III
glyphe , conservé dans la science hermétique, désigne encore ce métal , de même que le mot NES-Tho.
Le signe cruciforme sur lequel repose le serpent , n'est pas seulement autorisé par la composition du mot NES-Tho, et par remploi du signe hermétique, il Test par Moïse même, puisqu'il emploie le mot NES qui dé- dj signe un étendard; et, en effet, le serpent d'airain servit depuis d'étendard aux Hébreux , c'est une observation à laquelle les peintres devraient avoir égard, lorsqu'ils représentent des faits postérieurs à l'érection du serpent d'airain , et antérieurs à rentrée des Hébreux dans la Palestine.
L'étendard simple avait cette forme ,
avec le serpent d'airain, il eut celle ci : (i)
Je reviens sur le mot SeR-BaTh pour quelques observations qui peuvent être utiles.
Le bâton était dans récriture hiéroglyphique un des signes les plus simples ; placé dans la. main de l'homme, il est l'instrument de la force et de la supériorité qu'on acquiert par elle. Le bdton devint donc le hiéroglyphe de la force y de la puissance , du gouvernement, et celui de la force et de la puissance morale , de Y intelligence qui subjugue tout l'homme , c'est-à-dire , qui commande à l'homme et à son esprit.
Le mot SeR-Baïh ou Se-BaTh, désigna
(i) La forme que je donne ici à l'étendard est autorisée par le mot NeS qui désigne un voile tombant , une voile qui pend à son mât. Le NeS ou Etendard égyptien était un To , surmonté du collier des Nazaréens ou initiés.
( ix-3)
d'abord le sceptre pastoral. Les premiers rois
furent pasteurs, et le premier pouvoir de rcoipsveç >.ao>v.
,,, , t . g-y Daus Homère et
1 homme s exerça sur les animaux. Comme Hésiode. ce sceptre était terminé en pointe d'un coté pour pousser les animaux, le mot SeBT sig- aatï) nifia aussi un dard, une pointe. Lorsqu'après la formation des grandes sociétés, le SeBT fut devenu le ScePT-re , il désigna Y autorité souveraine 3 le pouvoir de réprimer, de contenir ; Y action de commander , tenir en repos , arrêter, faire cesser; le repos du roi, du maître; le SaBaT; le jour du SaBaT, le SePT-zeme W» jour.
Le bâton , comme symbole de la puissance , passa donc dans la main des rois.
Comme symbole de la science et de l'intelligence des choses cachées , clans celle des* mages , des devins , des magiciens.
Comme symbole de la puissance morale , il fut adopté par tous les sages de l'antiquité,
Enfin , comme symbole de la puissance divine , il le fut par les prophètes.
Le mot BaT, pour désigner un bâton, n'a pas été conservé dans l'Hébreu ; mais il s'y retrouve comme radical de plusieurs mots : de lui vient l'Ethiopien BaTR et notre mot BâT-on , BaTRe.
Comme symbole de la puissance divine , le bâton devint le sceptre d'Osiris. Or ce sceptre était terminé par un oeil. On verra dans un autre fragment que cet œil désignait la lumière divine , le soleil , Dieu 9 et que sa transcription était la même que celle du disque solaire. En transcrivant donc le sceptre d'Osiris en caractères alphabétiques, on aura
-V ÇS? O-
*te+
-BaD (le même que BaT.)
13$ O-BaB , qui littéralement signifiera œil- bâton, et moralement sceptre de Dieu; puissance divine ; avoir son soutien en Dieu ; avoir con*>
fiance , sécurité en Dieu; être soumis à Dieu; servir^ adorer Dieu ; sanctifier le repos de Dieu;
fêter le SaBaT > se rendre à ce devoir ; obéir, OBeD-*>é?.
Remarquons encore que le bâton était le symbole de l'adoration : cette valeur résultait nécessairement de celles que nous avons
(n5) vues. Les anciens n'adoraient qu'avec une branche , un rameau à la main ; et quant aux Egyptiens en particulier , Plutarque nous apprend qu'ils n'entraient point dans leurs temples sans tenir ce rameau. Les Juifs , devenus idolâtres , adoraient Adonis en tenant à la main un rameau , qu'ils approchaient de leurs narines (i) ; c'est même ce qui explique l'étymologie du mot ad orer. Lorsqu'ils reçurent ISO comme envoyé de Dieu , ils allèrent au-devant de lui et l'accompagnèrent avec des rameaux à la main.
Le bâton des pasteurs, des conducteurs > des chefs des grandes familles , des chefs de tribu, des gouvernemens, désigna aussi la tribu , le nome ou la province. Lorsqu'on voit dans les hiéroglyphes une suite de lignes droites, elles peuvent désigner un nombre de tribus , de nomes , de gouvernemens.
