la forme du duel ; qu'il signifie deux eaux (voyez p. ^5) , et qu'il s'emploie pour les deux eaux piuifiantes de Y Esprit saint.
On peut sentir la force de cette interprétation, en rapprochant du tableau hiéroglyphique les paroles suivantes d'Ezéchiel :
« Je répandrai sur vous les deux eaux pu-
(53) » res , et vous serez purifiés. Je vous nettoie- » rai de toutes les souillures que vous avez » contractées avec les faux dieux.
» Je vous donnerai un cœur nouveau , et » je mettrai mon esprit au-dedans de vous ».
( Revoyez l'inscription hiéroglyphique qui exprime le souhait des initiateurs, et remarquez ce sens : « Je commencerai par changer » votre cœur y et je mettrai ensuite mon esprit n au~dedans de vous. » Vous avez vu que les Egyptiens (fforap., liv. 1er., hie'rog. 7) considéraient le cœur comme l'habitation , l'enceinte de l'esprit et de l'ame (1).
« Vous marcherez alors suivant mes sta- » tuts, et vous garderez mes commandemens.
» Vous habiterez le pays que j'ai donné à » vos pères; vous serez mon peuple, et je » serai votre Dieu » (2).
Il semble que Moïse, initiant le peuple hébreu , ne put lui tenir un autre langage ; et si , comme je serais assez porté à le croire, ces promesses étaient en partie celles de l'initiation égyptienne , on conçoit l'influence
(1) C'est pour cela que les Hébreux mettaient l'ame dans le sang , ou prenaient le sang pour l'ame. (a) Ezéchiel, ch. 36, y. 25.
qu'elles durent avoir sur la résolution prise par Moïse, homme puissant (i) et génie sublime propre aux plus grandes entreprises.
Dans Isaïe, Dieu dit : «Je répandrai les » deux eaux sur celui qui a soif » . Ce passage est remarquable en ce que le texte dit sur le TZaMA : or, nous avons vu dans l'introduction, que l'initié était comparé au germe nommé TZaMÉ; qu'il a dans le premier moment de l'initiation, à l'instant même du baptême , le collier orné de germes , et que ses bracelets portent le nom de TZaMID.
Le second développement du hiéroglyphe, tel qu'il a lieu dans l'inscription , offrira la combinaison suivante :
Si- j& -tîf