EN GENERAL
J e me serais borné à l'explication générale que j'ai donnée de l'OUBAI et du serpent hiérogîjphique (p. xxiij , xxix , xl , 17 et 47 ) > si le grand rôle que ce symbole joue dans les bas-reliefs égyptiens, et particulièrement dans celui de l'initiation, ne m'avait fait craindre de laisser trop à désirer.
Je traiterai d'abord de TOUBAI, et j'établirai ensuite méthodiquement toutes les significations du serpent hiéroglyphique en général. Dans cette seconde partie, je serai
soLre de preuves pour éviter les longueurs ; d'ailleurs , quelques-unes de ces preuves se présenteront , à peu près d'elles-mêmes, à ceux qui ont l'habitude des langues orientales. Je reviendrai néanmoins sur ce sujet dans d'autres fragmens, si l'accueil fait à ceux-ci me permet de croire à la bonté de ma méthode. L'habitude égare quelquefois le jugement, et celle que j'ai de ce moyen d'interprétation ne me laisse plus entrevoir la force des objections avec lesquelles on peut le combattre.
L'OUBÀI est, suivant l'explication qu'en donne Horapollon, le serpent dont la queue est cachée, et que les Egyptiens placent sur la tête de leurs Dieux (i).
Il marque Y Éternité , parce qu'on le croyait
(i) Aitova 7paa/ca Boo>.o[ji,svot , o<ptv ^cD^oa^ouat
exovxa tyjv oupav orco to Xoituov 6(ù[mx xpwuTop,svijv, ov xaloimv Ai-yurctot, OYBAION, o sçtv eX>.7)viçi Bac-
ôlXtGXOV.
.... STUt T7)Ç 7i5WaX7\Ç Ta>V 0SCOV STClTtGsaffl.
» Voulant décrire Y Eternité , ils peignent un serpent ayant la queue cachée sous le reste du corps. Les Égyptiens appellent ce serpent OU BAI ', et les Grecs Basilic... ; ils le mettent sur la tête des Dieux.
(73) immortel (i); et la puissance de vie et de
mort, parce que, selon les Egyptiens, il lui suffisait de son souffle pour faire périr les autres animaux (2).
Le. nom donné à l'OUBAI vient de ce que, pour rendre cette dernière signification , et conserver l'esprit des autres symboles de l'initiation ( voyez le 1 .er fragment > p. 1 1 ) , ou le représentait avec le col et le ventre excessivement enflés ; enflés pour souffler (3); de cette manière :
C'est ce qu'exprimaient en hébreu les mots OUBai etAUB ouAOUB, desquels vinrent :i«W probablement OBE-sus, OBE-sité.
(1) TaXotTca, 0v7)ia OTuapxei, touto jj.ovov a0a-
tatov.
Les autres ( serpens ) meurent ; celui-là seul est
immortel.
(2) 0 xai 7upoçipU(T7)ffav etspto rcavTt Ç<û© avcupet.
Ce {serpent) tue tous les autres animaux en soufflant
sur eux.
(3) Le mot ^osastv employé par le traducteur grec d 'Horapollon , présente cette signification. Apullée remarqua que les serpens dont il vit le dessin dans les livres relatifs à l'initiation, avaient le col excessivement enflé.
La queue de FOUBAI était cachée ou supposée cachée, par allusion au secret des mystères ; elle l'était dans la chevelure des Dieux , des initiés; dans leur coiffure symbolique; et ces cheveux, cette coiffure étaient en effet *,yy une marque de l'initiation. Les mots OBI , ruy IV OB et QBE, variantes d'OUBAî, signifiaient voiler , cacher, couvrir; la lumière cachée, voilée , éclipsée; leur hiéroglyphe, vu page xxxix, que je développerai autre part, se plaçait sur la tête des Dieux ou des initiés.
Placé de même , FOubai désignait d'abord Y élévation de l'esprit ; la conception 3 la grossesse de F esprit; son développement , sa grant -wwcîtç ooGio deurï animum inflatum , scientiam injlatam , sckntia injiat. cornme OBI en Ethiopien. En conséquence
Corint. i ch. 8. 1*1
Toy. pag. 73 not.3 Je ces premières significations, il exprimait
pcm- remploi du * *-> *■
mot oufjioo) > ou aussi la puissance morale de l'Ambrés, c'està-dire , le pouvoir d'assurer une immortalité morale aux élus, et de livrer les profanes à la mort morale , à la stérilité d* esprit.
Observons bien que dans le style hiéroglyphique, lafécon dite, la grossesse , V élévation y l ''enflure du ventre par l'effet de la conception, n cette conception produite par E-MePH , soufsp-p Jle vivifiant de C3N-EPH , le Dieu créateur, figuré par l'Oubai , désignait Y éternité , le "«V temps, de même qu'en hébreu le mot OD.