Ce bâton, couché sur la ligne ondulée,
qui marque le cours des eaux , la rivière > le
fleuve > peut désigner le gouvernement de
(i) Mittunt palmitem ad nasum suum. Ézech. 8. 17. Nos cantiques sacrés prouvent cet usage ; tous les psaumes de David portent le nom de ce rameau , de cette palme , ZaMoR. (toi)
( "6) l'Egypte. On a, par la transcription du groupe que forment ces hiéroglyphes
B3tt? -— SeBaT
les mots SeBaT NEL , qui signifieront le sceptre du fleuve 9 le sceptre du Nil 3 le gouvernement égyptien. Les traducteurs rendent ces mots par le sceptre de V héritage, ce qui déguise l'origine hiéroglyphique de leur rapprochement (i).
Si l'on veut donner au sceptre la forme de celui d'Osiris, on aura alors cette figure.
lajf ^ O-BeD
^ru i^^VW^ NEL
dont la transcription OBeD NEL sera relative au culte du Nil ou à la fête du Nil , celle qui a lieu tous les ans à l'époque des débordemens du fleuve.
(i) Israël est appelé le Fleuve , le Nil de Dieu.
( "7) Pour exprimer la cause de cette fête, nous
avons besoin d'un autre hiéroglyphe , et ce
hiéroglyphe va nous ramener a l'Oubai ,
.qu'on pourrait croire que nous avons perdu
de vue.
Les Egyptiens modernes nomment les citernes et les canaux où sont reçues les eaux du IN il SaQiéhs : ce mot dérive de SaQ ou SaQE , qui veut dire abreuver^ arroser, faire boire , canal , breuvage contenu dans un vase (i).
SaQ est composé de S, nom du serpent, w symbole de l'existence et de toutes les choses qui la prolongent ou la conservent , et de Q, p désignant un vase ^ une coupe propre à contenir des liquides , en sorte que le mot SaQ est une transcription de ces hiéroglyphes,
que vous trouverez sur l'obélisque pamphiîe
(i) Le retour de l'inondation étant un sujet de joie et de fête, le mot SaQE a signifié rire , se divertir, être dans la joie ; se moquer et railler. On sait que les fêtes qui avaient lieu sur le fleuve 7 étaient accompagnées de railleries , portées quelquefois jusques à l'indécence.
7V?V pB>
( "8) immédiatement au-dessous de celui que nous venons de voir ; de cette manière
-Qy *g^=— ==, O-BeD
-t^ ^ -^ Sa-
vous aurez alors ce sens remarquable : la fête du Nil à l'occasion de V ouverture des canaux , ou un sens approchant.
Ce serpent , placé au-dessus d'une coupe, explique maintenant l'origine du symbole d'Hygie , déesse de la santé , et qui entretient ou renouvelle l'existence par des boissons salutaires, vivifiantes; symbole conservé dans^ceux du catholicisme, puisqu'on le donne à T apôtre qui porte le nom de l'initiateur Jannès , à Jean.
On voit également ici l'origine de ces traditions mythologiques sur l'ambrosie , la boisson d'immortalité ou des immortels , si célèbre chez les poètes payens. On y trouve le principe de ce préjugé, si ancien et si répandu chez tant de peuples , et qui est relatif à la composition d'un breuvage fait pour prolonger l'existence , pour rendre immortel , selon les Chinois. C'est ce calice symbolique
T^/ancY/f fi~
alabai'uk;
( "9) qu'ISO , prêt à mourir pour renaître immortel , doit vider jusqu'à la lie ; c'est cette boisson salutaire à laquelle la religion nous iuvite symboliquement à recourir pour vivifier nos âmes et nous procurer l'immortalité morale.
C'est l'Oubai, c'est le serpent de l'initiation, de l'initié, du MOYSE, du MUSÉE que les Egyptiens disaient être sensible à la MUSI-que , et que par elle ils avaient trouvé le moyen à' enchanter. Si l'on désire des détails sur ce sujet, on peut consulter Bocbard et une dissertation de dom Calmet. Je n'ai mentionné ce fait que pour pouvoir mettre le lecteur à même de comparer l'Oubai des hiéroglyphes avec le serpent à lunette ou Covrè Capelle de l'Inde dans le moment où son enchantement a lieu. La gravure que je publie ici (pi. 5 ), est faite sur le dessin d'un Indien même. Ce dessin fait partie d'un recueil de deux cents figures, tontes relatives aux divinités et aux différentes professions des ha bi tans de l'Inde; il appartient à M. J. Exshaw, négociant, domicilié à Bordeaux, et amis des arts qu'il cultive avec succès ; je
îe dois à son amitié , ainsi que la note qui va suivre (i).
