ANTIQUITE DU ZODIAQUE
Mais ce que toutes les nations anciennes n'ont osé faire qu'en recourant à la fable, quelques savans modernes l'ont tenté en faveur de ces mêmes nations en recourant aux rnonumens.
Ceux qui se sont occupés de la recherche de ces rnonumens, ont cru en reconnaître un dans le zodiaque égyptien. Son antiquité présumée , d'après l'inspection d'un hiéroglyphe dont on ignorait parfaitement la valeur, paraissait s'élever à plus de quinze mille ans. Je crois avoir suffisamment expliqué la cause de cette erreur renouvelée de Dupuis; mais, dans tous les cas, il me semble qu'on aurait dû présenter une as-
( 193) sertion aussi hardie avec ce cloute philosophique qui , dit-on y est le commencement de la sagesse.
Cette haute antiquité est une hypothèse qui n'a pas même hesoin de la découverte de la vérité pour être repoussée. « La chrono- » logie chinoise , dit Grégoire ( hist. des sec- » tes relig. ) , fut long-temps l'objet de pré- » dilection pour combattre celle de Moïse. » Quand il a fallu abandonner ce poste , est » venu fort à propos le zodiaque de Dendera, » qui devait avoir au moins quinze mille ans ; » et voilà cette belle découverte abandon- » née. Dupuis lui-même , dans un mémoire » lu à l'Institut , réduit cela à treize cents » ans. »
Si l'invention du zodiaque datait de quinze mille ans, il en résulterait^ pour le sujet que j'ai en vue , qu'à cette époque les hommes auraient eu déjà découvert 9 et depuis long-temps , Part de graver et de sculpter des figures. L'emploi des bornes ou colonnes hermétiques , considérées comme premier essai de la sculpture , appartiendrait à une époque bien antérieure , ou ne s'accorderait plus avec ce que l'histoire rapporte de l'existence des monumens hermétiques dix
( i94) ou douze mille ans plus tard. On ne concevrait pas que des hommes assez éclairés pour dessiner et graver les, signes célestes dans les formes qui leur auraient été données, car il faudrait bien les dessiner et les graver de temps à autres pour les conserver aussi longtemps, ne le fussent pas assez pour reconnaître qu'on ne peut représenter l'homme, ou la Divinité supposée corporelle et semblable à l'homme, par des piliers, des bornes et des pierres équarries.