Ce qu'on nommait Éternité , était la succession , la régénération continuée de tous les êtres. Chaque espèce se résolvant en ellemême, redevenait germe, et semblable au plicenix , renaissait ainsi de ses cendres. Les Egyptiens, et le texte de Moïse le, prouve, n'entendaient pas autrement l'éternité de la matière. Le monde créé d'abord en germe , en œuf; couvé , fécondé par l'esprit , le souffle vivifiant de Dieu (i) , s'animait à la seule émission du verbe > existait ainsi un certain nombre de siècles , se résolvait en germe , devenait Tohu Bohu , et restait ainsi jus- Vte yns\ qu'au temps où le créateur laissait aller le mouvement retenu par lui. David exprime clairement ceci , lorsqu'il dit , dans l'antiquité des temps , Dieu créa la terre et les deux ; mais ils tombent et vieillissent comme un vêtement , et il les change alors comme on change un habit. Dieu seul est toujours le même.
Le souffle de l'OUBÀI était donc à la fois
(i) DTlbs mi, ROE ALEIM, Genèse i , 5. 2.
Axo too xcArcta ave pou « par le vent Colpia » . Sanfhon. COLPIA est un mot composé de rv 'a bv , QOL, PI , IÉ , <jui siguifient le so'jjle de la bouche de Dieu,
vivifiant et destructeur. Ce souffle était la parole même de l'Ambres , ou Y Esprit saint , inspirateur de cette parole.
L'Oubai devait donc être un des symboles de la pensée sainte > de la conception morale opérée par V esprit saint • de l'intelligence 3 de la connaissance du bien et du mal ; du bien qui vivifie et rend immortel ; du mal qui anéantit l'être, et fait mourir de mort morale.
Moïse s'explique par l'oubai dans le troisième chapitre de la Genèse , pour y développer les progrès de la pensée , de l'intelligence , de la conception morale chez le premier homme , et même de la conception physique chez la première femme , puisque la pudeur , les désirs secrets , l'amour et la fécondité ne se développent en elle qu'après les instructions données par l'Oubai.
Le nom que Moïse donne à ce serpent est ^ NES , et Nés est un dérivé ou plutôt le même mot que NEZ ou NETZ qui désigne Yépervier , symbole de Y esprit et de Yame ; de la fécondité , de la réproduction des êtres , de la science secrète, des jeux ouverts, de la lumière, et de Y éternité; de cette éternité qui, pour les êtres créés , consiste dans la reproduction successive des êtres.
(77) Ce serpent, dît Moïse, était ORyM ou cnJ
ÀllyM , et c'est le nom chaldaïque du Régie-
lus , du Basilic y de l'OUBAI, nommé éga-*
lement hERM comme Hermès. uin
11 était ORyM, et ce mot désigne Y éleva* tion en bosse , en monceau , en montagne ; la conception mentale , la pensée , Y intelligence , la pénétration , et les ressources de V esprit.
ADAM et EVE , eux - mêmes , étaient ORyM-s (i), c'est-à-dire j doués d'intelligence , ayant la faculté de penser , de raisonner; hiéroglyphiquement porteurs de YOTJBÀI , comme des dieux et immortels comme eux, sans génération d'êtres. Ils étaient aptes a recevoir la révélation des mystères ; mais après cette révélation , après le développement de leurs facultés physiques et morales, ils ne furent plus immortels que comme tous les êtres créés qui finissent en se résolvant en leurs espèces respectives (2). Ils étaient ORyM-s
(1) Et erant ambo ipsi DW)V, ORYM-IM, homo
et uxor ejus*
Genèse 2 , v. 25.
(2) Tcavta osa ex tv)<t Sstaç rcpovoia; sv t(o xospioo *yevvatat , toana TcaXiv ty)v [istcusiv st<r autov >.a^6avs:v.
Quœcumque Dei providenlia in mundo gignun-
tur, ea rursum in eumdem resolvi, et tanquam immhiu-* tionem sumere.
IIORUSAPOIA
(78) littéralement nus ; c'est - à - dire , dépouillés
des préjugés et des affections qui , au moment de l'initiation , auraient fait manquer l'heureuse vie qu'on désirait , et par conséquent auraient entraîné la mort morale. Ils étaient nus ; mais après la révélation oub clique 9 après que leurs yeux furent ouverts , et que leurs désirs eurent fait naître la pudeur, Dieu leur donna des vètemens de peau afin qu'ils ceignissent leurs reins. On a vu ( premier frag.^p. i4)> qiie les initiateurs et l'initié avaient les reins ceints d'une peau de chameau , comme l'initiateur chrétien Jean , le Baptiste.
L'initiation égyptienne ayant pour ohjet le retour vers le Dieu des ancêtres , vers la pureté primitive de V homme avant sa dé génération morale, on ne doit pas être étonné de la ressemblance qui existe entre ces faits et ceux reproduits dans le rit de l'initiation. Ils ne prouvent nullement que l'histoire de la création soit relative aux mystères de l'Egypte; ils permettent seulement de croire que, dans ces mystères et dans le choix des symboles qui devaient y figurer , on cherchait à faire allusion autant que possible à ce qu'on avait appris touchant l'homme primitif : pour ar-
river à lui et par lui au Créateur, il fallait
prendre une marche rétrograde vers le passé, prendre en quelque sorte les faits à reculons. Le premier homme, d'abord innocent, reçut la loi divine et lui fut fidèle, jusqu'à ce que l'Oubai, développant son intelligence et avec elle les désirs et les passions , le rendit infracteur des préceptes sacrés, fit perdre à son être physique l'heureuse vie qu'il avait désirée (i), et le réduisit à l'éternité matérielle; le rendit sujet à ce que nous nommons la mort, et qui n'est qu'une nouvelle manière d'être.
