XI
sont offerts à mes yeux avec un tel aîr de vérité, qu'il y aurait eu plus que de la faiblesse à les repousser. Le lecteur un peu attentif les aurait eu bientôt découverts lui-même 5 et alors, comment aurait -il interprété mon silence ?
Ces rapprochemens ne peuvent nuire au culte catholique, que j'aime et que je professe ; ils supposent seulement l'existence d'un fait dont je parlerai bientôt, et dont les preuves se trouvent dans nos livres sacrés eux-mêmes. Si néanmoins ces rapprochemens déplaisaient à quelques personnes, qu'elles considèrent que je ne leur offre ici que des hypothèses, et que jusqu'à ce que la science des hiéroglyphes soit créée, je serai toujours le premier à leur dire de ne point admettre comme rigoureusement vraies, des interprétations dont des recherches mieux dirigées pourraient démontrer la fausseté.
Quant à ma confiance en ces rapports , confiance qui néanmoins ne peut être entière , elle est fondée, i°. sur les résultats mêmes de mes recherches; 29. sur ce
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que j'ai dit d'abord de l'usage de la langue hébraïque en Egypte ; 3°. sur ce mot de St. Clément d'Alexandrie , les symboles des 'Egyptiens sont semblables à ceux des Hébreux ; 4°- enfin, sur ce que Moïse est loué dans nos livres saints d'avoir été instruit dans la sagesse des Égyptiens.
Je ne crois donc pas à l'idolâtrie des Egyptiens \ je veux dire de ceux qui existaient quelques siècles avant Moïse. Je crois, au contraire, que leur religion était celle des Hébreux ; et ce fait une fois établi, tous les rapprochemens dont je parle ne doivent pas plus étonner, que s'ils se trouvaient dans nos livres saints , où ils se trouvent en effet : en sorte qu'au lieu de nuire à l'authenticité de ces livres, ils la confirment.
( Pendant qu'on imprimait la partie de l'introduction qu'on vient de lire, et qui devait servir de préface au sixième fragment, le seul que je m'étais proposé de publier d'abord ^ le hasard ayant arrêté mes regards sur le bas-relief égyptien , gravé pi. 3 , j'ai cru y reconnaître une scène de l'initiation aux mystères de l'Egypte, telle qu'elle avait lieu dans
les temps les plus reculés. Les auteurs anciens ne nous ont donné aucun détail sur ce sujet , ou se sont exprimé d'une manière si obscure , qu'il est impossible de les comprendre si l'on n'a pas l'intelligence des hiéroglyphes relatifs à l'initiation. J'ai donc pensé que l'explication de ce bas-relief serait de quelque intérêt; je l'ai entreprise de suite; j'ai composé dans cette vue la partie d'introduction qu'on va lire , ainsi que les cinq fragmens qui la suivent immédiatement s et qui développent les faits qu'elle contient. Ces fragmens se res» sentiront sans doute de l'excessive précipitation avec laquelle ils ont été composés ; je sais que cette précipitation ne donne aucun droit à l'indulgence du lecteur, que le temps ne fait rien à l'affaire ; mais il m'a semblé qu'il n'était pas tout à fait inutile de donner un exemple de la facilité avec laquelle on pourrait se servir du système que je propose, pour expliquer les monumens égyptiens ).