« Il existe dans tous les pays une classe d'hommes qui fonde ses moyens d'existence sur la crédulité et la curiosité des autres ; mais nulle part cette classe n'est aussi nombreuse que dans l'Inde. A peine un étranger y est-il débarqué , qu'une foule d'escamoteurs , de danseurs, de sauteurs et autres, l'entourent et briguent l'honneur de l'amuser, moyennant la faible somme d'un fanon, ou douze sols de France.
m Parmi cette foule de jongleurs de toutes espèces, ceux qui étonnent davantage l'Européen et qui l'effraient le plus en même temps, sont ceux qui font danser les couleuvres ; cet étonnement et cette crainte augmentent encore, lorsqu'on apprend que l'espèce de
(i) J'ai respecté le dessin original quoiqu'il soit très incorrect ; le lecteur observera que le Covré Capelle a , lorsqu'il est enchanté , la position et la forme même de l'Oubai , d'où il pourra conclure que l'Oubai est le serpent enchanté , le serpent MeiSI, MUSEE, ou dominé par la MUSI-que, c'est-à-dire , par l'Esprit-Saint , par la Sagesse divine. Il pourra comparer également le Covré Capelle , se dressant dans son panier , à l'Oubai des mystères sortant du Calalhus. (Voyez I.erFrag. , pag. 17. )
couleuvre qnî sert à ce spectacle, est la seconde sur la liste des plus venimeuses. La morsure de cette couleuvre est suivie d'une mort certaine; il est rare qu'elle laisse plus de i5 à 17 minutes d'existence. »
« A la côte Coroinandel où cette espèce de couleuvre est très abondante, on la nomme Covré capelle ou Couleuvre capelle. La longueur de ce serpent est de trois à quatre pieds ; sa couleur est jaune tacheté de noir ; sa forme est la même que celle des autres serpens de l'Inde , à l'exception d'une poche qui se prolonge depuis le derrière de la tête jusqu'à deux ou trois pouces le long du dos. Cette poche est peu visible lorsque le serpent rampe ou qu'il est dans un état de tranquillité ; mais aussitôt qu'il est mu par la colère ou par la joie, elle se gonfle en s'étendant de chaque coté de la tête de l'animal ; elle présente alors une surface platte sur laquelle est dessinée une paire de lunettes noires, sur un fond jaune chamois. »
« La tête du reptile semble sortir de la partie supérieure de celte poche , et elle se porte en avant horizontalement. »
« La qualité qui distingue le plus ce serpent de toutes les autres espèces connues, est
son amour pour la musique; cela est tellement incontestable, qu'on ne manque jamais de le prendre dès qu'on s'est assuré du lieu de sa retraite. Les Indiens qui font métier de les faire voir sont aussi ceux qui les attrapent. J'ai été souvent témoin de cette chasse, et, entre autres, une fois chez le gouverneur de Pondichéry. Pendant le dîner , on vint nous avertir qu'on avait vu entrer dans le caveau une grosse couleuvre capelle : les ordres furent donnés pour faire venir un chercheur de couleuvres , et nous nous rendîmes avec lui au caveau. Après avoir examiné l'endroit pour s'assurer du lieu où le serpent pouvait être caché , le Malabare s'assit sur ses talons, et commença à jouer d'un petit instrument, semblable , quant à la forme , à un chalumeau , mais rendant un son aigu comme la cornemuse. A peine une minute était écoulée , que nous vîmes sortir de dessous une natte ou un emballage, une couleuvre d'environ trois pieds de long, qui se promena à une petite distance de l'homme , en soulevant la partie supérieure du corps, et en étendant la poche dont j'ai parlé , indice évident du plaisir que ressentait l'animal. »
« Lorsque nous eûmes assez examiné ce manège, nous fîmes signe au Malahare qui, saisissant le serpent par l' extrémité de sa queue, le leva rapidement, et le porta ainsi dans un vestibule où un panier vide attendait le reptile. »
« Avant de l'admettre dans la troupe des danseurs , car il était destiné à le devenir comme presque toutes les couleuvres capclles que l'on attrape , il fallait lui oter le moyen de faire du mal; pour cela, on le mit à terre en liberté , puis on l'agaça en le frappant avec un morceau de drap rouge attaché au bout d'un bâton, jusqu'à ce que l'animal impatienté , sauta sur le drap , qu'on secoua alors avec tant de force, qu'on finit par lui arracher les dents. Cela fait , on le prit de nouveau par la queue , et on le remit dans le panier. »
« Ces paniers, que les Indiens portent généralement au nombre de six , sont ronds et plats ; on les porte sur des plateaux suspendus en forme de balances ; le bois auquel ils sont attachés , se porte placé en travers sur les épaules. » ( Voyez la ligure , planche 6).
« Lorsque les Malabares mettent les covré
capelles en spectacle , ils commencent par ranger les paniers en demi-cercle devant eux, et ils en font sortir les serpens les uns après les autres. Au son de l'instrument le serpent se redresse, et se reposant sur à - peu -près le tiers de sa longueur , il étend la poche décrite, et suit avec le corps le balancement, dont le mouvement lui est donné , avec le genoux, par la personne qui joue de l'instrument. Avant de terminer, il est d'usage de faire caresser cet instrument par la couleuvre ; ce qui s'obtient en filant un son , et en avançant l'instrument vers l'animal qui , de son coté , pose sa tête sur une calebasse dans laquelle le chalumeau est passé. Après cette cérémonie, les serpens sont remis dans leurs paniers et emportés. »
« La nourriture ordinaire de ces animaux ,est un oeuf dur par jour. »