L'initié, homme d'aujourd'hui, c'est-àdire, privé de l'immortalité morale à cause de ses affections et de ses préjugés (2), mourait à* abord, se résolvait en lui-même, pre-
(1) Rendit ses jours pénibles et douloureux , et l'entraîna dans l'idolâtrie. In labore comedes ex éd. Genèse, 3, 17. Le mot OTZeB, employé par Moïse, ne 2TJ signifie pas seulement peine, labeur, mais raisonner mal , pervertir sa pensée , la matérialiser , la rendre en figure , créer ces figures , en faire des idoles , et leur rendre un culte. « Tu te nourriras d'elle ( la terre ) par de faux rai- "ï*|3W?3 » sonnemens , des idées matérielles , et un culte ido- rubptfï\ » lâtre ».
(1) Vivant dans la peine et livré a l'idolâtrie. ( Voyez la note précédente ).
(8o) naît une nouvelle manière d'être , et renaissait tel que le premier homme, libre et dégagé de ces affections et de ces préjugés; semblable à Adam , il devenait ORyM , porteur de l'Oubai ; il recevait avec ce symbole le souffle , l'esprit de sainteté ; ce souffle , cet esprit de vie , cette ame vivante que Dieu souffla sur Je premier homme. Son innocence lui permettait alors d'arrêter ses regards, son esprit , sa pensée sur ce Dieu qu'on ne peut voir sans mourir 3 et de lui parier mentalement comme un ami à son ami (i).
(i) Exode, ch. 33, v. n.
« ïl ne faut pas, avec le vulgaire , prendre à la lettre » tout ce qui est contenu dans l'histoire de la création ; » sans cela , les sages ne l'auraient pas enveloppée de » paraboles avec tant de soin , et ils n'auraient pas été » si attentifs à empêcher qu'on en parlât à la populace » ignorante; car, en la prenant dans le sens littéral, » il en résulte des préjugés qui dégradent la nature di- » vine , qui renversent les fondemens de la loi , et qui
» font naître des hérésies Ne vous laissez donc pas
» séduire par tout ce que les Sabéens racontent sur le » premier homme, sur le serpent, sur l'arbre de science » du bien et du mal, sur les vêtemens qui n'avaient pas ^ft encore été en usage ; et ne pensez pas que ces objets j» aient réellement existé de cette manière ; jamais ils ne » furent dans la nature des choses. Avec la plus légère » attention , vous apercevrez la fausseté de tout ce qu'ils
On concevra maintenant l'origine du préjugé , qui faisait dire aux Egyptiens non initiés que l'Oubai fait périr les autres animaux par le souffle seul de sa bouche; et cela expliquera pourquoi , dans l'hébreu , on attribue le même pouvoir au Piégulus, au Basilic, appelé SeRP ou le Roi des reptiles , h cause *pD de SER qui veut dire Roi et SERP-evzf. Ce préjugé subsiste encore; il est même autorisé par l'histoire ecclésiastique, puisqu'elle rapporte que le pape Léon IV fit périr par ses prières un Basilic , dont le souffle faisait de grands ravages à Rome , et qui s'était retiré sous une voûte près de l'église de Ste. Lucie.
Enfin , les Egyptiens trompés par la signification du symbole , crurent qu'en effet , le serpent survit aux autres animaux , et jouit d'une sorte d'immortalité. Le principe de cette erreur est bien ancien, puisqu'il se retrouve dans la langue hébraïque ; SeR ou SeR-D y est employé pour signifier être cori- *nœ serve , survivre , rester après la mort des au-
» disent à cet égard , et qu'ils n'ont imaginé qu'après » avoir eu la connaissance de notre loi et de l'histoire » de la création ; car ils la prirent dans le sens littéral , » et ils en forgèrent ces faîilcs » .
Rabbi MOSE,Jïlius Maimon.
•HP très. SeR-D est composé de SeR, serpent y et yp de OD , Y éternité y le temps , ce qui est éternel.
Lorsque FOubai , au lieu de cacher sa queue dans la chevelure ou la coiffure symbolique des initiés , était roulé de manière à former un cercle , et cachant sa queue dans sa bouche, il était le symbole du monde créé, animé, vivifié par le souffle divin, et soumis à la vicissitude des temps , des mois , des s ai' sons et des années.
Sa forme orbiculaire était une imitation de celle du disque solaire, régulateur des révolutions cycliques et annuelles ; ces sortes d'imitations avaient quelquefois lieu dans les hiéroglyphes. Lorsque ISIS était le symbole de la nature ancienne , de la nature avant la création par le développement , la Ma rupture de l'œuf de CNEPH d'oie procède «rs n?,3 PHTA , l'être germé, apparaissant d'une manière soudaine comme le bourgeon; lorsqu'elle était la nature avant l'émission du verbe , (ivant l'impulsion donnée par cette émission , avant le mouvement de la matière, mouvement figuré par une barque; ISIS, dis -je, empruntait alors la forme de l'habitation vide.
