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m'aveuglai donc sur l'insuffisance de mes forces , sur celle de mes premières études , et je me livrai présomptueusement à ce genre nouveau d'analyse étymologique.
Je passai en revue tous les mots , non-seulement de la langue hébraïque , mais encore , lorsqu'il le fallait , ceux des langues arabe, chaldaïque, syriaque, éthiopienne, chinoise même, etc. Enfin je commençai un dictionnaire hiéroglyphique hébreu, destiné a faciliter l'interprétation des hiéroglyphes égyptiens.
Mais une entreprise si longue, si difficile , était loin de s'accorder avec mes occupations habituelles; et lors même que j'aurais eu la faiblesse de le vouloir , je ne pouvais les négliger entièrement, dans la seule vue de compléter un travail basé sur une hypothèse.
J'abandonnai donc mon projet faute de temps, mais non sans regret.
Depuis lors , j'avais résolu de laisser dans l'oubli toutes ces recherches; et j'aurais persisté dans cette résolution, si je n'avais vu l'attention de plusieurs savans
fixée sur l'Egypte , et leurs Investigations dirigées vers la science des hiéroglyphes. Je l'avouerai, j'ai senti quelques regrets; les restes d'un goût mai éteint pour ces sortes de travaux se sont réveilles dans mon cœur, et j'ai ce'de' trop facilement peut-être au désir de faire connaître en partie la marche que je me proposais de suivre. Qu'on ne me suppose pas la folie de me croire fait pour prendre place au milieu des savans que j'ai nommés. Je considère mon travail comme le denier de la veuve, et j'espère qu'on voudra bien excuser, sur l'intention, la modicité de mon offrande (i).
Si mon système est faux , si les résultats qui m'avaient séduit sont aussi trompeurs qu'ils me paraissaient heureux , je regarderai comme l'effet d'une bonne inspiration , d'avoir cessé mes recherches :
néanmoins j'en aurai dit assez pour être utile à ceux qui s'occupent de ce genre
(i) JVè che poco io vi dia, da imputar sono : Che quanto io posso dar7 tutto vi dono*.
d antiquités, puisque je leur aurai fait apercevoir recueil contre lequel j'allais échouer.
Si cet essai, au contraire , obtient quelques encouragemens , s'il paraît ouvrir une route nouvelle et en apparence assez sûre pour qu'un autre plus habile ne dédaigne pas de la suivre, alors la satisfaction d'avoir pu me rendre utile , me dédommagera du sacrifice d'un travail sur l'achèvement duquel j'avais compté jadis pouf obtenir quelque gloire.
Ainsi, malgré la confiance que m'inspire ce système, je ne prétends l'offrir que comme un moyen conjectural. Je le laisserai même dépouillé de tout appareil de citations scientifiques, afin qu'on puisse le juger sur les seules apparences de vérité qu'il peut avoir. Je n'ai point cherché dans la langue hébraïque la signification connue ou présumée de certains hiéroglyphes; j'ai voulu que ces significations se présentassent à moi par la seule analyse du langage : en sorte que si je me suis trouvé d'accord avec l'ouvrage qui porte
le nom à'Horapollon , avec Clément d'Alexandrie, Diodore de Sicile , ou d'autres auteurs auxquels nous devons l'explication de quelques symboles, cet accord^ a dû augmenter ma confiance.
Je ne me suis même pas toujours mis en peine de rechercher de semblables témoignages , et je ne les ai produits que lorsque ma mémoire me les a présentés.
Aussi trouvera-t-on dans cet essai, au milieu d'un grand appareil étymologique , bien peu de science réelle , et probablement de graves erreurs de fait. Cependant telle doit être la nature d'un système semblable à celui que je propose , que ces erreurs fussent -elles encore plus multipliées et plus grossières, elles ne doivent rien prouver contre lui.
Je dois le remarquer, des rapprochemens d'un genre fort extraordinaire auront quelquefois lieu, dans ces fragmens, entre le culte et les symboles primitifs de l'Egypte , et le culte et les symboles de la religion catholique. Je déclare avec sincérité que jamais je ne les ai cherchés : ils se