Roulé de la sorte sur le cercle, le serpent p-n fut nommé E-CNe ou E-CeN , mot composé
(83) de E qui désigne la vie , Y être créé, animé , ^ Y existence et le serpent , et de CeN ou CNé P qui signifie courber, mettre en rond; roulé sur soi-même de manière h rapprocher les extrêmes ; la rencontre des extrêmes , le haut et le bas , le commencement et la fin, le premier et le dernier , le premier et le dernier mois de Vannée.
Symbole du monde créé , le serpent devint bientôt celui des astres et de la lumière sidérale. L'un de ses noms que nous venons de voir , était celui de l'épervier par lequel on désignait le soleil. Il forma NeTZ , qui marque Y éclat , la splendeur des astres.
Mais, avec cette signification, l'Oubai, au lieu d'être roulé sur le cercle, était représenté avec ce cercle sur la tête. Il devenait le symbole des initiés , des Nazaréens envoyés pour éclairer le monde. Et , en effet , leur nom NaZaR était celui des planètes coosidé- TO rées comme les envoyées du monde stellaire.
Ainsi les étoiles ont désigné les hommes que la science des choses saintes avait rendue illustres, les propagateurs de la sainte doctrine, de la doctrine des ancêtres. « Où est le roi » des Juifs » , disaient les mages eu parlant de celui que Balaam, dominé, couvert par
(84) le ROÉÀLEIM, Y esprit, le souffle vivifiant
de Dieu, nommait Y étoile de Jacob (i), « car
» nous avons vu son étoile dans l'orient (2)? »
HttïP Le mot SiME, que nous avons vu dans le fragment précédent désigner Y homme que l'initiation et son alliance avec le ciel avaient rendu, illustre, est aussi un des noms de la lumière, de la lumière du ciel; du ciel, et du soleil même.
\T\ Un des noms du serpent, THoN, est aussi
celui du dragon céleste, de la science des anciens y de la tradition.
Les astres ont encore désigné dans un sens plus général les grands , les personnages illustres , les bons rois , les rois célèbres par leur équité, leur justice , les MeiSI, les Messies (3).
TOE Le nom générique de ces rois , Messies ou
(1) Nombres 2/f> 2 ? I7*
(2) E'.àopisv tov açspa autou , V étoile de lui.
(3) BasiXsa as xcikXiçov $7)}.ouvtsç, oauv ÇoùYoaooOfft
5C0 <5 {JLO Sl^CûC 6<S/î75[XaTlS[J-SVOV To ovojia TOU o<pso)C
«ao* Ai-yurcttoi!; s<ri MEI^ 1.
Pour désigner un bon roi , ils peignent un serpent prenant une forme semblable à celle du monde {l'orbiculaire ).
....... Le nom de ce serpent chez les Égyptiens , est
MEISI.
HorusApol., liy. Ier., hier. 56.
(85) Moïses y était celui du symbole de la justice, rwo delà balance; et dans les zodiaques égyptiens, on voit, au signe de la balance, ce Messie > ce bon roi , assis dans le disque solaire pour marquer qu'il est la lumière du monde. C'est le Menés Moïse, le régulateur, le conducteur rvtic y-ou^ot Moïse , fils duSoleil, selon l'hymne chantée aux initiés dans les mystères de la Grèce.
L'oubai, couché sur le disque solaire, enveloppant ce disque , et cachant sa queue dans sa bouche , avait fait , par sa transcription en caractères alphabétiques , le mot E-CeN > de cette manière :
E- Serpent ,
-CeN , en rond ;
Avec ce même disque sur la tête, il forma le mot O-S y
qui est le nom donné aux principales constellations. Ce hiéroglyphe , répété sept fois , indiquait la grande ourse : il a pu également la désigner seul comme le mot OS. Ce même
(86) mot s'applique encore à la queue du Bélier; et nous verrons dans le quatrième fragment, que la lettre O désigne en effet le bélier. *ptt> Sous la dénomination de SeRaPh ou Se-PtP,
TOubai était la transcription alphabétique du serpent volant hiéroglyphique ,
ss§^
^^JT
analysé de cette manière :
-tî? 1) Se* Serpent-
*p- ^S^SS^ -HP volant
L'E-CeN ou serpent en rond marquait le rajeunissement du monde , le renouvellement de ï année , à cause, d'abord, de la forme même du hiéroglyphe, puisque le mot CeN , qui exprimait cette forme, désiguait le premier et le dernier mois de l'année , ou Tannée révolue fondant le dernier de ses mois dans le premier de Tannée nouvelle ; et ensuite mn n parce que le mot E, EYE, nom du serpent , était celui de Y existence.
En se rapprochant de la signification hié-< roglyphique de TECeN, les Egyptiens avaient
fait, avec l'article Py ou Pîry , le mot Py- *} TboN, autre nom de fOnbai , et qui mar- *\nD quait le retour a l'être > le rajeunissement de la nature , lorsqu'il se manifeste par l'apparition des plantes et celle des bourgeons au printemps. ( Pb-Tbé et Pb-Tba ). nflS «H3
C'est ce retour des choses a leurs espèces respectives indiqué par l'oubai circulaire, et dont j'ai parlé. Horapollon considère l'état qui précède ce retour comme une sorte de destruction; nous le nommons la Mort; et le mot APb ou ÀPb-QE , autre nom du serpent ^ HV2K roulé y signifie finir, cesser d' être.
Le mot GeN ou CNe , affecté au serpent en "P rond ou dans un rond, entre comme radical avec ce mot APb ou EPb dans le mot r|« CN-EPb , qui était le nom donné par les t^p Egyptiens au régénérateur , sauvant ou renouvellant la vie > au serpent Agathodémon ou bon génie , représenté comme MeiSI , le bon roi ? le rê générateur moral , le verbe 7 ZdMeSsIe, dans le disque solaire.
Ce serpent avait la tête d'un épervier, pour indiquer qu'il était le symbole de la Divinité, du Dieu des ancêtres, d'lÉ-NeSou±NTiS. NES, ça-n1 je le répète, était également le nom du ser- Slovogoc pent et de l'épervier. Dio-NySius.
( 88 V CNe était le disque solaire on l'a vu ; EPh ou APh le nom du serpent, on vient de le voir ; CN-EPh était donc la transcription en caractères alphabétiques de ce hiéroglyphe
développé ainsi :
*]- /y) -ePh;
et qui, dans une autre transcription, avait donné le mot OS (pag. 85), nom des constellations les plus lumineuses ou les plus remarquables. En effet, CNEPH était le Dieu du fou et de la lumière > le Dieu de tout , E)a même des ténèbres (i). OS, prononcé AS, •Mpy était le nom du fou > et il avait formé OS-N, fumée, incendie,
(i) C'est-à-dire du mystère, de l'obscurité mystérieuse des temples. Dieu lui-même a dit, selon Salomon , quil voulait habiter dans les ténèbres , i er. liv. des Rois -? ch. 8, v. 12. — Dans le Ie. liv. de Samuel, ch. 7 , y. 5 et 6 , Dieu fait dire a David de lui bâtir un temple , et se plaint de n'en avoir pas eu depuis le jour oh les Hébreux sortirent d'Egypte. Dieu, j'entends Jehova, avait donc eu des temples en Egypte avant cette sortie.
(89) O-Ph, autre transcription des hiéroglyphes t$ tpy qui entrent dans la composition de CNEPH,
^ ePh
désignait les rayons lumineux , la lumière et les ténèbres , parceque cette lumière est celle qui brille dans les ténèbres , la lumière sidérale.
CNEPH plongeait l'univers dans les ténèbres enfermant les jeux , c'est-à-dire, en cessant de veiller sur lui, en lui retirant le mouvement. La même transcription, O-Ph, V—y; — : désignait les yeux, les paupières.
On lui donnait des ailes ; et CNEPH signi- ^ fie être ailé , et OPh veut dire voler, avoir des ailes.
( Je prie le lecteur de ne pas perdre de vue les élémens hiéroglyphiques de CNEPH, le disque solaire et V Ouhai d'abord, puis ces mêmes symboles et les ailes ).
Enfin CNEPH était protecteur et bon génie; il régénérait y renouvellait , sauvait les êtres ; avec ces qualifications ?t la puissance qui les accompagne, la transcription de son symbole
(9°) en caractères alphabétiques avait lieu de cette
manière ^
et formait le mot SO , qui veut dire sauver et sauveur. Remarquez que cette transcription est la même, sous des termes différens, •p— n que celle d'E-CeN , laquelle marque le rajeunissement y le renouvellement du monde et des choses > la régénération physique et morale par le MeiSÏ , le bon roiy le Messie placé dans le signe de la balance, désignant V époque présumée de la création et la régénération dit monde.
On trouve encore sur les monumens ces deux hiéroglyphes groupés ainsi :
-Os
en les développant ,
yV on a le même mot SO qui , traduit littérale* ment, signifie serpent-soleil, En faisant pré-
(9.i ) céder ce mot de la lettre hémantique I, for- i
mative des noms propres, et qui désigne Y être qui , celui qu'on désigne du doigt (ï), onale mot I-S-0 , dont la traduction littérale est y — w— l'être qui-serpent-soleil , c'est-à-dire, Y être qui- conserve y prolonge, renouvelle, sauve V existence , -est soleil. On sait que le soleil était, comme il Test encore, un des grands symboles de la Divinité ; qui] était celui d'O-S-I-ris. Ainsi le mot I-S-O doit être traduit, Vêtre qui-sauve-est Dieu; le-sauveur~ Dieu ou le-Dieu-Sauveur , en un mot, le Sauveur, ISO , IeSO , leSuO , JESUS enfin , car c'est le nom même du Sauveur ; la prononciation de ce mot, changée en IESOUS par ivjgouc les Grecs , a fait le latin JESUS.
Les Egyptiens lisaient le hiéroglyphe dans le sens opposé, et formaient le mot OS-IRÎD ou OSl-RID. Cette transcription ne fut point admise par Moïse dans la langue hébraïque ,
(ï) La lettre I , en hébreu * , tire sa forme et son étymologie hiéroglyphique du doigt représenté ainsi <^s, • mais renversé de cette manière M dans l'écriture alphabétique , comme la plupart des autres lettres. Les mots V ID, main, IS , ILLE , IL, etc. , doivent leur origine à ce hiéroglyphe.
C9= ) et Ton concevra facilement pourquoi; toutes
les erreurs de TEgyptianisme se seraient reproduites chez les Hébreux par la seule présence de ce mot, si on lui eût conservé la signification de sauveur , de régénérateur. Peut-être même ne se trouvait-il pas dans les livres Ambriques,du moins transcrit de cette manière (i). La transcription d'un hiéroglyphe avait quelquefois lieu indifféremment de droite à gauche et de gauche à droite, ï\D d*d on disait également CYS et SYC, une coupe;
(i) M. Volney croyait trouver le nom d'Osiris dans le mot TzOR , Ti^? , que Moïse , Deutéron. , ch. 32 , emploie symboliquement pour comparer Dieu à un rocher d'où découlent toutes les choses créés , ou qui est le jforty le refuge de tous les hommes.
Il est aisé de voir combien ces deux mots ont peu de ressemblance. Osirid est certainement un mot composé. On ne peut admettre que les Egyptiens , au lieu de ce mot, aient dit SiR. Or, l'S du mot O-S-IRID ne peut être représentée par le Tz-adé "S : le Vau , *\ , peut bien être prononcé O ; mais il équivaut plus naturellement à notre U, a l'Y des Grecs , fqu'on prononce fort mal comme uni), et à PU des Italiens. Il ne reste donc de véritablement exact, dans cette prétendue parité de noms , que la lettre R, en sorte que la ressemblance des mots TZoR et OSIRID est telle qu'on la voit ici :
(93) SyPli et PhyS, finir, etc. Les Egyptiens di- *p D3 saient OSY-MANDÈS et ISO-MANDÈS (i).
OSÏ-RID ou OS-IRID, Osiris était donc pour les Egyptiens initiés ce qu'est pour nous ISO ; la composition de son nom est bien forte , Lien expressive; -RYD ou IRiD signi- TH TV fie régner; descendre d'en haut, du ciel pour dominer , pour subjuguer et soumettre ; recevoir d'en haut le droit de dominer , de régner, et en user avec douceur et bonté ; se révéler par le verbe j la parole; tomber dans l'oppression y être humilié et plongé dans la douleur , et disparaître ensuite.
Si Ton rapproche ces significations de celles du mot ISO ou OSI, puisque c'est le même, on aura alors ce sens prophétique bien remarquable , et qui explique l'origine de toutes ces prédictions parallèles , relatives au Saint, au Sauveur futur, chez des peuples étrangers au culte mosaïque, mais que l'initiation de quelques sages avait éclairés. Le Dieu Sauveur > ISO , Jésus descendra du ciel pour subjuguer et soumettre les nations ; il re-
(i) Osjmandias. On doit se souvenir que , dans le premier fragment, pag. i5, 18, j'ai fait voir qu'ISQ jouait, dans les mystères, le rôle de MANDES ou JAM- BB.ÈS ; qu'il en portait même le hiéroglyphe.
(94) cevra de Dieu le droit de dominer , mais il en
usera avec bonté et douceur. Il se révélera par le verbe , par la parole; il sera opprimé , humilié 3 plongé dans la douleur , et disparaîtra ensuite du milieu des hommes.
y& Le mot SO , privé de la lettre hémanti-
» que I , ne se trouve point en hébreu avec la signification de sauver et de sauveur. Ce fait est assez remarquable, puisque SO est rag(ù(ù, aarô, g<ùç dical de SOO, SAO , sauver > SOS , sain , etùx'tio, ffïDtTjpia SO-TÈR, SOTÈRÏA , sauveur, salut, etc. Je m'abstiendrai de toute réflexion à ce sujet, laissant à chacun le soin d'expliquer la chose comme il l'entendra • jusqu'à ce que la connaissance des hiéroglyphes nous apprenne comment il se fait que le nom d'ISO se trouve sur les monumens égyptiens sous le symbole de CNEPH, de Y Àgathodémon , du bon génie. C'est cet Agathodémon y ce bon génie, ce régénérateur , ce sauveur du monde que les anciens reprochaient aux méchants et aux impies de ne pas reconnaître ; et c'est pour cela qu'ils nommaient l'impie et l'impiété «m 1 vœ-l Ré-SO, mot composé de Ré ou RYE ou RYO, yn désignant la méchanceté , le mal, la mauvaise pensée , la fausse opinion, la vanité , la nulp0> yw lité , la négation du bien, et de SO pour I-SO;
(95 ) en sorte que ce mot, composé plus de deux mille aras avant la naissance du christianisme, signifie cependant penser mal du Sauveur , agir méchamment a son égard • penser mal <f ISO ; être coupable d'impiété j de méchanceté et de négation envers ISO; nier ISO; et avec la prononciation moderne, nier Jésus.
Pe-SO, autre nom du pécheur , de Y homme fVB rebelle a la loi divine 3 est également composé du nom d'ISO et de Pe qui marque Yarro- p^ gance, le mensonge , Y esprit de mal faire , de détruire.
Le hiéroglyphe d'ISO offre encore une autre signification , conservée dans les dérivés de SO. Le serpent désignait un renouvellement , une révolution , un cycle, il en résulte que le mot et le hiéroglyphe peuvent présenter l'idée de révolution du soleil; cycle solaire ; le temps , l'époque > l'heure , la saison , la p^j mesure du temps ; mais dans un sens moral , il prend une signification bien plus importante et qui revient a celle que nous venons de voir, puisqu'il désigne une révolution céteste , divine , c'est-à-dire, marquée parla Divinité; V époque du retou r <fISO , delà nouvelle émission r/eSiLÉ , de l'envoyé , du verbe.
Enfin , indépendamment de toutes ces si-
(96) nyty yir> gnifications , SO , à raison du hiéroglyphe , a
désigné les rayons du soleil ; ce qui est rayonnant, enflammé; la splendeur , la lumière.
Le serpent était le symbole de la sagesse , de la prudence ; de là le mot ISO , nom du verbe divin , du juste des justes , de la sagesse divine, signifia également justice, vertu, sa- •MF ©V gesse, et forma les mots IS et ISOU. De là cette expression de nos livres sacrés , le soleil de justice , pour désigner non la Divinité proprement dite , mais son verbe , mais ISO , le verbe émis , envoyé , le Sauveur renaissant pour régénérer, rajeunir le monde aux époques marquées par la Divinité (i).
On a vu , et c'est un fait assez démontré , qu'ISO était représenté par les symboles de CNEPH, le serpent et le disque solaire; on a vu que CNEPH joignait à ces symboles les ailes , et que son nom même signifie voler, être ailé, avoir ses ailes déployées pour voler. Voyons si le même hiéroglyphe se reproduira dans les traditions hébraïques relatives à ISO.
(i) Dans le sens matériel, c'est le soleil renaissant à l'époque ou cet astre , après s'être éloigné , revient sur ses pas , renaît pour rajeunir la nature. L'époque où nous plaçons la naissance d'ISO , la Noël, est elle-même symbolique.
(97) D'abord, que les Hébreux aient considéré
iiiérogîyphiquement Dieu comme ayant des
ailes , cela n'est pas douteux , leurs cantiques
sacrés l'attestent à cbaque pas.
« O Dieu ! s'écrie David , ps. 36. 8 , les » enfans des hommes se retirent sous l'ombre » de vos ailes.
» O mon Dieu! je me retire sous l'ombre » de vos ailes. Ps. 5y. 2.
» Je serai dans la joie à l'ombre de vos ailes. Ps. 63. 8.
» L'Eternel vous couvrira dé ses plumes et » vous donnera une retraite sous ses ailes. » Ps. 91 , v. 4-
» Etc. y etc. »
Mais lorsque Malacbie, chap. 4> v. 2 > dit aux Hébreux : Le soleil de justice se lèvera pour vous > et vous trouverez votre salut à l'ombre de ses ailes. N'est-ce pas exactement comme s'il disait : IS-0 , ou Jésus se lèvera pourvoies , etc. ? Remarquez ces expressions : Vous trouverez votre salut a l'ombre des ailes de ce soleil ; or ce soleil est accompagné de l'Oubai ,'et si nous y joignons ces deux ailes protectrices , couvrant de leur ombre et par
conséquent étendues , nous aurons ce hiéroglyphe égyptien :
La transcription en caractères alphabétiques, de TOubai rapproché du disque solaire, donne le mot I-SO , le Sauveur , ou IS-0 , le Soleil de justice. Dans le passage de Malachie, il est incontestablement question d'ISO, le Sauveur, et ce Sauveur y est nommé Soleil de justice , il n'y a aucune difficulté ; cet ISO y est représenté comme un soleil ailé , couvrant de ses ailes; donc l'étymologie hiéroglyphique du mot ISO est certaine ; donc le disque solaire ailé représente ISO, Soleil de justice. On verra bientôt une variante du même hiéroglyphe , pour reproduire la même idée avecplus de force.
Ainsi, c'est donc ISO , c'est donc Jésus , Sauveur du monde et Soleil de justice , que les Egyptiens figuraient sur toutes les portes
(99) de leurs temples; et la signification de ce symbole était donc celle que nous a transmise Malachie.
LE SOLEIL DE JUSTICE EST LEVÉ (i) POUR VOUS, VOTRE SALUT EST A L'OMBRE DE SES AILES.
La transcription de ce symbole développé ainsi :
a formé le mot SeMS, qui signifie mot-à-mot ©e© serpent- soleil -serpent , et qui est le nom du soleil» On n'a pas oublié sans doute que EM J*~"^ OT ( i.er Fragment, page 16) est le nom du disque solaire et qu'il donne l'idée du soleil ailé , puisqu'il est aussi le nom de Y Espritailé, de l'Esprit-Saint descendant sous laforme d'une colombe.
(i) Ou SE LEVERA,
Transcrit autrement , ce hiéroglyphe a formé
W*> SOL, qui marque Y excessive lumière, celle «igm c. cons< e ^ soleil. C'est de cette transcription que
dans Ïambe. ± *
viennent les mots SOL, SOL-eil, SOL-us, seul; comme qui dirait, l'unité, le grand un; et en effet les Chinois expriment ainsi l'idée qu'ils ont de Dieu , du Tien , dans ce hiéroglyphe :
TT composé de j\^ Ta , le grand , et
de >■ ^ YÊ , un.
C'est ce SOL qui fut le premier roi ou plutôt la première divinité de l'Egypte. C'énto tait le premier SoLE ou SiLE, le premier envoyé, (Voy. le 4*e Fragment) le premier Messie; ou. la première émission du verbe, de la parole de Dieu.
Mais le disque solaire ailé ne désigne pas toujours ISO, le Sauveur, il est souvent le
( ioi ) symbole du Très-haut, de Dieu; avec cette signification il doit nécessairement perdre le hiéroglyphe du Salut , du Sauveur, le serpent. Alors il forme cette figure plus simple,
dont la transcription en caractères alphabétiques , donne le mot %
OL , le Très-haut, Dieu. bv
C'est ce globe ailé que les anciens Egyptiens plaçaient sur une barque nommée BAR-is, et qu'ils promenaient dans les campagnes. A cette époque on nommait arche ou vaisseau, le symbole où se manifestait ta présence de Dieu, et ce symbole était portatif , c'était Y habitation de Dieu, mais Y habitation mobile. C'est de ce symbole que vient l'emploi d'une barque , pour désigner le mouvement.
La trace de ce symbole s'est conservée dans les mots anciens employés pour désigner les temples. Le syriaque NOUS-A , Temples, NDia vient de 1NOUS , aller, venir, chercher un Dia asile. Le mot grec NAOS ou JNEOS qui en vaoç, veo>ç
( 10a ) va© dérive , a la même étymologie que NÀO ,
vaoc, vaoç couler, NAUS ou NAOS , vaisseau , navire. De là vient le mot JNEF, dont nous nous servons pour désigner le vaisseau d'une église.
by*7\ by L'hébreu EI-CQUL, temple, vient de I-CouL, dont le sens primitif CouL-er s'est conservé ta'2 dans le dérivé JVîI-CouL, un ruisseau» Le mot arche lui-même , désigne un vaisseau; un vaisseau, une barque était donc le symbole primitif de la présence de la Divinité; il Test encore, puisque nos églises portent le nom de vaisseaux, puisque nos tabernacles sont une imitation de Y Arche j puisque nous plaçons dans ces tabernacles le Soleil de justice > devant lequel tout chrétien se prosterne ^ et puisqu'enfin , dans nos symboles^ nous représentons toujours ce soleil porté sur un vase, un vaisseau, une coupe.
C'est de ce globe ailé placé sur une barque , et si souvent répété sur les monumens égyptiens y que vient par la transcription , en ca- Q>— bz ractères alphabétiques , le nom des Baahim si célèbres dans l'antiquité > et sur lesquels on a tant écrit sans connaître leur origine , parceque la connaissance de cette origine était attachée à celle de l' étymologie hiéroglyphique de l'hébreu.
( io3)
Ce hiéroglyphe ,
décomposé ainsi ,
donna donc le mot BOL , qu'on prononce fy^ actuellement, comme s'il était écrit avec un A, BAL ou BAAL , et qui désigne Dieu , Dieu fécondant l'univers , et lui donnant le mouvement par l'émission de la parole, du verbe > signification qui résulte du rapprochement du mot BA et de OL , prononcé également AL.
J'ai dit, dans le second fragment, pag. , que malgré Tétymologie évidente du Sameck hébreu,
ce n'était pas sous cette lettre qu'il fallait chercher les noms donnés au serpent; mais sous le Schin , équivalant à deux SS ou à deux serpens.
( io4)
J'ai donné, pag. 86, l'étymologie hiéroglyphique du mot Se-RP , j'ai dû réserver , pour le placer ici ,, ce que j'avais encore à dire sur ce mot.
tp ReP ou RePh désigne les ailes étendues
d'un oiseau qui plane au-dessus d'une chose , qui la couvre avec amour , qui protège de ses ailes. Dans les hiéroglyphes , Y être bon qui plane et protège en couvrant de ses ailes , est toujours le globe ailé, et ce globe ailé est ISO ou OL , selon qu'il est avec ou sans Oubais.
Mais le mot RePh ne signifie pas seulement planer au-dessus > il entraîne encore et nécessairement le sens d'être dessus , d'être placé sur > en étendant ses ailes comme pour couver , rechauffer , vivifier; enfin être porté sur une chose.
Si maintenant nous voulions figurer hiéro- £\7ti) glyphiquement le sens du mot S-RaPh, nous5 tracerions d'abord deux Oubais en leur donnant cette symétrie que les Egyptiens recherchaient avec tant de soin dans leurs tableaux hiéroglyphiques , nous aurions alors cette figure.
Au-dessus de ces deux Oubais, nous pîa-
( .o5 ) cerions le disque solaire ailé planant sur ; et comme d'après la signification du mot RePh , ce disque doit être porté sur quelque chose, nous dessinerions au dessons de lui un Thauth, un soutien, une borne, signes de la stabilité, de la fixité * du repos. Nous placerions cette borne dans l'intervalle qui existe entre le globe ailé et les deux serpens ; car ces deux serpens ne peuvent pas être joints au globe ailé, comme ils le sont d'ordinaire, puisque le mot SeRaPh annonce que , dans le hiéroglyphe , on n'avait point cherché à rappeler le nom d'ISO.
JNous aurions donc alors cette figure ,
qui , ramenée à des linéamens plus simples, présente ce symbole bien connu ,
^Qe^
( io6 )
et plus abrégé,
ou
îa transcription de ce hiéroglyphe qui, en effet , est égyptien , donne le mot S-M-S , SaMS, Soleil y comme on l'a vu plus haut.